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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 30 juin 2007      N° 970


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À la Une

Éditorial

Barrage aux mesures sarkozystes: dans l’Assemblée Nationale peut-être? Dans les rues et les entreprises, c’est le plus efficace!

Les récentes élections législatives ont montré, bien que de façon déformée vu le taux important d’abstentions, une confirmation du vote à gauche de l’électorat Antillais aux présidentielles. Il y aura donc cinq députés de gauche et un indépendantiste représentant la Martinique et la Guadeloupe à l’Assemblée Nationale.
Le premier enseignement de ce vote c’est que ces députés, de même que leurs collègues de gauche de l’Hexagone, n’ont pas subi l’échec promis par la droite et les sondages, et ils ont finalement augmenté leur nombre par rapport à 2002. Pendant la campagne ils disaient aux électeurs vouloir beaucoup de députés opposants pour mieux faire barrage aux mesures anti-populaires, anti-ouvrières de Sarkozy, Fillon et Cie, eh bien, c’est fait! A eux de montrer qu’ils sont une opposition active capable de faire barrage, d’initiatives, etc. Mais cela évidemment ne pourra se faire que si de tels députés de gauche transforment l’opposition en véritable tribune d’agitation sur les problèmes des masses populaires. Et si eux mêmes se transforment en agents politiques actifs défendant les causes et les luttes qui se lèveraient dans la population. Autant demander à un crapaud de se transformer en libellule ou à un mouton de se transformer en lion!
En tout cas, plutôt que compter sur de tels miracles, les travailleurs feraient bien de suivre l’exemple de ceux qui déclenchent des grèves quand ils veulent arracher quelque chose: salaire, titularisation, etc., ou quand ils veulent se défendre contre les actes arbitraires et nocifs des patrons.
Le deuxième enseignement du résultat des législatives, localement, c’est que les patrons et la droite au pouvoir devront tenir compte du fait que les travailleurs des Antilles ne sont pas décidés à accepter tout ce que Sarkozy et ses amis prétendent vouloir imposer aux couches laborieuses et populaires, pour favoriser le patronat. Et ce d’autant plus que l’on sait bien qu’une grande partie des abstentions est constituée de gens encore plus opposés à la droite et au patronat que l’électorat qui a voté à gauche.
Dans cette situation, il y a donc la possibilité pour les organisations ouvrières (syndicales et politiques) qui veulent honnêtement représenter les intérêts des salariés et des pauvres de leur proposer un véritable plan de luttes permettant de coordonner tous les efforts, toutes les énergies en vue d’imposer à l’ensemble du patronat et aux représentants de l’état de véritables changements. A commencer par un salaire minimum (SMIC) plus proche de la réalité des dépenses des familles populaires, une politique de rattrapage et d’amélioration des services publics (éducation, santé, réseau d’eau agricole, collecte et destruction des déchets, décontamination des terres polluées en chlordécone, etc.), un lancement réel de la construction massive de logements sociaux. Tous ces chantiers, mis en action, sont porteurs de création immédiate et massive d’emplois dans nos régions. Et avec l’avantage de rendre des services utiles à la population. C’est aux travailleurs de prendre la tête d’une telle politique et de demander des comptes sur l’utilisation de l’argent public par les assemblées locales et par l’Etat. C’est leur intérêt de le faire, s’ils veulent faire reculer le chômage et la misère, s’ils veulent améliorer globalement la situation des couches laborieuses et populaires.
Tout cela les travailleurs peuvent l’obtenir en se mobilisant, en exerçant une pression permanente sur l’Etat et ses filiales locales (Conseils Régionaux et Conseil Généraux), en descendant dans les rues, en organisant des protestations de toutes formes et des grèves massives.
Une telle politique peut trouver la participation active de nombreux travailleurs quelle que soit leur organisation syndicale ou politique ou qu’ils soient sans appartenance, elle peut trouver aussi l’assentiment, la sympathie de larges couches de la population.



Guadeloupe
Les grévistes de la clinique les Eaux Claires durcissent leur mouvement

