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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 6 octobre 2007 N° 974
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Caisse des Ecoles: signature d’un accord à la Mairie de Pointe-à-Pitre
Les agents affiliés à l’UTC-UGTG ont observé une grève qui a particulièrement touché la Caisse des Ecoles. Le conflit a commencé dès la rentrée du 2 septembre et c’est le 25 septembre qu’un accord a été signé avec le maire.
Les agents contestaient la décision du maire d’arrêter la production et la distribution des repas par la Caisse des Ecoles et craignaient que ce service soit privatisé. Le maire pensait redéployer le personnel dans d’autres services. Pour l’UTC-UGTG cette décision a été prise sans aucune concertation avec le personnel.
Il faut noter que les agents de la voirie se sont mobilisés durant une semaine en soutien à ceux de la Caisse des Ecoles. De plus la pression exercée par les parents d’élèves de l’école Cidémé-Salvador a permis d’accélérer les négociations. Les parents d’élèves de l’école sont venus en mairie avec leurs enfants à l’heure du repas et ont été reçus par Jacques Bangou adjoint au maire. Une rencontre a eu lieu par la suite entre les grévistes et la municipalité et un accord pour mettre fin au conflit était signé le 25 septembre. En réalité tous les problèmes ne sont pas réglés, mais le relevé de décision stipule que le maire mettra en place une commission ad hoc qui devra étudier cette question. Selon l’accord la production et la livraison des repas seront assurées par la Caisse des Ecoles tant que la commission ad hoc n’aura pas déposé ses conclusions et il faudra consulter le CTP (Comité Technique Paritaire). Le maire s’est engagé à adresser un courrier individuel aux agents concernés pour expliciter l’accord.
Les agents ont repris le travail le 26 septembre et ont fait redémarrer la cantine le 27. Les grévistes ont obtenu un sursis mais le problème n’est pas encore réellement réglé.
Guadeloupe
Suspension de la grève à la Mairie des Abymes
La grève commencée le jeudi 13 septembre s’est terminée le vendredi 21 septembre. Le mouvement a surtout perturbé la Caisse des Ecoles et le service technique car le ramassage des ordures ne se faisait pas. Les grévistes affiliés au syndicat autonome SATVA protestaient contre le non respect d’un protocole d’accord du mois de mars et qui concerne des problèmes récurrents comme la gestion de la carrière des agents, la notation, la demande de passer certains agents à temps complet, le régime indemnitaire, la régularisation de la NBI (Nouvelle bonification indiciaire).
En fait le protocole de fin de conflit n’a pas été signé par le syndicat qui devait rencontrer le maire le 28 septembre. Ce dernier s’est engagé à régler l’ensemble des problèmes dans un délai de trois mois, c'est-à-dire au plus tard à la fin du mois de décembre.
Les grévistes pour ne pas trop pénaliser les parents d’élèves par le non fonctionnement de la cantine, ont décidé de reprendre le travail dès le lundi 24 septembre: il s’agit pour eux d’une suspension de la grève qui pourrait reprendre si le maire ne respecte pas ses engagements.
Fort-de-France
Dans deux quartiers populaires, mobilisation réussie des parents d’élèves
Dès la rentrée des classes, les parents de l’école Aristide Maugée au quartier Trénelle se sont mobilisés. Les parents des enfants scolarisés dans cet établissement ont réussi à imposer aux responsables de prendre en compte leur demande afin que leurs enfants puissent étudier dans des conditions acceptables. C’est ainsi qu’une classe qui devait être fermée a été rouverte.
Le lundi 24 septembre, ce sont les parents de l’école de Baie des Tourelles, autre quartier populaire de Fort de France qui se sont mobilisés avec leur association de parents, l’UPEM, contre la fermeture de deux classes et le sureffectif que cela engendrait dans les autres classes. A plusieurs reprises, ils ont exprimé leur colère devant les arguments et les statistiques mis en avant par la rectrice. Se retrouvant durant plusieurs jours à l’entrée de l’école, ils ont également appelé enfants et enseignants à se mobiliser avec eux.
Après une semaine, ils ont pu obliger l’administration à revoir son projet et obtenu la réouverture d’une classe sur les deux.
Fort-de-France
Ceux de Trénelle ont relevé la tête
Les parents des élèves scolarisés à l’école Aristide Maugée de Trénelle, à Fort de France, sont des habitants d’un des quartiers populaires de Fort de France, à flanc de colline, où sont installés les descendants de ceux qui ont quitté les communes il y a des dizaines d’années pour trouver du travail dans la capitale. Ils ont occupé à l’époque les espaces libres pour y construire leurs demeures.
