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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 avril 2007      N° 966


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Ci-dessous l’éditorial d’Arlette Laguiller

DES PRESIDENTIABLES QUI NE PREPARENT RIEN DE BON POUR LES TRAVAILLEURS

A quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, Sarkozy se positionne encore plus nettement à droite. S'adressant aux électeurs de Le Pen, il a tenté de les séduire en leur disant : "si vous vous êtes tournés vers le Front national dans le passé, c'est parce que nous avions renoncé à défendre les idées qui étaient les vôtres", ce qui signifie en clair que ces électeurs pourraient compter sur lui pour défendre ouvertement leurs idées xénophobes et réactionnaires. Et d'exalter la chrétienté et le temps des colonies.
Ce faisant, Sarkozy, en tant que repoussoir par rapport à tous ceux qui n'ont aucune envie de voir arriver au pouvoir cette droite s'appuyant sur la fraction la plus réactionnaire de l'électorat, est encore le meilleur agent électoral de Ségolène Royal, car celle-ci ne s'engage à rien de précis par rapport aux principaux problèmes auxquels s'affrontent aujourd'hui les classes populaires.
Elle utilise beaucoup de phrases creuses, du style de "la démocratie participative" et de "la France présidente", mais elle ne prend aucun engagement concret sur les salaires, à commencer par le Smic - qui passera à 1500 euros (bruts, pas nets !) "dès que possible". Elle n'envisage que la création de 120 000 "logements sociaux" par an, ce qui signifie qu'il faudrait dix ans pour résorber les 1 200 000 demandes de HLM en attente. Quant au chômage, elle se borne à reprendre à son compte la vieille recette dont les faits ont démontré depuis des années l'inefficacité : réduire les charges sociales sous prétexte d'inciter les patrons à créer des emplois. Pas question pour elle d'interdire les licenciements collectifs, ne serait-ce que dans les entreprises qui annoncent des bénéfices et dont les carnets de commandes sont pleins, comme Airbus. Elle a même été jusqu'à proposer le "contrat première chance", ce petit frère du CPE que la jeunesse avait mis en échec sous Villepin, qui permettrait à des patrons, pas toujours petits, de ne payer ni cotisations sociales, ni même salaires. Cela ne ferait que supprimer des emplois normaux.
On ne pouvait guère s'attendre à autre chose d'un Parti socialiste qui a été quinze ans au gouvernement depuis 1981, et qui y a toujours défendu les intérêts du grand patronat, comme Ségolène Royal s'apprête à le faire si elle est élue. Il est d'ailleurs significatif qu'un certain nombre d'ex-ministres de ce parti, comme Rocard et Kouchner, rêvent ouvertement d'un accord avec cet homme de droite qu'est Bayrou. Collaborer au gouvernement avec de prétendus "centristes" à la Bayrou, c'est d'ailleurs ce qu'avait fait Rocard quand il était le Premier ministre de Mitterrand.
Pour le moment, Ségolène Royal traite une telle possibilité de "baroque". Il faut bien qu'elle continue à appeler à voter pour elle au premier tour. Mais si elle est qualifiée pour le second, c'est peut-être bien de ce côté-là qu'elle cherchera des alliés.
Les travailleurs n'ont aucun intérêt à cautionner la politique du Parti socialiste dès le premier tour, même s'ils souhaitent barrer la route de l'Elysée à Sarkozy et ses clins d'oeil à l'extrême-droite.
Car il faut montrer à Ségolène Royal et à tous les dirigeants socialistes, que s'ils reviennent au gouvernement, ce ne sera pas avec un mandat en blanc signé par la classe ouvrière. C'est pour permettre de l’exprimer à tous ceux qui pensent que pour lutter contre le chômage, le scandale du logement, la baisse du niveau de vie, c'est une tout autre politique qu'il faudrait mener, que je me présente à cette élection.
Chacun des bulletins à mon nom sera celui d'un travailleur disant qu'une fraction de la classe ouvrière est convaincue que c'est ce programme-là qu'elle veut, même si elle doit l'imposer demain à l'élue ou à l'élu du deuxième tour, ou à la future majorité parlementaire.

Arlette LAGUILLER



Il y a 60 ans, l’insurrection malgache

Les origines

A la fin de la seconde guerre mondiale, les idées de liberté, d’émancipation se font jour à Madagascar comme dans beaucoup de colonies. Une des raisons est liée à la participation de 15000 Malgaches à la guerre et au peu de cas que fait le gouvernement français des années de sacrifices de ces jeunes colonisés. De toutes façons la présence française n’est pas bien acceptée à Madagascar où de fréquentes révoltes ont eu lieu depuis 1895. En 1945 le gouvernement français fait mine de tenir compte des revendications nationalistes ; ainsi le travail forcé est aboli… sur le papier, d’autres réformes sont annoncées. Il est vrai que le Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM) qui prône l’indépendance au sein de l’Union française a 3 élus au parlement français : Jacques Rabermanajara, Joseph Ravoahangy et Joseph Raseta. Ce nouveau parti a une grande popularité et est également lié à des sociétés secrètes qui organisent la lutte pour l’indépendance.

