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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 avril 2007      N° 966


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À la Une

Éditorial

Présidentielles. 1er tour. Derrière le décompte, les luttes en perspective

Au moment où nous écrivons, le vote pour le premier tour des élections présidentielles ne s’est pas encore déroulé et nous n’en connaissons évidemment pas les résultats.
Mais, comme nous l’avons dit tout au long de la campagne, quels qu’en soient les résultats, l’élection n’apportera aucun changement favorable aux classes laborieuses. Quel que soit le président élu, le successeur de Chirac, qui fut lui-même successeur de Mitterrand, fera comme ses prédécesseurs. Il obéira aux diktats des grands groupes capitalistes. Ce sont ces grands groupes capitalistes, ces grands financiers qui lui imposeront leur volonté. De gauche, de droite ou du centre, le président ne représentera pas et ne défendra pas les intérêts des classes laborieuses. Il ne résoudra pas les graves problèmes qui touchent les travailleurs et les pauvres.
Le patronat et les dirigeants politiques qu’il se donne sont particulièrement arrogants, sûr d’eux, dominateurs. Ils mènent une lutte de classe permanente contre les travailleurs. Et quand ils sont obligés de céder un tant soit peu à cause des grèves, ils résistent et ne cèdent qu’au compte goutte. C’est toujours du mépris qui sort de la bouche de ces gens là ; les travailleurs ne travaillent pas assez, ils font trop de grèves, en veulent toujours plus. Mais la pauvreté s’accroît, la précarité aussi et une partie des travailleurs en est effectivement démoralisée, à tel point que certains pensent qu’en votant Royal voire Bayrou, quand ce n’est pas Sarkozy, ils pourraient voir changer leur sort. Les partis de gauche, socialiste et communiste, ont contribué à désarmer une fraction de la classe ouvrière en menant dans les gouvernements d’union de la gauche une politique qui non seulement n’a rien changé à la situation des travailleurs mais l’a aggravée.
Cependant, les nombreuses grèves qui se déroulent en Martinique et en Guadeloupe, ou encore en France comme celle des travailleurs de Citroën pour les salaires, montrent qu’une fraction des travailleurs est bien prête à se battre.
Ce qui comptera dans les résultats des élections, c’est ce que les classes laborieuses y auront exprimé. Vont-elles massivement se contenter de voter Ségolène Royal afin de faire payer à la droite représentée par Sarkozy les cinq années de gouvernement dirigées essentiellement contre les intérêts des travailleurs et des couches populaires? Vont-elles saisir la possibilité de voter contre la droite tout en exprimant leur méfiance envers la gauche de Ségolène Royal, en votant pour Arlette Laguiller et en soutenant le programme de défense des intérêts des travailleurs qu’elle a défendu tout au long de la campagne électorale?
De ce point de vue, le score d’Arlette Laguiller, s’il est important, témoignera à la fois de la haine des travailleurs contre une droite qui les a agressés pendant cinq ans et qui promet de faire encore pire avec Sarkozy au pouvoir. Il témoignera de leur méfiance envers Ségolène Royal.
Les votes en faveur d’Arlette Laguiller, mais aussi d’une certaine façon ceux qui se porteront sur d’autres candidats d’extrême gauche, s’ils rassemblent plusieurs millions de voix, en France et dans les DOM constitueront un message. Message à l’intention du futur président, quel qu’il soit, signifiant qu’une fraction importante des classes laborieuses est bien décidée à ne pas laisser mener, sans réagir, la même politique dirigée essentiellement contre les intérêts du monde du travail.
Cela signifiera peut-être aussi que celles-ci voudront se donner les moyens d’obtenir satisfaction, d’imposer un changement de politique en leur faveur, par d’autres voies, notamment la grève et les manifestations de rue.



