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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 8 septembre 2007 N° 972
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Martinique
Salariés agricoles et syndicats rencontrent les patrons du groupement Banamart
Dans cette réunion, le président de l’union des groupements Eric De Lucy n’avait comme seule proposition que celle de mettre les ouvriers en chômage partiel pour attendre les premières récoltes.
Mais de quoi s’agit-il? Dans un premier temps, l’entreprise paye 140h à chaque salarié au taux de 6 euros l’heure, alors que le taux horaire dans la banane pour le coefficient est de 8,29 euros. Ensuite avec la suspension totale d’activité les Assedic versent une allocation d’aide au retour à l’emploi pour une durée de 6 mois maximum.
Le groupement prévoit le chômage partiel et total en deux temps: d’abord mi-septembre 2007 à février 2008 pour 2800 ouvriers, les autres faisant des travaux d’entretien avec l’apparition des premières récoltes. Ensuite mi-juin 2008 à février, mars 2009 pour les 1 700 ouvriers restants.
La production de 2007 était estimée à 85 000 tonnes pour la Martinique et la Guadeloupe, les prévisions pour 2008 de 125 000 tonnes pour les deux îles, et 187 000 tonnes pour 2009, selon Frédéric De Reynal président de Banamart. Tout semble être très facile et parfait pour les patrons.
Voilà un ouvrier intéressé de connaître le montant qui lui sera versé pendant ce chômage. «700 euros» répond F. De Reynal. Là, l’ensemble des ouvriers réagit bruyamment. Il n’est pas question d’accepter une perte de salaire aussi importante d’autant que certains ont subi des dégâts avec le cyclone Dean, il y a la rentrée et puis l’ensemble des dépenses quotidiennes des mois à venir.
C’est ainsi que les ouvriers demandent aux patrons d’être présents à la réunion qu’ils doivent avoir avec le ministre de l’agriculture. Mais les patrons vont obtenir pour les ouvriers une réunion séparée avec le ministre. Bien entendu, ils ne veulent pas que soient connus toutes leurs tractations et les millions qui leur seront octroyés.
Guadeloupe
Crédit Agricole: Répression intolérable contre un délégué syndical de l’UGTG
La direction du Crédit Agricole a entamé une procédure de licenciement à l’encontre du délégué syndical de l’UGTG, Elie Varieux. Il lui est reproché d’avoir proféré des menaces à des administrateurs lors d’un Conseil d’Administration du Crédit Agricole. Elie Varieux est représentant du Comité d’Entreprise au Conseil d’Administration et participe à ce titre aux réunions. La direction parle à son sujet de «faute professionnelle». Mais en réalité, il n’y en a aucune. En fait, ce sont ses activités en tant que syndicaliste, ses propos ou son ton, qui sont les véritables raisons de cette répression.
Pour le moment, l’UGTG organise des actions de solidarité avec le délégué dans différentes agences de la banque. Les représentants du Conseil d’Administration et la direction de l’entreprise ont dénoncé les méthodes de l’UGTG dans les médias. Ils sont furieux car l’UGTG a mis au grand jour des scandales qui concerneraient certains cadres ayant détourné des fonds. La direction estime que ces affaires étant en instruction ne doivent pas être dévoilées au grand jour. Mais ce que le syndicat voulait dire c’est qu’il y a deux poids et deux mesures. D’un côté certains cadres qui détourneraient des fonds sans être licenciés et d’un autre côté leur délégué qui n’a commis aucune faute professionnelle.
La direction n’a cessé de répéter qu’il n’y a pas de grève au Crédit Agricole et que les propos de l’UGTG nuisent à la renommée de la Banque. L’UGTG n’a pas l’intention de baisser les bras et défend son camarade par différentes actions dans certaines agences.
Le soutien à Elie Varieux de la part des autres syndicats ainsi que de l’ensemble des travailleurs paraît aller de soi. Ce n’est pas toujours le cas pour le moment. Mais il serait inconcevable que ce soutien ne se manifeste pas et ne s’élargisse pas. Plusieurs syndiqués de la CGTG nous ont déjà fait savoir qu’ils soutiendraient cet employé. Quant aux militants de Combat Ouvrier, ils affirment leur totale solidarité avec le délégué syndical réprimé et sont prêts à s’associer à toute action unitaire de l’UGTG qui sera menée en ce sens.
Que faire des appareils ménagers hors d’usage?