L’insurrection

Ces députés seront tenus pour responsables de l’insurrection qui éclata le 29 mars 1947. Les insurgés, des jeunes, d’anciens soldats, des agriculteurs armés plutôt de coutelas (coupe-coupe) que de fusils vont s’attaquer aux symboles de l’autorité coloniale : garnisons, postes de gendarmeries, habitations de riches colons et de certains malgaches qui les fréquentent, églises. Des routes, des voies de chemin de fer seront barrées. Très vite ils entraînent avec eux la population des campagnes. Celle-ci subit en effet le travail forcé, les impôts, les réquisitions ou obligations de travailler sur les rizières de l’administration, la prison arbitraire. En juillet 1947 la moitié Est de l’île, zone de plantations (de vanille, de caoutchouc…), zone de misère et d’oppression, est devenue une «zone insurgée» où le pouvoir colonial est contesté par les combattants.
Mais l’armée française finira par avoir raison de ce mouvement insurrectionnel. Les combattants meurent sous les coups de l’armée ou de faim et d’épuisement lorsqu’ils se sont réfugiés dans la forêt. Le mouvement aura duré jusqu’en décembre 1948.

La répression

La répression qui commence dès avril 1947 fera un nombre de victimes très important qui à ce jour est encore discuté : entre 50 000 et 100 000. En face : 1900 soldats de l’armée française, pour la plupart malgaches ou sénégalais et 200 colons mourront au cours de l’insurrection.
L’armée coloniale commit des crimes atroces. Les combattants, mal équipés, furent mitraillés ou bombardés par des avions, leurs villages incendiés. Des paysans suspectés d’être des insurgés furent jetés d’avion, vivants, au dessus de leur village pour effrayer les habitants. Des militants du MDRM furent brûlés vifs dans des wagons. Le MDRM paiera un lourd tribut à cette répression. Les 3 députés furent arrêtés dès le 15 avril 1947 et jugés comme responsables du déclenchement de l’insurrection. Le gouvernement colonial n’avait aucune preuve de cela mais deux d’entre eux furent condamnés à mort, le troisième, aux travaux forcés à perpétuité. De nombreux militants du MDRM furent envoyés au bagne. Les condamnations à mort furent ensuite transformées en peines de prison. Tous ont été réhabilités en 1956 et, pour la plupart, retrouvèrent leur liberté avec l’indépendance de Madagascar en 1960.
La répression de 1947, si elle a mis fin à l’insurrection malgache, n’a en effet pas mis fin aux aspirations de la population.
Cette page sanglante est restée cachée très longtemps.



Succès de la fête de Combat Ouvrier

Comme les années précédentes, la fête de Combat Ouvrier a rassemblé plusieurs centaines de personnes, amis, parents, sympathisants et militants. C’était le dimanche 1er avril au domaine de Pako à Baie Mahault. Cette année, sur le plan politique, Combat Ouvrier a mis l’accent sur l’élection présidentielle et son soutien à la candidature d’Arlette Laguiller. Notre camarade Danielle Diakok a exposé les grandes lignes du programme de la candidate de Lutte Ouvrière et a appelé les travailleurs à exprimer leur mécontentement en votant pour elle.
Un hommage émouvant a été rendu à René Ygnard décédé quelques jours avant la fête. Ce responsable du groupe ATTAC Guadeloupe devait y tenir un stand avec son organisation.
De nombreux participants ont suivi et apprécié l’exposé débat sur le réchauffement climatique animé par Jack Molinié, maître de conférence à l’université Antilles-Guyane ainsi que le forum sur les élections animé par notre camarade Danielle Diakok. Nombreux sont ceux aussi qui ont consulté nos panneaux sur la vie politique et les luttes dans les entreprises et qui ont visité les stands des organisations et syndicats présents.
Les participants ont pu également se détendre au cours du repas animé par le groupe Négoce Signature particulièrement apprécié pour ses talents de musique traditionnelle notamment le quadrille.
La fête s’est terminée dans une ambiance chaleureuse. Elle a permis de nombreux échanges sur le plan politique et scientifique au cours des différents débats qui ont eu lieu.



Regain de terrorisme à Alger

Après avoir connu plusieurs années de terrorisme entre 1990 et 2000, la population algérienne vient de subir de nouveaux attentats. Mais cette fois ce sont des attentats suicides.
Deux attentats suicides à Alger ont visé le palais du gouvernement et le commissariat d’un quartier proche de l’aéroport international. Ces attentats ont causé la mort de 33 personnes et 162 ont été blessées. Ils ont été revendiqués officiellement par Al Quaida.
Si les groupes terroristes trouvent autant de candidats au suicide et au massacre dans ces pays c’est que la situation générale est sans espoir, sans avenir, sans perspective pour la majorité de la population.
Ces attentats surviennent sur fond de détresse, de désespoir, de pauvreté de la population des villes et de la campagne au quotidien. Les mendiants et SDF sont de plus en plus nombreux à Alger, plus de 25% de la population sont sans emploi. En milieu rural, 1,8 millions de ménages n’arrivent plus à nourrir leurs enfants avec la culture de leur terre.
Sans oublier la corruption de l’Etat de plus en plus répressif et autoritaire envers la population. On estime parfois le produit de cette corruption à environ cinquante milliards de recettes. Les gains accumulés sont partagés au sommet de l’Etat avec la complicité du parti au pouvoir le FLN (le Front de Libération Nationale), qui sert surtout les intérêts des plus riches.
La situation est semblable dans les autres pays du Maghreb tel que le Maroc où là aussi des attentats suicides ont eu lieu récemment.