Combat Ouvrier présentera des candidats aux législatives

Aussitôt l’élection présidentielle terminée – quelques semaines après – sera lancée la campagne pour les élections législatives. Combat Ouvrier présentera au moins un candidat dans chaque île.
En Martinique, notre camarade Ghislaine Joachim Arnaud se présentera dans la circonscription du centre (Fort-de-France – Lamentin), en Guadeloupe nous présenterons une candidature sur la troisième circonscription (de Capesterre à Pointe Noire).
Une élection en elle-même, pas plus les législatives que les présidentielles, ne peut apporter de changement pour les travailleurs, mais ceux-ci peuvent utiliser la possibilité offerte de s’exprimer par le bulletin de vote pour montrer qu’ils sont nombreux à se prononcer pour un programme de défense des intérêts des travailleurs. Programme qui réclame de véritables mesures s’attaquant aux grands maux qui dégradent depuis des années la situation des classes laborieuses, c’est-à-dire le chômage, la précarité, les bas salaires et les problèmes de logements.
Dans tous ces domaines, la situation est catastrophique: nous avons un taux de chômeurs trois fois plus élevé qu’en France, beaucoup plus d’érémistes, près de deux cents mille bénéficiaires de la CMU, une personne sur six qui vit sous le seuil de pauvreté, un salarié sur cinq n’a qu’un emploi précaire, la moitié des retraités vit uniquement avec le minimum vieillesse, 40 % des dépenses de la Caisse d’Allocation Familiale servent à régler les minima sociaux. Cela ne peut évidemment pas durer plus longtemps.
Et nous dirons donc dans cette campagne législative qu’il y a des solutions: à commencer par cesser de donner en pure perte l’argent public aux gros patrons, qui n’en continuent pas moins de licencier. Comme on l’a vu dans une période récente en Martinique et en Guadeloupe où de gros propriétaires, tels que Fabre, Le Métayer et d’autres ont liquidé leurs plantations et jeté des centaines d’ouvriers agricole à la rue.
L’état, l’Europe, les Régions se bousculent pour donner des dizaines de millions de subventions directes aux patrons sous prétexte de soutenir l’économie, l’agriculture, les PMI ou PME etc. Des subventions sont aussi accordées de façon indirecte grâce à la LOOM (loi d’orientation outre-mer), la LOPOM (loi programme pour l’outre-mer de Girardin), c'est-à-dire grâce aux défiscalisations, aux dégrèvements de charges sociales et aux primes de toutes sortes. Ces centaines de millions d’euros de cadeaux et les milliards d’euros de profits des gros patrons, Békés, Noirs ou autres doivent servir à la fois à créer des emplois et à donner des salaires décents à tous les travailleurs.
Il faut exiger que l’Etat et ses filiales Régionales cessent d’arroser le patronat et créent directement des emplois avec cet argent. Il faut améliorer les services publics et non les affaiblir comme les gouvernants ont commencé à le faire et comme on nous promet de l’accentuer avec la décentralisation. Il faut déjà au moins remplacer tous les départs à la retraite, dans les hôpitaux, les services sociaux, les écoles, les administrations.
Il faut imposer une augmentation des impôts sur les bénéfices des sociétés et sur les revenus des riches tout en allégeant et en supprimant un impôt injuste comme la TVA, au moins sur les produits de consommation courante.
Une politique de construction de logements est possible. Même une commission officielle nommée par le gouvernement estime qu’il faudrait construire plus de six mille logements par an, par DOM, pour au moins éponger les difficultés actuelles.
Nous dirons dans cette campagne que le seul moyen d’améliorer la situation des classes travailleuses et populaires c’est de prendre l’argent là où il est c'est-à-dire dans les profits considérables du patronat et en utilisant le montant des subventions pour agir en faveur de la population. La population laborieuse doit pouvoir contrôler ce qui est fait dans les assemblées locales (les Régions notamment) avec les millions d’euros distribués aux patrons sous prétexte d’aider l’économie martiniquaise ou guadeloupéenne, sans aucune obligation ou vérification de leur utilisation!
Il faut surtout mettre fin à la liberté des patrons de fermer leurs entreprises, de licencier comme bon leur semble sous prétexte de difficultés économiques. Il faut imposer le contrôle des travailleurs sur les comptabilités des patrons, sur leurs mouvements de fonds, avoir un droit de regard sur leur accumulation de richesse. Il faut abolir le secret bancaire et commercial.
Les patrons connaissent tout de la situation des travailleurs. Pourquoi ceux-ci ne peuvent-ils pas tout savoir sur la situation et les plans des patrons alors que les décisions de ces gens ont des conséquences parfois dramatiques pour l’ensemble d’une population? C’est ce programme de défense des intérêts des travailleurs que développeront et défendront nos camarades au cours de la campagne législative qui suivra l’élection du nouveau président. Nous appelons dès maintenant nos lecteurs, amis et sympathisants à se mobiliser autour de nos candidats et à nous aider par tous les moyens pour la prochaine campagne électorale.