logo COMBAT OUVRIER
Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
MSN Search
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 7 avril 2007      N° 965


Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 2

Succès de la grève à l’ANPE: la mobilisation doit se poursuivre

Le 29 mars, 50% des agents de l’ANPE ont suivi le mouvement de grève à l’appel des huit organisations syndicales de France. En Guadeloupe, 28% des agents ont tenu à marquer leur mécontentement à l’appel de la CGTG et de la CGC. Les problèmes s’accumulent à l’ANPE depuis des années: les gouvernements successifs de gauche comme de droite n’ont eu de cesse d’incriminer les chômeurs et d’exercer sur eux un contrôle de plus en plus tatillon.
Cette pression sur les demandeurs d’emploi, sommés de retrouver n’importe quel emploi ou formation pour faire diminuer coûte que coûte les chiffres du chômage, a des répercussions directes sur les conditions de travail des agents.
Toute une série de mesures récentes ont contribué à aggraver les conditions de travail et créer l’inquiétude d’une majorité des agents quant à l’avenir de l’ANPE:
• La loi Borloo de janvier 2005 instituant de nouveaux contrats précaires et la fin du monopole de placement de l’ANPE;
•La convention assurance chômage permettant de contrôler encore plus étroitement la recherche d’emploi depuis janvier 2006;
• Les menaces de fusion des services informatiques de l’UNEDIC et de l’ANPE, donnant le leadership à l’UNEDIC;
• Le suivi mensuel personnalisé obligeant depuis janvier 2006 à recevoir à l’ANPE tous les mois tous les demandeurs nouvellement inscrits mais sans leur offrir une perspective d’emploi durable.
Les agents tentent de fuir un travail de plus en plus difficile et peu valorisant, par des congés maladie dont le nombre est en augmentation et par un individualisme exacerbé.
Le décret donnant la possibilité de créer des filiales commerciales à l’ANPE est à l’origine de cette grève. Les filiales commerciales sont un pas de plus vers la privatisation complète de l’Agence. A l’image de ce qui s’est produit à France Télécom, les filiales commerciales signifient la fin de l’égalité de traitement pour tous les usagers du service public de l’emploi. Et bien que la direction de l’ANPE fait croire qu’elle ne facturera pas ses services aux demandeurs d’emploi, cela peut quand même devenir une réalité, s’il n’y a aucune réaction des agents et des usagers.
Et en Guadeloupe, les agents grévistes réclamaient aussi, comme dans l’ensemble des «DOM», la prise en compte de la situation particulière du chômage en Guadeloupe, à travers la mise en œuvre d’un article du statut du personnel spécifique aux «DOM». En Martinique près de 66% des agents ont participé à la grève. En Guyane ils étaient majoritairement en grève ainsi qu’à la Réunion où 51% des agents se sont déclarés grévistes.
En France une manifestation regroupant plus de 1500 agents, ce qui ne s’était jamais vu depuis bon nombre d’années à l’ANPE, s’est déroulée dans Paris. En période électorale, cette grève est un avertissement aux candidats qui tenteraient d’appliquer leurs plans sans tenir compte des intérêts des agents. Mais pour un retrait du décret, qui a été publié à la veille de la grève, il faudra d’autres mobilisations.



Martinique
Grève à l’ANPE

Comme en France, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales, plus de la moitié des agents de l’ANPE en Martinique se sont mis en grève pour dénoncer le nouveau décret modifiant l’organisation et le fonctionnement de l’A.N.P.E et exiger son abrogation.
Cette grève s’est traduite selon les syndicats par plus de 51% de grévistes, ce qui est très représentatif compte tenu de l’acharnement avec lequel le patronat soutenu par le gouvernement envisage cette nouvelle politique de restriction du service public.
Le syndicat CDMT estime que «le projet de transfert de l’ANPE privatisée aux mains du Medef est un virage explosif pour la cohésion sociale déjà très relative en Martinique». C’est surtout une action néfaste dirigée contre les salariés et contre un service public.
En effet, le décret prévoit un désengagement de l’Etat dans la gestion de l’ANPE, et l’introduction des collectivités territoriales dans le conseil d’administration. De plus il donne à cet organisme la possibilité de créer des filiales commerciales qui seraient chargées de «booster les chercheurs d’emplois» en leur forçant la main pour «accepter» des offres d’emploi dans des conditions de plus en plus mauvaises, permettant ainsi au patronat d’utiliser encore davantage de la main d’œuvre à bon marché. Ce qui serait tout bénéfice pour le patronat car pour lui la main d’œuvre est une marchandise avec laquelle il réalise des profits.
Du côté des salariés de l’ANPE, cette politique de privatisation larvée entraînera à coup sûr une aggravation des conditions de travail et aussi une diminution des effectifs au sein des agences.
En participant en grand nombre à la journée de grève du 29 mars, les agents de l’ANPE ont montré leur solidarité et ont manifesté leur inquiétude contre la politique gouvernementale. Il reste qu’une journée de lutte ne suffira pas pour obliger ces profiteurs de patrons et politiciens à leur service à remballer leur projet.



