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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 22 septembre 2007      N° 973


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Les attentats du 11 septembre: une “bonne raison” pour mener la guerre en Afghanistan et en Irak

Le 11 septembre 2001, les attentats contre les Etats Unis ont fait plus de 4000 victimes. Ces actes sont particulièrement odieux. Ils sont d’autant plus odieux qu’ils sont aveugles, qu’ils ont été préparés avec beaucoup de minutie et qu’ils ont été perpétrés par 14 kamikazes. La plupart des terroristes étaient de jeunes intellectuels fortunés. S’ils sont arrivés à une telle extrémité, c’est qu’ils ressentaient vis à vis des USA une haine particulièrement intense. D’après Al Quaïda, le groupe dont ils faisaient partie, ces attentats sont une réponse à la politique que l’Amérique mène contre les Arabes. Il faut dire que les hommes politiques américains ont toujours soutenu Israël, et tous les dirigeants arabes corrompus et dictatoriaux qui assassinent et emprisonnent les populations arabes alors que les capitalistes américains pillent ces pays. Une telle situation était inacceptable pour ces terroristes.
Mais au lieu de desserrer l’étreinte sur la population, Bush, le chef de l’Etat américain a reçu le soutien de sa population effrayée pour renforcer cette politique. Le soutien à Israël fut réaffirmé. Le roi de Jordanie, les princes du Golfe, le président du Pakistan ont par la suite reçu armes et conseillers pour réprimer leurs populations. Des troupes américaines intervinrent en Afghanistan, en Iran, avec l’aval populaire dans un premier temps.
Ces attentats du 11 septembre, Bush et la caste des hommes politiques américains les plus réactionnaires les ont utilisés pour renforcer la main mise des capitaux américains sur cette zone stratégique à cause en particulier du pétrole présent dans son sous-sol.



Haïti
Que le dollar monte ou baisse c’est toujours au profit des possédants

En Haïti, cela fait des années que le dollar américain est échangé autour de 40 gourdes et les importateurs, les banquiers, les économistes, les dirigeants du pays ont toujours expliqué que ce taux élevé du dollar est la cause de la cherté de la vie.
Depuis quelques semaines une tendance à la baisse du taux du dollar se confirme. Il est vendu maintenant autour de un dollar pour 35 gourdes. Si cette baisse a été bien perçue par la population qui s’est dit «il y aura une baisse du prix des denrées», elle ne fait pas l’affaire des spéculateurs qui perdent une partie de leurs bénéfices.
Aussi les importateurs continuent à augmenter les prix des produits. Ils expliquent qu’il s’agit d’un fonctionnement normal, qu’ils ont acheté les produits en dollars américains quand le dollar était élevé et ne peuvent donc pas perdre sur leur bénéfice en vendant la marchandise à un prix plus bas qu’ils ne l’ont achetée. Il en est de même dans les usines, où les patrons se plaignent que la baisse du dollar leur fait perdre de l’argent. Dans le textile par exemple, les patrons payent les ouvriers en gourdes et vendent les vêtements en dollars aux USA. Ils expliquent qu’avec un dollar faible par rapport à la gourde, il leur faut plus de dollars pour payer les ouvriers. Ils ont intérêt à ce que le dollar soit fort, même si la conséquence est supportée par la population avec une augmentation du prix des produits de première nécessité.
C’est la logique des bourgeois. Leur but c’est le bénéfice: quand le dollar monte, les prix montent et quand le dollar baisse, les prix montent toujours! La valeur du dollar n’est que l’excuse qui couvre leur soif de profit.



Une mobilisation contre les expulsions de sans-papiers

Nous publions ci-dessous, un article de nos camarades de l’union africaine des travailleurs communistes internationalistes, dans leur journal «le pouvoir aux travailleurs». Il date du mois de juillet mais reste toujours d’actualité

