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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 30 juin 2007      N° 970


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Après la grève des ATER en 2006, de bonnes nouvelles

La semaine dernière, le président de l’UAG (Université des Antilles et de la Guyane) a réuni les doctorants pour leur annoncer qu’une solution définitive passant par un accord avec le ministère avait été trouvée pour le problème des ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche). On se souvient de la longue grève menée à l’université en septembre 2006 suite au retrait de la «prime de vie chère» des salaires de ces jeunes enseignants – chercheurs. Cette suppression brutale avait été considérée comme une nouvelle attaque contre les 40% des fonctionnaires des DOM, même si les ATER ne sont que temporaires (3 ans au maximum). D’ailleurs, en Guadeloupe, les fonctionnaires de plusieurs branches et les syndicats, sollicités par les ATER, avaient participé à des actions, manifestations, meetings en soutien aux ATER. Dès les 15 premiers jours de grève, le ministère s’était engagé à maintenir les 40% pour les ATER déjà en place pour l’année en cours et leurs éventuels renouvellements. Par contre même à la fin de la grève rien de définitif n’était acquis pour les nouveaux ATER embauchés pour la première fois à partir de 2007.
Finalement c’est le nouveau gouvernement qui propose que les postes de titulaires qui accueillent des ATER cette année soient gelés à cet effet, que les ATER engagés à l'avenir perçoivent officiellement les 40% via un artifice comptable qui permettrait de les considérer comme des fonctionnaires d'Etat. Les «lecteurs», sortes d’ATER venus d’universités de l’étranger, qui enseignent les langues, ne restent pas en marge, car le Président engage l'université à verser à ces personnels le manque à gagner, ce qui représente une somme importante sur le budget de l'établissement cette année.
Succès donc pour les ATER et ceux qui s’étaient battus à leurs côtés! Et encouragement à ne jamais baisser les bras contre les attaques du gouvernement. La lutte paie. Toutefois il semble que l’avenir est incertain, compte tenu des propositions de loi en cours pour les universités. D’ailleurs beaucoup ont remarqué un manque de précision lors de la réunion avec le Président, surtout concernant la rémunération des ATER qui seront recrutés à partir de 2008. Cela signifie la nécessité de rester mobilisés.



Affaire du chlordécone en appel

La cour d’Appel de Basse-Terre devait examiner l’appel du procureur sur la recevabilité de la plainte des associations le jeudi 21 juin. Il s’agit de l’Union Régionale des Consommateurs, SOS environnement, l’Union des Producteurs Agricoles (UPG), Agriculture-Société-Santé-Environnement dite ASSE. L’état ne veut pas d’enquête sur cette affaire et le procureur fait tout pour l’éviter car dit-il, cette affaire risque de coûter trop cher à l’Etat. Quelques militants sont venus à Basse Terre le jeudi 21 juin. Pour faire traîner les choses, l’affaire a été mise en délibéré au 2 août prochain. Les juges prennent tout leur temps et espèrent que les associations vont se décourager. Il faut dire que ce n’est pas un hasard si en même temps, on s’en prend à l’avocat Harry Durimel qui est militant des Verts et à l’origine de la plainte déposée dans l’affaire du chlordécone. Les deux affaires sont donc liées et il ne faut pas baisser la pression. La mobilisation doit continuer.



Les avocats soutiennent Harry Durimel

Lors de l’appel à la cour d’Appel de Basse-Terre le 14 juin dernier, 120 avocats se sont mobilisés pour soutenir Harry Durimel. 17 avocats ont plaidé et demandé la nullité de la procédure. C’est pratiquement tout le barreau de la Guadeloupe et de la Martinique qui soutient Harry Durimel. On se souvient qu’il avait été convoqué par le juge le 4 juin dernier pour une éventuelle mise en examen pour «violation du secret de l’instruction et entrave à sa bonne marche» dans une affaire de drogue qui date de 2004. Les avocats ont relevé plusieurs vices de procédure et ont constaté que le dossier est totalement vide. Finalement il n’a pas été mis en examen mais convoqué en qualité de témoin assisté. Les avocats avaient fait appel de cette décision et en attendant ont organisé des protestations. Il n’y a eu aucune audience faute d’avocats et toutes les affaires ont été renvoyées.
Les magistrats de la chambre d’instruction de la cour d’Appel de Basse-Terre ont mis l’affaire en délibéré pour le 28 juin prochain. La mobilisation continue donc pour soutenir Harry Durimel car on a le sentiment que les juges veulent le faire taire parce qu’il est très actif dans l’affaire du chlordécone qui embarrasse l’état.




Femmes à l’Assemblée Nationale: la parité n’est toujours pas là!