Pour René Ygnard

(Extrait de l’hommage prononcé à la Fête de Combat Ouvrier)

René Ygnard, le dirigeant d’ATTAC-Guadeloupe est décédé jeudi matin, d’une attaque cardiaque foudroyante.
Tel que nous connaissions René Ygnard, il n’aurait pas aimé qu’on lui rende un hommage trop solennel, trop sérieux, trop triste. Il était rigolard, persifleur, anticlérical, provocateur. Mais excuse nous René, on parlera quand même un peu de toi aujourd’hui.
Car tu nous manques et nous manqueras encore longtemps.
René était à cette fête chaque année depuis plusieurs années. Il y a pris plusieurs fois la parole. L’année dernière il avait tenu un stand avec ses camarades et avait participé aux débats avec grand intérêt comme toujours.
Bien que sur des positions de fond divergentes, sur un certain nombre de points, nous avons milité avec lui et ses camarades sur des objectifs communs comme par exemple la protestation contre la guerre d’Irak ou encore contre la politique de Sarkozy et sa venue ici en décembre 2006, action qui avait obligé Sarkozy à ajourner son voyage. Aux élections régionales il nous avait apporté son soutien et avait sollicité sa fille pour figurer sur notre liste.
René était très actif. Il a contribué à faire connaître son organisation, Attac, en Guadeloupe et il a été un artisan important dans le renforcement de son organisation en gagnant de nombreux militants au cours des dernières années.
Nous avons eu l’occasion à de nombreuses reprises à Combat ouvrier de discuter avec lui en particulier et de confronter nos points de vue. Les rapports personnels avec lui étaient simples, amicaux et toujours empreints d’une grande camaraderie. Il se dégageait de sa personne une grande chaleur humaine. Il nous faisait part aussi régulièrement par Internet de toutes sortes d’informations, de coupures de journaux et de messages sympathiques.
Alors aujourd’hui, on s’efforcera d’enfouir ta pensée au fond du cœur, mais que tu le veuilles ou non tu n’empêcheras pas que ton souvenir plane sur cette fête où tu devais être, tu n’empêcheras pas que le souvenir que tu as laissé, tes yeux rieurs, tes blagues, ta bonne bouille, ton côté un peu anar s’imposent à nous.
Allez , Salut mon vieux!



Guadeloupe
La grève continue dans les cliniques privées

Les différentes négociations n’ont pas abouti car les patrons ne veulent rien céder. Il faut rappeler que la revendication de l’UTS-UGTG, majoritaire dans ce secteur, était la reprise des NAO 2006 et l’octroi d’une augmentation de salaire de 72,41€ ce qui représente environ 2,2% et que la grève a commencé depuis le 15 janvier dernier. La FHP (Fédération de l’hospitalisation privée) s’en tient à sa proposition de 1%.
Pour le moment des accords d’entreprise ont été signés par l’UTS-UGTG dans deux cliniques. Ils ont signé un accord pour une augmentation de 4% (ce qui représenterait 2006 et 2007) aux Eaux Marines ainsi qu’à la Polyclinique. La grève est donc terminée dans ces deux établissements. Mais il y a 12 cliniques privées et pour l’instant seulement deux ont signé un accord pour mettre fin au conflit dans leur établissement. Pour faire pression l’UTS a appelé à une mobilisation générale le mardi 3 avril.
La position de la CGTG est différente. Elle pense qu’il faut un accord de branche afin que tous les salariés des cliniques privées puissent bénéficier d’une augmentation de salaire et non pas ceux de certaines cliniques. La CGTG n’a jamais réclamé la réouverture des NAO 2006, mais l’ouverture des NAO 2007. Il s’agit d’obtenir des négociations sur le volet salarial, le problème de la mutuelle, de la formation tout au long de la carrière. Pour cela il faut absolument un accord de branche et non un accord d’entreprise.
Les cliniques qui continuent le mouvement sont l’Espérance aux Abymes, la clinique Choisy au Gosier, les Eaux Vives à St Claude et une minorité aux Eaux Claires (à Baie-Mahault) sans que son fonctionnement soit perturbé. Les salariés ne se découragent pas car ils estiment que les patrons des cliniques privées ont les moyens de leur accorder ce qu’ils réclament à savoir 4% (pour 2006 et 2007). Mais il vrai que la tactique des patrons est de refuser toute augmentation substantielle des salaires même s’ils peuvent payer. Les salariés doivent toujours se battre pour arracher la moindre augmentation.



