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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 10 mars 2007      N° 963


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Guadeloupe
Les grévistes de l’AFPA face au blocage de la présidente

La grève continue à l’AFPA et les grévistes se heurtent à l’inflexibilité de la Présidente. Son passé de syndicaliste ne l’empêche pas en effet pas de se poser en dictateur. Ainsi elle maintient le licenciement d’un directeur nommé conformément aux statuts, avec validation par le conseil d’administration, et soutenu par les grévistes. Mais il apparaît plus clairement que derrière la présidente, il y a le Conseil Régional. Malgré les difficultés flagrantes que rencontrent à l’AFPA les formateurs et les stagiaires, son président Lurel dénonce l’action des grévistes. Ne serait-ce pas pour cacher que le Conseil Régional n’a pas versé tous les crédits alloués à l’AFPA par le gouvernement? Le Conseil Régional actuel, celui-ci tout comme d’ailleurs celui de Michaux-Chevry, fait des choix. Avant l’AFPA, il préfère favoriser des sociétés privées amies. La détermination des grévistes ne faiblit pas. Soutenons-les!



Guadeloupe
Aucune avancée dans la grève des cliniques privées

Il n’y a rien de nouveau dans la grève des cliniques privées. Le mouvement est particulièrement bien suivi à la clinique les Eaux Marines et le Gai Foyer par l’UTS-UGTG et la CGTG. Mais dans les cliniques l’Espérance et Choisy c’est l’UGTG seule qui est en grève, ceux de la CGTG ont repris le travail car ils n’étaient pas d’accord avec l’absence de service minimum.
Les patrons des cliniques privées ne veulent rien céder. Ils ont d’ailleurs assigné des grévistes devant le tribunal pour entrave à la liberté de travail. Le délibéré doit être rendu le 5 mars 2007, ce qui prouve qu’ils n’ont nullement l’intention de discuter avec les grévistes.
L’UTS-UGTG avait appelé ses militants à une manifestation le jeudi 1er mars dernier qui a rassemblé de nombreux militants.
La Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP), organisation patronale, campe sur ses positions, à savoir l’octroi de 1 % d’augmentation de salaire pour 2006 et a convié les organisations syndicales à une rencontre le mardi 6 mars pour l’ouverture des NAO 2007. A L’heure où nous écrivons nous ne savons pas si ces négociations auront réellement lieu car l’UTS ne veut pas entendre parler de NAO 2007 alors que rien n’a été obtenu pour 2006. La CGTG par contre estime qu’il vaut mieux mettre le paquet pour les NAO 2007. Rappelons que la revendication principale des grévistes et l’obtention d’une augmentation de salaire de 72,41 € ce qui représente environ 2,2 % et ne risque pas de ruiner les patrons des cliniques privées qui peuvent largement satisfaire ces revendications.
En attendant l’ARH a fait évacuer certains malades et a réquisitionné le personnel de l’hémodialyse pour effectuer les dialyses.



8 mars: journée internationale de la lutte des femmes

A l’origine de la journée du 8 mars, se trouve la proposition d’une militante communiste allemande, Clara Zetkin. Lors d’une conférence internationale des femmes socialistes en 1910 à Copenhague au Danemark, elle fit voter une résolution proposant que le 8 mars, «les femmes socialistes de tous les pays organisent une journée des femmes». Cette initiative connut un tel succès que l’année suivante, un million de femmes manifestèrent ce jour-là en Europe.
C’est en URSS, en 1921, que le 8 mars fut pour la première fois décrété «Journée des femmes», par Lénine. En France, il faudra attendre 1982 pour que cette journée ait un statut officiel. Ce n’est pas un hasard : l’oppression de la femme et son exploitation particulière en tant que femme dans la société capitaliste est une des tares les plus graves de notre société. C’est pour cela qu’à l’origine de cette journée, on trouve des révolutionnaires qui ont lutté pour renverser la société capitaliste fondée sur l’exploitation et les inégalités. Aujourd’hui, la lutte contre l’oppression de la femme est toujours incluse dans notre combat pour changer la société, changer la vie.
En dépit des lois sur l’égalité professionnelle (loi Roudy en 1983, puis loi Génisson en 2001), celle-ci est bien loin d’être une réalité dans les entreprises. De nombreuses inégalités existent au niveau des salaires, de l’emploi. En 2004, le salaire moyen annuel des cadres s’élevait à 35 647 euros pour les femmes, 46 514 euros pour les hommes. Pour les ouvrières, il était de 13 982 euros, contre 16 730 euros pour les hommes. Et si l’on intègre les emplois à temps partiel, l’écart moyen de salaire en France entre hommes et femmes approche de 40%. En effet, près de six fois plus de femmes que d’hommes travaillent à temps partiel, souvent non choisi. 78% des emplois non qualifiés sont occupés par des femmes. La retraite des femmes est de 44% inférieure à celle des hommes. Les femmes représentent 45,9% de la population active. Leur sous-rémunération permet donc aux patrons d’économiser sur la masse salariale et de réaliser plus de profit.
Dans le domaine politique, les lois sur la parité ne sont guère plus respectées. Les principaux partis préfèrent s’acquitter des pénalités financières pour non respect de la loi du 6 juin 2000. Il est à noter que le pourcentage le plus faible de candidates revient aux partis de droite (UMP : 19,7%, UDF : 19,9%). Sur 22 Présidents de Région en France, on trouve une seule femme, et trois seulement sont à la tête de l’un des 100 départements.



