logo COMBAT OUVRIER
Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
MSN Search
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 avril 2007      N° 966


Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 2

Le premier mai, une démonstration de force des travailleurs du monde entier

Des ouvriers des principaux syndicats des Etats-Unis ont commencé à imposer leur revendication de réduire le temps de travail à 8 heures par jour à l’échelle nationale dès le 1er mai 1886. Le 3 mai, à Chicago, une manifestation fit 3 morts chez les grévistes et une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Le 11 novembre 1886 cinq des ouvriers syndicalistes qui avaient participé à la manifestation furent pendus publiquement.
En 1889 les congressistes de la IIe Internationale socialiste réunis à Paris se donnèrent pour objectif la journée de 8 heures (48 H par semaine) -on travaillait jusque-là 10 à 12 heures par jour-. Signalons qu’en 1848 en France un décret réduisait déjà à 10 heures la journée de travail. Mais ce décret n’a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale. Le 1er mai 1891, la troupe française tira sur les manifestants ouvriers de Fourmies (dans le Nord) faisant 10 morts. Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s’enracina dans la tradition de lutte des ouvriers européens.
Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l’Internationale socialiste remit l’accent sur le caractère revendicatif et international du 1er mai. Après la 1ère guerre mondiale, le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919, dans son article 247, généralisa la journée de 8 heures ou la semaine de 48 heures. C’est ainsi que les manifestations du 1er mai devinrent l’occasion de relancer les revendications générales des travailleurs. Le 23 avril 1919, le Sénat en France ratifia la journée de 8 heures et fit du 1er mai 1920 une journée chômée.
Après la révolution ouvrière d’octobre 1917 la Russie décida en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée.
Le premier mai est une journée qui symbolise les grandes luttes historiques de la classe ouvrière internationale. Mais elle est aussi l’expression d’une volonté de lutte contre l’exploitation patronale d’aujourd’hui et pour l’aboutissement des revendications actuelles des travailleurs.



Cadeaux aux riches!

LA DÉFISCALISATION
D’après un rapport administratif publié en septembre 2006 consacré aux allègements de charges et à la politique de défiscalisation de la loi Girardin, sur la seule année 2005, le coût d’un emploi créé ou maintenu grâce aux exonérations de charges dans les DOM s’élève à 38 200 euros soit 30 mois de SMIC.
D’après un autre rapport sur la défiscalisation, «elle génère des produits financiers de tout premier ordre». Ainsi, «les 100 plus gros bénéficiaires » de réductions d’impôts au titre des investissements outre mer, ont bénéficié pour leurs revenus 2004 d’un montant de réduction d’impôt qui va de 3,8 millions d’euros pour le premier bénéficiaire à 375 000 euros pour le centième. La transparence du rapport ne va pas jusqu’à indiquer quel est le bienheureux bénéficiaire et combien d’emplois cette réduction d’impôt a généré!

EN PLUS DES DEFISCALISATIONS, IL Y A LES DETTES SOCIALES DES PATRONS
En Martinique, les projections de l’institut d’émission des DOM pour 2007 font état d’un déficit d’un milliard d’euros en 2007 venant des dettes sociales des patrons.
Comment on en arrive là? Voilà ce qu’en dit le directeur de la branche employeurs de l’URSAFF, principal financeur de la sécurité sociale. Selon lui, «…la LOOM (loi d’orientation Outre-Mer) votée en 2000 pour permettre aux patrons d’apurer les dettes patronales a eu finalement un effet pervers…» Et on peut rajouter, les employeurs ont continué de se servir en ne payant plus du tout les cotisations, même celles prélevées sur les salaires.
Actuellement il y a 4000 dossiers employeurs chez les huissiers et cela ne représente pas la totalité.
C’était le cas de la clinique Ste Marie qui a été mise en redressement judiciaire durant deux années puis qui a fait l’objet d’un plan de reprise drastique en 2006 et de l’ADARPA dont les caisses ont été renflouées par les collectivités territoriales. Sur ces deux récentes affaires qui ont été en leur temps largement commentées par les médias, il n’y a pas eu pour autant d’informations claires sur les raisons de ce qu’on pourrait qualifier de détournements caractérisés des cotisations ouvrières ni sur les responsabilités. Par contre à chaque fois, les salariés, mis sous la menace de licenciements durant des mois, se trouvent avec des conditions de travail plus dures et plus stressantes, lorsqu’ils ne sont pas tout bonnement jetés à la rue.