Il y a 107 femmes sur un total de 577 députés présents à l'Assemblée nationale. C’est un progrès par rapport à l'Assemblée de 2002 où elles n'étaient que 76.
Avec 18,54 % des sièges occupés par des femmes, il y a encore du chemin à parcourir pour arriver à la parité souhaitée par la loi! Notons tout de même qu’il y a deux femmes députées sur quatre en Guadeloupe!



A la MAIF les salariés se mobilisent contre le projet NDS de la direction

Les salariés de toute la MAIF ont été appelés par la CGT et FO à débrayer le vendredi 15 juin dernier, et par la seule CGT le mercredi 20 juin. C’est pour s’opposer au projet de la direction appelé «Nouvelle Donne Sociale» et dont les négociations ont commencé depuis 2006. Le personnel a déjà eu l’occasion de faire grève à trois reprises pour marquer son refus de ce projet. Le mouvement a été suivi à 80 % en Guadeloupe à l’appel de la CGTG. En Martinique près de 100 % du personnel a fait grève (y compris les responsables). La direction après plusieurs séances de négociations avec les organisations syndicales a fait très peu d’amendements et continue à faire la sourde oreille lorsque d’autres propositions sont faites.
Dans ce projet la direction veut:
- étendre les amplitudes d’ouverture des bureaux de 8h00 à 19h00 pour tous les secteurs (auparavant c’était 19h30);
- généraliser le travail du samedi jusqu’à 17h30;
- supprimer les horaires variables et mettre à la place une micro variabilité de 15 minutes;
- augmenter le temps de travail pour les CATS (Centres d’Appels Téléphoniques) à 35 heures alors qu’actuellement ils font 32 heures sur 4 jours même si les bureaux sont ouverts du lundi au samedi;
- mettre en place le salaire à la performance;
- remettre en cause l’avancement automatique à l’ancienneté;
- remettre en cause les grilles indiciaires de salaire;
- remettre en cause les deux jours de repos consécutifs (celui qui a travaillé le samedi n’est pas sûr d’avoir obligatoirement le lundi comme jour de repos);
- Externaliser des services (Cellule Conseil Juridique et Social, Expertise);
- Diminuer le nombre de jours de congés pour événements familiaux (maladie enfant).
La direction veut imposer son projet et voudrait même faire un passage en force et se contenterait de la signature d’une seule organisation syndicale en profitant de la période des vacances. Les différentes séances de négociations ne donnent rien car la direction fait semblant de négocier, mais maintient son projet en l’état sans tenir compte de l’avis des syndicats. Les compensations proposées sont tellement minces que personne n’a aucune envie de voir dégrader sa vie familiale et professionnelle.
Il faut noter que la division des syndicats sur ce dossier favorise la direction car pour le moment deux syndicats sur cinq appellent le personnel à réagir. Les trois autres, à savoir l’UNSA, la CGC, et la CFDT se plaignent de l’attitude de la direction mais n’ont jamais appelé à une seule journée de grève, ni même à un débrayage.
La MAIF se prétend une mutuelle, assureur militant et n’hésite pas à s’attaquer aux acquis du personnel sous prétexte que c’est la survie de la Mutuelle qui est en jeu et elle augmente de plus en plus la pression sur le personnel. Il est évident qu’il faudra une mobilisation encore plus forte du personnel pour faire reculer la direction sur son projet qui est une véritable régression sociale.



Guadeloupe
Georges Louisor: nouvelle victime d’une bavure policière?