Ceux qui y vivent sont ceux qui perçoivent des bas salaires, qui sont souvent touchés par le chômage, qui ne disposent pas d’aires de jeu pour leurs enfants. Rien à voir donc avec un des beaux quartiers de Fort de France situé justement en face de Trénelle. Leur mobilisation était donc plus que nécessaire et pourrait redonner espoir à tous les défavorisés des quartiers pauvres.
Guadeloupe
Les salariés de la MAIF disent non au projet “nouvelle donne sociale” de la direction
Le 1er octobre 2007, les salariés de la MAIF Guadeloupe ont observé une journée de grève à l’appel de la CGTG et de la CTU. Il s’agit d’une grève nationale relayée sur le plan local. Les syndicats CGT, FO, CGC de toute la MAIF ont également appelé à faire grève. Le mouvement a été particulièrement bien suivi. En Guadeloupe il n’y avait que 2 non grévistes, 2 chefs.
Le projet de la direction est une véritable attaque des acquis des salariés et consiste à:
- modifier les horaires pour allonger les plages d’ouverture;
- ouvrir les bureaux le samedi matin;
- mettre en place une planification à outrance et supprimer l’horaire variable;
- faire disparaître l’avancement à l’ancienneté
- instaurer le salaire au mérite et l’individualisation forcée. Le but de la direction de la MAIF est d’augmenter encore plus la productivité et sous prétexte de faire face à la concurrence, elle estime que l’ouverture des bureaux le samedi est la seule solution. Cela fait un an que les négociations ont lieu entre les organisations syndicales et la direction à Niort. Le volet organisation du temps de travail n’a encore trouvé aucune solution car la direction reste figée sur ses propositions et fait la sourde oreille aux objections des syndicats. Plusieurs grèves ont déjà eu lieu, mais les discussions n’avancent pas. Les syndicats ont déjà démontré à la direction que son projet n’est pas viable et désorganiserait complètement l’entreprise, d’autant plus que les embauches prévues sont nettement insuffisantes, mais tout cela laisse de marbre la direction qui est furieuse lorsque le personnel se mobilise et interpelle directement les sociétaires.
Pour essayer de diviser le personnel, la direction a choisi 30 délégations qui seraient concernées par l’ouverture du samedi matin afin de ne pas se mettre tout le personnel à dos. Bien entendu les 3 délégations des DOM ont été retenues sans aucune concertation avec le personnel (Guadeloupe, Martinique et Réunion). Cette décision a provoqué une réaction de colère des salariés qui estiment qu’ils en font déjà beaucoup car ils travaillent du lundi au vendredi, sans aucune après-midi de libre. La suppression de l’horaire variable par un système rigide où c’est uniquement l’employeur qui planifie les salariés montre bien que la direction se soucie peu de trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. On retrouve dans ce projet beaucoup de propositions du nouveau président pour qui il faut «travailler plus pour gagner plus».
Beaucoup de salariés se disent qu’il faudrait prévoir un mouvement plus offensif et pas une grève d’une seule journée pour faire reculer la direction et lui faire ravaler son projet. Un tel mouvement doit se préparer mais serait la seule solution car la MAIF agit en la matière comme n’importe quel capitaliste alors qu’elle prétend défendre des valeurs et se dit «assureur militant».
Quand Sarkozy annonce une “fonction publique moins nombreuse, mieux payée...”
Des suppressions de postes de fonctionnaires par milliers, près de 23000, sont prévues. Le statut des employés de l’Etat, des collectivités territoriales, et des établissements publics hospitaliers est menacé. Sarkozy veut aggraver ce que les gouvernements précédents ont commencé en 1987 avec l’introduction de contrats précaires, des restrictions au droit de grève et une sorte de privatisation du statut. Déjà, à la Poste, à France Telecom plusieurs statuts coexistent, ce qui crée des inégalités criantes entre collègues. «Faire du chiffre» est imposé aux salariés. Si vous appelez le 14 à France Telecom, l’agent doit vous proposer toutes sortes de formules pour appeler à l’étranger ou autre service à acheter. Les résultats sont le stress et une multiplication des suicides.
