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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Lundi 7 mai 2007 N° 967
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ANPE des Abymes: la mobilisation a payé
Pendant deux jours, les agents des Abymes ont débrayé pour obtenir le rétablissement du téléphone, restreint depuis presque une semaine! En effet, depuis le jeudi 19 avril l’agence recevait les appels mais ne pouvait communiquer vers l’extérieur. Malgré toutes les démarches des responsables des Abymes pour connaître la cause de ce dysfonctionnement et y remédier, mardi 24 la panne persistait! Pourtant les factures avaient bien été payées et aucun problème technique n’affectait la ligne…
La direction de l’ANPE devant l’insistance des collègues et la persistance du problème a fini par révéler qu’une convention a été signée avec un opérateur privé pour toutes les agences de Guadeloupe. Apparemment, la décision de restreindre la ligne des Abymes a été prise. Quant à savoir qui a donné l’ordre, impossible! Au plus haut niveau de la hiérarchie de Guadeloupe, malgré toutes les demandes des collègues, c’est l’étonnement…
Les collègues des Abymes dans l’incapacité de travailler sans téléphone ont donc décidé de suspendre la réception des demandeurs d’emploi jusqu’à son rétablissement total. Dans un tract aux demandeurs d’emploi ils ont expliqué la raison de leur arrêt de travail et exigé la présence du directeur opérationnel. Ils en ont profité pour poser toutes leurs revendications concernant leurs conditions de travail. La matinée de mercredi fut consacrée à la discussion des 18 points de leur plateforme en présence du directeur et de tous les agents.
La mobilisation a payé: les agents ont obtenu la résolution de nombreux problèmes en suspens depuis plusieurs mois voire plusieurs années. Ils ont bien l’intention de veiller à la réalisation jusqu’au bout de toutes les promesses.
Succès de la manifestation du premier mai!
Cette année le premier mai s’est déroulé à Capesterre Belle-Eau à l’appel de 9 organisations syndicales qui sont la CGTG, la CTU, la FSU, la FAEN-SNCL, FO, le SPEG, SUD-PTT, l’UNSA et l’UGTG. Le thème de la manifestation était le rappel des événements de mai 67: «1967: Sonjé! 2007: Konba la ka kontinyé». Le choix de Capesterre- Belle-Eau n’était pas un hasard car le 1er mai 1967 de jeunes travailleurs qui étaient venus manifester à cette occasion ont été réprimés.
Près de 5000 manifestants ont défilé dans les rues de la ville en scandant des slogans dénonçant la situation dans leurs entreprises, rappelant que les travailleurs sont toujours combatifs et n’acceptent pas une dégradation de leurs conditions de travail. A l’occasion de ce premier mai placé entre les deux tours des élections présidentielles, certains syndicats n’ont pas hésité à clairement exprimer le souhait que le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy, soit battu dans les urnes, tout en répétant que ce n’est que par la lutte que les travailleurs peuvent avoir satisfaction à leurs revendications.
C’est la CGTG qui ouvrait la manifestation avec à sa tête les secteurs qui ont été en lutte ces derniers mois, à savoir la Générale des Eaux, l’AFPA, l’ANPE et les travailleurs de l’aéroport. L’UGTG comme d’habitude a fermé la marche avec de nombreux travailleurs des différents secteurs. C’était un premier mai très dynamique. Certains syndicats n’ont pas voulu s’associer car ils estimaient que le thème était trop politique (commémoration des événements de mai 1967), mais ce sont les travailleurs qui sont venus nombreux manifester à Capesterre-Belle-Eau qui ont eu raison.
Il y a 40 ans, les 26 et 27 mai 1967: répression coloniale sanglante à Pointe-à-Pitre
Les événements qui se sont déroulés les 26 et 27 mai 1967 à Pointe-à-Pitre ont été réprimés dans le sang. Tout a commencé dans la matinée du 26 mai, lorsque des ouvriers du bâtiment en grève se sont heurtés aux forces de l’ordre près de la Darse, devant la Chambre de Commerce où se déroulaient les négociations avec le patronat. Ce dernier, plutôt que d’accorder 2% d’augmentation de salaire réclamés par les travailleurs a fait intervenir les forces de l’ordre. Les heurts entre ces hommes armés et les travailleurs se sont terminés par une fusillade brutale. Un responsable syndical, Jacques Nestor, a été le premier visé et abattu. Cette répression sanglante a déclenché un mouvement de colère dans les rues de Pointe-à-Pitre. De nombreuses personnes ont été atteintes par des balles. Dans la nuit du 26 au 27, des heurts violents ont opposé la population aux forces de l’ordre en particulier dans les quartiers pauvres de Lauricisque et de Vieux Bourg. D’autres victimes ont succombé sous les balles. De nombreux blessés ont été transportés à l’hôpital. La colère a été d’autant plus grande que la population n’a pas été avertie qu’il y avait une telle tuerie. Il n’y a pas eu de sommation ni de couvre-feu. Il s’agissait d’une véritable «chasse aux nègres», par des troupes coloniales blanches déchaînées. Des émeutiers ont alors eu une réaction anti-blancs en incendiant des voitures de métropolitains et de touristes, molestant certains d’entre eux.
