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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Lundi 7 mai 2007      N° 967


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Page 3

Martinique
Les transporteurs d’hydrocarbures se mobilisent pour leur salaire

Les chauffeurs transportant des hydrocarbures affiliés au syndicat CGTM ont mobilisé leurs camarades pour un mouvement qui a été déclenché le jeudi 26 et s’est développé le vendredi 27 avril.
Ils voulaient discuter d’une augmentation des salaires de base. Samedi de nouvelles discussions ont eu lieu et le mouvement des transporteurs a continué toute la journée du lundi.
Le préfet a décidé de rationner l’essence. Cinq stations services ont été réservées aux secours d’urgence. Les particuliers ne sont autorisés qu’à vingt euros d’essence pour les limousines et cinquante pour les poids lourds. La préfecture est aussi intervenue par forces policières et de gendarmerie interposées, pour contrôler les accès de la zone de Californie et pour escorter les camions de livraison.
A l’heure où nous écrivons les transporteurs d’hydrocarbures qui avaient déjà fait un premier mouvement couronné de succès en 2006, sont bien décidés à arracher leurs revendications.

DH: Dans la nuit du lundi un accord a été signé!

Il prévoit:
2065 euros à compter du 1er mai 2007
2125 euros à compter du 1er mai 2008
2165 euros à compter du 1er mai 2009 révisable
Il faut savoir que cela fait passer les salaires de base pour certaines sociétés distributrices les salaires de 1307 euros, 1339, 1719, 1792 et 2009 euros à 2065 Euros.
Comme quoi la lutte paie!



Guadeloupe
Cliniques privées. La grève continue aux Eaux Claires et à l’Espérance

Un accord a été signé dans la plupart des cliniques privées et les patrons ont accepté d’accorder pour 2006 et 2007 une augmentation de salaire de 4 %. Par contre aux Eaux Claires et à l’Espérance, les deux cliniques dirigées par le docteur Kadji, ce dernier refuse de céder et dit qu’il est prêt à négocier la mise en place de l’intéressement. Il ne veut pas discuter des NAO 2006 car il estime que c’est terminé et que les salariés doivent se contenter des 1 % proposés par la FHP ( Fédération de l’Hospitalisation Privée). Il veut signer un accord de fin de conflit, ce que l’UTS-UGTG refuse.
Pourtant la clinique des Eaux Claires est l’une des cliniques qui marche le mieux, d’autant plus que Kadji a bénéficié de subventions publiques et il pourrait largement donner satisfaction aux salariés, mais il profite des divisions syndicales et fait de la résistance.
Il n’a pas hésité à embaucher une dizaine d’agents de sécurité et à faire venir des huissiers pour constater que les grévistes gênent les malades par leur tambour, mais les malades n’ont jamais accepté de signer la moindre pétition contre les grévistes.
Le jeudi 26 avril dernier l’UTS-UGTG avait appelé à une mobilisation. Le ton est monté car certains grévistes ont voulu empêcher la livraison du linge à la buanderie. Une plainte a été déposée par la direction de la clinique. On est parti pour un nouveau bras de fer entre Kadji et l’UTS-UGTG et pour l’instant les grévistes se montrent très déterminés à obtenir gain de cause. Ils estiment que Kadji peut accorder les 4% d’augmentation car la situation financière de la clinique est bonne puisqu’on leur propose une prime d’intéressement ce qu’ils n’ont pas demandé. Mais il est vrai que l’intéressement est exonéré du paiement des charges sociales et c’est un avantage pour les patrons de la clinique et de plus le montant est aléatoire car en fonction des résultats de l’entreprise. Il vaut mieux par conséquent se battre pour une augmentation substantielle des salaires.



Guadeloupe
Fin de la grève au CFA

Après 6 mois de grève, un accord a été signé entre l’UGTG et Joël Lobeau le président de la Chambre des Métiers le vendredi 27 avril dernier. Le travail doit reprendre le lundi 30 avril au CFA (Centre de Formation des Apprentis). Cet accord prévoit un plan de titularisation en particulier pour les 17 salariés qui réclamaient leur titularisation. En ce qui concerne les deux emplois jeunes, ils iront finalement dans une autre entreprise mais en 2009, ils auront la possibilité de réintégrer la Chambre pour être titulaires s’ils le veulent car ils peuvent décider de rester dans l’entreprise où ils seront.
Plusieurs autres points ont pu être réglés car il y avait le cahier de revendication de l’UGTG, mais aussi celui des salariés non syndiqués qui étaient regroupés en collectif. En ce qui concerne la Prévoyance, des réunions doivent se tenir en interne.
Mais sur les ondes, M. Lobeau a déclaré que ce qui a été signé est ce qu’il avait déjà proposé auparavant et qu’à la limite la grève a duré pour rien et que la Chambre a perdu beaucoup d’argent. Pour lui les titularisations se feront en fonction des besoins de la chambre, donc au fur et à mesure. Pour l’UGTG il y a en premier lieu la situation des 17 salariés qui seront titularisés en priorité et pour les autres, le plan est étalé sur une période de 5 ans. On verra bien ce qui se passera à la reprise du travail et s’il y aura réellement titularisation des 17 salariés.
Il n’empêche qu’il aura fallu plus de 6 mois de conflit pour que ce qui était impossible devienne possible. Comme toujours si les travailleurs ne luttent pas, ils n’obtiennent rien.