Sarkozy veut plus, il veut remplacer le concours par le contrat «à la tête du client», imposer des heures supplémentaires, pour éviter d’embaucher ou simplement d’augmenter les salaires: Si vous voulez gagner plus, travaillez plus! Enfin, avec le salaire au mérite il espère éviter les luttes d’ensemble pour des augmentations pour tous. Cela ne peut que favoriser une mauvaise ambiance au travail, avec certains délateurs qui non seulement ne font jamais grève mais qui calomnient les collègues, des chefs dictateurs qui persécutent le personnel. Quelle qualité de service public peut-il en sortir ? Le système anglais tant vanté, ce sont des trains en retard, avec des accidents et beaucoup de chômage.
Guadeloupe
HOTEL KALINDA: les rapaces aux aguets
Les Hôtels Kalinda, (ex-Méridien) de Guadeloupe et de Martinique sont actuellement en redressement judiciaire. Le Tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a décidé le 20 septembre de prolonger la période de redressement de 15 jours, afin de permettre d’étudier les différentes propositions de reprise.
De leur côté, depuis plusieurs mois, les salariés avec leur syndicat UGTG-Hôtellerie occupent les locaux de Kalinda, à St François. Ils souhaitent la prolongation pour 45 jours du redressement judiciaire. Selon eux, il est possible de sauver l’outil de travail de manière à maintenir les emplois. Ils ont à cet égard sollicité l’intervention de la Région pour qu’elle les aide à présenter un projet viable.
Il y a en principe 3 repreneurs en compétition. Mais selon certaines sources, des tractations, pour ne pas dire manœuvres, sont en cours pour liquider la structure. Toute une série de «vautours», d’entreprises «bidons» ont commencé à dépecer l’hôtel, car on veut le transformer en résidence hôtelière, donc vendre les bâtiments par appartement, ce qui va entraîner la suppression de la quasi-totalité des 97 emplois pour les deux îles.
Le Conseil Régional de la Guadeloupe vient de verser 374 000 euros d’aide aux employés de Guadeloupe, ce qui devrait leur permettre de percevoir le montant des 3 mois de salaire qui leur sont dus. Ils ont d’ailleurs pour toucher cet argent été obligés de manifester devant les bureaux du responsable de la mise en redressement. Mais cela ne garantit en rien l’avenir.
La semaine dernière, une délégation du personnel de Guadeloupe s’est rendue en Martinique pour discuter avec leurs camarades et donner un avis sur le repreneur qu’ils estiment le plus intéressant.
En fait l’hôtel Kalinda subit le même sort que la plupart des grands hôtels de la place: les grandes sociétés hôtelières, avec les subventions de toutes sortes, construisent ces structures. Pendant 5 ou 10 ans elles les exploitent et empochent le maximum de profit grâce notamment aux dégrèvements d’impôts. Ensuite ces sociétés sollicitent toutes sortes d’aides qui permettent d’arrondir leur magot et enfin elles mettent la clé sous le paillasson, pour être remplacées par d’autres qui recommencent le processus. Combien de fois l’hôtel Fort Royal a-t-il ainsi changé de propriétaire ? Et l’ex-hôtel Caravelle et d’autres ?
Le tourisme: un outil de développement de la Guadeloupe ? la bonne blague! Plutôt un créneau pour permettre aux grands groupes hôteliers de gagner des fortunes.
Martinique
Carbet: Victime de Dean et du ministre
Après le passage de Dean, le pont qui permettait aux habitants du quartier Petit Piton au Carbet d’accéder à leur quartier a été détruit. De passage en Martinique, Estrosi, le secrétaire d’état à l’outre-mer de Sarkozy, se comportant comme le clone intellectuel de ce dernier, s’était empressé de leur promettre qu’un pont Bailey serait installé pour le remplacer. Voulait-il donner un petit coup de pouce à l’opposant au maire en place ? Cela y ressemble, car le projet du maire PPM de construire un ouvrage provisoire s’attirait les foudres des mêmes habitants qui semblaient vouloir accorder plus de crédit à la parole du ministre.
Or les promesses du ministre furent contredites par le sous préfet de Saint Pierre, représentant de l’Etat, qui précisait qu’un tel ouvrage ne pouvait être installé que sur une route dite nationale. Si bien que les habitants du coin durent se résigner à la solution municipale.
A l’image de son mentor Sarkozy qui avait aligné un catalogue de promesses irréalisables (déductibilité des intérêts d’emprunts, etc.) Estrosi utilise les mêmes ficelles de la démagogie pour se débarrasser d’un problème ou s’attirer les bonnes grâces de certains.
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