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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 16 juin 2007 N° 969
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Page 3
Guadeloupe
Extraits de l’ “Echo des télecom”. Après la grève
NOTRE LUTTE A PAYE
Durant 7 jours notre lutte, notre ténacité, notre unité nous ont permis de remporter une victoire.
NOUS OBTENONS:
- L’arrêt immédiat des projets en cours par domaine d’activité;
-L’Arrêt immédiat des suppressions d’emplois et des postes de travail;
- L’arrêt immédiat de toutes les pressions exercées… à tous les niveaux de la hiérarchie
- La création d’une cellule psychologique pour soutenir tous les salariés en situation de détresse.
NOUS OBTENONS ENCORE:
- La création de deux postes d’assistance sociale en Guadeloupe et en Guyane avec maintien de celui de Martinique;
- L’amélioration des conditions de travail dans les boutiques;
- L’attribution d’un chèque déjeuner par agent et par jour travaillé.
MAIS.. NOTRE PLUS GRANDE VICTOIRE, C’EST …
L’arrêt immédiat des suppressions d’emplois et des postes de travail. Nous avons obtenu en sept jours ce que nous n’avons pu obtenir pendant des années de revendications. C’est encore la preuve que nous travailleurs, nous n’avons jamais rien sans lutte.
UNE GREVE DIRIGEE, ANIMEE, CONTROLEE PAR LES TRAVAILLEURS EUX MEMES
Les syndicats et leurs dirigeants ne sont rien sans l’ensemble des travailleurs. La grève on l’a vu, a été l’affaire de tous. C’est en assemblée générale que les choses se décidaient. Ce sont les travailleurs eux-mêmes qui ont animé la grève jusqu’au bout.
C’EST LE RAPPORT DE FORCE QUI COMPTE
Oui, c’est le rapport de force qui a obligé Madame Hocquard à revenir sur sa décision de ne pas négocier tant que le blocage des sites n’était pas levé. La direction a eu peur de notre détermination. Vive la lutte!
Extraits de l’ “Echo de l’Aéroport”
AIR CARAÏBES: LE PERSONNEL S’OPPOSE À LA RÉORGANISATION DU SERVICE TECHNIQUE
Lundi 4 juin, le personnel d’Air Caraïbes s’est mis en grève, à l’appel d’une intersyndicale. La principale revendication concernait les projets de la direction envers le service technique.
Celle-ci envisage de regrouper en Martinique la totalité de la maintenance JAR 25 (qui concerne les Embraer et ATR) et de ne conserver en Guadeloupe que la JAR 23 (Dornier et Cessna).
Non seulement cela ferait perdre leur technicité à ces mécaniciens, mais en plus ils seraient intégrés à la STAG (petite compagnie formée de pilotes d’Air Caraïbes qui a repris le trafic inter-îles) ce qui rendrait plus précaire leur situation.
Extraits de l’ “Echo de l’ANPE”
DISCOURS DE LA METHODE
Alors que Caze a brillé par son absence lorsque l’ALE des Abymes n’avait pas de téléphone pour travailler, il a su très vite retrouver le chemin de l’ALE. Devinez pour quelle raison?
Caze n’a rien trouvé de mieux que de critiquer les collègues des Abymes qui n’auraient pas un taux assez élevé de radiations.
Et certains se demandent encore comment baissent les chiffres du chômage! Sûrement pas nous, agents!
Extraits de l’ “Echo des Assurances”
MGEN: LE DEMANTE-LEMENT CONTINUE!
Il y a un projet de suppression de 800 postes au niveau national sous prétexte de réorganisation. Comme toutes les entreprises capitalistes, la MGEN veut faire des économies sur le dos des salariés alors que sa situation financière est bonne. Elle préfère bousculer la vie des salariés par la mobilité forcée sans se soucier des conséquences pour ces derniers, mais le projet ne passe pas.
D’un côté il y a le discours officiel sur les valeurs mutualistes, mais de l’autre la réalité est bien différente, c’est la casse des acquis sociaux.
