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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 6 octobre 2007 N° 974
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À la Une
ÉditorialLe tir nourri de Sarkozy contre les travailleurs
Pressurer les travailleurs a toujours été la ligne de conduite principale des gouvernements successifs. Aujourd’hui le gouvernement Sarkozy a décidé de faire encore plus fort. Et cela alors même que les travailleurs sont confrontés à la hausse des prix sur les denrées alimentaires: pain, fruits et légumes, produits laitiers etc. mais aussi la hausse du prix du pétrole qui entraîne vers le sommet les prix du carburants et celui des transports , alors que pour se soigner, même avec une mutuelle, il faut payer le forfait hospitalier, les forfaits consultation, les dépassements, les médicaments peu ou pas remboursés, les prothèses dentaires, les lunettes … tout cela avec des salaires à la baisse.
Les intentions de Sarkozy pour un avenir proche sont une véritable déclaration de guerre au monde du travail, il prépare:
• L’alignement des régimes spéciaux des retraites sur le régime général;
• L’augmentation de la durée de la cotisation retraite jusqu'à 42 ans;
• La TVA sociale;
• «L’assouplissement» des 35 heures, c’est-à-dire la levée des obstacles qui limitent la possibilité des employeurs d’imposer les horaires de travail de leur choix;
• Les licenciements à «l’amiable» comme si dans l’entreprise le salarié et le patron étaient sur un pied d’égalité;
• La suppression de la dispense faite aux chômeurs âgés de plus de 57 ans de chercher un emploi;
• Le raccourcissement de la durée d’indemnisation du chômage;
• Les contrôles fiscaux alourdis pour les chômeurs;
• La déconnexion du SMIC de l’augmentation du coup de la vie;
• De nouvelles franchises médicales: 50 cents à la charge du patient pour chaque boite de médicaments, pour les soins infirmiers ou de kiné ; 2 euros pour un transport en ambulance;
• L’aggravation des lois sur le regroupement familial;
• La suppression d’un poste de fonctionnaire sur 2 dans le public ; 45 700 postes rien que dans l’éducation nationale.
A grand renfort de déclarations officielles sur la «faillite» de l’Etat, sur le déficit de la sécurité sociale, le gouvernement tente de faire avaler la couleuvre aux travailleurs toujours plus pressurés pour la plus grande satisfaction du patronat toujours plus financé.
Mais à force de tirer sur la corde, gouvernement et patronat auront un jour ou l’autre la réponse qu’ils méritent. En tout cas il faut s’y préparer.
Déjà, le 13 octobre 07 en Guadeloupe, la CGTG appelle à une mobilisation. Le 18, en France, une première mobilisation nationale est prévue, appelée par les syndicats nationaux. Ces derniers traînent pourtant les pieds et semblent n’appeler que pour le communiqué. Mais le mécontentement des travailleurs et leur mobilisation dans les entreprises pourraient les emmener à faire plus et mieux.
A titre d’exemple, au cours de ces dernières années, l’action collective des travailleurs ou des jeunes par deux fois à fait reculer un gouvernement réactionnaire: en 1995 la grève des cheminots avait contraint Juppé à remballer son projet d’attaquer les retraites, et plus récemment Villepin a été contraint par la rue de retirer son «contrat première embauche».
Si les travailleurs veulent vraiment mettre un frein à la guerre que Sarkozy et le patronat leur déclare, ils ont les moyens par leur force unie, à partir des entreprises et en dépit de la timidité des syndicats nationaux, de préparer des réponses massives et pourquoi pas décisives pour faire reculer gouvernement et patronat.
Guadeloupe
La crise du traitement des déchets
Pendant une dizaine de jours les ordures de 10 communes de la Basse-Terre n’ont pas été ramassées. Le bras de fer du maire de Baillif a causé bien des souffrances à la population: trottoirs couverts d’ordures, odeurs insupportables, bennes surchargées. Internat et cantines ont même été fermés. Mais peut-on jeter la pierre au maire de Baillif? Pas plus qu’aux autres en tout cas car voilà des années qu’elle accepte de recevoir ces tonnes d’ordures à ciel ouvert sans qu’une solution globale n’ait été trouvée. Le problème concerne depuis longtemps l’ensemble des élus de l’île.
Cette action du maire de Baillif a au moins fait éclater la crise au grand jour. Elle a entraîné des débats suivis de décisions entre élus, égratignés au passage par le préfet de Région, J-F Brot.
