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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 avril 2007      N° 966


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Page 3

Martinique
Les grévistes de MCA tiennent bon

A Palmiste-Lamentin, les salariés de MCA continuent leur grève pour faire aboutir leurs revendications. Le mouvement a commencé depuis le 12 mars. Ils réclament une augmentation de salaire de 100€ pour tous, la transformation de deux CDD en CDI, la régularisation des autres contrats précaires et la transformation de la prime de fin d’année en 13è mois.
La société MCA (Martiniquaise des Centre d’appels) est une filiale du groupe mondial Téléperformance, et intervient pour le compte de Digicel opérateur dans la téléphonie mobile dans la Caraïbe. Cette société fait des profits très importants. Elle a les moyens de donner les augmentations réclamées par les salariés. Mais elle décide de distribuer des gros dividendes à ces actionnaires et voudrait que les salariés acceptent de travailler comme des dingues pour une bouchée de pain.



Guadeloupe
Grève du CFA. Rien n’est réglé

Il n’y rien de nouveau au CFA (Centre de Formation des Apprentis) car le protocole de fin de conflit n’a pas été signé jusqu’à ce jour. Cela fait plus de 5 mois que la grève a commencé à l’appel de l’UGTG pour réclamer la titularisation de 16 salariés et l’embauche de deux emplois jeunes. Un accord était presque sur le point d’être signé et ne l’a pas été à cause de la situation des deux emplois jeunes. Selon le président de la Chambre, M. Lobeau, «on ne pouvait rien faire pour eux» alors que l’UGTG réclamait qu’ils fassent partie du plan de titularisation.
Lors des dernières rencontres, on a entendu ce président de la Chambre des Métiers dire qu’il allait titulariser une quarantaine de salariés, bien plus que ce que réclamaient les grévistes, puis il s’est rétracté et a dit qu’il n’avait pas annoncé ce chiffre. Certains salariés non grévistes ont repris le travail après la rencontre du 23 mars dernier, mais dans la mesure où le conflit n’est pas terminé ils ne peuvent pas prendre en charge tous les stagiaires, donc on ne peut pas dire que le travail a repris normalement. Mais la situation est encore confuse car le syndicat n’a pas la liste de ceux qui doivent être titularisés et d’autres problèmes sont encore en suspens.



Guadeloupe
Manifestation du comité Lefort à l’Aéroport

Le jeudi 5 avril, le «comité Lefort contre le racisme et l’humiliation» a organisé une manifestation dans le hall d’arrivée de l’aéroport Pôle Caraïbes. Il entendait, lors de l’arrivée de Me Rodes de retour de la cour de cassation, faire connaître le nouvel épisode judiciaire de l’affaire Lefort. En effet, la cour de cassation a cassé le jugement de la cour d’appel de Basse-Terre qui avait conclu à un non lieu dans l’affaire opposant M. Lefort aux gendarmes, à son voisin et au chien de ce dernier. On se souvient que M. Lefort, âgé de plus de 84 ans, malade cardiaque, avait été sauvagement agressé par des gendarmes, mis au cachot, rendu malade pour une banale affaire de voisinage. Il avait immédiatement porté plainte et constitué un comité qui reste toujours mobilisé deux ans après. Ce comité a donc profité de l’occasion pour expliquer l’affaire aux nombreuses personnes qui se trouvaient dans le hall et dénoncer les violences policières. Il fit de même à l’égard des grévistes de «Top one», tenant le piquet de grève au son du «gro- ka».
C’est aux cris de «victoire sur la justice coloniale» que Me Rodes fut accueilli à sa sortie de la salle des bagages par un bon groupe de militants du comité. Il a pris la parole et a ensuite répondu aux questions de la presse présente.




Extraits du bulletin “écho de l’Aéroport”

MARTINIQUE CATERING: GRÈVE CONTRE LA RÉPRES-SION ANTI-SYNDICALE
L’équivalent de la SORI en Martinique n’est plus la SERVAIR mais une filiale, Martinique Catering. Dans le même temps, les droits des salariés sont bafoués et le syndicat, la CGTM, dérange la direction qui essaie par tous les moyens de supprimer la section. Signalons que le directeur a sévi 2 ans à la SORI il y a quelques années.
Six délégués CGTM sont menacés de licenciement. Pour refuser cette injustice, le personnel de Martinique Catering s’est mis en grève.