Martinique
Le travail illégal nourrit l’exploitation capitaliste

Un collectif pour le développement de l’artisanat en Martinique le (CDAM) vient de se créer autour des organisations professionnelles pour se mobiliser contre le travail illégal. Selon ce collectif, l’artisanat regroupe dans l’île près de 8 500 entreprises et emploie plus de 13 000 salariés. Un des porte-parole de ce collectif explique que le travail illégal représente un «fléau » mais aussi «un danger pour le développement économique de la Martinique… ralentit la création d’entreprises et compromet la formation des travailleurs etc.» Autant de phrases ronflantes de la part de petits cadres et d’organisateurs qui ne reconnaissent jamais que le véritable «fléau» c’est la société capitaliste. Et au vice président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de la Martinique de rajouter « s’il n’existe pas de cadre légal, cela revient à exercer son activité au prix de la santé du consommateur ».
Les vraies raisons du travail illégal en Martinique viennent du fait que les grandes entreprises capitalistes et surtout les multinationales utilisent la sous-traitance et le travail intérimaire pour empocher plus de profits. Ces grosses entreprises soutenues par l’Etat et les collectivités locales étranglent les artisans en les payant en dessous du prix du marché et souvent en retard. Mais encore elles leur imposent des cadences de travail infernales les obligeant à leur fournir un travail dans des délais le plus souvent impossibles.
Le résultat de telles pressions est que pour pouvoir s’en sortir les artisans utilisent le travail clandestin au même titre que l’ont toujours fait les capitalistes. C’est ce cercle vicieux ressemblant à un panier de crabes et que le collectif d’artisans évite de dénoncer.
«Cette impunité dont jouissent certains doit cesser, car elle gangrène le système» affirme le vice président de la Chambre des métiers.
Le véritable «fléau et danger» qu’il faut combattre, c’est la mainmise des grosses sociétés capitalistes sur l’économie. Car ce sont ces sociétés qui utilisent toutes sortes de magouilles pour maintenir un haut niveau de profits pour les capitalistes, patrons et actionnaires, dans ce secteur et cela en fin de compte se fait sur le dos des travailleurs.



Tous au tribunal de Pointe-à-Pitre le 14 mars à 7 h pour manifester notre soutien à Mathias et Fritz Mathiasin

Rappel des faits
Nous publions ci-dessous la lettre que nous a fait parvenir Fritz Mathiasin et qui rappelle les faits qui sont à l’origine de l’affaire.


