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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 2 juin 2007      N° 968


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Succès de la grève de France Télécom en Guadeloupe

Du 3 au 10 mai a eu lieu une grève à France Télécom et qui a concerné la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane à l’appel de tous les syndicats. Il s’agissait de dénoncer les projets de la direction concernant des suppressions d’emplois, des délocalisations, des suppressions d’activités, le passage en force des projets sans tenir compte des remarques et amendements des représentants syndicaux. La grève a été largement suivie par le personnel et la mobilisation très forte. C’est d’ailleurs la première fois qu’une grève a lieu en même temps dans les trois départements. Dans un premier temps la direction a voulu prendre son temps pour négocier mais devant la colère du personnel, elle a dû changer de position.
Un accord a été signé et les grévistes ont obtenu:
- l’arrêt immédiat de tous les projets (suppression de postes, délocalisation, mobilité forcée.)
- remplacement de ceux qui partent à la retraite par l’embauche de jeunes en CDI;
- recrutement de 22 jeunes en contrat de formation d’alternance;
- la situation des CDI à temps partiel sera examinée afin qu’ils passent à temps plein;
- arrêt immédiat de toutes les pressions exercées et arrêt de la mobilité forcée;
- respect des accords relatifs à l’accompagnement de la mobilité;
- création d’une cellule de soutien psychologique pour aider les nombreux salariés en situation de détresse, de stress;
- création de deux postes d’assistante sociale en Guadeloupe et Guyane et le poste de Martinique sera maintenu;
- amélioration des conditions de travail dans les boutiques;
- attribution d’un chèque déjeuner par agent et par jour travaillé;
- respect des instances représentatives du personnel;
- Aucune sanction pour fait de grève.
En ce qui concerne le paiement des jours de grève, les salariés auront deux jours à leur charge et le reste sera payé par la direction. Les travailleurs ont repris le travail satisfaits d’avoir fait reculer la direction de France Télécom qui depuis la privatisation a de plus en plus une politique de recul social. Cette fois les salariés ont dit stop et l’ont fait savoir par une forte mobilisation. La direction a voulu regrouper les trois départements pour mieux mener sa politique de délocalisation et de mobilité, mais ne s’attendait pas au retour de boomerang, à savoir que l’unité du personnel des trois départements représentait une force. Sa mobilisation a pu faire ravaler à la direction ses projets néfastes.



Martinique
Elections professionnelles à la Sécurité Sociale

Une majorité de représentants CGTM viennent d’être élus à la Caisse Générale de Sécurité Sociale. Pour les quatre prochaines années, ces délégués (C.E et D.P) auront la charge de représenter leurs camarades de travail face à l’employeur.
Comme pour les années précédentes, alors que plusieurs organisations syndicales briguaient le vote des électeurs: la CGTM, F-O, le SNFOCOS et la CGTM-FSM, c’est la CGTM, avec 14 sièges sur 18 pour la délégation du personnel et 12 sièges sur 22 au Comité d’entreprise, qui l’a emporté avec une très large majorité des suffrages exprimés.
Quant aux autres syndicats, le SNFOCOS obtient 4 sièges, F-O en obtient 6 et la CGTM-FSM ne gagne aucun siège. Déjà, l’élection précédente avait donné en tête du scrutin, les listes de la CGTM. C’est le signe que les salariés ont encore jugé les militants de la CGTM, les plus dignes de confiance.
Il restera néanmoins aux militants de la CGTM de convertir cette confiance renouvelée, en proposant aux travailleurs un outil disponible combatif et entièrement dévoué à leurs luttes.



Guadeloupe
Grève à APROCASH

Les 9 travailleurs du magasin Aprocash, qui commercialise des produits en gros à Bergevin, se sont mis en grève pour conserver leurs emplois. En effet, au mois d’octobre 2006, la direction leur avait annoncé qu’elle procédait à la vente du fond de commerce d’Aprocash, affirmant que ces nouvelles dispositions n’auraient pas d’incidence sur l’emploi. Mais dans les mois qui suivirent, aucun repreneur ne s’est manifesté. Le 30 avril, les travailleurs se sont mobilisés pour exiger des explications de la direction, et celle-ci leur a annoncé l’arrêt total de l’activité du magasin à partir du 31 mai. Elle a informé les salariés que la seule solution trouvée était la reprise du droit de bail par les Ets Lancry, qui utiliseraient le site en dépôt de stockage et d’approvisionnement. Cela signifiait que seuls trois travailleurs sur 9 seraient repris par la nouvelle entreprise. Pour les autres:
-un salarié ferait l’objet d’un départ anticipé à la retraite;
-un autre aurait une pré-retraite FNE;
-un serait reclassé à Jarry;
-le sort réservé aux trois facturières/ caissières restant très vague.
Les salariés sont indignés d’être ainsi traités par la société Aprocab, propriétaire d’Aprocash, qui les a trompés et maintenant les met à la porte, après les avoir exploités au maximum (conditions de travail difficiles, salaires de misère).
Cette société a sans conteste les moyens de préserver les emplois: Aprocash n’est qu’une parcelle de ses activités. Aprocab fait partie du groupe Barbotteau, qui est composé de plus de 26 sociétés, avec un effectif total de 283 salariés, dans des secteurs aussi divers que la maintenance automobile, production, transport de commercialisation de surgelés, les locations de voitures, et bien d’autres encore, sous des enseignes bien connues et prospères en Guadeloupe. Le groupe est donc largement implanté et florissant. Mais peut-être que si ces patrons devaient affronter l’ensemble des salariés de leur groupe, ils se montreraient un peu plus respectueux des droits des travailleurs.
Les travailleurs se battent pour préserver leurs emplois et échapper à la misère, ils doivent bénéficier du plus large soutien.




