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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 14 juillet 2007 N° 971
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HAÏTI
Grève des employés de la Téléco
A Port au Prince, les employés de la Téléco mènent une grève depuis trois semaines pour lutter contre des licenciements annoncés par le directeur général. Son but est de faire passer les effectifs de 3500 à 1200 sous prétexte de rentabilité! L’objectif final est de privatiser à terme la Téléco mais avant il faut la «dégraisser». Un partenaire privé ne prendrait pas une entreprise avec plus de 3000 salariés selon les estimations du directeur général!
Il rejoint le président Préval qui avait dit tout le mal qu’il pense de ces institutions publiques du pays: personnel pléthorique et démotivé, corruption, prévarication, vols, gabegie administrative, les mots ne manquaient pas à Préval pour décrire l’état de pourrissement des institutions publiques.
Ce n’est certainement pas la population pauvre qui démentira le président, elle qui n’a bénéficié des services de ces dites institutions publiques qu’au compte-goutte. En effet, les quartiers pauvres ne sont pas approvisionnés en eau potable de la CAMEP, en électricité de l’ED’H ; aucun habitant des zones reculées du pays ne peut se targuer d’avoir une ligne téléphonique de la TELECO. Ces institutions ont toujours été des vaches à lait pour les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays. Elles ont toujours été les remparts des régimes au pouvoir pour caser leurs hommes de main, leur clientèle politique. L’argent issu des ces institutions a toujours servi à remplir les poches de quelques magouilleurs ou à financer des groupes armés, des paramilitaires contre la population. Haïti est un pays pauvre mais qui enrichit les dirigeants à un rythme vertigineux.
Mais ce que le président a omis de dire, c’est que la faillite de ces institutions est la faillite de l’Etat dont il est le président et il est bien placé pour le savoir!
La passation de ces institutions aux capitaux privés ne va nullement régler l’accès de la population à des services de base de qualité. Mais la solution ne se trouve pas non plus dans le maintien de ces institutions telles qu’elles sont aujourd’hui, entre les mains des profiteurs, des magouilleurs et des parasites de l’Etat.
Nigéria
Fin de la grève générale. Les travailleurs ont fait reculer le pouvoir
La grève générale entamée le mercredi 24 juin 2007 par les deux principales organisations syndicales du Nigeria, le National Labour Congress (NLC, centrale ouvrière) et le Trade Union Congress, cadres) s’est terminée le 24 juin dernier. Un accord a été trouvé entre le nouveau président Umaru Yar’adua et les représentants des travailleurs.
Les syndicats ont décidé d’arrêter la grève à la suite d’une lettre du président promettant de ne pas augmenter le prix de l’essence à la pompe pendant un an.
Le pouvoir a quand même maintenu le prix du litre à 70 nairas soit la moitié de l’augmentation de 15% décidée par l’ancien président de la république Olusegun Obasanjo le 28 mai dernier juste avant son départ de la présidence.
Le nouveau président a aussi annulé d’autres mesures comme le doublement de la TVA (5 à 10%) et l’augmentation prévue du pétrole lampant et du diesel. Les salaires des fonctionnaires seront augmentés de 15 % avec effet rétroactif au 1er janvier 2007. Et enfin, la création de deux comités d’experts, intégrant des représentants syndicaux a été décidée, l’un, sur le prix des produits pétroliers, l’autre, pour rouvrir le dossier de la vente de 2 raffineries à des hommes d’affaires proches de l’ex-président Olusegun Obasanjo à 51%. Ce qui prouve une fois de plus, si besoin en était, le degré de corruption du pouvoir dans le pays.
En tout cas, même si la grève a fait reculer le nouveau président, les travailleurs doivent, toutefois rester très vigilants s’ils veulent éviter de nouvelles attaques de leur pouvoir d’achat par un système viscéralement corrompu.
l’Assemblée Générale du “Comité Lefort contre le racisme et l’humiliation”
L’assemblée générale du «comité Lefort contre le racisme et l’humiliation» s’est déroulée comme prévu le 30 juin. Environ quarante membres étaient présents. L’AG s’est déroulée sous la présidence de Fritz Mathiasin. Le rapport moral du président Maurice Vieillot, le rapport d’activité de la secrétaire, Madame Madly Lefort, le rapport financier du trésorier M. Eric Naejus furent lus, débattus et approuvés à l’unanimité. Le bureau sortant fut réélu à l’unanimité. Le seul changement fut l’élection de Hector Choisi comme trésorier puisque Eric Naejus avait déjà exprimé le désir de «passer la main», tout en demeurant membre du bureau. Le président Maurice Vieillot se succède à lui-même.
Parmi les nombreuses organisations et personnalités invitées, étaient présentes: la CGTG, l’UGTG, Amnesty International, Combat Ouvrier. Leurs représentants ont tour à tour pris la parole et apporté leur soutien à l’action du comité. M. Bhiki, dont la femme est décédée dans des conditions douteuses à la clinique St Pierre après avoir subi une simple liposuccion s’est exprimé avec émotion. Le comité l’a assuré de son soutien dans l’affaire qui l’oppose aux responsables et médecins de la clinique. Le programme des activités à venir fut rappelé dont l’affaire Gastin qui passera le 18 juillet au tribunal de Pointe à Pitre. Il s’agit d’un jeune ayant subi des violences policières. Le repas dansant du 28 juillet prochain fut aussi rappelé à l’assistance Un apéritif suivi d’un « riz et morue» furent servis avant le départ et dans une ambiance fraternelle et conviviale.
