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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 22 septembre 2007 N° 973
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Page 2
Guadeloupe
Des ordures dont personne ne veut: Un bilan désastreux pour les élus
Le 15 septembre, le maire de Baillif décide de fermer la décharge de sa commune, sous la pression de la population qui souffre d’odeurs intempestives et nocives venant d’une décharge saturée d’ordures depuis des mois. Sans compter les rats et chiens errants. Le maire de Sainte-Rose ne s’est pas occupé d’installer dans sa commune les 65 hectares réservés au centre de stockage des déchets ultimes (CSDU) de la Guadeloupe. Il faut dire qu’au moins trois associations se sont mobilisées et manifestent dans la rue contre ce projet, au nom de la défense de leur environnement. Après une enquête publique qui a donné un avis négatif et juste avant les élections municipales, il est tenté de ne pas les mécontenter! Le président Barlagne du syndicat intercommunal sur la Basse-Terre, le SYMCTOM, proteste qu’il ne veut pas être le bouc émissaire. Il avait en effet de grosses responsabilités. Un plan de gestion des déchets en Guadeloupe date de 1997. Et rien n’a été fait. Et particulièrement à Baillif il devait suivre les injonctions, même minimales de mise en conformité de la décharge. D. Géniès, le président du SICTOM, équivalent du SYMCTOM sur Pointe-à-Pitre, hurle contre les présidents du Conseil général et du Conseil régional: il les accuse de «volonté hégémonique» ; faut-il traduire qu’il leur reproche de vouloir concentrer tout le pouvoir sur la gestion des déchets dans les mains d’un même parti politique? Toute cette agitation autour d’un projet tente de masquer le fait qu’un problème «d’intérêt général» -pour employer une expression lancée par le préfet de Région- n’est pas réglé.
Cependant les ordures s’amoncellent. Problème de société: il n’y a plus de bouteilles consignées, mais beaucoup de bouteilles en plastique très nocives lorsqu’elles brûlent dans les ordures et qui ne sont pas recyclées alors qu’une usine existe à la Gabarre. Des quantités d’appareils électroménagers de mauvaise qualité sont jetés après 2 ou 3 ans et jusqu’à la semaine dernière, rien n’était prévu pour les récupérer. Des voitures, elles aussi fabriquées pour ne pas durer très longtemps, encombrent l’île. Des décharges sauvages se multiplient, un vrai désastre pour l’environnement et la santé. Pour augmenter leurs profits des sociétés fabriquent des objets de moins en moins solides, «à jeter», ils gaspillent la matière première, ils gaspillent l’énergie des ouvriers qui les font. Pour le profit de quelques uns, nous nous retrouvons avec des masses de déchets. Il faudra bien trouver des solutions.
Le président du SYMCTOM dénonce les élus de la Guadeloupe. Il les compare à ceux de la Martinique qui, selon lui, ont réussi à s’entendre malgré leurs divergences politiques. Le plan prévoyait des déchetteries, centres de tri d’ordures dans une vingtaine de communes. Après 10 ans, il y en a 3 et en réalité, elles ne servent à rien puisqu’en bout de chaîne, tous les déchets sont mélangés. Notons que la construction d’une déchetterie coûte 2 fois plus cher en Martinique, à cause du prix des terrains, et que cela n’a pas empêché la réalisation de toutes celles prévues. On nous parle aujourd’hui de traitement «mécano-biologique». Qu’en sera-t-il?
Les manifestants de Sainte-Rose n’ont peut-être pas raison d’empêcher la constitution d’un CSDU dans leur commune. A priori un tel centre ne devrait pas polluer. Cependant ils ont raison de soulever le problème. A cette heure, rien n’est organisé pour la collecte d’ordures triées ni pour le recyclage de ce qui peut l’être ni pour le compostage qui permet de réduire le volume de certains déchets. Il est donc plus que probable que les déchets ultimes seront des déchets bruts.
C’est toute la population de la Guadeloupe qui est concernée par ce dossier. La santé de tous est en jeu. Si les élus se sont jusqu’ici montrés irresponsables, des actions comme celles des associations de Sainte-Rose peuvent, dans toutes les communes, les appeler à régler ce problème. Il y a un travail de formation de chacun au tri de ses ordures, des installations à faire partout.
Une autre question se pose, celle de l’argent. Il y en a eu de distribué pour ce dossier. Dans leurs bagarres verbales, certains élus laissent savoir que de l’argent a été déjà perdu, dilapidé. On nous parle du prix des camions de terre nécessaires pour recouvrir les déchets et protéger l’environnement des nuisances. Les rivalités entre élus ne cachent–elles pas une course à l’argent, celui qui servira à gérer les déchets? C’est à celui qui aura le gros lot?