Guadeloupe
Extraits de “l’écho des Assurances”

MAIF: FIN DES NAO 2007
Finalement un accord a été signé entre la direction et la plupart des syndicats sauf la CGT. La direction accorde une augmentation de salaire de 0,90 % à effet du 1er mai + 3 points au 1er juin. Par contre la prime de vacances n’augmentera pas. Cela correspond à environ 2,28 % pour un salaire moyen. C’est loin de la demande de la CGT et malgré les bons résultats cela reste une augmentation au minimum, juste pour maintenir le pouvoir d’achat alors qu’on nous en demande toujours plus. Pour les signataires c’est un bon accord car c’est la première fois que la direction accepte d’accorder des points supplémentaires. Mais c’est le moins qu’elle pouvait faire car les résultats publiés sont bons grâce au travail de tous les collègues.



Martinique
Sur la question de l’embauche avec “préférence régionale”

Cette «préférence régionale» a été mise en avant depuis quelque temps notamment par les organisations syndicales liées aux indépendantistes: CSTM en Martinique liée au MIM (mouvement indépendantiste martiniquais) de Marie-Jeanne actuel président «indépendantiste» de la région Martinique. Depuis, elle a été reprise par d’autres organisations et élus politiques de tous bords. Pour le premier Mai, en Guadeloupe, l’appel des syndicats comportait aussi une revendication de «priorité d’embauche à compétence égale des Guadeloupéens». On a vu parfois, sur les deux îles, des attitudes hostiles de certains syndicalistes vis-à-vis d’enseignants français, mais cela n’est jamais allé bien loin, n’étant pas soutenu par les parents d’élèves ni par les élèves eux-mêmes!
Mais la question de la «priorité» ou de la «préférence régionale» pour l’embauche revient périodiquement et pas seulement pour défendre les intérêts des travailleurs, mais peu ou prou pour les besoins de popularité de tel ou tel politicien démagogue. Cependant le problème fait aussi discuter parmi les travailleurs.
Aujourd’hui, l’accès aux postes libérés éventuellement après les départs à la retraite se fera par concours ouvert à l’échelon national. Certains se posent la question de mettre en place des concours régionaux déconcentrés. La plupart des candidats semblent d’accord avec une telle méthode.
Cela permettrait sans doute un recrutement au plus près des besoins et accessible aux personnes concernées en priorité. Vu l’importance du chômage (taux 3 fois plus élevé ici qu’en France) la demande des candidats à des emplois locaux est si forte qu’il est normal que ces candidats veuillent être recrutés en priorité. Et on ne voit pas trop pourquoi l’Administration leur tournerait le dos pour aller chercher des candidats ailleurs, sauf impossibilité de trouver certaines compétences ou de former correctement des gens sur place! A l’embauche sur place, il faut d’ailleurs ajouter la revendication de formations de qualité données sur place et complétées ailleurs si nécessaire.
Néanmoins, cette revendication de la «priorité d’embauche» peut aussi aboutir à de la «régionalisation» au rabais du service public et à un désengagement plus important de l’Etat. Il sera alors indispensable de contrôler de près ce que décident et font en la matière les nouveaux pouvoirs publics «décentralisés ». Ajoutons qu’il faut aussi laisser aux candidats le choix de travailler ici ou d’aller ailleurs dans les services publics, en France ou dans d’autres DOM! Les partis et syndicats réformistes et nationalistes se focalisent sur cette formulation «priorité d’embauche locale» ou «préférence régionale» et en font un thème qui sert périodiquement à leurs besoins politiques. Nous, nous croyons que ce n’est pas un simple problème de mots, de formulation! Il faut dire aux jeunes travailleurs, aux candidats à ces futurs (et hypothétiques!) postes vacants que, pour eux et pour les travailleurs qui sont encore en activité dans les services publics, le vrai moyen de conserver ces emplois c’est de se battre dans les entreprises, dans les rues, pour exiger que tous les départs en retraites soient effectivement remplacés et que des postes nouveaux soient créés pour l’amélioration de ces services publics. Ceux-ci, qu’il s’agisse de l’enseignement, de la santé ou d’autres en ont bien besoin. C’est cela qui en premier lieu permettra que les jeunes de Martinique et Guadeloupe y soient embauchés!
Le véritable combat à mener, ce n’est pas pour une formule abstraite ou un principe sans contenu social mis en avant par des politiciens qui veulent soigner leur popularité, c’est un combat bien concret. Ce qu’il faut déjà imposer, ici et maintenant, c’est le remplacement intégral des départs en retraite et l’amélioration des services publics avec des embauches supplémentaires. Et cela ne pourra se faire que par des luttes des jeunes dans la rue et des travailleurs dans leur propre entreprise de service public (hôpitaux, PT, Ecoles, lycées, services fiscaux, administrations diverses, etc.)! C’est là une vraie perspective pour les jeunes qui veulent arracher des emplois dans la fonction publique, ici même: il faut lutter pour arracher ce qu’on veut!