Ces événements ont eu lieu dans un contexte de mécontentement dû à une situation économique et sociale de crise. Les jeunes frappés par le chômage et de nombreux travailleurs sans emploi n’avaient d’autres solutions que d’émigrer vers la France ; ce mouvement de population assez important était alors encadré par un organisme officiel, le BUMIDOM (Bureau de migration des DOM). La pauvreté se caractérisait par un habitat insalubre. Une grande partie de la population et des campagnes vivaient encore dans des cases sans eau et sans électricité. L’affaire Srnsky à Basse-Terre a été le signal d’alarme de ce mécontentement. Le 20 mars 1967, Srnsky un commerçant, a lâché son chien contre un cireur de chaussures infirme qui travaillait devant son magasin. Ce geste raciste a déclenché deux jours d’émeute à Basse-Terre. Deux mois après, ce sont les événements de Pointe-à-Pitre qui ont éclaté en faisant cette fois-ci de nombreuses victimes. A l’époque des faits on a annoncé officiellement 8 victimes. En 1980, le ministre Georges Lemoine a déclaré qu’il y a eu 87 morts. En réalité il y en a eu beaucoup plus sans compter de nombreux blessés dont ceux qui sont restés infirmes. Quarante ans après ces événements on ne sait pas de façon précise combien de personnes ont perdu leur vie. Nombreux sont ceux qui ont eu peur de témoigner et qui ont caché la mort d’un proche pour ne pas être inquiétés par la justice.
Le pouvoir colonial a désigné comme responsable de ces événements l’organisation nationaliste le GONG qui dénonçait la politique du gouvernement et revendiquait l’indépendance. De nombreux dirigeants du GONG ont été arrêtés et jugés en France. Leur procès a fait beaucoup de bruit à l’époque. C’est grâce à la mobilisation et aux actions de soutien que ces militants ont été libérés. Il y a eu aussi de nombreuses arrestations en Guadeloupe parmi des militants et des jeunes des quartiers pauvres. Plusieurs procès ont eu lieu au tribunal de Pointe-à-Pitre et ont mobilisé la population. Des militants ont été libérés mais les jeunes des quartiers pauvres sont restés plusieurs années en prison.
Tous ces militants qui ont subi la répression, en particulier ceux du GONG, ont été accusés de menées séparatistes. Le pouvoir colonial les a réprimés pour casser le mécontentement et faire peur à la classe ouvrière. Celle-ci a eu du mal à se mobiliser pendant les trois ans qui suivirent, mais dès le début de la décennie 1970 les travailleurs relèveront la tête et les luttes reprendront.
Le mouvement nationaliste quant à lui, après avoir été affaibli durant des années par cette répression et des divisions internes, a repris des forces politiques au cours de ces années 70 en mobilisant les travailleurs de la canne dans deux syndicats l’UTA et l’UPG. S’ensuivront alors quinze années d’agitation sociale et de luttes anti-colonialistes. Elles obligeront le gouvernement français et les patrons à faire bien des concessions. Concessions économiques sur les salaires, sur l’application des lois sociales en vigueur en France (égalité des allocations sociales, création de logements sociaux, amélioration notable des cadres de vie, etc.). Il faut noter aussi d’importants progrès aussi au niveau de l’éducation, en matière de création d’écoles primaires, de collèges et de lycées. Concessions politiques avec un recul du pouvoir sur la liberté d’expression politique notamment par l’acceptation des revendications autonomistes et indépendantistes, par l’officialisation du créole, etc. Toutes ces revendications avaient été posées à la fin des années cinquante causant de nombreuses manifestations et grèves. On peut dire que le prix payé en Mai 1967 fut exorbitant mais les générations qui suivirent se rendirent compte que les autorités coloniales avaient pris conscience qu’en cas de nouveaux dérapages une partie de la population notamment la jeunesse était prête à répondre sur le même plan. Dans les conflits qui se multiplièrent dans les années 1980 jusqu’au années 2000, les autorités firent preuve de prudence et cherchèrent toujours à contrôler le comportement de leurs troupes.
On peut donc affirmer que les sacrifices des ouvriers et des émeutiers de 1967 ne furent pas vains.
L’ANPE veut supprimer un jour de congé aux agents de Guadeloupe
L’ANPE de Guadeloupe n’a pas trouvé quelle solution adopter pour faire payer «la journée de solidarité» instituée par le gouvernement Chirac, aux agents de Guadeloupe. En effet, en France à l’ANPE, il a été décidé qu’elle serait prélevée sous forme d’une journée RTT pour chaque agent. En Guadeloupe, il n’est pas possible de prélever une journée RTT. Les agents effectuent 35 heures hebdomadaires, sans aucune journée RTT.
Depuis 2006, le directeur local a donc décidé de supprimer une journée de congé à chaque agent, au titre de la journée solidarité. Il semble que cette disposition n’ait pas été suivie d’effet en 2006. C’est pourquoi cette année, il «remet le couvert» en demandant aux chefs de service de veiller à ce que les agents de Guadeloupe ne prennent pas plus de 24 jours de congés annuels.
