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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 30 juin 2007      N° 970


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Le deuxième tour des législatives: un avertissement qui coûte 35 député à l’UMP

(article publié dans Lutte Ouvrière après le deuxième tour des élections législatives)

L'aspect le plus marquant du deuxième tour des législatives de 2007 est le sursaut d'une partie de l'électorat de gauche qui a fait que le raz-de-marée électoral annoncé en faveur de la droite n'a pas eu lieu. L'UMP dispose d'une majorité confortable à l'Assemblée, mais elle n'est pas écrasante, et l'opposition de gauche a augmenté le nombre de ses députés.
Bien sûr, le décalage le plus important s'est fait entre certaines prévisions (450, voire 500 députés annoncés pour l'UMP) et le résultat final. Ce n'est certes pas la première fois que des extrapolations à partir des sondages aboutissent à des prévisions fantaisistes. Mais il n'y a pas que cela.
La comparaison avec le deuxième tour des législatives de 2002 va dans le même sens. Le nombre de députés UMP recule de 359 en 2002 à 324 en 2007, soit 35 sièges. Le PS, de son côté, passe de 149 députés à 207, ce qui représente 58 sièges de plus. Il est difficile de comparer les pourcentages des électorats qui ont voté, respectivement, pour l'UMP et pour le PS, car cela dépend, évidemment, du nombre de députés élus au premier tour. Mais, alors qu'en 2002 l'ensemble de la gauche n'avait recueilli que 42,13 % des voix au deuxième tour, en 2007 le pourcentage passe à 49,1 % (et 49,7 % seulement pour la droite). L'abstention étant du même ordre (autour de 40 %) entre le premier et le deuxième tour de ces élections, on peut en conclure que deux mouvements se sont croisés pour aboutir au résultat.

Une réaction de l'électorat de gauche

D'un côté, après un premier tour triomphal dans la foulée de la victoire de Sarkozy à la présidentielle, l'électorat de droite n'a pas éprouvé le besoin de se remobiliser. Pour des raisons symétriques, l'électorat de gauche s'est remobilisé, en particulier dans les circonscriptions où un candidat de la droite risquait d'écarter un député de gauche.
Les commentateurs glosent beaucoup sur la volonté de rééquilibrage d'un électorat, pris comme une entité globale, qui aurait voulu ainsi montrer à Sarkozy qu'il ne voulait pas lui donner un pouvoir excessif. Mais l'électorat n'est pas un tout avec une seule volonté. C'est bien l'électorat populaire qui s'est remobilisé dans une certaine mesure. Pourquoi? Parce qu'il aurait été touché par l'axe électoral des dirigeants socialistes, qui était qu'il fallait envoyer à la Chambre une forte opposition qui puisse représenter un contre-pouvoir à celui de Sarkozy? Que l'électorat de gauche ait été touché ou pas par cette argumentation fallacieuse, deux annonces faites par le gouvernement l'ont amené à réagir. D'une part, l'information que le smic ne bénéficiera pas, cette année, du pourtant dérisoire coup de pouce que les gouvernements même de droite donnaient à l'augmentation annuelle mécanique du smic, et, surtout, l'annonce d'une hausse énorme de la TVA.
Bien que le gouvernement ait accolé le terme «sociale» à cette hausse de la TVA et que le Premier ministre l'ait présentée comme une «TVA contre les délocalisations», l'électorat populaire a interprété, à juste raison, cette annonce d'augmenter la TVA de cinq points comme la menace d'une augmentation très sensible des prix, dont les catégories les plus pauvres de la population allaient être les principales victimes.
La réaction a été immédiate, bien que purement électorale. Elle a des conséquences politiques.
À s'en tenir à l'arithmétique parlementaire, l'UMP conserve une majorité suffisante à l'Assemblée pour voter toutes les lois que Sarkozy lui demandera. Cela ne console certainement pas tous les candidats présentés ou soutenus par l'UMP qui, au premier tour, entrevoyaient déjà ce fauteuil parlementaire qui allait leur échapper au second.
Plus d'un maudit l'ex-ministre de l'Économie, Jean-Louis Borloo, fraîchement promu à la place de Juppé, pour s'être engagé dans un débat avec Fabius, le soir du premier tour, confirmant qu'une hausse de la TVA était, en effet, envisagée. L'imprudence aurait coûté, selon Raffarin, pas content du tout, 60 sièges à l'UMP. Lui, il aurait sûrement menti en réponse à la question posée.
Du côté de la gauche, le PS peut bénir ce rebondissement de l'opinion publique qui transforme son échec du premier tour en demi-succès au second. Même le PCF et les Verts tirent leur épingle du jeu, bien que le PCF n'ait que 18 députés, en comptant les apparentés, au lieu de 21 dans la précédente Assemblée. Mais, par rapport aux deux ou trois que prévoyaient les sondages, c'est évidemment une heureuse surprise.