Lorsqu’un appareil ménager tombe en panne, quelle est la solution à adopter? Plusieurs municipalités ne les ramassent plus car il n’y a pas d’endroit où les stocker. Les décharges légales ne les acceptent plus. Certains optent pour les décharges sauvages au bord des routes, ce qui est dangereux (prolifération des rats et des moustiques, risque de blessures etc.) et très désagréable pour le voisinage. Le même problème se pose pour les carcasses de voitures qui restent au bord de la route pendant des mois, favorisant les accumulations de déchets de toutes sortes. Il est grand temps que les pouvoirs publics apportent une solution à ce problème en mettant en place un système de recyclage fonctionnel.
Kenneth Foster: Gracié 6 heures avant son exécution au Texas
Six heures avant son exécution par injection létale, Kenneth Foster, un noir âgé de 30 ans, a bénéficié de la grâce du gouverneur républicain du Texas: Rick Perry. Celui-ci a commué la peine de mort en réclusion à perpétuité. Mais Kenneth pourra bénéficier d’une libération du fait que la perpétuité n’existe au Texas que depuis 2005. Il avait été condamné à mort depuis 10 ans pour avoir conduit une voiture aux côtés d’un autre homme qui aurait commis un assassinat. Ce dernier a déjà été exécuté. Kenneth Foster, lui, n’a tué personne. Cependant, c’est grâce à la mobilisation qui s’est faite autour de son affaire qu’il a échappé à la mort. Ce qui est scandaleux et révoltant dans cette affaire ce n’est pas seulement le fait qu’il ait été condamné à mort. C’est aussi qu’il soit resté 10 ans en attente de la mort et gracié seulement 6 heures avant. On imagine la douleur, la torture morale, subies par ces hommes.
Les couloirs de la mort sont remplis de condamnés dont beaucoup clament leur innocence, tel Mumia Abu Jamal incarcéré depuis 25 ans. Il y a aussi de nombreux prisonniers politiques condamnés à perpétuité tel Léonard Peltier un militant de la cause indienne qui se bat pour défendre les terres des tribus Sioux.
Kenneth Foster est l’un des très nombreux condamnés à mort dans l’Etat du Texas. Dans cet Etat qui bat le record des exécutions aux Etats Unis, 403 condamnés ont été exécutés au cours des 20 dernières années. L’actuel président, George Bush, a été gouverneur de cet Etat. Ce gouverneur a gracié Kenneth sous la pression des partisans de l’abolition de la peine de mort, mais aussi sous la pression de nombreux partisans de la peine de mort estimant que dans le cas de Kenneth il y avait une injustice vraiment inacceptable. Il n’empêche que ce gouverneur a à son actif 163 refus de grâce suivis d’exécutions, dix de plus que son prédécesseur.
Incendies en Europe du Sud: qui sont les responsables?
Durant les mois de juin, juillet et août, de gigantesques incendies ont ravagé les forêts de l’Europe du sud, particulièrement en Grèce. Il y a eu plusieurs dizaines de morts, des blessés, des villages entiers ont été détruits par le feu. Ces incendies ont des causes diverses: il peuvent être accidentels, du fait de la sécheresse, mais ils sont aussi souvent de nature criminelle. Plusieurs incendiaires ont d’ailleurs été arrêtés, pris en flagrant délit. Parmi eux, il y a très certainement des malades mentaux, des pyromanes, qui allument des feux par plaisir morbide. Mais il est possible qu’il y ait aussi des personnes payées par de grands promoteurs immobiliers.
Si c’est le cas, c’est que ces promoteurs s’attendent à ce que le gouvernement donne les autorisations nécessaires pour les constructions sur les zones ravagées par les incendies, ou tout au moins qu’il ne soit pas trop regardant. Cela pourrait expliquer que peu de publicité soit faite autour des arrestations et de leurs suites judiciaires. Mais cela ne serait pas étonnant, dans un système où la vie n’a pas de valeur quand des profits sont en jeu.
Diversification des cultures: sur les terres de qui?
Après le passage de Dean, certains élus et aussi des écrivains émettent un certain nombre de propositions. Notamment S.Letchimy le député-maire PPM de Fort de France ou A.Marie-Jeanne, le président du Conseil Régional et aussi les écrivains Chamoiseau et Glissant dans un texte intitulé «Renaître aprézan». Ils mettent l’accent sur le fait qu’il faudrait utiliser les aides et subventions pour mettre en place une économie moins dépendante de l’importation et des subventions du gouvernement français et de l’Europe. Ce sont certes de bonnes idées!