Martinique
AGRICULTURE: Chômage partiel: Des mesures exceptionnelles en faveur des patrons
Les patrons de la banane sous l’impulsion de leur groupement Banamart ont décidé de mettre en chômage partiel total plus de la moitié des ouvriers agricoles. Il y avait une date limite pour le dépôt des dossier dans les bureaux du groupement. Plusieurs employeurs ont avancé ce prétexte pour remettre aux délégués des procès verbaux de réunion consultative à signer pour accord dans la précipitation alors qu’aucune réunion d’information ou de consultation ne s’était tenue dans les entreprises.
L’employeur d’une habitation a remis les documents le vendredi 14 afin qu’ils soient signés le jour même. Sur l’habitation Case Paule au Macouba, l’employeur a licencié deux salariés pour motif économique, ce qui lui permettait ainsi de justifier leur absence sur la liste des salariés prévus pour le chômage partiel. Devant de tels agissements: absence de consultation des représentants du personnel, licenciements arbitraires, l’inspection du travail saisie se montre impuissante. Pourtant l’Etat dit avoir pris des mesures exceptionnelles pour le chômage partiel à l’occasion de ce cyclone afin d’éviter les licenciements.
Le chômage partiel total se divise en deux périodes. La première de 28 jours calendaires où le salarié est en principe indemnisé par l’entreprise. Pour assurer le versement du SMIC horaire net aux salariés, l’Etat va prendre en charge le remboursement de 6,62 euros nets par heure indemnisée. Cette mesure s’applique à tous les employeurs de tous les secteurs d’activités qui ont recours au chômage partiel total suite au passage du cyclone Dean. Pour les salariés, au total 926,8 euros nets mensuels pris en charge par l’Etat. Voilà des sommes que les patrons n’auront pas à débourser.
Pour la deuxième période, l’Assedic prend en charge l’indemnisation si le salarié est toujours en chômage. Il est inscrit comme demandeur d’emploi et doit se soumettre à toutes les formalités d’usage. Ces salariés vont percevoir une allocation en fonction des salaires antérieurs: 75% du salaire brut pour 1040,40 euros mensuels bruts soient 780 euros mensuels. Pour les autres salaires d’autres calculs sont applicables.
Autre mesure exceptionnelle, la formation assurée par le FAFSEA pour les ouvriers agricoles (Fonds d’Assurance et de Formation des Salariés des Exploitations Agricoles), d’une durée de 300 à 500 heures donc environ 2 mois et demi à 3 mois, qui vient en complément du chômage partiel. Là encore, la formation est envisagée du point de vue des patrons et des besoins immédiats des entreprises.
Toutes ces mesures exceptionnelles prises par le gouvernement ne garantissent pas pour autant totalement les salaires perdus, ni l’éventuelle perte d’emploi. Les salariés s’en rendent de plus en plus compte dans les réunions qui ont rassemblé plus de 300 ouvriers à Fort de France, à Basse Pointe et au François. Ils ont décidé de continuer à se réunir périodiquement pour faire face de manière collective aux difficultés à venir.
FRANCE-TELECOM: de l’argent, il y en a!
Les résultats financiers du 1er semestre 2007 à France Télécom ont satisfait les milieux financiers et bancaires et pour cause, toutes les liquidités dégagées sur les deux premiers trimestres iront à la rémunération des actionnaires (3,26 milliards d’euros).
Sur une année pleine, ce sont 6,8 milliards d’euros qui sont partis en fumée sur environ 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires dégagés par le groupe. La financiarisation, accompagnée d’un historique d’acquisitions extrêmement coûteux prive l’entreprise annuellement d’1/8ème de ses revenus.
Ces sommes dégagées, puis dilapidées proviennent en partie de la croissance du chiffre d’affaires mais surtout de choix de gestion pénalisants pour les salariés et les consommateurs: moins 7 915 emplois en une année et moins 0,4 point en pourcentage du chiffre d’affaires, des investissements par rapport au chiffre d’affaires en baisse (-1 %), des économies de frais de fonctionnement (-0,7 %). C’est aussi la fermeture de lieux d’accueil et de services techniques de proximité, l’externalisation d’activités, la délocalisation et la sous-traitance. D’autres choix sont possibles.
Martinique
Zone franche globale: La CGPME a les dents longues
Le 6 septembre dernier, la CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises) a rendu public un document intitulé: Positionnement et contribution de la CGPME dans le cadre de la mise en place d’une Zone franche globale pour la Martinique. Dans ce projet, la CGPME fait état de ses propositions dans le cadre du débat sur la zone franche globale.