Une certaine inquiétude

Mais il y a autre chose, au-delà de la satisfaction ou de la déception partisane respectives du PS et de l'UMP. Lorsque le quotidien Le Monde, par exemple, se réjouit que les législatives ne se soient pas traduites par une écrasante majorité de droite, ce n'est pas seulement parce que son cœur penche du côté du PS. «Avec une gauche dotée de 227 sièges, le Parlement sera, plus sûrement que la rue, le lieu de discussion des sujets qui fâchent. L'insatisfaction pourra s'y exprimer avec quelques chances d'être entendue, sinon écoutée», écrit le quotidien. Ce souhait que le Parlement soit «le lieu de discussion des sujets qui fâchent», plutôt que la rue, indique une inquiétude qui n'est pas seulement celle de l'éditorialiste du Monde.
Un des inconvénients d'une concentration trop importante du pouvoir est qu'elle constitue un objectif trop tentant pour les classes populaires. Et Le Monde n'a peut-être pas tort lorsqu'il évoque l'hypothèse que Sarkozy lui-même «ne verra sans doute pas que des inconvénients à cette victoire moins large qu'annoncée», et pas seulement en raison des difficultés que, bien souvent dans le passé, des présidents ont eues avec leur propre majorité parlementaire lorsque celle-ci était écrasante.
Le gouvernement se prépare à porter des coups aux classes populaires. Certains ont été répétés tout au long de la campagne. D'autres suivront comme le projet d'augmenter la TVA, maladroitement dévoilé entre les deux tours des élections.
Comment la colère se manifestera-t-elle? Rien ne garantit que la réaction se limitera à celle, indirecte et atténuée, des protestations parlementaires. Après avoir joué le matamore pendant la campagne électorale présidentielle pour gagner des voix à droite, Sarkozy est bien plus prudent depuis qu'il est élu. Sa prise de contact avec les dirigeants syndicaux avant même d'être investi, son choix de prendre quelques ministres de gauche dans le gouvernement, quitte à en écarter des gens de son camp, ou encore son geste vis-à-vis du milieu enseignant de supprimer les mesures du ministre de Robien montrent qu'il redoute des réactions venant de différentes catégories des classes populaires. C'est encore lui qui a reculé sur la TVA sociale, annonçant qu'elle ne serait pas appliquée immédiatement, voire pas du tout, si elle entraînait une hausse des prix. Ce n'était qu'une promesse, et elle venait trop tard.
Ce ne sont pas les responsables syndicaux que Sarkozy craint, et encore moins l'agitation parlementaire des députés de gauche. Mais il vaut mieux les ménager car les uns comme les autres peuvent être indispensables pour canaliser, pour endiguer le mécontentement venant d'en bas. Le sursaut de l'électorat populaire n'est qu'un petit indice, mais Sarkozy a raison de prendre pour un avertissement sans frais ce qu'il pourrait bien annoncer.

