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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 20 octobre 2007      N° 975


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À la Une

Éditorial

La journée du 18 octobre: début de la contre-offensive ouvrière?

Nous reproduisons presqu’intégralement l’éditorial d’Arlette Laguiller

Jeudi 18 octobre, la SNCF, la RATP, EDF-GDF seront en grève. Plusieurs fédérations de fonctionnaires, postiers, enseignants appellent à les rejoindre dans la grève et les manifestations. Un certain nombre de syndicats du secteur privé ont choisi d’appeler à participer à la journée. En Martinique des syndicats enseignants l’UNSA, le SMPE, la FSU ainsi que les syndicats de l’énergie appellent à faire grève ce jour. L’ensemble des autres organisations syndicales se sont rencontrées et ont estimé ne pas pouvoir lancer de mouvement pour le 18 octobre. Par contre elles sont d’accord pour fixer un calendrier d’actions pour les jours à venir. En Guadeloupe seules la CGTG-Douanes et la CGTG-ANPE appellent à la grève.
Les cheminots, les gaziers, les électriciens, les agents de la RATP ont raison de refuser qu’on touche à leur retraite. Mais ce n’est pas seulement de leur retraite qu’il s’agit. Le gouvernement, comme ses prédécesseurs, cherche à diviser les travailleurs entre eux en les attaquant les uns après les autres et en présentant les victimes d’aujourd’hui comme des privilégiés par rapport aux victimes d’hier. Mais le gouvernement a déjà annoncé qu’il veut imposer 42 annuités de cotisation pour tous. Et l’âge de la retraite lui-même sera repoussé. Jusqu’où? Jusqu’à faire crever au travail une partie des travailleurs en faisant l’économie de leur retraite? Et quant aux autres, ceux qui auront été poussés hors des entreprises par des patrons qui préfèrent la chair à exploiter plus jeune, et qui n’auront pas le nombre d’annuités nécessaire, ils n’auront qu’à crever de misère, avec des pensions réduites.
Alors, oui, rien que la question des retraites exige que le monde du travail réagisse à la provocation du gouvernement.
Mais le 18 octobre doit être aussi l’occasion de protester contre toute la politique dite «de réformes» qui consiste à prendre aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs, aux assurés sociaux, pour pouvoir donner aux plus riches. Il faut que Sarkozy et ses ministres sachent que, même s’ils ont une majorité à la botte à l’Assemblée, ils ne peuvent plus s’attaquer impunément aux conditions d’existence du monde du travail.
Et, au-delà des Sarkozy, Fillon et compagnie, qui s’agitent sur la scène politique, il y a le patronat. Il n’a pas attendu Sarkosy pour aggraver l’exploitation de la classe ouvrière. Quel est le travailleur qui ne ressent pas dans sa chair qu’il faut travailler de plus en plus pour gagner de moins en moins sa vie? Les salaires sont bloqués. Les emplois précaires mal payés se généralisent. Les prélèvements décidés par le gouvernement, comme les franchises médicales, s’ajoutent aux hausses de prix pour réduire le pouvoir d’achat. Il faudra mettre un coup d’arrêt à tout cela, dont l’unique raison est d’augmenter les profits qui sont ensuite drainés vers la spéculation, menaçant l’économie d’une crise grave.
Le 18 octobre doit être un avertissement venant du monde du travail aussi bien en direction du patronat que du gouvernement. S’il est massif, ce sera un encouragement pour tous, y compris pour ceux qui hésitent encore afin qu’ils participent à la suite, car une suite est indispensable.
Personne ne peut avoir la naïveté de penser qu’une seule journée, même réussie fera reculer le gouvernement, même sur la seule question des retraites. Mais cela peut être et cela doit être une étape. Les directions syndicales auraient dû annoncer par avance l’étape suivante. Elles ne l’ont pas fait. Elles envisagent de se revoir le 22 octobre. Un succès massif le 18 octobre sera la meilleure façon de les obliger à ce que de cette réunion sorte un nouvel appel. Il faut que le gouvernement et le patronat sachent que les travailleurs ne subiront pas impuissants, les coups qui leur sont portés.
Nous avons la force de réagir. Nous qui faisons tourner l’économie, nous avons aussi le pouvoir de l’arrêter et de bloquer leurs pompes à profits. Sarkozy a beau jouer les matamores, il devra en rabattre s’il doit affronter un mouvement social qui va en s’élargissant et qui commencera alors à inquiéter le grand patronat.



