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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 2 juin 2007      N° 968


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À la Une

Éditorial

LEGISLATIVES 2007: déclaration des candidats Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier de Martinique et Guadeloupe

Nous sommes candidats de Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier pour dire aux travailleurs que face à la politique néfaste à venir du présent gouvernement patronné par Sarkozy ils ne pourront compter que sur eux-mêmes et sur leurs luttes pour se protéger. Le programme que nous présentons à ces élections législatives est celui de la défense des intérêts des travailleurs. Il contient l’essentiel des mesures que nous militants de C.O et L.O jugeons indispensables pour combattre la situation dramatique qui touche les travailleurs, les chômeurs, les précaires, etc.
En particulier il faut mettre fin aux licenciements dus aux fermetures arbitraires d’entreprises, aux délocalisations, aux faillites ou liquidations douteuses ou frauduleuses. Les candidats de gauche et les socialistes nous disent qu’il faudra, face à Sarkozy, beaucoup de députés de gauche pour faire contre-pouvoir à la vague de droite qui se prépare. S’opposer aux mesures que compte prendre Sarkozy, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui peuvent le faire, grâce à leurs luttes! Il ne servira pas à grand-chose qu’il y ait un député de gauche de plus ou de moins dans une assemblée soumise à Sarkozy.
Nous réclamons: l’interdiction des licenciements, l’abolition des lois sur le secret commercial et bancaire, l’ouverture et le contrôle des comptabilités des entreprises, de leurs projets, de leurs plans à court ou long terme, la suppression des aides d’Etat aux grand patronat (67 milliards d’Euros en 2006!) et l’utilisation de cet argent pour créer massivement des emplois publics, afin d’améliorer les services publics qui en ont bien besoin, notamment dans la santé, dans les services aux personnes âgées, les services de garderies et crèches pour les enfants, dans l’enseignement où le problème n’est pas «carte scolaire ou pas carte scolaire» mais bien d’avoir un plus grand nombre d’enseignants pour encadrer et éduquer les élèves.
Sarkozy et son gouvernement veulent faire exactement l’inverse: supprimer la moitié des emplois de fonctionnaires partant en retraite! Contrairement à ce que dit Sarkozy ce n’est pas travailler plus pour gagner plus qui va améliorer la situation des salariés. Il faut de vraies augmentations de salaires (300 euros pour tous) que mettait en avant Arlette Laguiller aux présidentielles. Il faut de vrais emplois, en particulier transformer tous les emplois précaires, les temps partiels imposés, en emplois durables et à temps complet.
Candidats de Lutte Ouvrière-Combat Ouvrier, nous appelons les travailleurs, les chômeurs, les précaires, les retraités à faire savoir grâce à leur bulletin de vote qu’ils sont nombreux à vouloir s’opposer aux mesures de Fillon-Sarkozy contre les travailleurs. On en a déjà une idée avec l’annonce de la création de la «franchise» que devra payer tout assuré social sur le montant des prescriptions (pouvant aller de 18 à 100 euros!). Ils ont déjà annoncé les couleurs: ils vont s’en prendre au droit de grève (l’hypocrite «service minimum»), ils vont s’en prendre aux retraites particulières, ils vont modifier le code du travail pour faciliter les licenciements et avec leur «contrat unique» de travail, ils prévoient un nouveau CPE pour tous.
Par contre pour les riches il y a le bouclier fiscal, pour qu’ils paient moins d’impôts (plafonnés à 50%) ; il y a le dégrèvement de charges pour les heures supplémentaires et le maintien de toutes les subventions habituelles (67 milliards d’euros en 2006). Nous disons aux travailleurs qu’il faut utiliser leurs bulletins de vote pour exprimer leur volonté de ne compter que sur leur capacité à se battre et choisir un programme qui défende vraiment leurs intérêts.
Alors le 9 juin, le meilleur choix, c’est un vote contestataire, un vote d’opposition aux attaques que préparent Sarkozy - Fillon qui tous les deux étaient déjà au gouvernement et qui depuis cinq ans n’ont cessé de s’en prendre aux travailleurs. Mais aussi un vote d’avenir, car le vrai contre-pouvoir ce sera la lutte consciente des travailleurs pour la défense de leurs intérêts. Amis, lecteurs de Combat Ouvrier! Votez et faites voter pour les candidats de Lutte Ouvrière-Combat ouvrier!