Georges KALDY



Nigéria
Des millions de travailleurs en grève générale

Pour protester contre l’augmentation du carburant de 25 %, le doublement de la TVA et la privatisation de deux raffineries le 28 mai dernier par l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, quelques jours avant son départ, 1es syndicats ont lancé un mot d’ordre de grève générale de trois jours à partir du mercredi 23 juin 2007. Une rencontre avec le nouveau président, Umaru Yar’adua, a eu lieu le mardi 22 juin. Le président a refusé de revenir sur l’augmentation de 15 % du prix du carburant, au lieu des 25 % qui avaient été proposés par son prédécesseur mais il accepte l’annulation de la TVA et l’augmentation des salaires. Or ce que les syndicats veulent c’est l’annulation de tout. Alors la grève fut effective le mercredi 23 juin 2007.
Le jeudi 24 la police a dispersé des manifestants, rassemblés autour d’une barricade au Lagos Nord, à coups de grenades lacrymogènes. Des barricades ont été érigées dans d’autres quartiers de la capitale économique du pays.
Et pour le gouvernement, la grève est politique, et - dit-il- il est irresponsable de paralyser un pays entier… pour 5 naira (0,0058). Quelle arrogance!
C’est toute l’année que les travailleurs nigérians sont obligés de lutter contre la hausse des prix, contre la corruption dans le pays où une très grande partie de la population vit au dessous du seuil de pauvreté alors qu’une minorité de privilégiés vit dans l’opulence. Ainsi, plusieurs millions de travailleurs nigérians auraient suivi ce mot d’ordre de grève générale.
Les deux grandes centrales syndicales du Nigeria, le Nigeria labour Congrès (NLC, ouvriers) et le Trade Union Congrès (TUC, cadres) ont donné l’ordre de reconduire la grève au vendredi 25 juin dernier pour la troisième journée.
Quand on sait que le Nigeria est le premier producteur de pétrole du continent africain et le 6ème producteur mondial de pétrole brut, que seulement une minorité de privilégiés corrompus profite de ce que veulent bien leur laisser les compagnies pétrolières étrangères, on comprend aisément la colère des travailleurs devant une telle hausse des prix du carburant dans un pays producteur.
Mais une chose est sûre, les effets de cette grève générale ne tarderont pas à se faire sentir. Et là le gouvernement devra trouver une solution afin de satisfaire les travailleurs.



Haïti
Après la grève des transports collectifs

Les 12 et 13 juin, la grève des transports lancée par les chauffeurs de taxis collectifs a eu un succès retentissant. Les activités de la capitale et la zone métropolitaine ont été bloquées. Les bus que le gouvernement avait promis de mettre en place pour transporter les élèves qui passaient les examens ne sont pas venus aux points de rendez-vous et c’est à pied ou grâce à l’entraide que les élèves ont pu arriver aux centres d’examen.
Les transporteurs demandent au gouvernement de baisser les prix des produits pétroliers à la pompe, lesquels ont enregistré une hausse d’environ 20 % depuis le samedi 2 juin 2007, notamment le gas-oil, carburant des camionnettes de transports en commun. Cela avait occasionné des altercations entre les passagers et les chauffeurs quand ceux ci ont essayé d’augmenter le prix des trajets. Du coup ils rejettent l’idée d’augmenter les tarifs des différents circuits routiers.
Pour l'heure, le gouvernement n'a pas donné suite aux revendications des chauffeurs. Très arrogant, le premier ministre a annoncé que les prix des carburants sont indexés sur le prix international du pétrole et suivent les cours.
Le coup est dur pour les ouvriers de la zone industrielle dont le salaire est de moins de deux euros par jour. De même pour les élèves qui prennent les bus pour aller à l’école, ou les petits marchands qui doivent transporter leurs marchandises vers les marchés.
Le gouvernement avait promis de faire baisser le prix du carburant en achetant le pétrole au Venezuela qui a, depuis mai 2006, accordé un crédit pour l’acquisition des produits pétroliers à des conditions préférentielles. Une fois de plus les promesses du gouvernement ne sont que du vent, le prix du carburant augmente et le gouvernement ne veut pas diminuer sur la marge de taxation qui est trop haute et pénalise les consommateurs.
Déjà les prix des denrées ont augmenté, les grossistes prenant prétexte de l’augmentation du carburant pour vendre plus cher des marchandises stockées dans les dépôts depuis des semaines.
Les prix montent, seuls les salaires des travailleurs ne montent pas! Des ouvriers en ont assez et réclament une augmentation de salaire journalier pour passer de 79 gourdes (1,9€) à 150 gourdes(3,6€) ; soit un salaire minimum à 1500 gourdes (36€) mensuel.