Dans un contexte d’attaques tout azimut contre les missions de l’ANPE, il n’est pas étonnant qu’un directeur local se sente autorisé à remettre en cause ouvertement le droit aux congés de l’ensemble du personnel de Guadeloupe!
Extraits de “l’écho des Télécoms”
CONTRE DES PROJETS SCELERATS
Les syndicats déclarent encore: «toutes les activités de France Télécom sont affectées par les projets de la DT Caraïbes: suppressions d’emplois, délocalisation, suppression d’activités, passage en force des projets sans tenir compte des remarques et amendements des élus et des représentants syndicaux ». Ce ne sont donc pas les raisons qui manquent d’entrer en lutte. Préparons nous effectivement.
FRANCE TELECOM ANTILLES-GUYANE: VERS LA GREVE?
Un tract unitaire signé de FO, CGTG, SUD, CFDT, CFTC, CGC a été distribué la semaine dernière. Les syndicats déclarent: «préparons la mobilisation générale du personnel FT Guadeloupe, Guyane, Martinique». Ils constatent: «le démantèlement des services dans les différents projets par la présidente».
Guadeloupe
Extraits de “l’écho de l’Aéroport”
NETTOYAGE: DAVANTAGE DE TRAVAIL SANS EFFECTIFS SUPPLÉMENTAIRES
Depuis qu’il est interdit d’entrer en zone de transit avec des liquides, les poubelles se remplissent à l’entrée: des quantités de bouteilles, grandes ou petites, en verre ou en plastique, la plupart du temps remplies.
Tous les quarts d’heure nous, femmes de ménage, devons descendre du 2ème étage de gros sacs poubelle que nous devons hisser dans les bennes. Tout cela en plus de notre travail, et sans la moindre compensation.
PÔLE CARAÏBES: VOUS AVEZ DIT SÉCURITÉ?
Depuis la mise en œuvre du plan Vigipirate, les salariés de l’aéroport sont harcelés, fouillés, questionnés. La police surveille si nous avons bien vérifié les papiers des voyageurs.
Nous avons la pénible impression d’être considérés comme les premiers suspects.
C’est d’autant plus rageant que par ailleurs, la nuit, l’aéroport est ouvert à tous vents, sans surveillance. En cas de danger réel, nous serons les premiers à en faire les frais.
SORI: LA JUSTICE A DONNÉ RAISON À NOS COLLÈGUES INTÉRIMAIRES
Les Prud’hommes, après plus de 2 ans, ont finalement décidé que nos 7 collègues restés pour certains 10 ans et plus en intérim, avaient droit à un CDI à la SORI.
Jusqu’ici ils n’ont rien touché comme indemnité. Les ASSEDIC sont remplacés par le RMI.
Qu’attend la direction de la SORI? Les collègues ont droit au soutien de tous les salariés de l’entreprise.
ROISSY: SOLIDARITE AVEC NOS CAMARADES DE SERVAIR ET LSG-GATE GOURMET
Mercredi dernier à ROISSYPOLE un millier de travailleurs de l’aéroport, rejoints par des centaines de grévistes de Citroën Aulnay, ont manifesté leur solidarité avec les salariés de Servair et de LSG-Gate Gourmet.
Servair, filiale d’Air France, et LSG-Gate Gourmet, filiale de Lufthansa, s’occupent de restauration aérienne. A Servair, la direction cherche à intensifier le travail et à se débarrasser de ceux qui ne se laissent pas faire. A LSG-Gate Gourmet, qui annonce 800 millions d’euros de bénéfice, Lufthansa s’apprête à jeter à la rue 853 travailleurs parce qu’elle réorganise pour faire encore plus de profits.
C’est ça la réalité des compagnies aériennes. C’est la course aux profits par tous les moyens sur notre dos. Alors, ne nous laissons pas faire!
BADGE: UN EXEMPLE A SUIVRE
Les salariés de l’entreprise Trac-Piste (Roissy) ont récemment obtenu, dans le cadre des négociations annuelles, «qu’en cas d’enquête sur un renouvellement de badge, la direction s’engage à maintenir le contrat de travail du salarié jusqu’à épuisement des recours administratifs…». Et «dans le cas où le retrait deviendrait définitif, l’employeur accompagnera le salarié dans un reclassement…»
Nous aussi, à Pôle Caraïbes, nous devons exiger une telle garantie des patrons, car il n’est pas normal que l’attribution ou le retrait du badge pour diverses raisons nous transforme en chômeurs.
Quelle démocratie?
Les candidats des grands partis officiels se sont tous félicités de l’augmentation de la participation au vote. Ils sont satisfaits du fonctionnement de leur démocratie. Mais c’est la démocratie des riches. Seuls ceux qui bénéficient des réseaux riches et influents par leur argent ont des chances d’être élus. Comme disait un grand révolutionnaire: «les élections c’est savoir qui à tour de rôle, va opprimer la classe ouvrière et les pauvres».
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