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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 30 juin 2007      N° 970


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Sarkozy et Cie pas forcément sereins face à la population laborieuse!

Avec l’affaire de la T.V.A. sociale, ils (Sarkozy et cie) ont été pris la main dans le sac et manifestement cela a dû leur coûter quelques postes de députés.
Et ils en ont sûrement tiré comme enseignement que la population n’était pas prête, malgré l’ampleur de leur succès, à accepter n’importe quoi! Là, cela s’est traduit par un simple déplacement électoral. Mais ils savent qu’en dehors des périodes électorales la seule voie où pourra s’engouffrer le mécontentement sera celle de la rue, avec des manifestations, des grèves, etc.
Autrement dit ce nouveau gouvernement de droite n’est certainement pas aussi serein que le dit la presse à son service. Il n’est pas certain du tout que Sarkozy pourra respecter ses «promesses» faites aux couches réactionnaires!
Rappelons-nous l’épisode du CPE! La mobilisation inattendue des jeunes et le recul du gouvernement sur un texte déjà adopté au parlement! On reverra des épisodes de ce genre dans les mois et années à venir! Il faut s’y préparer et y préparer les travailleurs, les armer d’un programme cohérent et offensif! Plutôt que de lever les bras au ciel et de crier à la catastrophe, il est plus utile de populariser parmi les travailleurs un programme de défense de leurs intérêts développant des mesures, des objectifs à mettre en place en cas de montée et d’expression du mécontentement. C’est ce que nous avons fait pendant les campagnes présidentielle et législatives ; c’était des moments particulièrement favorables pour cela: plus d’écoute des couches populaires, plus de moyens d’utiliser les médias, etc.
Les perspectives pour les travailleurs, loin d’avoir un esprit de «catastrophés», qui paralyse les réactions, qui développe la peur et l’impuissance, c’est d’abord de croire en leurs propres capacités de répondre à chaque attaque, mais aussi d’avoir une conception d’ensemble de la lutte à mener et des objectifs à atteindre.
Un pouvoir n’est fort que si nous le considérons comme tel en oubliant que socialement c’est nous les travailleurs qui sommes la classe qui contrôle toute l’économie ; ce qui fait de nous les véritables détenteurs de la force sociale!
C’est cela que nous devons dire et propager parmi les travailleurs.
Le gouvernement actuel de Sarkozy, Fillon et Cie n’est pas plus fort que ceux de De Gaulle, Pompidou, Giscard et Cie en 1968. Ces gens là avaient treize ans de pouvoir fort, dominateur, contrôlant les médias, etc. Cela ne les a pas mis à l’abri d’une explosion de mécontentement qui a abouti à une des plus grandes grèves du XXème siècle.



A quoi sert “l’ouverture” à la Sarkozy?

Dès son élection comme président, Sarkozy a joué les hommes généreux, ouverts, prêt à discuter avec les uns et les autres. Il a soigné son image d’homme populaire, simple, décontracté. Tous les gouvernements de la cinquième république ont eu cette tendance à jouer à la fois de l’autoritarisme, de la fermeté et à vouloir être un pouvoir fort mais en même temps ils ont cherché le soutien populaire, à s’adresser «au peuple»! C’est le fondateur, De Gaulle, de cette 5 ème république, qui en a été le premier président à avoir mené une politique en équilibre entre des forces opposées, s’appuyant tantôt sur un côté contre l’autre. En 88, Mitterrand a lui aussi fait son ouverture au nom de l’équilibre (Soissons etc.).
Voyons les différents cas de l’ouverture actuelle de Sarkozy: il y a des arrivistes genre Kouchner, Besson, Bocquel. Il y a les naïfs: genre Fadela Amara, l’ex-président d’Emmaüs (Martin Hirsch), etc.
Ce que Sarkozy attend de l’ouverture, c’est une «bordure» à gauche! Pourquoi? Parce qu’il sait bien que des mesures anti populaires seront prises contre les travailleurs, contre les couches populaires. Pour tenter de faire passer les pilules, il faudra des cautions: celle de la franco-marocaine Rachida Dati, de la jeune Noire sénégalaise (Rama Yade), de l’autre femme issue de milieu d’origine maghrébine et qui est aussi militante féministe (Fadela Amara), etc.. Sarkozy veut être en position de dire: «vous voyez ces gens là (qui sont de chez vous, de votre milieu, de votre bord!) ils vous disent que c’est bien ce que je fais, que ce n’est pas une injustice»!
Enfin, le but de l’ouverture c’est aussi porter la discorde dans le camp d’en face! Pourquoi pas!
Alors les «ralliés» à Sarkozy ont-ils trahis? Non! Ces gens là se disaient de gauche, comme beaucoup d’autres, mais ils avaient adopté depuis longtemps des idées proches de celle de la droite dite «libérale». Ils sont comme tous ces gens de gauche qui parlent de «rénovation», de «modernisation» du PS, pour être plus acceptables par toutes les couches de la bourgeoisie (grande, petite et moyenne!). Et S. Royal en tête (voir sa récente déclaration sur la non crédibilité du SMIC à 1500 euros sur 5 ans!). Tous ces ralliés le sont parce qu’ils pensaient déjà comme Sarkozy, tout en se disant de gauche! Eux ont préféré prendre un raccourci pour aller à la mangeoire plutôt que d’attendre encore 5 ans une hypothétique victoire de gauche aux prochaines élections présidentielles.