Sur la question de l’embauche avec la préférence régionale, sur l’organisation des concours

Beaucoup plus que dans le passé, l’accès aux postes libérés éventuellement après les départs à la retraite se fera par concours ouvert à l’échelon national. La question peut être: faudra-t-il mettre en place des concours régionaux déconcentrés? La plupart des candidats semblent d’accord avec une telle méthode.
Nous répondons: Oui! Car cela permet un recrutement au plus près du besoin et accessible aux personnes concernées en priorité. La masse de candidats à des emplois locaux est si forte qu’il est normal que les candidats d’ici veuillent être recrutés en priorité. Cela peut aussi se transformer en couteau à double tranchant, et aboutir à la régionalisation encore plus poussée du service public et à un désengagement plus important de l’état. Il sera alors indispensable de contrôler de près les nouveaux pouvoirs publics.
Mais il faut aussi laisser aux candidats le choix de travailler ici ou aller ailleurs dans les services publics, en France ou dans d’autres DOM!
Autre aspect: les partis et syndicats réformistes et nationalistes se focalisent sur cette formulation «priorité d’embauche locale» ou «préférence régionale». Nous croyons que ce n’est pas un problème de mots, de formulation! Il faut dire aux jeunes travailleurs, aux candidats à ces futurs et hypothétiques postes vacants que, pour eux et pour les travailleurs qui sont encore en activité dans les services publics, le vrai moyen d’avoir ces emplois c’est de se battre dans les entreprises, dans les rues, pour exiger que les jeunes soient embauchés! Quelle que soit la «formulation» il faut déjà imposer, ici et maintenant, le remplacement intégral des départs en retraite et l’amélioration des services publics, avec des embauches supplémentaires! Cela c’est la vraie perspective pour les futurs jeunes travailleurs de la fonction publique.



Lorsque la volonté patronale dépasse la fiction électorale

Nicolas Sarkozy avait déclaré lors de son passage aux Antilles: «JJe veux un travail pour chaque jeune Martiniquais, je veux parier sur une zone franche globale, je ne veux pas de l'assistanat. Je suis venu dire aux Martiniquais que la France a besoin d'eux…»
Aujourd’hui son grand dévouement au patronat se trouve très mal payé puisque ceux à qui ces mesures semblent être destinées font la moue et ne semblent pas se satisfaire de ce nouveau gadget électoral.
En effet selon Patrice Lecurieux-Durival, président du Medef Martinique: «Il faut rester pragmatique! le Medef n’est pas favorable à une Zone Franche Globale stricte. Cela n’a pas de sens. Nous bénéficions des mesures d’exonérations fiscales et sociales. Ajouter une franchise totale sur ce dispositif n’est pas réaliste. (…)» Si le Medef réagit ainsi, c’est que pour l’instant la proposition de zone franche globale n’est pas bâtie à sa convenance. Il semble que le patronat Martiniquais, friand naturel des aides et autres exonérations, serait plus partant pour un dispositif qui serait une addition sans limites des mesures douanières et fiscales.
S’il obtient la garantie de la possibilité d’une fusion des dispositifs existants, gageons que le discours changera, car nos bâtisseurs de fortunes sont souvent bien plus gourmands qu’ils n’en ont l’air.



Martinique
Quelques chiffres sur chômage et érémistes

En Février 2007, l’INSEE a rendu publique une enquête sur l’emploi en 2006. Selon cette enquête le taux de chômage est de 25,2% progressant de 3,4 points par rapport à 2005.Il s’agit pourtant du chiffre officiel du chômage! Cette augmentation indique que les jeunes constituent une population très touchée puisque le taux de chômage des 16-24 ans est de 48,4%. Le nombre d’érémistes passe de 29 000 en 2003 à 35 500 en 2006 soit 4% d’augmentation.



Guadeloupe
Vous avez dit chômage

A chaque élection, pour la mise sous plis des documents électoraux (bulletins et circulaires des candidats) à expédier aux électeurs, la préfecture de Guadeloupe recrute des demandeurs d’emploi.
Pour ces présidentielles les personnes intéressées étaient invitées à s’inscrire à l’agence ANPE de Basse-Terre. Plus de cinq cents chômeurs ont été inscrits pour ce «job». Et pour avoir cette chance, il fallait se «réveiller tôt». En effet c’est dès 3 heures du matin que les premières personnes étaient devant les portes de l’agence ANPE. Mais s’inscrire ne voulait pas dire être recruté, car on n’avait besoin que de 370 personnes, et 130 d’entre elles ont été rayées. Et même après la clôture de la liste et l’élimination des 130 personnes de trop, on a observé un défilé incessant devant la grande salle de la préfecture où se faisait la mise sous enveloppes des documents pour quémander la faveur d’avoir ce « job ».
C’est cela le vrai visage de cette catastrophe qu’est le chômage. Et dire que le candidat Sarkozy pour culpabiliser les chômeurs et les bénéficiaires du RMI et autre Allocation spécifique de solidarité ose parler de la dignité que procurerait le travail.