Nouvelle rencontre entre l’AFB et des syndicats des banques
Une délégation de l’AFB (Association Française des Banques) était en Guadeloupe les 4 et 5 juin pour poursuivre les négociations pour la Convention collective. Les syndicats présents à ces discussions étaient la CGC/SNB, FO, la CGT, la CGTG, la CFDT, la CFTC, le SU BDAF et SGBA. Rien de nouveau n’est sorti de ces discussions. L’AFB a proposé par contre la suppression de la prime de 40 % d’une manière progressive jusqu’à 2012. Les nouveaux salariés seraient embauchés sans la majoration des 40 % et pour les anciens cela signifie que leur salaire sera bloqué avec le gel de la prime. C’est donc une régression non justifiée économiquement que propose l’AFB et bien sûr ces propositions ont été rejetées par les représentants syndicaux.
Une nouvelle rencontre est prévue dans la semaine du 9 au 13 juillet. Il faut rappeler que la convention locale est valable jusqu’au 31 octobre et que l’AFB cherche à arriver à la date limite sans rien proposer car son but est d’appliquer purement et simplement la convention nationale moins avantageuse.
Pour le remboursement des 84 jours de grève effectués de décembre 2003 à mars 2004, le tribunal a encore donné raison à des camarades de la BFC. Pour le moment la BNP a fait appel de la décision et refuse d’étendre cette décision à l’ensemble des grévistes.
On le voit bien, la volonté des patrons des banques est de faire accepter aux salariés une convention moins avantageuse en revenant sur certains acquis sociaux alors que les profits n’ont jamais été aussi importants.
Il faudra une mobilisation de l’ensemble des salariés des banques AFB pour refuser une baisse de leur salaire et une convention collective au niveau du Code du Travail.
Martinique
Affaire Madin’services au Gros Morne
Une «affaire d’indélicatesses» a éclaté à propos de l’association Madin’âge services qui avait en projet de fournir des repas aux personnes âgées dans la commune de Gros Morne. Pourtant l’activité était sur le point de démarrer. L’association avait reçu une subvention de 11 500 euros de la Chambre Régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS), qui gère les dotations venant du FSE (Fonds social européen), de l’argent public donc. Des véhicules avaient été achetés et du personnel avait été embauché avec un contrat aidé (CIA, contrat d’insertion par l’activité) par l’intermédiaire de l’agence départementale d’insertion (ADI). De nombreuses personnes âgées, bénéficiaires potentielles, avaient été démarchées et attendaient avec impatience de voir ce service démarrer.
Et puis, tout s’est envolé! D’après un informateur du journal France Antilles « …le service en lui-même n’a jamais commencé. Un matin, le directeur de l’association est venu…pour demander les clés de la voiture de l’association. Déclarant « vous ne travaillez pas aujourd’hui, vous reprendrez lundi. » Puis «il a fait savoir que ce n’était plus possible, qu’on ne pouvait plus travailler …».
L’affaire en est là. La personne qui avait trouvé un emploi précaire se retrouve sur le carreau, le service aux personnes âgées n’est toujours pas effectué. L’argent a été dilapidé ou a fait l’objet «d’indélicatesses» ou même… de manœuvres frauduleuses, comme cela est évoqué par l’article de France Antilles.
Il est intolérable que l’Etat et les pouvoirs publics se déchargent de leurs responsabilités et notamment de celle d’utiliser les moyens de l’Etat pour satisfaire les besoins élémentaires de la population, des personnes âgées et pour créer des emplois durables. Aujourd’hui, certaines familles gros-mornaises se trouvent directement concernées, mais de telles pratiques touchent de nombreuses familles et de nombreux chômeurs.
Moule
Après l’action de l’UGTG à l’abattoir
Pendant près d’une semaine l’abattoir de Château Gaillard au Moule a été bloqué par des membres de l’UGTG salariés de l’agriculture. Cette action qui s’est terminée le 10 juin est une dénonciation de l’organisation de l’élevage en Guadeloupe. Ces syndicalistes affirment que les autorités mènent un véritable démantèlement des organismes censés aider les éleveurs. Ils réclamaient l’annulation du licenciement de E. Bajazet employé du GDSG (groupement de défense sanitaire de Guadeloupe). Justement ce GDS a été fermé, jetant près de 20 salariés au chômage. Par ailleurs, rien n’a été prévu en remplacement pour les éleveurs. Ces grévistes réclamaient aussi à des discussions sur l’UPRA, organisme chargé de la défense du bœuf créole. Cet organisme qui travaille essentiellement avec des techniciens de l’INRA essaie de maintenir le boeuf créole en Guadeloupe, sans véritable succès puisque, sur près de 100 000 têtes il n’y en a plus que 400 de race créole. Les croisements avec des races venues de France (Limousin, Charolais…) donnent des animaux appréciés pour leur viande. Cependant la race créole, dit on, aurait des qualités de résistance au climat, au manque de nourriture et d’hygiène (elle est moins vulnérable aux tiques). Dans ce cas évidemment, il serait intéressant que des vaches créoles soient élevées pour la reproduction et tous les autres animaux vendus pour la boucherie. Mais l’UPRA n’a pas convaincu les éleveurs, car les bouchers et encore moins les supermarchés n’achètent pas le bœuf créole. De toutes façons les supermarchés vendent très peu de viande locale. Dans ces conditions, liées au commerce international où les capitalistes d’Europe envahissent les marchés d’ailes de dinde et autres viandes, l’avenir de l’élevage en Guadeloupe ne semble encouragé par aucune autorité. Les salariés des organismes de l’agriculture ont bien des raisons de s’inquiéter sur l’existence même de leurs emplois. Leur action devra continuer.