Commentaires sur les réactions après les résultats en France

Le succès de la droite aux présidentielles laissait prévoir bien sûr un même succès aux législatives qui ont suivi. Lors de la victoire de Sarkozy, on a entendu M-G Buffet s’écrier: «c’est une catastrophe» et le journal l’Humanité reprenait le même thème dans un article ; et M-G Buffet, secrétaire générale et candidate du PCF s’écriait:
«L’élection du président de l’UMP et le grave échec de la gauche constituent une véritable catastrophe politique ; Pour la première fois depuis la libération (1945!) se trouve porté aux plus hautes responsabilités de l’Etat un homme qui repris à son compte la plupart des thèmes politiques de l’extrême-droite et qui porte ouvertement le programme économique et social ultra-libéral du Medef »!
Comme si les précédents présidents n’étaient pas les porte-parole du patronat et les défenseurs de leurs intérêts! Comme s’il y avait eu de «bons gouvernements» pour les travailleurs! Et quand à la manoeuvre politique par laquelle N. Sarkozy a raflé les voix de l’extrême droite, bien des ministres et hommes politique avant lui avaient déjà tenu des propos allant dans ce sens, sans avoir eu le culot ou l’opportunité de les mettre systématiquement en avant comme il l’a fait! Cela juge le personnage, mais n’en fait pas pour autant un représentant exceptionnel de la bourgeoisie ; car dans les rangs de celle-ci il y a nombre de personnages capables de telles prouesses!
Quant à l’appareil d’état, il y a longtemps qu’il est gangrené, de haut en bas, de gens capables de tous les coups tordus, de toutes les orientations, comportements, paroles et gestes racistes voire criminels vis-à-vis des «immigrés» ; on n’a qu’à voir les répressions depuis 50 ans, de niveau divers, en France même contre les travailleurs, contre ceux qui n’ont pas le bon teint français, bien blanc, auxquelles il faut ajouter les répressions coloniales aux quatre coins du monde, menées aussi bien par des politiciens de droite que de gauche!
Alors trembler d’indigna-tion ou de crainte pour l’arrivée au pouvoir d’un Sarkozy, politicien manoeuvrier et arriviste, non, il y a mieux à faire!
Plus ou moins, toute la gauche et l’extrême gauche (notre courant excepté) étaient dans cet état d’esprit. Aujourd’hui encore, beaucoup des militants de ces organisations, en France et ici même, se persuadent que l’arrivée de Sarkozy au pouvoir a quelque chose de particulièrement mauvais et dangereux. Certaines personnes de gauche et des militants ont même parlé de «résister»!
Nous ne partageons pas cet excès de catastrophisme et de vision diabolisante! D’abord parce que les mesures que Sarkozy a proposées à ses électeurs de droite et d’extrême droite sont la continuation de ce que lui, Fillon et compagnie ont fait pendant cinq ans dans le gouvernement Chirac-Raffarin-Villepin: attaques contre les retraites, contre les services publics, diminution des remboursements à la sécurité sociale, attaque contre les droits des chômeurs, politique d’écrémage des listes à l’ANPE, le CNE et la mésaventure du CPE. Vis-à-vis des émigrés durcissement des contrôles, difficulté d’entrée, d’obtention des visas, expulsion des enfants d’immigrés (enlevés de force dans certaines écoles) etc.
Tout cela Sarkozy le faisait déjà, De Robien avait déjà décrété l’obligation pour les enseignants de faire des heures supplémentaires et d’enseigner une deuxième matière sur simple demande des chefs d’établissements, etc.
Pour plaire à l’extrême droite et rafler ses électeurs, Sarkozy a tenu un langage susceptible d’attirer leurs votes. C’est un homme de droite, menteur vis-à-vis de toute la population et tout à fait capable de se vanter d’avoir des muscles auprès des gens d’extrême droite pour leur dire qu’il est prêt à cogner contre les couches populaires. Il n’y a là rien de nouveau, rien de surprenant.
De même qu’il n’est pas surprenant que Sarkozy, maître et dominateur dans son propre camp, soit capable de leur imposer ce que toute la presse a appelé «l’ouverture» c’est-à-dire l’arrivée dans son gouvernement de gens issus de la gauche, naïfs ou impatients d’avoir des postes.
Il est suffisamment maître de la situation pour imposer ça à son entourage, où les appétits de postes sont grands. Cela relève de la manœuvre politique, des magouilles habituelles dans ces milieux.
Mais là aussi ce n’est pas nouveau, Mitterrand avait fait une ouverture vers la droite en 1988, De Gaulle en son temps avait gouverné avec des communistes, des socialistes et toute sorte de gens.



Sarkozy: catastrophe ou pas catastrophe?