Le 4 juin dernier, G. Louisor, 1er adjoint au maire de la ville de Petit-Bourg a déposé «une plainte avec constitution de partie civile» auprès de M. Le Doyen des juges d’instruction, près le Tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre, nous citons les termes de la plainte: «... à la suite d’une véritable torture dont j’ai été victime le vendredi 1er juin 2007, aux environs de 11 heures du matin, au Service Régional de Police judiciaire de la Guadeloupe du fait du commissaire Tramoy et de 5 de ses collègues.»
Le frère de G. Louisor, accusé d’une affaire d’extorsion de fonds (prêt d’argent à taux usuraire), a été placé en garde à vue dans les locaux de la Police judiciaire. G. Louisor s’est donc rendu à ce service pour dit-il «demander, si possible, une copie du cahier de crédits du commerce de son frère car, étant à la fin du mois, les clients du commerce de F. Bertogal allaient venir pour régler leurs dettes».
Finalement, G. Louisor s’est trouvé confronté au commissaire Tramoy. Celui-ci lui a donné rendez-vous le même jour à 17 heures pour récupérer une photocopie du document qu’il désirait obtenir.
Il a alors, selon ses dires, quitté les locaux du SRPJ. Puis est revenu pour s’enquérir du sort de la voiture de son frère. C’est à partir de là que tout allait déraper. Nous passons les détails.
«Injures racistes, coup de pieds dans les fesses, coup derrière la tête, croc en jambes, tentative d’étranglement» etc., selon les dires de G. Louisor (citation de sa plainte). Suite à tout cela, G. Louisor a un malaise, et le commissaire Tramoy a fait appeler à sa demande, un médecin et c’est le SAMU qui est intervenu pour le réanimer et ensuite le transporter au CHU. Le docteur Pique qui l’a soigné lui a délivré des ordonnances médicales et un «Certificat de constations de blessures à la suite d’une garde à vue brutale», en date du 1er juin 2007, dont la conclusion est la suivante: «Ces lésions entraînent une ITT de 20 (vingt jours). Il y a lieu de prévoir une incapacité permanente partielle à la consolidation, à déterminer ultérieurement.»
Qu’est-ce à dire dans cette affaire?
Le procureur de la République ne conteste pas que la police ait exercé des violences contre G. Louisor. Mais pour lui, nous citons «M. Louisor s’est violemment rebellé et il a dû être fait usage de la force pour le maintenir à la disposition du policier chargé de l’enquête… des traces de violence ont été constatées…». Selon le procureur de la république, «l’usage de la force apparaît comme nécessaire, légitime et proportionné».
A-t-on jamais vu les forces de police utiliser abusivement des coups vis à vis des citoyens? Les affaires Lefort, Mathiasain, et tous les autres exemples de bavures policières ne seraient-elles que des manœuvres destinées à discréditer ces forces au service des citoyens?



En bref... En bref... En bref...
(extraits du site de Lutte ouvrière)

Sarkozy se moque des smicards
Selon la presse, le Smic ne devrait augmenter que de 2 % au 1er juillet.
La droite répète sans cesse qu'elle tiendra ses promesses. Et justement, Sarkozy avait annoncé qu'il ne donnerait pas de coup de pouce au Smic. 2,5 millions de travailleurs payés au Smic auront donc des miettes.
Les travailleurs qui, dans certaines entreprises, parfois très petites, n'ont pas attendu pour se mettre en grève pour arracher une augmentation des salaires ont choisi la seule voie sérieuse pour obtenir des augmentations de salaire!

Les pères de la TVA sociale
Il a beaucoup été question ces jours-ci de la TVA dite sociale que le gouvernement veut imposer aux consommateurs.
On apprend que, quand il était ministre de l'Économie, Sarkozy avait fait faire une étude qui montre qu'une hausse de 4 % de TVA doublerait l'inflation. Alors qu'il multiplie les cadeaux aux plus riches, Sarkozy étudie les possibilités de les faire payer par les catégories les moins riches, entre autres par le biais de la TVA.
L'idée de cet impôt baptisé TVA sociale avait été avancée par un autre ancien ministre de l'Économie, un des ténors du PS, Strauss-Kahn. Ni lui ni le PS n'ont rappelé cela devant les électeurs...

Travailler plus et gagner moins
500 policiers ont manifesté, le 14 juin, pour exiger le paiement de leurs heures supplémentaires. En dix ans, tous les policiers auraient cumulé de 6 à 7 millions d'heures supplémentaires, soit 160 millions d'euros non versés.
Leur dernier ministre de l'Intérieur, un certain Sarkozy, avait essayé de régler le problème en passant 40 % de ces heures à la trappe et en proposant de payer les autres au Smic horaire. C'est ce qui a mis en rogne les policiers.
Et c'est le même Sarkozy qui propose de gagner plus... en faisant des heures supplémentaires!



En bref...

Grève à ORANGE en Guadeloupe
Le mardi 26 les employés d’Orange sont en grève pour protester contre les nouvelles méthodes et la volonté des patrons de renforcer l’exploitation des salariés. Les revendications portent sur les conditions de travail, de salaires et primes et autres dits «avantages» locaux qui n’existent pas pour les employés de France et que, sous ce prétexte, la direction veut supprimer. Plus d’information au prochain numéro.

Ce n'est pas la crise du logement pour tous
140 personnes se sont présentées pour acquérir un appartement de 200 m2 à 3 millions d'euros dans le quartier du Trocadéro à Paris. Et il existe des listes d'attente pour acheter des logements de luxe.
Selon la presse, les plus riches se bousculent pour acheter à prix d'or des appartements dans Paris, désormais au neuvième rang mondial des villes les plus chères. Ce renchérissement des prix de l'immobilier rend plus difficile aussi bien l'achat que la location d'un logement.
Pas étonnant qu'il y ait 3 millions de mal-logés et sans-logis!