Le président Barlagne du SYMCTOM, syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères sur la Basse-Terre a donc démissionné. Mme Breslau, maire de Baillif, s’est vue confier la responsabilité du syndicat et a reçu l’obligation de rouvrir la décharge, pour 8 mois. Autre décision: les déchets devront être traités afin d’être réduits au maximum pour devenir véritablement «ultimes», et donc acceptables à Sainte-Rose. Les communes devront construire des déchetteries pour le tri et les particuliers seront invités à trier leurs ordures. Ils peuvent déjà porter leurs bouteilles de plastique à l’usine de recyclage à la Gabarre. Un traitement mécano-biologique sera installé à Baillif. Pointe-à-Pitre devra accepter une partie des ordures de la Basse-Terre et construire un incinérateur. Sainte-Rose devra accepter d’être un CSDU, centre de stockage de déchets ultimes mais ne sera pas le seul CSDU. Le centre de La Gabarre ne sera pas non plus le seul incinérateur.
Avec la décentralisation, et son souci d’économies, l’Etat s’est déchargé du problème des déchets sur les communes. Les politiciens n’ont pas pris leurs responsabilités. On peut se demander aujourd’hui encore, s’ils se soucient des émissions de gaz et de poussières (dioxines) toxiques par les incinérateurs? Ceux de la population, à Baillif et à Sainte-Rose qui sont descendus dans la rue pour exiger des solutions ont eu raison. Mais tout n’est pas réglé. Une véritable solution passe par une prise de conscience et une mobilisation de tous.
Martinique
Affaire Pulvar: une odeur de vengeance
Le mardi 11 septembre 2007, Marc Pulvar, militant nationaliste et responsable de la CSTM, a été entendu par la brigade financière du SRPJ. Des policiers ont fait irruption chez lui sans ménagement, l’ont traîné jusqu’à leur voiture, en pyjama. L’interrogatoire a été conduit de façon crapuleuse et inhumaine comme sait le faire l’Etat colonial, alors que Marc Pulvar est gravement malade et a subi plus d’un an d’hospitalisation. Il a donc été mis en garde à vue «écourtée» d’une quinzaine d’heures. A la suite de cette garde à vue Marc Pulvar a été hospitalisé de nouveau, sous l’ordre de son médecin traitant, au CHU de la Meynard en urgence.
Le motif de cette interpellation faite dans des conditions inacceptables serait qu’il aurait conservé des sommes gagnées au tribunal pour le compte de travailleurs qu’il avait assistés.
Une certaine presse n’a pas manqué de faire ses choux gras de cette affaire sans même interroger le concerné et alors même qu’il s’agissait d’une simple audition. C’est que ce syndicaliste dérangeait à cause de ses prises de position et de ses interventions qui ont permis à de nombreux salariés de mettre au pas certains patrons récalcitrants.
Cette méthode répressive et inadmissible n’est pas étonnante de la part de l’Etat français et de sa police et n’est pas le fait d’un hasard. M. Pulvar est un militant politique et syndical qui n’a jamais mâché ses mots face au patronat et à son Etat. Et cela, la bourgeoisie locale et tous ceux qui ne partagent pas son point de vue politique ne le lui pardonnent pas.
Un comité de soutien à Marc Pulvar a été mis en place afin de le défendre contre ce que ses membres qualifient de «lynchage». Le comité de soutien appelait la population à un rassemblement à la Maison des Syndicats le samedi 29 septembre et à participer à une manifestation dans les rues de Fort de France.
Lors de cette rencontre, étaient présents des militants et sympathisants de différentes organisations politiques et syndicales, et nous Combat Ouvrier étions également présents pour dénoncer ces méthodes répressives contre M.Pulvar.
Martinique
La formation alternative au chômage partiel dans la banane
Après le cyclone Dean le fonds pour la formation dans l’agriculture (FAFSEA) a mobilisé 12 millions d’euros, dont 9 millions pour la Martinique. 556 exploitations ont été répertoriées, avec 6800 hectares cultivés. Sur un effectif de plus de 3600 salariés, le FAFSEA estime que 3000 salariés seront touchés par des arrêts temporaires d’activité. Il a donc des fonds pour financer des formations d’une durée de 300 à 500 heures soit environ 2,5 à 3 mois pour tous ces salariés.
Ces formations ont l’objectif «d’augmenter l’adaptabilité à la profession», aux nouvelles normes de qualité et de satisfaire les besoins des entreprises. 1100 demandes de formations ont été déposées par les entreprises bananières. Il est également prévu des conventions individuelles de formation (CIF) pour salariés en contrat à durée déterminé (CDD) au moment du passage du cyclone.
Les patrons et le FAFSEA sont donc confiants dans la pérennité de la banane. Ils ne posent pas le problème des licenciements, ni des reconversions.
Cependant il y a des licenciements sur plusieurs exploitations. Même les débats sur le chlordécone ne posent pas le problème de la fermeture des exploitations, au contraire tous les professionnels et le gouvernement ont assuré que la banane était un fruit sain. Mais il y a des licenciements sur plusieurs exploitations à cause du cyclone et certains ouvriers se rendent comptent que ce nouveau palliatif de la formation n’est pas une panacée qui va garantir leur emploi à long terme.
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