Martinique
Des précisions sur la grève des chauffeurs d’hydrocarbures!

Le Syndicat des Chauffeurs Salariés de Produits Pétroliers et Assimilés (SCSPPA-CGTM) a entamé le 11 janvier 2007 des négociations avec les entreprises chargées d’approvisionner principalement les stations-service de la Martinique en hydrocarbures, en vue de mettre en place un accord collectif pour harmoniser les relations de travail entre les employeurs du secteur et leurs salariés.
Le jeudi 26 avril 2007, employeurs et représentants du SCSPPA-CGTM se rencontraient pour négocier la question «Rémunération». Il s’agissait d’obtenir une augmentation de salaire mais aussi que les chauffeurs qui exécutent le même travail, perçoivent un même salaire quel que soit l’employeur.
Le soir même, le SCSPPA-CGTM transmettait aux employeurs une nouvelle proposition salariale avec proposition de se rencontrer sur le site de la SARA le vendredi 27 avril 2007 à partir de 6h.
Les négociations n’ont pu démarrer que le vendredi 27 avril 2007 à 15h30 et ont été suspendues à 18h30. Après plusieurs propositions et contre-propositions, les chauffeurs ont constaté qu’aucun patron ne s’est déplacé pour venir à leur proposition de rencontre fixée le samedi 28 avril 2007 à partir de 9h.
Par contre, dans la journée du dimanche 29 avril, des salariés étaient convoqués par la gendarmerie et la police qui les informaient que le préfet avait pris plusieurs arrêtés de réquisition le samedi 28 avril 2007.
Les chauffeurs ont bel et bien constaté que le préfet avait décidé d’utiliser un texte datant de …1938 (avant guerre!) pour casser la grève, en volant au secours d’employeurs qui se cachant derrière des prétextes, refusaient de discuter.
Le préfet a ainsi réquisitionné 17 chauffeurs dont les responsables syndicaux, montrant ainsi le peu de cas qu’il fait du droit de grève, mais aussi comment il traitait les organisations syndicales. Forces de police et de gendarmerie ont donc été affectées au contrôle des accès de la zone de Californie et pour escorter les camions de livraisons. Les patrons avaient été invités dès la veille à reprendre les négociations pour débloquer la situation. Mais ils ont refusé et l’interlocuteur des chauffeurs en lutte a été un officier de police venu faire de l’intimidation. Par contre ces messieurs étaient tous présents sur le site de la SARA dès le lundi 30 avril au matin.
Les négociations entre patrons et syndicat ont repris à 16h30 pour se terminer à minuit. L’accord signé prévoit que les salaires de base de tous les chauffeurs passe à 2065 euros à compter du 1er mai 2007, à 2125 euros à compter du 1er mai 2008 et à 2165 euros à compter du 1er mai 2009. Pour les chauffeurs qui étaient les moins payés, cela va se traduire par une augmentation de 758 euros bruts d’augmentation en mai 2007 par rapport à avril 2007! Contrairement aux allégations reprises par les suppôts habituels des patrons, les chauffeurs SCSPPA-CGTM n’ont jamais cherché à prendre la population en otage. En restant unis et déterminés ils ont su se faire respecter de leurs employeurs et obtenir une amélioration de leurs salaires.