Les employés de la clinique les Eaux Claires affiliés à l’UTS-UGTG ont durci leur mouvement le 21 juin. Ils ont bloqué toutes les entrées de la clinique empêchant tout fonctionnement de l’entreprise. Malgré l’intervention des forces de l’ordre ils se sont montrés déterminés, obligeant la direction à négocier. Celle-ci jusqu’ici refusait de discuter avec les responsables syndicaux. Le directeur de la clinique, le docteur Claude Kadji, estime qu’il a déjà signé un accord avec deux autres syndicats: la CGTG et FGS-FO et refuse l’augmentation de salaire de 4% réclamée par les grévistes. L’UTS a pourtant obtenu cette augmentation pour les autres cliniques après une longue grève. Seules les Eaux Claires et l’Espérance refusent cette augmentation. Dans ces deux cliniques cela fait plus de 4 mois que le personnel est en grève.
Suite au durcissement du mouvement, une négociation a eu lieu. De nouvelles propositions doivent être faites au syndicat. Le personnel comprend mal que cette clinique qui réalise d’énormes bénéfices refuse d’accorder les mêmes augmentations qui ont été obtenues dans les autres cliniques. Le directeur a joué sur la division pour affaiblir le mouvement en accordant une faible augmentation sur 3 ans. Il a fait surtout valoir une prime d’intéressement qui n’a pas la valeur d’une véritable augmentation car cette prime est déterminée en fonction des résultats de l’entreprise et est exonérée des charges sociales.
L’entreprise gagne davantage avec ce système de prime que le salarié.
L’UTS-UGTG a porté plainte s’agissant des accords qui ont été signés avec les autres syndicats. Le juge a mis sa décision en délibéré au 20 juillet.



Guadeloupe
Grève des salariés du centre gérontologique du Raizet

Le personnel du centre gérontologique du Raizet est en grève depuis le jeudi 14 juin à l’appel de la CGTG. Les grévistes demandent au directeur de faire procéder à l’expertise de l’ascenseur suite à l’accident du 27/08/06 qui a coûté la vie à une salariée. On se souvient qu’un chariot repas s’était renversé sur la salariée qui était dans l’ascenseur. Un CHSCT du 29/09/06 avait pris cette décision et depuis le directeur refuse l’expertise sous prétexte que le devis de l’expert choisi par le CHSCT est trop élevé. Il préfère choisir un autre devis d’une entreprise qui n’est pas spécialiste des ascenseurs.
Le personnel pose également le problème des emplois précaires et demande 30 postes. En réalité il ne s’agit pas, contrairement à ce que voudrait faire croire le directeur, de 30 postes supplémentaires, car ce sont des ASH qui sont déjà en poste, mais il faudrait les titulariser. Le Centre gérontologique s’occupe de personnes âgées et cela nécessite un personnel en nombre suffisant pour s’en occuper. La direction du centre le reconnaît mais pour des raisons budgétaires le directeur ne veut rien entendre.
La CGTG est le syndicat majoritaire dans l’entreprise et la grève est bien suivie. Les grévistes ont mis en place un service minimum car ils sont conscients qu’ils donnent des soins à des personnes âgées qui sont donc fragiles.
Six rencontres ont déjà eu lieu avec la direction sans aucun résultat. Le directeur pose le problème du champ de compétence de l’entreprise choisie par le CHSCT. Visiblement il ne veut pas que l’on vienne trop contrôler dans le centre alors qu’une salariée est morte dans l’ascenseur. Le directeur a donc assigné le secrétaire du CHSCT pour choisir une autre entreprise. Le délibéré aura lieu le 20 juillet prochain. Pour la demande des 30 postes, le directeur estime que c’est de la surenchère de la part de la CGTG et propose une réorganisation des services. Il estime ne pas pouvoir satisfaire cette revendication pour des raisons budgétaires et a proposé de prendre un médiateur.
Le conflit est donc loin d’être résolu et pour l’instant la grève continue. Le personnel reste mobilisé car il estime que ses revendications sont justes. Toute la lumière doit être faite sur la mort de leur collègue car c’est leur sécurité qui est en jeu et la demande de personnel n’est pas exagérée car il s’agit de régulariser la situation du personnel précaire.



Guadeloupe
Suite du conflit à la Texaco

La direction de la Texaco, rappelons-le, est en conflit avec le gérant de la station Texaco Morne Vergain, M. Gallas. Elle avait changé de manière unilatérale la durée du contrat de ce gérant: de 3 ans au départ, à 6 mois une première fois, puis à un an et enfin, sans crier gare, la gestion de la station a été confiée à un nouveau gérant. Le conflit dure depuis plusieurs mois. Et plutôt que d’accepter de discuter avec le syndicat des gérants de stations qui exige le respect des accords en vigueur, la Texaco a demandé en référé l’expulsion de M. Gallas. Le Tribunal n’a pas accédé à la demande de la Texaco, estimant qu’en l’occurrence, il s’agit d’un conflit dont l’origine réside dans un changement de la nature des contrats liant les deux parties. L’affaire suit son cours devant les tribunaux.
M. Gallas, bénéficie du soutien de la presque totalité des gérants des stations Texaco, ainsi que de celui des employés de la station Morne Vergain.