Quand nous refusons de crier à la catastrophe ou à la nécessité de résister, etc. nous ne voulons en aucune manière dire que Sarkozy et son gouvernement ne représentent ni danger ni nuisance pour les couches populaires. C’est le gouvernement d’un président, chef d’une majorité réactionnaire qui a fait des «promesses» (qu’il cherchera à tenir) aux gens les plus réactionnaires et les plus conservateurs de la société française, des gens anti-syndicats, anti- grève, anti-services publics, anti-loi sur l’avortement, etc.
Leurs déclarations, celles de Sarkozy, de Fillon, les fameuses réformes ont l’avantage d’être claires, elles visent:
• Le droit de grève (service minimum, vote sur la grève par les non grévistes;
• La facilité de licenciements pour les patrons, (code du travail rénové);
• Les retraites des cheminots et autres;
• Des avantages nouveaux pour les patrons (impôts, suppression des charges sociales, subventions en tout genre, etc.);
• Durcissement vis-à-vis des sans papiers, politique d’immigration en fonction des besoin des patrons, etc;
• Allongement de l’âge de la retraite;
• Il en résulte des décisions d’exonérations et de baisse d’impôts et avantages divers pour les riches, défiscalisation des heures supplémentaires etc.



DOM-TOM: un ex-champion au secrétariat des DOM-TOM

On le dit, les DOM et tout particulièrement la Guadeloupe et la Martinique sont des «terres de sportifs». D’où l’idée lumineuse de Sarkozy et son premier ministre F. Fillon de confier le secrétariat des DOM-TOM à un ex-champion de moto: Christian Estrosi. Ce qui n’avait pas l’heur, tout au début du moins, de plaire à «l’élu». Des mauvaises langues prétendent même qu’il aurait déclaré que cette place l’obligera à beaucoup voyager et ne lui permettra pas de gagner une voix de plus pour son siège de député de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Enfin, comme dit le proverbe «faute de grives on mange des merles» et l’ex-motard a accepté la rue Oudinot.
Et tout de suite il a commencé à débiter les lieux communs, sur la connaissance de ces territoires, son amour pour les populations et l’ardeur qu’il mettra à étudier les dossiers pour régler les problèmes de ces «confettis de l’empire». Et de citer les problèmes prioritaires: la question de la sur-rémunération des fonctionnaires, le coût de la vie, la zone franche globale.
Il faut rappeler à notre ex-motard que bien des ministres des DOM-TOM, depuis Dijoud, ministre de Giscard d’Estaing, se sont déjà cassé les dents sur leur tentative de diminuer les rémunérations des agents de la fonction publique. Et que son compère Sarkozy n’a pas obtenu la majorité dans les DOM-TOM, ni pour lui, ni pour ses députés. Un homme averti en vaut deux.
Concernant le coût de la vie, il est plus élevé dans les DOM-TOM qu’en France, quelle que soit la façon d’étudier le problème. Mais en dépit de ce constat, il y en a qui continuent à parler de sur-rémunération des fonctionnaires au lieu de la nécessité d’une augmentation généralisée des salaires du privé comme du public, pour permettre à tous les travailleurs de jouir d’un niveau de vie convenable.
Pour la zone franche globale: c’est la nouvelle tarte à la crème du développement. Les zones franches n’ont qu’une seule utilité: permettre à un certain nombre de patrons, petits et moyens surtout, de payer moins d’impôts ou de charges. Mais surtout pas de créer des emplois.
Quant à la plaie du chômage, les derniers chiffres qui viennent de tomber attestent de son accroissement: plus de 40 000. Mais cela ne semble pas faire partie des priorités de notre nouveau secrétaire d’état aux DOM-TOM.



La T.V.A. sociale: prendre dans la poche des travailleurs pour satisfaire les patrons!

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt indirect sur la consommation qui est directement facturé aux clients sur les biens qu'ils consomment ou les services qu'ils utilisent. Le client paie ses achats toutes taxes comprises et donc paie cet impôt indirect en payant son achat. Cet impôt est ainsi lié à la consommation, il ne touche donc que la partie des revenus qui est consommée. Comme la capacité d'épargne augmente avec les revenus, les ménages à faibles ressources vont payer sur leurs revenus une proportion plus importante de TVA que les ménages aisés. De plus cet impôt n’est pas payé par les entreprises qui peuvent déduire la somme équivalente de leur déclaration, c’est donc la population laborieuse qui paie cet impôt.
Les gouvernements se sont toujours servis de cet impôt pour renflouer les caisses de l’état et ne pas toucher aux bénéfices des bourgeois. Ce système fut mis en place en avril 1954 à un taux initialement fixé à 17,6% puis en janvier 1966, Valéry Giscard d'Estaing alors ministre des finances augmente la TVA à 18,6%, ensuite elle passe à 20,6% à compter d’ août 1995 pour redescendre à 19,6% depuis le 1er avril 2000.
Le gouvernement de Fillon-Sarkozy a lui aussi prévu d’augmenter la TVA, de près de 5 points, et cette fois-ci le prétexte est de financer la Sécurité Sociale. Alors d’un côté il baisse les charges sociales pour les patrons et de l’autre il augmente les impôts sur les travailleurs. C’est tout bénéfice pour les patrons.