Martinique
MCA-TELEPERFORMANCE lockoute son personnel

La direction de la société MCA (Martiniquaise des Centres d’appels) a lock-outé la totalité de son personnel soit plus de 120 salariés, depuis le 5 avril. Le groupe d’une quarantaine des grévistes syndiqués à la CGTM qui poursuivait la mobilisation commencée depuis le 12 mars pour arracher une augmentation de salaire de 100 euros net pour tous, un 13è mois et la transformation de 2 contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée, a suspendu la grève.
Lorsque que Digicel, gros opérateur caraïbéen dans la téléphonie, client de MCA, a résilié une partie de son contrat avec cette société, MCA en a profité pour décréter qu’elle résiliait la totalité du contrat et se trouver sans activité.
Bien évidemment les experts juridiques de Digicel et ceux de MCA se renvoient la balle sur la responsabilité réelle de cette rupture de contrat. C’est ainsi que le 17 avril, la direction de MCA a convoqué un comité d’entreprise extraordinaire avec comme ordre du jour «Information résiliation contrat client». A ce jour, la situation reste bloquée. Les employés de MCA n’ont aucune information sur les contacts qui se nouent et se dénouent en Martinique ou à Paris, entre les représentants de Digicel et MCA ou Digicel et Téléperformance. Ils sont menacés de licenciement suite à la mise en cessation d’activité de leur société dans 2 mois.
Et pourtant, leur société n’a nullement été mise en difficulté économique. Il faut rappeler que MCA est une filiale de TELEPERFORMANCE lui-même deuxième groupe mondial de la relation client. Cette société a affiché un bénéfice net de 70 millions d’Euros en 2006 et distribue des dividendes en hausse de 23% à ses actionnaires. La société est florissante et vient d’annoncer, le 14 mai, le rachat de la filiale «Phone House». Quant à la filiale MCA elle drainait pour 2006 un chiffre d’affaire de 6.3 millions d’euros.
Les salariés de MCA sont aujourd’hui victimes de ces sociétés capitalistes qui se développent comme des rapaces de par le monde. Pour accroître leurs profits, ils «sucent le sang» des jeunes travailleurs, ne reconnaissant aucune législation du travail. Et ils les rejettent sans ménagement lorsque ces salariés ne se montrent pas assez dociles.
Les grévistes de MCA ont choisi de ne pas arrêter leur lutte. Ils n’entendaient pas courber la tête devant leur direction scélérate. Espérons qu’avec eux, une nouvelle génération de travailleurs se lèvera qui ne sera pas dupe des soi-disant «avancées sociales» qui sont reprises par les capitalistes dès lors qu’ils se sentent en position de force. Ces travailleurs sauront que pour se battre réellement contre les injustices sociales et contre la rapacité des capitalistes et de leurs sociétés multinationales, il leur faut apprendre à construire leur force avec l’ensemble des salariés.



ASSURANCE SOCIALE. La nouvelle “franchise” en préparation, un forfait de plus des gouvernants!

Lors de sa réforme de l'assurance maladie en 2004, Xavier Bertrand- alors ministre de la Santé, avait déjà fixé le principe d’un forfait non remboursable: un euro par consultation et 18 euros pour les actes médicaux d'un montant supérieur à 91 euros. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy veut généraliser ce principe en l’aggravant de quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur «les premiers euros annuels» dépensés en examens biologiques, en médicaments, les visites médicales et l'hospitalisation.
Ce système a été dénoncé par les organisations syndicales, les associations d'usagers, de lutte contre la pauvreté comme Emmaüs France. Il va à l'encontre du principe de solidarité qui est le fondement de la Sécurité sociale. Toutes ces barrières établies par différents ministres, dont les Mattéi, Douste-Blazy, et Cie ne peuvent que pousser des gens à renoncer à se faire soigner.
Quel montant pour cette nouvelle «franchise»? On avance des chiffres: 25 euros par franchise, c’est à dire un forfait total annuel de 100 euros, soit trois jours de salaire d’un smicard! Ces chiffres seraient peut-être revus à la baisse ou à la hausse selon les années, pour tenter de s’adapter aux variations des dépenses de santé.
Un tel «forfait» constituerait une véritable ponction pour les moins fortunés, qui risquent de ce fait de moins bien se soigner! Une forme de riposte a commencé de s’organiser. Des médecins d’abord ont lancé une pétition, avec à leur tête Martin Winckler et Christian Lehmann, tous les deux médecins et écrivains connus ; l’appel contre la franchise qu’ils ont lancé a déjà réuni quelque 30 000 signatures! Selon eux, c’est un nouveau pas vers une médecine à deux vitesses, un de plus ; c’est un élément de régression sociale, les plus pauvres hésiteront à consulter, et on risque de voir de petits maux mal soignés se transformer en vraies maladies, ce qui est loin d’une bonne politique de santé publique. Des spécialistes ont rappelé que 70% des dépenses de soins étaient le fait de 10% de très grands malades, donc la mise sur pied d’une franchise ne changerait pas grand-chose à ces frais.
Il semble que le nouveau ministre Martin Hirsch, qui s’est récemment rallié à Sarkozy, en quittant l’action sociale qu’il menait dans le cadre des associations Emmaüs, ait été choqué par cette nouvelle franchise. Remarquons qu’il aura encore bien des couleuvres à avaler dans ce gouvernement, mais c’est lui qui l’a voulu ainsi! Fillon aurait, parait-il, réussi à le rassurer. Il ne faut tout de même pas de «vagues» avant les législatives qui doivent être une réussite totale pour le nouveau gouvernement des sarkozistes, convaincus ou ralliés!
Mais les travailleurs n’ont pas les mêmes raisons d’obéir à ces calculs politiciens. Avant ou après les élections, ils pourraient décider de dire avec force ce qu’ils pensent de toute cette politiques anti-sociale et anti-pauvres qui se prolonge (après 5 ans de gouvernement de droite!) avec aux commandes les Sarkozy, Fillon et Cie, même si l’habillage est aujourd’hui différent avec un Sarkozy président!