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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 24 mars 2007      N° 964


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Lamentin/Martinique
Grève à M.C.A

Depuis lundi 12 mars les salariés de la société MCA (Martiniquaise des Centres d’appels) sont en grève pour faire aboutir leurs revendications dans le cadre des négociations annuelles obligatoires.
Cette société de téléphonie est implantée dans un grand hangar aménagé sur la route de Palmiste dans la commune du Lamentin. MCA est une filiale du groupe mondial Téléperformance. La société – mère Téléperformance n’est pas une société en difficulté.
Il s’agit d’une société cotée en bourse, numéro 2 mondial des fournisseurs de services externalisés de gestion de la relation client / centres d'appels, et d’assistance technique. Elle est implantée dans 39 pays et possède des sociétés «offshore» délocalisées dans des paradis fiscaux notamment pour des centres d’appel en langue espagnole et anglaise. Chaque année, elle sert à ses actionnaires des dividendes somptueux, en progression cette année de +23%.
MCA intervient dans la gestion de la relation clientèle, du centre d’appel et des interventions techniques pour le compte du groupe DIGICEL (opérateur de téléphonie mobile dans la Caraïbe, appartenant au groupe du milliardaire irlandais du nom de O’Brien). Elle emploie plus de 100 personnes, en majorité des jeunes femmes.
Les salariés travaillent dans des conditions difficiles et stressantes. Avec le lancement de l’opérateur DIGICEL et la montée en charge soutenue par d’importantes opérations publicitaires, ils ont à «essuyer les plâtres» comme ils le disent. Il leur a fallu se démultiplier, être polyvalents, répondre à tout pour «satisfaire le client». Aujourd’hui, ils réclament une juste rémunération, notamment une augmentation de salaire de 100 euros pour tous et un treizième mois au lieu de la prime aléatoire qu’ils ont jusqu’à présent et la régularisation des contrats précaires et de 7 contrats à durée déterminée. Ils se trouvent face à une direction fuyante et arrogante.
Depuis deux ans, cette direction refuse de donner satisfaction aux revendications salariales présentées dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires par le syndicat CGTM. Les négociations, quand elles ont eu lieu, se sont soldées par un constat de désaccord.
Cette année, les négociations traînent en longueur. En fait la direction voudrait bien renouveler le même scénario. Se croyant maligne, elle ne respecte aucune loi et fait mine de négocier avec le syndicat CSTM, ultra minoritaire dans l’entreprise, pour essayer de discréditer les représentants du syndicat CGTM et surtout pour ne pas répondre aux revendications des salariés. Les propositions faites jusqu’au samedi 17 mars par le dénommé Philippe Lemauff, directeur des ressources humaines arrivé de France pour régler cette question, étaient inacceptables pour les salariés. Ce monsieur a commencé par leur proposer une augmentation pour les salariés ayant plus de 37 mois d’ancienneté. Une véritable provocation. Puis il a proposé une augmentation de 250€ de la prime de fin d’année, à condition que le chiffre d’affaires 2007 dépasse 6 millions d’euros. Les salariés ne sont pas d’accord. Ils savent que le chiffre d’affaires de 2007 dépend essentiellement des choix de la direction qui, par exemple, vient de décider de détourner une partie de l’activité, le service client carte, sur un autre pays de la Caraïbe.
Depuis le mardi 13 mars, exaspérés devant les manœuvres provocatrices de leur direction, les grévistes ont décidé de rester dans l’entreprise et de dormir à tour de rôle sur place. Samedi matin, la direction a fait couper le courant électrique pour rendre la situation des grévistes plus difficile, au risque d’entraîner des détériorations de matériel.
Les grévistes restent déterminés et attendent des propositions sérieuses sur leurs revendications.