DIRECTEMENT PAR LE MINISTÈRE
Pour le premier délégué CGTM attaqué, la direction n’a pas obtenu l’autorisation de licenciement: l’inspection du travail a refusé, le préfet de Martinique a refusé. Eh bien! la direction s’est adressée au ministère de tutelle dans le gouvernement UMP. Celui-ci, à 7000 km, a trouvé qu’il fallait licencier. Vraiment, c’est un gouvernement à la solde des patrons.
Cela donne une idée de ce qui pourra se faire si un Sarkozy est élu

LA DIRECTION DE MARTI-NIQUE CATERING NE S’ARRÊTE PAS LÀ…
Plusieurs salariés de Martinique Catering ont été invités à passer un permis pour conduire les clarks. Avec ce permis ils ont demandé une prime pour travailler avec les clarks en plus de leur activité habituelle. La direction a refusé.
Cela sert aujourd’hui de prétexte à la direction pour tenter de licencier d’autres délégués qui auraient protesté dans cette affaire.

SOUTIEN A NOS CAMARADES
A la SORI, nous soutenons les collègues syndicalistes de Martinique Catering attaqués et n’accepterons pas de faire leur travail à leur place si la direction nous le demande.



Pôle Caraïbes: les grévistes ont fait reculer le patron de “Top One”

Le patron de «Top One», un ancien gendarme méprisant, a fait durer 10 jours la grève des agents de sécurité (gardiens) et de la sûreté (chargés du contrôle des bagages en soute), avant de signer un accord de fin de conflit. Le patron a reculé sur la plupart des revendications. Seul le point, épineux du paiement des heures supplémentaires, par semaine et non par mois, reste en suspens.
Ce patron a, pendant des années, payé les agents de sécurité 1€ de moins que la convention collective. Il devra verser un rappel de 6000 € à chaque collègue.
Par ailleurs, il devra ouvrir les NAO (négociations annuelles obligatoires), procéder aux élections de délégués, payer les charges et les primes prévues par la convention.
Beaucoup de travailleurs de l’aéroport avaient été choqués de la rapacité de ce patron qui a voulu «rafler» tous les marchés. En acquérant l’entreprise chargée de la Sûreté, il augmente certes ses profits mais il a déclenché la colère de ceux qu’il exploite. Il sait maintenant qu’il a devant lui des hommes et des femmes fiers et déterminés.



Guadeloupe
Vers la fin du conflit dans les cliniques privées

La grève n’est pas totalement terminée mais des accords ont été signés dans quatre cliniques par le syndicat UTS-UGTG. Devant la détermination des grévistes, les patrons de certaines cliniques ont préféré négocier avec l’UTS un accord de fin de conflit et ont accepté d’accorder les 4 % d’augmentation de salaire réclamés par les grévistes. Ces 4 % représentent un rattrapage par rapport aux NAO (négociations annuelles obligatoires) 2006 où la FHP (Fédération de l’hospitalisation privée) avait de façon unilatérale décidé de donner 1 % d’augmentation pour 2006 et voulait accorder 1,3% pour l’année 2007.
Avec raison, les grévistes ont estimé que ce n’était pas suffisant et ont maintenu la pression.
Ainsi, un accord a été signé aux « Eaux Marines » avec le Dr Jean-Jacques qui accorde les 4 %, ainsi qu’à la Polyclinique, la clinique de Choisy au Gosier et chez Pitat à Basse-Terre. Ces 4 % sont étalés de la façon suivante: 1% au 1er avril 2007 (valeur du point 8,18 euros), 1 % au 1er juillet (valeur du point 8,26 euros) et 2 % au 1er août (valeur du point 8,42 euros). Il s’agit du même accord pour toutes les cliniques.
Aux «Eaux Claires» où les négociations sont plus difficiles, une première réunion devait se tenir le 11 avril, mais n’a finalement pas eu lieu. Une rencontre est prévue le 16 avril aux Eaux Vives (Saint-Claude) pour éventuellement signer un protocole de fin de conflit. Pour les NAO 2007, un rendez-vous est prévu avec tous les syndicats le 18 avril aux Eaux Claires et le 19 avril à l’Espérance. La grève pour l’instant se poursuit dans ces deux cliniques.
On se souvient que la revendication des grévistes était la réouverture des NAO 2006 et ils réclamaient 72,41 d’augmentation de salaire, ce qui représentait environ 2,2 %. Les patrons des cliniques ont tout fait pour décourager les grévistes en prétextant qu’ils ne pouvaient pas aller au-delà des 1 % proposés par la FHP. Les accords signés dans certaines cliniques démontrent bien qu’ils pouvaient donner satisfaction aux salariés sans faire traîner la grève. Mais comme toujours les travailleurs doivent se battre pour arracher la moindre revendication.