Les patrons, un gouffre financier

Les planteurs de banane et particulièrement les plus gros, ont touché au cours des dernières années des sommes colossales de l’Etat sous forme d’aides, de subventions, d’exonération et de moratoires des charges sociales. Voici quelques chiffres fort révélateurs.
Pour l’année 2004: une subvention de 21 millions d’euros, pour une recette totale de 603 euros par tonne. La dette des planteurs auprès de la CGSS (Caisse Générale de Sécurité Sociale) s’élevait en mai 2004 à plus de dix millions d’euros. La loi du 30 / 12 / 04 a prévu la suspension des poursuites en matière d’arriérés de cotisations patronales, ainsi que la mise en place de moratoires pour 15 ans et abandon de 50% pour les cotisations patronales et de 4 ans pour les cotisations salariales. Rappelons en ce qui concerne ces dernières que les patrons les prélèvent sur les salaires mais ne les reversent pas à la CGSS. Toujours en 2004, l’Etat a accordé aux planteurs un prêt en trésorerie de 2,180 millions d’euros, ainsi qu’un autre prêt de 8 millions d’euros pour les planteurs de Guadeloupe et de Martinique, remboursable avec un différé de 3 ans, et en juin de la même année, un contrat de progrès a été mis en place pour la Guadeloupe et la Martinique, avec une enveloppe de 25 millions d’euros.
En 2006 ces mêmes planteurs recevaient 32 millions d’euros de la Commission européenne sous forme de complément d’aide compensatoire pour l’année 2005. Le conseil général a versé 2 millions d’euros aux planteurs de Guadeloupe.
En 2007, ils ont perçu une nouvelle subvention de 32 millions d’euros, ainsi que 11 millions des Assemblées locales, sous forme de caution à un prêt relais, plus 10 millions de l’Etat pour désendettement.
Aucun contrôle n’est exercé par les pouvoirs publics sur l’utilisation de ces fonds. Alors même qu’ils engouffrent de telles sommes, les patrons ont massivement licencié des travailleurs, et continuent à le faire. C’est un véritable scandale.
Il se perpétue alors même qu’une fraction importante de la population de Guadeloupe suit aveuglément ceux qui désignent les immigrés et les érémistes comme responsables des problèmes économiques qu’elle subit. Les aides sociales aux déshérités ne sont qu’une goutte d’eau par rapport à ce qu’engloutit le grand patronat, et qui ne profite qu’à lui puisqu’il continue à aggraver le chômage.



Non à l’injustice

Nous publions ci-dessous un tract du Comité de soutien à Léonel Tiroumalé

M. Léonel Tiroumallé possède un lopin de terre depuis de longues années à Moudong (Baie Mahault). Il détient un acte de propriété en bonne et due forme datant de 1934. M. Aurélien Bernadotte, son frère, travaille aussi sur cette terre depuis très longtemps.
Or, ne voilà-t-il pas que le 5 mars et le 27 avril ces deux hommes constatent avec stupeur que des bulldozers commencent à ravaler cette terre, détruisant déjà quelques beaux arbres fruitiers. Evidemment ils s’interposent.
Quelque temps après, un soi-disant propriétaire se présente avec un acte de propriété. La terre de M. Tiroumallé a été vendue à ce monsieur par la société d’économie mixte SEM- SEROM.
Situation ahurissante, mais vraie!
Evidemment, M. Tiroumallé et Bernadotte ont porté plainte. Mais ils continuent à subir force pressions. Tout se passe comme si ces multiples tracasseries étaient faites pour les décourager afin qu’ils quittent la terre dont M. Tiroumallé est propriétaire depuis 73 ans.
Il semble que de gros et riches propriétaires voulant étendre encore une fois leurs activités exercent ces pressions pour récupérer des terres dans la zone de Moudong.
Pour ce faire, avec un certain nombre de complicités, ils n’hésitent pas à s’en prendre à un petit exploitant.
Ce dernier a évidemment porté plainte. Il a aussi assigné les intrus en référé. L’audience a été reportée au 11 mai.
Le comité de soutien à M. Léonel Tiroumallé,
- Dénonce cette injustice flagrante. Un tel mépris des droits d’un citoyen, un tel mépris de la personne humaine sont intolérables. Ils viennent s’ajouter à la longue liste des injustices qui au quotidien frappent de très nombreux membres de la population guadeloupéenne,
- Invite donc la population de Baie Mahault et de la Guadeloupe à soutenir Léonel Tiroumallé et son frère Aurélien Bernadotte,
- Invite la population à se mobiliser autour d’eux afin que leurs droits parfaitement légitimes soient tout simplement respectés,
- Demande à la population de venir soutenir Ms Tiroumallé et Bernadotte au tribunal de Pointe à Pitre, le 11 mai prochain et de se rapprocher du comité.

Mardi 24 avril 2007