Martinique
A l’ADARPA, une surveillance policière

L’ADARPA (Association Départementale d’Aide aux Retraités et Personnes Agées), est une association à but non lucratif qui regroupe près de 400 salariés, pour la plupart des auxiliaires de vie chargées d’apporter quotidiennement des aides aux personnes âgées dépendantes.
La société avait été placée en redressement judiciaire depuis mai 2005, car elle avait accusé un passif de 5,3 millions d’euros, dont près de 900 000 euros correspondent aux dettes des AGS, l’assurance pour la garantie des salariés. Durant la même année, les salariés avaient plus d’une fois manifesté leur mécontentement accusant leur conseil d’administration de vouloir leur faire payer une mauvaise gestion dont ils n’étaient nullement responsables. Depuis, les choses ont l’air de vouloir redémarrer suite, notamment, à l’aide financière de 2 millions d’euros apportée par le conseil régional. Mais on est loin du compte pour permettre un bon fonctionnement de la structure.
Ainsi, depuis une semaine, le conseil d’administration, par l’intermédiaire du son trésorier n’a rien trouvé d’autre à faire que de faire installer un système de pointeuse directement au domicile de chaque personne âgée pour contrôler le passage de chaque agent soi disant pour améliorer les résultats. D’après des informations provenant d’un bon nombre d’entre elles, souvent mécontentes, la direction a commencé par envoyer un courrier à chaque personne âgée les informant qu’un «fil vert» serait installé chez eux pour être en relation avec la structure, puis ce fut finalement l’installation d’un téléphone gratuit, pour mener à bien leur opération (et avoir aussi les agents sous sa coupe).
Ce qui a mis en colère certaines personnes âgées c’est qu’aucun membre responsable de l’association n’a eu le courage de se déplacer pour leur expliquer de quoi il s’agissait. Mais en plus, un bon nombre d’entre elles n’ont pris connaissance de cette nouvelle installation par courrier que 2 jours auparavant.
Quant au personnel il n’a pas été consulté, le syndicat non plus, et ni même averti de cette manœuvre par la direction. Dans un premier temps, la direction avait voulu que les personnels utilisent leur téléphone portable pour être contrôlées… Avec raison les agents ont refusé d’utiliser leur portable. Il semble donc bien que c’est pour cette raison que la direction a choisi une telle stratégie. Du coup, à chaque passage à domicile, les agents se trouvent dans l’obligation d’informer la direction, se sentant ainsi mis sous surveillance et suspectés de prendre trop de temps, alors même qu’ils font face à des situations particulières, souvent délicates, avec chacun de leurs clients.
Toujours est-il qu’un sentiment de colère est en train de se développer parmi les agents, et il ne faut pas s’étonner si un jour les employés décident de montrer encore une fois à la direction qu’ils ne sont pas des machines.



Marin
Les coups bas de Rodolphe Désiré contre les pompiers

C’est pitoyable et de très mauvais goût disent les Marinois, après l’annonce faite par le maire de la commune, Rodolphe Désiré, de poursuivre devant les tribunaux les sapeurs-pompiers. Il dit l’avoir fait parce que les pompiers ont occupé «sans son autorisation» l’ancien bâtiment du Trésor Public. Les pompiers y dénonçaient leurs conditions précaires d’encasernement.
Ce dimanche, à l’occasion d’une grande manifestation qui réunissait l’ensemble des sapeurs pompiers au Marin, cette décision était commentée par la population, comme une méchanceté du maire, qui se «venge» ainsi aujourd’hui après avoir dans un premier temps reculé devant la mobilisation des pompiers en octobre 2006.
Nombreux sont ceux qui disent que le maire a du mal à digérer cette dénonciation publique des pompiers qui n’avaient pas supplié « son autorisation » pour agir!!! Alors décontenancé, il les punit en engageant contre eux une action en justice.
C’est sans doute à de tels signes que l’on observe à quel point la distance s’est creusée entre l’ancien de l’OJAM (Organisation de la jeunesse anti colonialiste martiniquaise) et «monsieur le maire» Rodolphe Désiré!!!
Monsieur cherche-t-il ainsi à faire bonne figure auprès de la « bonne société »? car il faut savoir que les pompiers avaient occupé un bâtiment qui se situe dans un quartier de la ville très prisé (bord de mer) qui semble de plus en plus être réservé aux nantis et autres visiteurs de luxe?
S’il envisage de s’en tirer à bon compte en agissant ainsi, Désiré fait un mauvais calcul. Car en s’attaquant aux pompiers affiliés à la CGTM, il n’a fait que renforcer leur colère.
D’ailleurs, d’ores et déjà réunis dimanche dans les rues de la commune, après y avoir défilé, les pompiers ont fait la promesse de revenir autant de fois que cela sera nécessaire pour faire respecter leurs droits car disent-ils, ils n’ont cure de ces tentatives d’intimidations à répétition du maire.