Banane-Guadeloupe: les planteurs se frottent les mains

En effet, la Région vient de signer deux conventions avec les planteurs de bananes. Une, garantissant à hauteur de 5,5 millions d’euros un prêt de 11 millions (l’autre moitié est garantie par le Conseil Général) au Groupement des planteurs de Guadeloupe, et une autre garantissant les intérêts de ce prêt. En fait, les planteurs vont disposer d’une avance de 300€ par tonne de bananes. Selon L. Lignières, l’actuel président du groupement, c’est la première fois depuis 10 ans que les planteurs vont disposer d’autant d’argent. Et on peut le croire car il sait de quoi il parle, lui qui a presque toujours occupé une place parmi les dirigeants des anciens groupements, depuis l’ancienne SICA-ASSOBAG.
Et ce n’est pas tout. Eric de Lucie, qui parle au nom des planteurs de Guadeloupe et de Martinique vient d’annoncer que le remboursement des prêts arrivant à échéance en juin 2007 est reporté à janvier 2008. Mais qu’en plus, le gouvernement est en train de négocier avec l’Europe pour obtenir une annulation pure et simple des dettes. Et qu’il a bon espoir. Et ce sont ces gens-là qui n’arrêtent pas de vouloir faire pleurer la population sur leur sort.
Que va devenir tout cet argent? Servira-t-il vraiment à relancer la production de la banane? Plus que jamais la revendication du syndicat CGTG-Banane est d’actualité: Il faut «un véritable contrôle sur la destination et l’utilisation des fonds alloués aux planteurs». Et surtout «la mise en place d’un calendrier pour réembaucher tous les ouvriers licenciés qui n’ont pas atteint l’âge de la retraite».



Martinique
Réunion publique de Combat Ouvrier

Le jeudi 12 avril s’est tenue dans la salle de la FOL, route de Didier, une réunion publique de Combat Ouvrier, où plusieurs dizaines de personnes sont venues écouter Ghislaine Joachim Arnaud, la porte-parole d’Arlette Laguiller, candidate à l’élection présidentielle.
Il y eut deux interventions. Tout d’abord celle de notre camarade Louis Maugée qui a brossé un tableau de la situation politique et de celle des travailleurs de la Martinique. La seconde fut celle de notre camarade Ghislaine Joachim Arnaud. Elle a développé le programme politique d’Arlette Laguiller durant cette campagne. Après ces deux interventions, il y eut un débat. Ghislaine Joachim Arnaud a conclu en invitant les électeurs à voter vraiment utile. Pour nous cela signifie apporter le maximum de voix à la candidate Arlette Laguiller, la candidate qui se situe dans le camp des travailleurs. La réunion s’est terminée aux accents de l’Internationale.



Extrait du bulletin “écho des Assurances”

MGEN: LES PLANS DE LA DIRECTION SE PRECISENT
La MGEN envisage de faire un plan de sauvegarde de l’emploi, ce qui signifie de supprimer des emplois ou de pousser les salariés à la mobilité. Mais comme toujours il s’agit de donner le moins possible aux salariés. Pour l’instant les DOM ne sont pas concernés par ce projet, mais nous devons suivre avec intérêt ce qui se passe pour nos collègues de France car demain nous pouvons être concernés.



Extrait du bulletin “chantiers en lutte”

BÂTIMENT: EXIGEONS DE VERITABLES AUGMENTATIONS DE SALAIRES
Voter pour Arlette Laguiller le 21 avril, c’est aussi une façon d’exiger que le SMIC, c'est-à-dire le salaire minimum pour vivre actuellement, soit à 1 500 euros net par mois et tout de suite. Mais aussi que tous les salaires soient augmentés de 300 euros.
Dans le bâtiment par exemple le salaire minimum, c'est-à-dire celui d’un manœuvre correspond à 1 000 euros net. C’est inadmissible.
Il faudrait que l’ensemble des travailleurs du bâtiment se mobilisent pour exiger du patronat que le salaire minimum soit de 1 500 euros net, et que les autres salaires soient augmentés de 300 euros.



Extrait du bulletin “sucrerie en lutte” Gardel

QUE FONT LES DIRECTEURS?
Rien ne va plus à la sucrerie Gardel. La fabrication marche très mal. Aparèy a cuit-la andomagé, c’est tout le processus de fabrication qui est au ralenti. Depuis que la direction a fait installer son nouveau moulin sans tenir compte de ce qui pouvait se passer en aval du processus de fabrication nous accumulons des problèmes journellement. L’usine n’a jamais atteint sa vitesse de croisière (5 500 tonnes/jour). Quant on pense qu’il y a un directeur industriel et un directeur de fabrication, on se demande à quoi servent ces messieurs.