Alors que les actionnaires d’Air-France-KLM se réunissaient en assemblée générale au centre de Paris, les organisations syndicales de cette entreprise ont profité de cette occasion pour faire une manifestation en brandissant des banderoles et scandant des slogans contre les expulsions des sans-papiers dans les vols de cette compagnie. A cette manifestation étaient présents les représentants de syndicats ainsi que des pilotes et des militants du Réseau éducation sans frontières. Déjà dès le 5 juillet, les syndicats d’Air France-KLM et deux syndicats des pilotes ont fait savoir à la direction de la compagnie leur opposition aux expulsions dans ses vols. Ils ont fait savoir leur indignation de voir des scènes d’une extrême violence. Eux et les passagers en ont assez de voir des êtres humiliés moralement et physiquement. En effet, c’est cette compagnie qui a la position dominante sur le trafic en direction de l’Afrique francophone. De ce fait, le ministère de l’intérieur réserve tous les jours des places pour les étrangers destinés à être reconduits ainsi que pour les policiers qui les escortent. Depuis 2004, le rythme des expulsions a augmenté. Et maintenant ce sont des familles entières qui sont renvoyées régulièrement vers Bamako, Dakar, Conakry ou Brazzaville. Avec la fréquence et le nombre de ces expulsions cela ne peut qu’entraîner des situations très dramatiques et révoltantes.
Au cours de cette manifestation, des pilotes qui étaient présents ont dit leur souhait que des passagers qui sont témoins des expulsions à l’intérieur des avions refusent de s’asseoir et boucler leur ceinture. Et dans ce cas là, le pilote, maître à bord doit et peut légalement refuser de décoller pour motif de sécurité. En tout cas il est réconfortant de voir de plus en plus de gens et d’associations protester contre les expulsions.



Décès de John Compton, premier ministre de Sainte Lucie

Dans la nuit du 7 au 8 septembre 2007, le Premier ministre de Sainte Lucie, John George Melvin Compton, réélu en décembre 2006, est décédé à Castries à l’âge de 82 ans.
Quelque temps après son élection, il a été hospitalisé dans une clinique à New York durant trois mois, suite à une série de crises cardiaques. A son retour au pays, il respire difficilement, à cause de l’accumulation de mucus dans ses poumons. Il sera admis au centre hospitalier de la Meynard à Fort-de-France (Martinique). Plusieurs organes vitaux étant touchés, il sera maintenu artificiellement en vie jusqu’à son transfert à l’hôpital de Castries, le 5 septembre pour y vivre ses dernières heures.
John Compton est né le 29 avril à Canouan, Saint-Vincent-et-les Grenadines. Après avoir suivi sa scolarité à Sainte-Lucie, il poursuit des études de droit en Grande-Bretagne où il obtient son diplôme d’avocat.
En 1964, agriculteur et avocat, il devient Premier ministre de Sainte Lucie qui est encore une colonie britannique. Trois ans plus tard, il négocie avec la Grande-Bretagne pour que Sainte- Lucie ait davantage d’autonomie et en 1979 il obtient l’indépendance du pays. Il revient à la tête du gouvernement de 1982 à 1996 et devient le leader du Parti uni des Travailleurs (United Workers Party – UWP).
C’est pourquoi il est considéré comme le père de la Nation, d’où le surnom «daddy (papa) Compton».
Cette marque d’affection pour John Compton ne faisait pas pour autant de lui un vif défenseur des intérêts des travailleurs et des pauvres. Il a soutenu les exercices d’entraînement militaire des Etats-Unis durant la Guerre froide. En octobre 1993, il a sévèrement réprimé la grève des agriculteurs.
Cette année là en effet, on assiste au déclin de la production bananière lié à la chute des prix de la banane sur le marché mondial. Les agriculteurs exigent alors un prix minimum de 30 centimes par livre de banane. Leurs revendications n’étant pas satisfaites, agriculteurs et ouvriers agricoles ont entamé un mouvement de grève qui a mis le pays à feu et à sang. Ils ont empêché que les bananes soient expédiées aux ports, ont érigé des barricades avec des troncs d’arbres, brûlé des pneus et mis des carcasses de voitures sur les routes. La réaction du Gouvernement a été d’envoyer des policiers ce qui a abouti à une bagarre entre policiers et ouvriers. Le mouvement s’est poursuivi, avec celui des chômeurs qui ont rejoint les grévistes. Lorsque la peur s’est emparée du Gouvernement, car les autorités avaient des difficultés à contrôler les manifestations violentes, il a été obligé de négocier avec les agriculteurs. Alors en dépit de son surnom de «daddy», J. Compton n’a pas été dans le camp des travailleurs et des petites gens de Sainte Lucie. Loin de là.