Elle explique qu’il y a 28000 entreprises en Martinique et que 3/4 d’entre elles (soient 21000) n’ont pas de salariés. L’hypothèse de son président Fernand Odonat, c’est que le 1/3 de ces entreprises (soient 7000), vont créer au moins un emploi chacune, si le gouvernement leur donne satisfaction.
F.Odonat avance ces propos parce que ces petites entreprises relèvent majoritairement des PME et TPE, donc directement de la sphère d’influence de la CGPME.
Autrement dit le gouvernement a tout intérêt à répondre à sa demande, lorsqu’il aura à prendre ses décisions, s’il ne veut pas faire capoter son plan! Et F.Odonat d’énumérer ses solutions qui doivent selon lui réduire le coût du travail et qui du même coup traduisent sa gourmandise excessive pour les exonérations!
Il faut dit-il:
- maintenir les volets Défiscalisation mis en oeuvre dans le cadre de la LOPOM;
- n’appliquer ces mesures qu’aux entreprises dont 100% des salariés résident dans le département;
- écarter du dispositif les entreprises d’insertion;
- exonérer de 100% les cotisations patronales dans la limite de 300% du salaire pour le premier emploi, pour les cadres supérieurs, et pour les entreprises de plus de 10 salariés et ce durant 2 ans.
Et que cette nouvelle aubaine soit garantie pour une durée de 15 ans! l’appétit vient en mangeant n’est-ce pas, messieurs de la CGPME!
Privatisation d’EDF: Un avenir sombre
Lundi 10 septembre, très tôt le matin, la foudre est tombée en 3 lieux différents sur le réseau électrique. Ces incidents très rares ont provoqué le black out total sur la Guadeloupe. En quelques minutes toute la région a été privée d’électricité.
Pas d’électricité, pas d’eau, réseau téléphonique qui fonctionne très mal. L’incident se compliqua, parce que les sociétés productrices d’électricité furent incapables de réparer dans des délais acceptables. EDF, société d’Etat fut la plus prompte. Les autres, celles situées, sur le port de Jarry, à Capesterre-Belle-Eau, au Moule et les différentes éoliennes, mises sur pied pour gagner de l’argent, furent très longues à se remettre en marche. Ces sociétés n’ont pas les réserves en matériel et en main d’œuvre pour faire face aux imprévus. Conséquence, devant un black out qui perdure, le préfet fut dans l’obligation de fermer les écoles. La Guadeloupe plongea dans la pagaille.
La situation de la Guadeloupe ce lundi 10, préfigure des possibles situations que nous auront à endurer si le gouvernement réussit, comme il le prévoit, à privatiser EDF.
Pointe-à-Pitre
Quartier Mortenol: Insalubrité et vétusté sont le lot quotidien des résidents
Mortenol est ce quartier de la ville de Pointe-à-Pitre où il a été construit des cités qui mettaient fin aux habitats insalubres des années cinquante. Cependant, depuis plusieurs années les résidents assistent à la dégradation importante et continue de leur quartier.
Sous l’impulsion des locataires, l’association VAM (Viv’ Ansanm Mowtenol), dont le président est Mr. Rudy Chasselas, a alerté la municipalité sur le problème d’une passerelle qui relie les bâtiments de Mortenol sud. Des jeunes oisifs occupent la passerelle et il en émane des odeurs de fumées de cigarettes et de cannabis. De plus c’est en permanence qu’ils produisent des nuisances sonores avec leurs «boosters» ou scooters, dérangeant ainsi les locataires vivant à proximité qui le plus souvent sont des personnes âgées.
Une réunion s’est tenue jeudi 30 août dernier avec le Maire, Henri Bangou, où il a été décidé de la démolition de la passerelle. Après sa destruction un ascenseur était prévu en remplacement, mais les locataires ont refusé la construction d’un ascenseur à la majorité, au profit d’une rampe. Ils estiment qu’il faut d’abord rénover les bâtiments qui méritent en effet d’être restaurés: les mûrs sont tâchés de crasse, de poussière, d’inscriptions griffonnées. La tuyauterie étant défectueuse des matières fécales et des eaux usées s’en échappent. Sans oublier les déchets qui s’entassent au rez-de-chaussée, fermé il y a quelques années pour cause de trafics de stupéfiants.
Cela montre que ni la SIG (Société Immobilière de la Guadeloupe), ni la municipalité ne se préoccupent de régler réellement cette situation qui dure depuis des décennies. De plus, l’Etat a aussi sa part de responsabilité, car il dégaine facilement des millions d’euro, au profit de grandes sociétés qui font des milliards de bénéfices, alors qu’une partie de ces sommes faramineuses auraient été bien utile pour résoudre un vrai problème de salubrité et de santé publiques.
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