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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 24 mars 2007      N° 964


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Guadeloupe
La grève dans les cliniques

Une rencontre a eu lieu le 6 mars dernier entre les patrons des cliniques privées et les organisations syndicales. Les patrons ont proposé pour les NAO (négociations annuelles obligatoires) 2007 une augmentation de salaire de 1,3 % plus 1 % au titre de l’ancienneté et restent figés sur cette proposition. Bien entendu l’UTS-UGTG veut d’abord revenir sur les NAO 2006 car elle estime que le compte n’y est pas. Il faut savoir que les patrons avaient accordé une augmentation unilatérale de 1 %. Les grévistes réclament 2,2% soit 72,41 euros. Pour débloquer la situation, ils ont même proposé 100 € d’augmentation pour les années 2006 et 2007, soit environ 4 %. Refus total des patrons qui ne veulent rien céder.
Une autre rencontre a eu lieu le 15 mars à la Cité des Métiers sans aucun résultat. Les patrons maintiennent leur proposition et de plus ils veulent donner la même augmentation pour 2007, 2008 et 2009. Une façon de ne pas faire de NAO pour les années à venir. Il faut savoir que les patrons des cliniques privées refusent de prêter une salle pour les négociations, ce qui veut dire qu’ils ont décidé de faire bloc contre les grévistes. Mais la mobilisation de ces derniers est toujours importante.
Au lieu de discuter des revendications des grévistes, les patrons jouent le pourrissement du conflit. Ils ont traduit devant les tribunaux les grévistes des Eaux Marines au Moule et ces derniers ont été condamnés à libérer les lieux sous peine d’une astreinte de 500 € par jour et par personne, mais les grévistes ne se laissent pas intimider. D’autre part, pour casser le mouvement, certains patrons essaient de négocier dans leur entreprise. La prochaine réunion pour les NAO dans la branche est prévue le jeudi 22 mars 2007.



Extraits de “l’écho de l’Aéroport”

PÔLE CARAÏBE: LA PRIVATI-SATION AU PROGRAMME DE LA PRÉSIDENTE?
Dans les DOM la loi n’a pas prévu la privatisation des aéroports avant 2015. Mais certains candidats à la présidence de la République, tel Sarkozy, sont des fanatiques de la privatisation.
Or ce sont ceux qui contrôlent déjà les affaires qui ont le plus de chances de devenir les actionnaires de demain: la famille Koury ou encore M. Fischer de la SEMSAMAR à qui la présidente de la CCI confie de gros travaux sur le site.

… PRIVATISATION ET INTÉRÊT DES SALARIÉS…
La privatisation signifie généralement une dégradation des conditions de travail, des baisses de salaires et des licenciements. La raison est qu’il n’est plus question de l’intérêt des voyageurs mais des bénéfices des actionnaires. Et ces gens-là trouvent toutes sortes d’arguments pour préssurer davantage les salariés.



Extraits de “l’écho des assurances”

GMF: TOUT LE PERSONNEL DOIT BENEFICIER DES 4O %
La direction a décidé de façon unilatérale de supprimer la prime de 40 % aux nouveaux embauchés. Nous avions menacé de porter l’affaire en justice, mais pour le moment ce point doit être discuté avec la direction et les représentants du personnel. Cette question est donc en suspens mais la direction doit savoir que nous n’allons pas rester sans réagir car il ne peut y avoir deux poids et deux mesures. A travail égal, salaire égal.




Extrait de “chantiers en lutte”

COMMENT LES TRAVAIL-LEURS SONT POINTES DU DOIGT
Le patron Gomez du Bassin de Radoub a créé une nouvelle invention ….! il a fait installer une pointeuse.
En plus, l’horaire d’embauche a changé. Au lieu de commencer le matin à 7 heures comme d’habitude et de s’arrêter durant un quart d’heure pour la pause casse-croûte de 8 h45 à 9 h, ce monsieur a décidé qu’on doit maintenant manger de 7 h à 7 h 15.
Résultat, on travaille sans arrêt jusqu’à midi. Une façon bien méprisante de nous dire d’avaler rapidement notre sandwich.



Extraits de “l’écho des hôpitaux” (Martinique)

CEV: LE MECONTENTEMENT GRANDIT
Sous-effectif, non remplacement: une IDE, un AS dans un service de long séjour avec des pensionnaires grabataires, une IDE pour plusieurs services sur plusieurs niveaux.
«Travailler plus pour gagner plus» martèle un candidat à l’élection présidentielle. Là, tout ce que le personnel gagne de plus, c’est le stress et la fatigue.

VOL QUALIFIE
Nous avons droit à deux jours de repos supplémentaire quand nous faisons plus de vingt dimanches et jours fériés. Non seulement il a fallu près de cinq ans pour que la direction reconnaisse qu’elle nous les devait, mais en plus, pour le décompte, elle veut nous voler. En effet, elle a décidé qu’il faut faire obligatoirement un minimum de 7 heures. Du coup, ceux qui sont de nuit et font 21 heures/0 heure ne sont pas comptabilisés. Elle pourrait cumuler les heures. Mais non. Elle préfère procéder ainsi, car de cette manière elle peut faire des économies sur notre dos.
Si elle veut faire des économies, nous pourrions lui indiquer les vrais gisements de gaspillage et qui en sont les responsables!