Martinique
Coup de colère des agents des écoles foyalaises

Le mardi 27 mars dernier, plus d’une centaine d’agents des écoles, des cantines, concierges, gardiens, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), animateurs et animatrices ont arrêté le travail pour une journée de protestation contre leurs conditions de travail. Ces salariés avec leur syndicat CGTM /SOEM dénonçaient l’attitude méprisante et l’autorité dictatoriale de certains directeurs d’écoles. Ils veulent plus de respect sur leur lieu de travail et dans l’exercice de leur fonction et ne veulent plus supporter l’agressivité de ces responsables. Il s’agit des salariés les moins gradés dans les écoles qui ont pourtant des responsabilités importantes puisqu’ils sont quotidiennement aux côtés des jeunes enfants dans des conditions souvent délicates. Pourtant ils se trouvent face à l’arrogance de certains chefs d’établissement qui ne tiennent pas compte des difficultés actuelles et se prennent peut être pour les géreurs de champs de canne, il y a 50 ans. Mais, même il y a 50 ans, ils se trouvaient des travailleurs pour remettre à leur place les chefs trop zélés.
Ainsi en cette journée de protestation et de revendication les agents municipaux des écoles ont défilé sur le boulevard Général de Gaulle avant de se rendre à l’hôtel de ville pour exposer au maire, Serge Letchimy leurs doléances. A la fin de leur entretien, il a été fixé d’ici un mois une réunion de concertation entre directeurs d’établissement et agents municipaux. Mais ceux qui auront bien besoin de revoir leur copie ce sont les directeurs d’école au comportement méprisant.



Affaire Lefort: victoire d’étape!

M. Hilaire Lefort, Maître Félix Rodes et le comité Lefort contre le racisme et l’humiliation ont gagné une manche: la cour de cassation a cassé le jugement rendu jusqu’ici dans l’affaire Lefort. En effet, tant en première instance qu’en appel, les juges de Guadeloupe avaient conclu à un non lieu concernant la plainte de M. Lefort contre les gendarmes qui l’avaient agressé. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Basse-Terre a été désavouée.
Rappelez vous, M. Hilaire Lefort est cet homme de 85 ans, malade cardiaque qui, le 3 janvier 2005 avait été violemment agressé, jeté à terre, emmené menottes aux poignets par les gendarmes. Ces derniers étaient intervenus sur simple appel de son voisin suite à une dispute de voisinage.
M. Lefort avait été ensuite placé en garde à vue dans un local nauséabond de la gendarmerie de Basse-Terre, avant d’être libéré au petit matin. Suite à ces sévices, il avait dû être hospitalisé pendant plusieurs jours.
Les juges de Guadeloupe n’ont jamais voulu désavouer les gendarmes, symboles intouchables à leurs yeux de l’autorité de l’Etat. Ce faisant, ils laissaient impunis de lourdes exactions commises à l’encontre de M. Lefort, comme c’est souvent le cas dans les affaires de violences policières.
Un nouveau procès aura donc lieu probablement en Martinique dans plusieurs mois. Cela nous donne le temps de préparer la mobilisation nécessaire. C’est important. C’est la protestation et la mobilisation qui ont permis d’en arriver là. C’est aussi la mobilisation, la ténacité, la persévérance qui permettront que les gendarmes ou policiers paient pour les violences outrancières qu’ils commettent. Il faut que cette mobilisation se maintienne et se renforce. Les injustices doivent être condamnées, d’où qu’elles viennent.
(Extrait du tract du Comité Lefort contre le racisme et l’humiliation du Lundi 2 avril 2007)

Le comité Lefort contre le racisme et l’humiliation se réunit tous les lundis à 18h30, (sauf le lundi de pâques) maison Lefort, rue Alexandre Isaac à Petit bourg (derrière le petit marché en allant vers la mer). La réunion est ouverte à tous.