Algérie
Regain des attentats suicides

Depuis quelque temps l’Algérie connaît un regain d’attentats particulièrement sanglants. On a encore à l’esprit le triple attentat suicide du mois d’avril dernier à Alger, la capitale du pays, qui avait fait 11 morts. Mais quelque temps après, au mois de juillet, à l’est d’Alger, un camion suicide tuait 8 soldats. Le jeudi 06 septembre 2007 à Batna à 430 km au sud est de cette même capitale, un attentat suicide faisait 22 morts et 107 blessés. Enfin, le 08 septembre c’est dans la ville de Dellys située à l’est du pays, à 70 km d’Alger, qu’un kamikaze a fait exploser une voiture piégée lancée contre une caserne provoquant la mort de 30 personnes dont des gardes-côtes de la marine algérienne et 47 blessés, y compris des civils.
Ainsi, rien qu’en ce mois de septembre, en l’espace de trois jours, le pays a été le théâtre de deux terribles attentats-suicides.
Il est clair que ces attentats, aussi meurtriers les uns des autres, confirment bien la reprise de l’activité des groupes armés en Algérie. D’après l’AFP, la bande d’Al-Qaeda au Maghreb, qui est l’ex-GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le combat) rebaptisé Al-Qaeda au Maghreb Islamique, a revendiqué les derniers attentats.
Réagissant contre la situation dans son pays, le président Abdelaziz Bouteflika mettait en cause «… les criminels qui tentent de saborder sa politique de réconciliation nationale» et affirmait qu’il n’y renoncerait pas. S’en prenait-il aux groupes terroristes ou tout simplement à des gens au sein même de l’Etat algérien déjà en action en vue de sa succession? Tout est possible.
En tout cas, le 10 septembre dernier des dizaines de milliers d’algériens se sont rassemblés dans les grandes villes du pays pour dénoncer le terrorisme. Des anciens combattants de la guerre d’indépendance (1954-62) les encadraient. Ils brandissaient des portraits du président A. Bouteflika. A Alger, tous les partis officiels au gouvernement étaient présents. Ils voulaient ainsi, sans doute, marquer leur solidarité avec la politique de réconciliation nationale du président Bouteflika. Le Maroc, mais aussi l’Union Européenne et d’autres chefs d’Etat dans le monde ont manifesté leur soutien au président algérien.
D’après le chef du gouvernement Abdelaziz Belkadem, le président A.Bouteflika lors d’une réunion d’urgence tenue le mercredi 12 septembre dernier a pris « une série de mesures pour mettre un terme à ces actes criminels et mettre les criminels hors d’état de nuire».
Cela suffira-t-il à mettre fin aux attentats? Rien n’est moins sûr. Car c’est la misère et toutes les difficultés que connaît la population qui forment le terreau sur lequel les groupes fleurissent, en Algérie comme partout ailleurs.



Brèves... Brèves... Brèves...

IRRADIATIONS: ECONOMIES CRIMINELLES

Plus de 700 malades ont été trop irradiés, lors de soins, à l’hôpital d’Epinal: 24 très gravement et 5 sont morts.
Des accidents sont toujours possibles. Mais, cette fois, on constate toute une chaîne de responsabilités: des logiciels en anglais, comme si on ne pouvait pas les traduire. Des erreurs graves dans ces logiciels, comme si personne ne voulait vérifier. Des chefs de service, soi-disant compétents, ne surveillant rien et envoyant promener les malades qui se plaignent. Et une direction de l’hôpital cherchant à minimiser l’affaire dès le début. Et surtout, un travail vite fait mal fait parce que, dans les hôpitaux comme dans tous les services publics, on fait des économies.

LA COMPETIVITE QUI TUE

Un chef d’équipe de 52 ans est mort d’un infarctus dans l’usine Continental de Clairoix, dans l’Oise. La Sécurité sociale estime qu’il s’agit d’un accident de travail, «dû notamment au stress chronique».
Le directeur de l’usine a déclaré: «Nous sommes une fabrique de pneus avec des obligations de résultats (…). Nous nous devons d’améliorer notre productivité ».
Il trouve normal qu’on puisse mourir au boulot. Mais ce ne sont pas les directeurs qui meurent ainsi travail.