Extraits de “sucrerie en lutte” (Gardel)

HISTOIRE DE RICHESSE
Vendredi 9 mars Gardel a noté que la richesse saccharine était en moyenne de 10,60. La direction a trouvé cette richesse trop élevée et a déclarée qu’il y a quelque chose de louche la dessous. De quoi s’agit-il? les planteurs sont payés en fonction de la richesse, plus elle est haute, plus Gardel doit payer. Le politique de la direction est simple, la richesse doit être assez basse pour payer les planteurs le moins possible.



La grève à la Générale des Eaux

Voilà bientôt un mois que la grève a été déclenchée à la Générale des Eaux à l’appel de la CGTG. Le mouvement a commencé le 22 février dernier sur le site de Sainte-Anne et le 26 février sur celui de Petit-Bourg. Les grévistes dénoncent le non respect par la direction des accords d’entreprise signés en 1991 suite à la nomination d’un agent à un poste de responsable. Les grévistes se battent également contre un malaise social qui persiste au sein de l’entreprise et l’attitude méprisante de certains petits chefs. Plusieurs séances de négociation n’ont à ce jour rien donné.
Les grévistes avaient demandé la présence du directeur régional des DOM, M. Bourdonnay. Ce dernier est venu en Guadeloupe le mercredi 14 au soir, a rencontré les grévistes le jeudi 15. Il n’a rien proposé sinon un bilan de compétence pour les salariés lésés et un audit. A noter qu’aucun bilan de compétence n’a été exigé au salarié nommé au poste de responsable et qu’il n’y a eu aucune publication de son poste. Il n’y a donc eu aucun résultat de ces négociations. Ce monsieur est déjà reparti et il n’y a aucune date de rencontre prévue. La direction compte sur le mécontentement suscité par cette grève au sein de la population et cherche à isoler les grévistes. Ces derniers ont d’ailleurs reçu le soutien de toute la CGTG le mardi 13 mars dernier lors d’une journée de mobilisation. La Générale des Eaux peut régler le problème très rapidement d’autant plus que les revendications ne lui coûtent pas grand-chose lorsque l’on connaît les profits réalisés par cette entreprise. Dans un tract du 9 mars, la CGTG écrit: c’est ainsi que 9 membres de la direction perçoivent près d’un tiers de la masse salariale, soit environ 1 900 000 euros (2004).
Notre grève se révèle instructive car elle met au grand jour les méandres de cet or blanc que représente l’affermage de l’eau. Exemple: sur 1,54 euro pour 1m3 d’eau, la Générale des Eaux empoche 1,14 euro sans aucun investissement.
Les grévistes réclament un rattrapage pour deux salariés qui ont été lésés par les manœuvres de la direction. Ils n’ont jamais demandé que celui qui a bénéficié de la promotion se désiste. Ils veulent que la direction accorde des points de compensation ce qui représente 25 points pour l’un (environ 200 € par mois) et 17 points pour un autre (environ 136 €). C’est une goutte d’eau pour la Générale des Eaux, mais elle refuse par principe. Elle dit qu’elle ne veut pas créer de précédent. Ceux qui sont privés ont plutôt intérêt à s’en prendre à la direction de la Générale des Eaux et faire pression auprès d’elle afin qu’elle règle le conflit, au lieu de s’en prendre aux salariés qui n’ont que la grève comme moyen de pression.



Journée de mobilisation de la C.G.T.G

Le 13 mars dernier, la CGTG avait appelé ses militants à un rassemblement en soutien aux grévistes de la Générale des Eaux, des cliniques privées, de l’AFPA, des ouvriers du bâtiment. Plus d’une centaine de travailleurs de secteurs différents ont participé à cette journée d’action. Ceux du BTP étaient les plus nombreux car ils étaient particulièrement mobilisés et remontés contre José Gaddarkan, nouveau responsable de la Fédération des patrons du BTP qui leur a fait une véritable déclaration de guerre. Ce dernier a fait un courrier fustigeant le secrétaire Général de la Fédération CGTG du Bâtiment, Claude Morvan, suite à une mobilisation des ouvriers pour demander l’ouverture des NAO dans la branche. Les patrons faisaient la sourde oreille. Ils n’ont pas apprécié la mobilisation des ouvriers à leur siège et se sont plaints des perturbations occasionnées.
D’autres travailleurs de différents secteurs sont venus également. Et c’est en convoi que les travailleurs sont allés d’abord à Jarry pour faire savoir aux patrons du BTP qu’ils n’avaient pas l’intention d’attendre sans réagir. En tout cas dès l’annonce de la mobilisation du 13 mars, comme par hasard, la fédération a reçu une convocation pour une première négociation le 15 mars, alors que jusque là il n’y avait aucune date possible.
Ensuite, les travailleurs sont allés rendre visite aux grévistes de la Clinique Les Eaux Marines au Moule. Des prises de parole ont eu lieu et les différents intervenants ont manifesté leur soutien aux grévistes. Puis ils sont allés voir ceux de la Générale des Eaux à Ste Anne. Il s’agissait de faire savoir aux patrons que la CGTG soutient les grévistes et que ces derniers ne sont pas isolés. L’idée d’un mouvement plus large fait son chemin car les problèmes sont nombreux dans plusieurs entreprises. Il faut savoir que ceux du BTP ont signé un accord le 15 mars pour une augmentation de salaire de 2,7 %. Jusque là c’était impossible et les patrons ne voulaient même pas les rencontrer. Comme quoi c’est par la lutte que les travailleurs peuvent faire reculer les patrons car c’est le seul langage qu’ils comprennent.