Martinique
Débat télévisé des représentants des candidats à la présidentielle

Le premier des quatre débats pour les élections présidentielles s’est déroulé sur RFO- Martinique le mardi 13 mars dernier. Il avait pour thème: Quel est l’impact des programmes des candidats à la Présidentielle sur la vie quotidienne des Martiniquais en matière d’environnement et de développement durable?
Etaient présents sur le plateau: Georges Erichot du PCM représentant de M.G.Buffet du PCF, Philippe Pierre Charles du GRS représentant Olivier Besancenot de la LCR, Joseph Manscour du PS représentant Ségolène Royal du PSF, Jean Marcel Maran représentant François Bayrou de l’UDF, une représentante de l’UMP défendant Sakozy et notre camarade Ghislaine Joachin-Arnaud représentant Arlette Laguiller de Lutte Ouvrière.
Durant toute cette émission, notre camarade a su faire passer le message en s’adressant aux téléspectateurs notamment la classe des exploités et leur expliquer pourquoi il faut voter et faire voter pour Arlette Laguiller. Elle a su montrer aussi que la situation politique et ces élections ne se limitaient pas à la seule Martinique, que ce qui réduit les travailleurs à vivre dans la situation dégradante qui est la leur n’est pas le fait d’une seule petite poignée de ridicules exploiteurs locaux, c’est le fait du capitalisme c'est-à-dire des grosses sociétés capitalistes, des multinationales à l’échelle internationale.
Sur l’environnement, elle a dénoncé la politique des capitalistes locaux notamment ceux de la banane qui ont contaminé les terres agricoles par le chlordécone avec pour seul objectif de faire du profit et rien d’autre. Sur la question des indemnisations, elle a précisé que ce qui devrait être à l’ordre du jour, c’est plutôt de leur faire payer les conséquences qu’ont subies les ouvriers agricoles et les petits planteurs.
Sur le développement durable, elle a aussi montré qu’un véritable «développement durable» ne peut être efficace que si les travailleurs contrôlent tout ce que font les patrons tant sur le plan financier qu’économique. Il faut, a-t-elle ajouté, que les salariés aient un droit de regard sur les décisions que prend le patronat ; si la situation s’est autant dégradée, c’est parce que le patronat décide lui-même ce qui est bon pour lui et non pour la collectivité.
Durant ses interventions, les représentants de la droite n’étaient pas très à l’aise. Ils ont fait semblant de mettre un peu de social dans leurs baratins mais ce n’était que du vent. Quant aux représentants de la gauche, ils se sont montrés plutôt modérés. A l’extrême gauche, à part notre camarade, le représentant du GRS a dénoncé plus d’une fois cette société injuste dont sont victimes les travailleurs.



Suicides dans les entreprises en France

Le 16 février, un travailleur de 38 ans s’est donné la mort. Il travaillait dans l’entreprise Technocentre –Renault à Guyancourt dans les Yvelines. Dans cette même entreprise, il y a à peine un mois, un travailleur s’était suicidé sur le lieu de travail. C’est le troisième cas de suicide en 4 mois dans cette entreprise. Ces actes de désespoir ne sont pas étrangers aux mauvaises conditions de travail dont ont été victimes ces travailleurs. Certains d’entre eux l’ont signalé dans un courrier qu’ils ont laissé avant de mourir. Les travailleurs de l’entreprise qui se sont mobilisés pour exprimer leur émotion et leur mécontentement ont témoigné de la dégradation des conditions de travail qui affecte leur moral. Les 12000 salariés de Technocentre-Renault sont confrontés à un contrat de plan 2009 concernant de nouveaux modèles de voitures plus performants sur le marché. Les pressions de la direction, le harcèlement, le travail imposé, créent une ambiance malsaine qui agit sur le moral. Le stress devient insupportable, fragilise et pousse à des actes de désespoir.
Ce ne sont pas les premiers cas de suicides récents en France parmi les travailleurs. Dans un ouvrage intitulé « la machine à broyer », Dominique Decèze, un spécialiste des relations sociales et de la santé au travail, recueille plusieurs témoignages de travailleurs de France Télécom sur leurs conditions de travail. Ces travailleurs subissent toutes sortes de contraintes depuis la privatisation de ce service mise en place à partir de 1990. France-Télécom a imposé au personnel le redéploiement des effectifs, des changements de postes, des pressions au rendement. L’auteur explique avec l’appui de nombreux témoignages que ce plan de privatisation s’est effectué dans la douleur en particulier sur le plan psychologique poussant des travailleurs au suicide. La course aux profits passe avant la santé physique et mentale des travailleurs.



La grève des agents municipaux des Abymes

Les agents affiliés à l’UNSA ont débrayé lundi 12 et mardi 13 mars pour des problèmes de plan de carrière et pour l’application du protocole des 4, 5 et 6 Octobre 2006. De plus ils dénonçaient l’arrogance du directeur des services Christian Gatoux. Le maire a signé un accord qui donnait satisfaction à toutes les revendications des agents. La reprise eut lieu samedi 17.
Le lundi 19, c’est au tour des agents affiliés au SATVA (Syndicat Autonome des Travailleurs de la Ville des Abymes, ancienne section de l’UGTG aux Abymes) de se mettre en grève illimitée pour les mêmes revendications. Ils demandent la mise à l’écart de Christian Gatoux et Jean Kancel, directeur du service environnement. Si le premier mouvement a touché principalement les bureaux de la mairie, le nouveau affecte surtout les services techniques, la caisse des écoles et donc la cantine.
Un mouvement d’ensemble était possible sur ces problèmes communs à tout le personnel municipal. La division syndicale ne l'a pas permis. Quoiqu’il en soit et même en ordre dispersé, les travailleurs ne baissent pas les bras.