Après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas
Le 15 juin les militants du Hamas (groupe islamique) ont pris le pouvoir par les armes dans la bande de Gaza. Les services de sécurité, fidèles au président Abbas, membre du Fatah n’ont opposé qu’une résistance limitée. C’est une défaite de plus du Fatah face au Hamas. Déjà en décembre 2005 et janvier 2006 le Hamas avait battu le Fatah aux élections municipales et législatives, bien que ce dernier détenait le pouvoir depuis l’instauration de «l’autorité palestinienne». Le «Fatah» est l’organisation fondée par Yasser Arafat et qui pendant très longtemps avait la majorité au sein de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) qui regroupait diverses tendances combattantes palestiniennes. La personnalité historique de Yasser Arafat et sa grande popularité masquaient quelque peu les divergences et freinaient jusque là la volonté du Hamas de parvenir au pouvoir à Gaza. Arafat décédé, le Fatah de plus en plus déconsidéré au sein de la population notamment par la corruption régnant dans ses rangs, le Hamas s’est senti les mains libres.
Cette distance de plus en plus marquée entre la population palestinienne et le Fatah est aussi le prix que paie l’organisation pour son attitude jugée trop conciliante vis à vis d’Israël, des USA et des pays de l’union européenne.
En effet cette population a été chassée de chez elle il y a de cela soixante ans. Elle est emprisonnée dans la bande de Gaza à 4 000 habitants au Km2. Israël contrôle tous les ports et aéroports. Israël et ses protecteurs américains et Européens refusent que les Palestiniens aient un Etat. La vie quotidienne d’un Palestinien est faite d’humiliation de chômage, de misère. La dernière trouvaille de l’Etat israélien pour faire pression sur les Palestiniens fut de ne pas leur verser 600 millions de dollars de taxes douanières et de TVA prélevées sur les marchandises. La survie des palestiniens dépend en effet de l’aide internationale dont Israël cherche à contrôler le cheminement. L’Etat hébreu vient de décider de desserrer les cordons de la bourse ; mais jusqu’à quand? Face à cette politique qui à leurs yeux vise à les détruire, le Fatah prône la discussion, les négociations interminables avec Israël et ses alliés. Une grande partie de la population de Gaza, lassée, lui tourne de plus en plus le dos pour se tourner vers le Hamas. Par contre en Cisjordanie, c’est toujours le Fatah qui semble majoritaire.
Mais ce combat entre groupes armés pour le pouvoir en Palestine ne présage rien de bon pour la population. Aucun des deux groupes ne défend les intérêts de la population. Au dessus d’elle se déroule une lutte de clans pour le pouvoir, pour le contrôle des finances, pour le contrôle de l’aide internationale et autres «trésors de guerre», une lutte de clans armés contrôlés par des chefs militaires et religieux entourés d’une brochette de notables et de bourgeois palestiniens.
Ces deux clans utilisent la longue exploitation du peuple palestinien, ses frustrations, le désarroi de sa jeunesse à des fins politiciennes pour instaurer leur pouvoir et préparer déjà leur accession à la tête d’un futur Etat même hypothétique. Ils retournent contre leur peuple les mêmes armes qu’ils utilisent contre l’oppression israélienne et ce, alternativement pour le contraindre à suivre l’un ou l’autre clan à Gaza ou en Cisjordanie. Demain, ces mêmes armes leur imposeront une dictature d’état au nom de l’unité nationale et de la «patrie palestinienne ». Aux travailleurs, aux jeunes, aux exploités palestiniens de susciter l’émergence d’une troisième force qui soit vraiment la leur.
Banquet dansant du Comité Lefort contre le racisme et l’humiliation
Le Comité Lefort contre le racisme et l’humiliation organise un banquet dansant le samedi 28 juillet à partir de 12H30. La participation est de 20 euros. Il aura lieu à Petit Bourg (Guadeloupe), section Grande Savane à la maison Baudoin-Alfala. Le comité compte sur la présence du plus grand nombre!
Mort d’Al Lirvat
Al Lirvat, le célèbre musicien guadeloupéen, inventeur de la «biguine wabap» est mort vendredi 28 juin à Paris. Il avait 91 ans. Il a côtoyé les plus grands musiciens de jazz dont Dizzy Gillepsie, Duke Ellington, Louis Armstrong. Il a accompagné Edith Piaf et Joséphine Baker. Lirvat a composé un échantillon des plus belles biguines et joué avec de grands musiciens martiniquais comme Barel Coppet et d’autres. C’est un monument qui s’en va mais qui restera, éternel à travers sa musique.
Maître Sarah Aristide sous surveillance policière
Sarah Aristide, membre de l’UJAG (Union des Jeunes Avocats de la Guadeloupe), est connue pour son implication dans le collectif guadeloupéen contre la xénophobie et pour le respect des droits des étrangers. Suite à la loi «immigration et intégration» votée le 17 mai 2006 qui a conforté les attitudes racistes et xénophobes d’une fraction de la population guadeloupéenne surtout envers les Haïtiens, Maître Aristide se bat contre ces injustices.
Et maintenant voilà qu’elle fait l’objet d’écoutes illicites.
En effet, Maître Aristide a constaté, lors d’une affaire de proxénétisme, que son cabinet était sur écoute. Elle a découvert que sur deux fiches signalétiques figuraient le numéro de téléphone de son cabinet et le résumé de la conversation téléphonique qu’elle a eu avec son client.
Le syndicat des avocats de la Guadeloupe scandalisé par la violation du secret professionnel a porté son soutien à l’avocate et tous ont porté plainte contre X en raison des écoutes illicites.
Le climat de suspicion contre des militants, avocats ou autres, dont l’action n’a pas l’heur de plaire au pouvoir se généralise et se banalise. Ces atteintes à la liberté individuelle, à la liberté de parole et d’action sont absolument intolérables.
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