Les difficultés du logement dans les DOM

L’Etat a tout simplement arrêté la production des logements sociaux. En contrepartie la production du logement privé a été favorisée. On a vu fleurir les fameuses SCI (société civile immobilière). Dans un rapport de 2005, l’IEDOM informe que la construction de logements privés collectifs a progressé de 140%. Quant au crédit accordé à l’habitat des particuliers, il a augmenté de 5% par an. En avril 2006 le gouvernement a commandé un rapport sur le logement social dans les D.O.M. et Mayotte et les rapporteurs ont bien été obligés de constater une situation qui s’est dégradée depuis six ans.
Il n’y avait d’ailleurs pas besoin des résultats d’une commission d’enquête pour constater l’importance du problème du logement: il n’y a qu’à regarder les quartiers défavorisés, plus ou moins étendus, où vivent des milliers de gens entassés dans des conditions insalubres bien souvent, ce qu’il faudrait appeler des bidonsvilles il en existe un peu partout souvent à l’intérieur des villes et des communes! Il y a partout des quartiers qui relèvent de la RHI autrement dit de la «résorption de l’habitat insalubre»!
Selon les chiffres mêmes de la commission, le logement social a reculé dans tous les DOM et particulièrement en Martinique, depuis 2001 où on a construit en moyenne seulement 520 logements sociaux par an!
Et les besoins actuels sont immenses. Selon les bailleurs sociaux comme la SIMAR (société immobilière martiniquaise) ou HLM il y aurait plus de 14000 demandes en attente dans les bureaux. Il faudrait au minimum construire 4 à 6000 logements par an, selon les DOM considérés, au lieu des 500 comme en Martinique!
La commission nommée par le gouvernement estime qu’il faudrait construire, pour l’ensemble des DOM, 27 000 logements par an ; alors que selon d’autres estimations il faut tout de suite construire et réhabiliter de 50 000 à 80 000 logements.
En se basant sur le taux de logements sociaux par habitant qui devrait résulter en métropole de l'application du fameux plan de cohésion sociale de Borloo, soit environ 7 500 logements locatifs sociaux pour 100 000 habitants, la mission estime qu'il faudrait, pour atteindre le même ratio dans les DOM (où il est actuellement d'environ 6 000/100 000), accroî-tre le parc de 27 000 logements. Ce chiffre est inférieur aux besoins, en raison de la forte proportion de la population des DOM pouvant prétendre à un logement social. Mais le rythme annuel moyen de production a été, sur les six dernières années, d'environ 4 200 logements autorisés sur tous les DOM soit le quart des besoins.



Présidentielle 2007: les DOM à part

Certains candidats s’évertuent à clamer que les habitants des colonies baptisées départements d’Outre-Mer (DOM) font partie du territoire national français. Le premier à le dire sur tous les tons est le candidat de l’UMP, Sarkozy, l’ancien ministre de l’Intérieur qui avait en charge l’organisation des élections.
Mais les déclarations sont une chose et les faits en sont une autre. Ainsi, l’Etat a décidé cette année de lancer un appel d’offres pour confier l’affichage officiel à une entreprise privée. C’est la société Clear Channel qui a été retenue. Mais cette société a décidé de ne pas s’occuper des DOM au motif qu’elle n’aurait pas trouvé sur place de correspondant. La conséquence est que ce sont les candidats qui doivent se débrouiller pour apposer les affiches.
Cette affaire est révélatrice du fonctionnement de ce système économique. La seule préoccupation des entreprises privées, c’est leur profit. En l’espèce, Clear Channel a jugé que celui qu’il allait réaliser en France lui suffisait amplement et qu’il n’y avait aucune raison d’aller se compliquer l’existence dans les DOM. Autre enseignement à tirer de cette affaire, malgré ses déclarations ronflantes et ses promesses sans limite, le candidat de l’UMP, ancien ministre de l’Intérieur, qui a géré cette affaire, n’a pas osé imposer à cette société qu’elle intervienne également dans ces DOM.
Mais après tout, tout cela ne confirme qu’une chose: ce sont les patrons qui décident et certains ne sont là que pour amuser la galerie.