Martinique
Succès de la grève des employés de France Télécom

Le 3 mai, les employés de France Télécom, - société à capitaux essentiellement privés ayant un chiffre d’affaires de près de 52 milliards d’Euros et dégageant près de 18 milliards d’Euros de marge brute- se sont mis en grève à l’appel d’une intersyndicale de tous les syndicats, en Martinique, Guadeloupe, Guyane contre la politique de restructuration et un projet de réorganisation dans la Caraïbe.
La grève était prévue pour deux jours. Devant l’obstination de la direction, les salariés ont reconduit le mouvement jusqu’au mercredi 9 mai.
Dans la région, les effectifs de France Télécom sont passés de 800 à 499 emplois en moins de 15 ans. Et cette dernière année, les salariés ont observé une accélération de la baisse des effectifs, la direction allant au-delà du plan prévu sur 3 ans. En 2006, France Télécom a opéré une réduction d’effectifs de 16% soit quatre fois plus qu’en France. En Martinique, le vendredi 5 mai, le mécontentement des grévistes est monté d’un cran. Les grévistes avaient fermé les agences. Ils allaient dans les rues de Fort de France et manifestaient bruyamment avec une caravane de véhicules pour informer la population de leurs revendications.
L’objectif des grévistes était d’obtenir de la direction l’annulation des projets de réorganisation en cours.
La direction a proposé que la négociation se fasse le jeudi 10 mai. Les grévistes ont répondu qu’ils resteraient donc en grève jusqu’au 10 mai et sont restés fermes sur leurs positions.
Après une semaine de grève, la Direction Territoriale Caraïbe, basée en Guadeloupe, a reculé sur certaines revendications et le mercredi 9 mai, un accord a été signé entre syndicats et direction de France Télécom. Les syndicats ont obtenu l’arrêt des projets de réorganisation en cours par domaines d’activité comme entendait le faire la direction pour passer à un projet global qui devrait être présenté aux syndicats et discuté par eux, avant de passer en Comité d’entreprise.
Concernant l’arrêt des suppressions d’emplois en 2007, la direction n’a pas pris d’engagements fermes, mais l’Intersyndicale et les salariés de France Télécom entendent bien rester vigilants.
Société privée ou pas, les salariés de France-Télécom déterminés ont réussi à faire reculer leur direction avide de profits pour remplir les poches de ses actionnaires.



“Pour un programme de défense des travailleurs”
(Extraits de l’Editorial d’Arlette Laguiller paru dans Lutte Ouvrière)

Pour les travailleurs, rien de bon ne peut sortir du résultat de ces élections. Sarkozy cherchera à confirmer la victoire de la droite à la présidentielle et à obtenir par la même occasion une majorité parlementaire entièrement dévouée à sa politique. Et cette politique, il l'a annoncée en long et en large pendant sa campagne électorale, et ses ministres sont en train de la mettre en application.
C'est une politique entièrement en faveur du grand patronat, ce qui n'est vraiment pas une nouveauté par rapport aux gouvernements passés, assortie d'un certain nombre de gâteries en direction des plus riches, notamment en matière fiscale. Il est caractéristique que les mesures qui seront mises en place en priorité sont le plafonnement de l'impôt à 50 % du revenu et un allégement important de l'impôt sur les successions. Les plus riches que cela favorise ne pouvaient attendre!
Pour les travailleurs, il n'y aura évidemment rien, si ce n'est des coups de plus contre les retraites, contre le droit de grève. Rien contre le chômage, rien contre la baisse du pouvoir d'achat, à part le slogan "travailler plus pour gagner plus". Ceux qui n'ont pas d'emploi comme ceux qui sont en train d'en perdre un apprécieront!
La gauche gouvernementale, le PS comme le PC, essaie de mobiliser sur le thème de la nécessité de limiter la toute puissance de Sarkozy. Le Parlement dans son ensemble n'a déjà pas beaucoup de pouvoir face au président de la République mais alors, l'opposition socialiste, minoritaire, n'en aura aucun.
Si les cinq ans à venir ne dépendaient que du résultat des seules élections présidentielle et législatives, le patronat pourrait aggraver en paix l'exploitation pendant que ses laquais au gouvernement nous abreuveraient de prêches sur les vertus du travail.
Mais l'avenir ne dépend pas du seul jeu des élections et du fonctionnement institutionnel. Si Sarkozy n'a rien à craindre du côté des partis de la gauche depuis longtemps domestiqués par le grand patronat, il n'est pas dit qu'il l'emportera au paradis de la droite réactionnaire.
Car, les élections passées, les problèmes essentiels du monde du travail demeurent et s'aggraveront inévitablement. Et quand la coupe sera pleine, même un pouvoir qui se veut fort ne pourra rien contre l'explosion sociale que l'attaque de trop aura déclenchée. Bien des gouvernements forts, et surtout anti-ouvriers, en ont fait l'expérience. A commencer par De Gaulle, pourtant autre chose que Sarkozy, qui dut reculer devant la grève de masse de 1968.
Notre avenir est, en fait, entre nos mains. Pas par la grâce d'un bout de papier à glisser dans l'urne. Ce sont les travailleurs qui font marcher toute l'économie, les entreprises, les banques, leurs pompes à profit. Et ce sont eux, aussi, qui en bloquant ces pompes à profit ont le pouvoir de toucher les patrons là où ils sont sensibles, à leurs portefeuilles.
Dans ces élections, Lutte Ouvrière présente des candidats dans la quasi-totalité du pays. Ces candidats affirmeront que les travailleurs ont la force sociale pour arrêter le cours actuel des choses et pour imposer des changements favorables aux classes populaires. Ils le feront au nom d'un programme de défense du monde du travail, d'un ensemble de mesures qui, imposées par les luttes, pourraient réellement changer le rapport de force entre le patronat et les travailleurs.
Les votes pour les grands partis ne changeront rien à rien, si ce n'est renforcer les illusions et les faux espoirs électoraux. Les votes pour les candidats de Lutte Ouvrière exprimeront au moins qu'une partie, fut-elle petite, de l'électorat ouvrier ne fait pas confiance aux bulletins de vote pour changer son sort et qu'elle se prononce pour les seuls objectifs qui pourraient unifier et orienter les luttes de demain vers l'efficacité.