Mais le problème c’est qu’en Martinique la majorité des terres n’appartient pas à ceux qui la travaillent, les petits producteurs, les milliers d’ouvriers agricoles. Elle appartient à des gens qui préfèrent spéculer et ne sont pas soucieux de produire des denrées pour nourrir la population. La grande majorité des terres agricoles est dans les mains d’une poignée de possédants, des gros békés pour la plupart. Et, jusqu’à présent, ce sont eux qui décident de ce qui sera planté massivement sur leurs terres et qui pourra leur rapporter le plus d’argent, y compris sous forme de subventions. Il y a 30 ans, ils plantaient de la canne à sucre. Puis, ils ont planté de la banane qui elle aussi a été subventionnée. Ce sont les mêmes qui décident de ce qu’ils font de la terre, si elle reste en friche, si elle est allotie ou s’ils investissent les profits qu’ils en tirent dans les magasins à grandes surfaces ou autre secteur porteur (d’argent).
Régler ce problème suppose des bouleversements politiques et sociaux importants avec la participation active de la population et sa mobilisation. Cela, nos politiciens et écrivains ne l’envisagent pas. Ils ne sont même pas plus audacieux que le ministre de la pêche et de l’agriculture Barnier, en séjour récent aux Antilles, qui vient de faire les mêmes déclarations sur la nécessité de la diversification et de l’autosuffisance.
Pour un réel changement dans l’agriculture, pour que la population et les petits producteurs puissent vivre des produits de la terre, ces derniers ainsi que les ouvriers agricoles auront à poser nécessairement le problème de la répartition des terres.
Menaces de grève à la cantine scolaire de Pointe-à-Pitre
Un bras de fer est entamé entre la section UTC-UGTG de Pointe-à-Pitre et le maire à propos d’un projet de privatisation de la cantine scolaire. Le maire veut, dès la rentrée scolaire, donner au secteur privé la gestion de la cantine. Le syndicat proteste et estime que ce projet s’est fait sans aucune concertation. Il s’inquiète du devenir du personnel de la Caisse des Ecoles qui risque d’être reclassé dans d’autres services de la mairie sans aucun lien avec la qualification du personnel. Beaucoup de mairies préfèrent confier la gestion de la cantine au secteur privé car la Caisse des Ecoles est souvent déficitaire. Il en est de même pour la voirie. Le maire de Pointe-à-Pitre a déclaré sur les ondes que tout s’est fait correctement et que les dirigeants de l’UGTG à la Caisse des Ecoles ne défendent que leur carrière personnelle.
Mais l’UGTG a affirmé son intention de réagir par des mouvements de grève et entend mobiliser le personnel communal sur ce problème.
Sainte-Rose
Porcherie Lurel: Après la mobilisation des riverains de Conodor
Depuis plusieurs années, les habitants de Conodor (Sainte-Rose), sont incommodés quotidiennement par les odeurs nauséabondes de la porcherie de M. Guy Lurel, installée en face de la section. Plusieurs actions ont déjà été menées pour que le propriétaire de cette porcherie se mette aux normes. Des poules et des cochons sont élevés et abattus sur les lieux. Des carcasses d’animaux pourrissent sur place.
Suite à une première action de colère menée en 2003, une rencontre avait eu lieu en mairie le 23 octobre 2003, avec le maire Richard Yacou et le comité des riverains. Le maire avait pris des engagements pour contacter les organismes sociaux et sanitaires concernés. M. Lurel a pu acquérir de la SAFER un terrain à Débauchée pour transférer sa porcherie. Mais jusqu’ici il n’a pas déménagé et sa porcherie continue d’empoisonner la vie des habitants de Conodor. Certains habitants de la Boucan et du lotissement Pérélus, quelques kilomètres plus loin, sont également incommodés. Les automobilistes qui passent quotidiennement devant la porcherie sentent ces odeurs nauséabondes.
M. Lurel a toujours eu une attitude arrogante dans cette affaire en traitant les habitants de Conodor de «squatters sans titre» et déclare qu’il était déjà installé sur ses terres avant l’occupation, ce qui est faux.
Les habitants de Conodor ont décidé d’exprimer de nouveau leur colère. Ils se sont mobilisés au mois de juillet en bloquant l’accès à Conodor ainsi que la nationale à l’entrée de la porcherie. Après intervention des forces de l’ordre, Lurel s’est engagé à discuter avec les occupants en présence du maire. Une délégation a été reçue en mairie. Le maire s’est de nouveau engagé à interpeller les services sanitaires. Des mesures seront prises pour déclasser le terrain agricole de M. Lurel en terre constructible. Selon ce dernier, seule cette démarche peut le décider à supprimer définitivement la porcherie à Conodor. Lurel s’est engagé, en attendant, à respecter les normes sanitaires. Les occupants ont effectué des contrôles et ont pu constater que des mesures d’hygiène avaient été respectées. Les odeurs ont diminué de 50%. Les riverains demeurent vigilants!
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