Guadeloupe
La dictature des riches compagnies pétrolières
Depuis une semaine, les stations-service Texaco sont fermées. Ce mouvement déclenché par les gérants est soutenu par le syndicat UGTG des pompistes.
Rappelons qu’il y a quelque temps, les prix des produits pétroliers avaient été augmentés par décision préfectorale: 6 centimes d’euros sur le super, accompagnés d’une hausse de tous les autres produits pétroliers dont la bouteille de gaz butane, c’est le dernier cadeau du préfet aux compagnies pétrolières. Cela soi-disant pour s’adapter aux cours mondiaux. En fait il s’agit tout simplement pour le représentant de l’Etat de rançonner les consommateurs pour permettre à la SARA, propriété des compagnies, de procéder à des investissements. L’intervention du président de la Région puis de celui du Conseil Général n’a en rien modifié la décision du Préfet.
Quelques jours avant éclatait le conflit entre les employés de la station Texaco Morne Vergain aux Abymes et le nouveau gérant. C’est que ce dernier, qui vient d’obtenir la gestion de la station veut se débarrasser de plusieurs employés qui eux n’entendent pas se laisser faire. Et la grève est totale dans la station depuis maintenant plus d’un mois.
En fait, derrière ces conflits, celui qui oppose les employés de Texaco Morne Vergain au nouveau gérant d’une part et celui qui oppose l’ancien gérant Gallas à la Texaco d’autre part, il y a la volonté de Texaco de remettre en cause les contrats qui la lient aux gérants. Et si elle réussit dans sa tentative, Texaco sera très certainement suivie par les autres compagnies.
Il faut savoir qu’aujourd’hui les accords liant les gérants de stations aux représentants des compagnies pétrolières, Shell, Esso, Elf et Texaco, prévoient des contrats d’au moins 3 ans, renouvelables, et datent de 1998. Ils avaient été signés en présence de représentants de la préfecture suite au conflit de la Shell. Or dans l’affaire Texaco Morne Vergain, le contrat du gérant arrivé à expiration a été prolongé une première fois de 6 mois, puis une autre fois de 12 mois. Et sans crier gare, la Texaco a confié la gérance à une autre personne qui a accepté la gérance de cette station à des conditions moins avantageuses, ce qui la met dans «l’obligation» de réduire son personnel. Les gérants ont sollicité l’intervention de la préfecture pour obliger les compagnies à respecter l’accord signé sous le patronage de ses représentants en 1998. Et quelle ne fut pas leur surprise d’entendre la préfecture parler de son impossibilité d’intervenir dans un conflit privé.
Les dirigeants de la Texaco, puis ceux du Groupement des distributeurs des produits pétroliers ont refusé de recevoir les représentants des gérants des stations Texaco. Ces derniers veulent obtenir que la Texaco respecte les accords en vigueur, notamment qu’il y ait un contrat unique applicable à tous et non pas des contrats à la tête du client. Ils espèrent aussi avoir des éclaircissements sur les sommes considérables de l’AIP, argent prélevé sur le prix du carburant et destiné à être versé aux gérants en partance. Personne ne sait ce que devient cet argent, ni comment il est géré.
Actuellement le conflit ne concerne que la compagnie Texaco. Mais il pourrait rapidement s’étendre aux autres. Car les dirigeants de Total, Esso, Shell et autres espèrent que la Texaco pourra ouvrir une brèche dans laquelle ils pourront s’engouffrer…
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