Chlordécone: mobilisons-nous pour exiger la dépollution des sols!

Le problème de la pollution au chlordécone en Guadeloupe, dans les zones bananières, est de nouveau d’actualité. Des réunions d’information se tiennent. Une plainte a été déposée auprès des tribunaux. Et depuis quelques semaines, ceux qui sont à l’origine de la protestation veulent aller plus loin. Ils ont donc fait appel à des organisations syndicales, politiques, des personnalités et autres associations. Une réunion s’est tenue le 13 mars dernier au siège de l’UPG à morne Bernard (Baie-Mahault) à l’initiative de l’association ASSE mais aussi des Verts.
Etaient aussi présents, entre autres, à cette réunion, le PCG, l’UGTG, le CGTG, l’UPG, la CTU, Albert Dorville, J.P.B. Ecologie, Combat Ouvrier. Après avoir dénoncé le laxisme et l’incurie des responsables face à l’empoisonnement des sols de Guadeloupe par le chlordécone, il a été question de lancer un appel à mobilisation à la population. Un meeting d’information se tiendra le mercredi 28 mars 2007 à 19H au palais de la mutualité à Pointe-à-Pitre, sur le thème: «l’impact des pesticides sur la santé».
Rendez-vous est aussi donné pour l’audience de la cour d’appel de Basse-Terre en date du jeudi 5 avril 2007 à 9H afin de faire pression sur le Procureur de la République qui fait obstacle à l’établissement de la vérité. Bien sûr Combat Ouvrier sera présent aux différentes manifestations et appelle ses militants et sympathisants à y prendre part pour dénoncer l’attitude criminelle des capitalistes de la banane en Guadeloupe et de certains politiciens locaux dans cette affaire, mais aussi le manque de vigilance des différents gouvernements français de l’époque. Ces derniers ont publié des textes d’interdiction de la vente et de l’utilisation du chlordécone mais n’ont pas veillé à leur application effective sur le terrain et n’ont pas informé les ouvriers agricoles et la population de l’importance de la pollution par cette molécule qu’ils savaient extrêmement toxique.
Il faut savoir qu’aux Etats-Unis dès 1976 l’utilisation du chlordécone fut interdite en tant que produit hautement toxique en raison des effets constatés alors sur les ouvriers, les eaux et les sols notamment dans une région de Virginie. Ce n’est qu’en 1990, 14 ans plus tard que la vente de ce poison fut interdite en France. Mais les capitalistes de la banane en Guadeloupe ont obtenu l’autorisation de continuer à utiliser le chlordécone à 5 au lieu de 50% alors qu’ils savaient les sols déjà très infectés.
Il est aujourd’hui démontré scientifiquement que le chlordécone développe des cancers sur les rongeurs. Ces mêmes scientifiques ne rejettent pas l’hypothèse que ces molécules pourraient être cancérigènes pour l’homme. Il est aussi prouvé que 90% de la population guadeloupéenne possèdent des molécules de chlordécone dans le sang. C’est un problème de santé publique. Il est donc légitime que nous demandions des comptes à tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé à l’empoisonnement de toute une population.



Extraits de “l’écho des Télécom”

POUR FT, IL N’Y A PAS D’HOMMES, SEULEMENT DE LA FORCE DE TRAVAIL A PRESSURER
France télecom a été le champion de la reconversion au cours des 13 dernières années. De 1994 à 1999 une personne sur deux a quitté le réseau pour aller dans les boutiques, soit 50.000 personnes. Ce que FT appelle «reconversion», a été pour nous bien souvent un enfer: changements brusques d’affectation, de travail, de métier au détriment de nos familles de notre santé.

LE CAPITALISME MODELE LE MONDE SELON SES BESOINS
C’est ainsi que le capitalisme «coupe et hache » dans le vif. Il ne tient pas compte des hommes, seulement de son profit. C’est dans la droite ligne de ce qu’il a toujours fait: déplacements de population, guerres, immigration forcée... sans même remonter jusqu’à la déportation de millions de gens d’un continent à l’autre pour former son capital, pendant trois siècles.

ILS APPELLENT ÇA «LA MODERNISATION»
Confronté à la concurrence, FT a décidé de se muer en fournisseur de services et non plus en opérateur de réseaux. Fini le service public. Et l’on fait de nous des machines à «faire du chiffre». Tout devient de moins en moins humain, si tant est qu’il l’était avant.