«Le 08 février 2005, mardi gras, au cours d’un entraînement à vélo avec mon neveu Mathias, j’ai fait en roulant une remarque à deux gendarmes mobiles qui au mépris des règles de la Sécurité Routière contrôlaient deux camions qu’ils avaient contraint à s’arrêter sur la piste réservée aux cyclistes dans la Commune du LAMENTIN. C’est peut-être une adéquation de ma vie professionnelle et celle de tous les jours qui m’a rendu soucieux du moindre écart pour ce qui concerne la circulation routière.
Ces gendarmes ont dû interpréter cette remarque comme une atteinte à leur autorité. Ils m’ont alors lancé une injure à laquelle j’ai répondu. Se sentant vexés, les gendarmes ont abandonné les camionneurs qu’ils contrôlaient, nous ont poursuivi mon neveu Mathias et moi et l’un d’eux de sa moto m’a asséné un coup de matraque sur l’épaule et ensuite d’un coup de moto, nous a jetés tous les deux.
Profitant de ce que nous étions encore par terre, ils nous poussèrent de leur matraque et portèrent la main à leur arme en proférant des menaces.
Bref, blessés, violentés et humiliés, nous avons pu éviter le pire grâce aux nombreux Guadeloupéens de passage qui, indignés sont intervenus et nous ont aidés en organisant l’intervention des secours.
Conduits à l’hôpital, nous avons reçu les soins nécessaires et les médecins nous ont délivré des ITT de 14 et 18 jours.
Cependant, j’estime que l’acharnement des gendarmes et leur violence n’ont aucune commune mesure avec les faits. En effet, s’agit-il d’un cas de racisme avéré puisque les victimes sont toujours de la même couleur et les réprimés de l’autre?
S’agit-il d’un comportement néo-colonial qui attire encore ceux-là même qui sont mandatés pour appliquer les lois de la République qui se veut Libertaire, Egalitaire et Fraternelle?
Nous avons porté plainte à la Gendarmerie du LAMENTIN et nous sommes représentés par l’avocat maître Patrice TACITA ; car nous tenons à ce que ces actes ne se reproduisent plus et les pratiques des uns et des autres évoluent à la mesure des idéaux nouveaux de ceux qui veulent bâtir le monde de demain sur les trois piliers qui sont : Liberté, Egalité et le Respect de l’Homme.
M. Fritz Mathiasin Agent de la DDE Guadeloupe Riflet 97 126 Deshaies. » (fin de citation)
Il faut maintenant savoir que le 14 mars prochain les Mathiasin sont convoqués non pas suite à leur plainte mais suite à celle des gendarmes déposée plus d’un an après celle des Mathiasin! C’est révoltant. Ainsi la justice prend en compte plus rapidement la plainte des gendarmes. Ces derniers seraient-ils au dessus des lois? Le «Comité Lefort contre le racisme et l’humiliation» qui compte les Mathiasin parmi ses membres organisera plusieurs manifestations à cette occasion :
Une conférence de presse le jeudi 8 mars à 10h du matin;
Un meeting à Rémy Nainsouta le lundi 12 Mars à 18 h 30
Une manifestation devant le tribunal à partir de 7h le mercredi 14 mars 2007.



Martinique
Extraits de “chantiers en lutte”

« DIS MOI QUI TU HONORES…
Serge Jean Joseph, le patron du bâtiment LTP Caraïbes a été honoré par le COBATY, la fédération internationale de la construction de l’urbanisme et de l’environnement. Il a reçu «l’honneur d’une personnalité qui s’est particulièrement distinguée dans le domaine de la construction…» et bla bla bla. Nous travailleurs nous connaissons ce président du syndicat des entrepreneurs du BTP pour sa «personnalité distinguée»: à chaque négociation des commissions paritaires ce monsieur s’amuse à vouloir bluffer les travailleurs en leur faisant croire que la situation dans le bâtiment est difficile pour n’accorder que des miettes d’augmentations de salaires.

DE L’ARGENT, IL EN PLEUT POUR LES RICHES
Une pluie de dividendes arrose en ce moment les actionnaires des 40 plus grands groupes du pays. Ils vont empocher 37 milliards d'euros. C'est 23,5 % de plus que l'an dernier!
Quand Sarkozy prétend que "pour gagner plus il faut travailler plus", les gros actionnaires rigolent, eux dont la fortune s'accroît même quand ils dorment.

LE COURANT …FINANCIER PASSE
Le chiffre d'affaires d'EDF a grimpé de 15 %. Pour GDF, c'est 22 %. La hausse des bénéfices est en rapport.
Pendant que les usagers payent de plus en plus cher l'électricité et le gaz, les actionnaires s'en mettent plein les poches. Et les futurs actionnaires sont aux aguets, dans l'attente de pouvoir participer à la distribution, car Sarkozy vient de déclarer que "le capital d'EDF peut bouger".
Sarkozy avait déjà promis que GDF ne serait jamais privatisé, avant de changer d'avis. Quant au PS, qui annonçait qu'en cas de victoire électorale de la gauche en 2007 il y aurait renationalisation d'EDF et GDF, il n'en parle plus.
Bref, quel que soit celui qui l'emportera à la présidentielle, les profits seront assurés.



Martinique
Procès de Laouchez: fonctionnnement normal du système!

Un procès s’est ouvert devant le tribunal correctionnel de Fort de France contre Maurice Laouchez, l’ancien directeur du Crédit Agricole de la Martinique. Les poursuites ont été engagées suite aux plaintes de la banque. Cette dernière reproche à l’ancien directeur d’avoir abusé de sa position pour accorder des prêts à des membres de sa famille et d’en avoir lui-même bénéficié dans l’affaire des Hameaux de Beauregard il y a dix ans. Laouchez s’en défend et répond que rien n’était illicite. La banque dit avoir perdu dans cette affaire 100 millions de francs.
Cet argent n’a certainement pas été perdu pour tout le monde. Et la banque n’a porté plainte que parce que cette fois elle a été perdante. Mais quand elle se remplit les coffres sur le dos de clients issus de la population laborieuse, elle ne le crie pas sur les toits et devant les tribunaux.
En fait cette affaire n’a rien d’exceptionnel. Elle a tout simplement contribué à porter au grand jour les pratiques d’un système pourri.