Accident du travail
Triste bilan depuis le début de l’année

Deux accidents du travail, en moins d’une semaine, ont coûté la vie à des travailleurs. Le jeudi 4 octobre 2007 à Grand-Bourg de Marie-Galante, un maçon est décédé alors qu’il participait à la construction d’une maison. Puis à Saint-Martin, le 8 octobre, une camionnette a percuté un homme âgé de 49 ans, pendant qu’il travaillait sur des câbles de télévisions, au bord de la route.
Depuis le début de l’année, on dénombre 5 accidents du travail sur des chantiers du bâtiment: les deux cités précédemment plus celui de Dothémare (Abymes), et de Marissol (au Gosier), de Dugazon aux Abymes où un homme de 64 ans a perdu la vie. La cause de ces accidents: les insuffisances en matière de sécurité sur et autour des appareils de levage et de manutention.
Ces accidents ne sont pas des cas isolés. Ainsi en 2006, il y a eu à l’échelon national 1,4 millions d’accidents du travail. Ce sont certes des chiffres officiels en baisse constante depuis les années cinquante, mais les accidents professionnels graves progressent. En 2005, plus de 50 000 accidents graves, près de 500 accidents mortels soit plus d’un par jour. Les raisons sont essentiellement les conditions de sécurité, les insuffisances du temps de récupération, la fatigue, les efforts excessifs.
D’autres problèmes graves liés aux dures conditions imposées aux travailleurs pour permettre aux capitalistes de s’enrichir, touchent des dizaines de milliers de salariés: ce sont les maladies professionnelles. C’est le cas des troubles musculo-squelettiques (TMS) qui affectent les nerfs, les muscles, les tendons. Ils peuvent entraîner des handicaps à vie. Les TMS touchent toutes les professions, et principalement les travailleurs des industries de l’agroalimentaire, de la métallurgie, et du bâtiment.
La véritable cause des ces accidents du travail et maladies professionnelles est l’avidité d’un patronat qui exige toujours plus de rendements, toujours plus de profits, au mépris de la sécurité et du bien-être des travailleurs.



Martinique
Non recrutés par l’Education Nationale pour cause de politique restrictive

18 jeunes ont passé en mai dernier le concours de professeurs des écoles, et ont été, compte tenu de leurs résultats, placés sur la liste complémentaire et non sur la liste principale. Les textes disent que les candidats inscrits sur la liste complémentaire peuvent être nommés en cas de désistement d’un candidat admis sur la liste principale, ou en cas de nouvelles vacances de postes. Si l’on comprend bien, ces jeunes sur la liste complémentaire sont parfaitement compétents pour prendre la place de ceux de la liste principale, donc parfaitement compétents pour exercer le métier. Mais ils n’ont pas été recrutés et reprochent au rectorat de leur avoir fait la promesse de l’être. On dit aujourd’hui que le non recrutement est dû à l’arrivée en surnombre de titulaires issus d’autres académies. D’où vient le surnombre? Le déplacement des enseignants est géré par un système de permutations informatisées qui prévoient autant d’entrants que de sortants. Or il y a eu 70 personnes qui sont parties pour 88 qui sont entrées. Les candidats inscrits sur la liste complémentaire se retrouvent par conséquent éliminés.
Tout cela est la conséquence de la politique de restriction instituée par le gouvernement depuis des années.Les postes sont vacants. Mais grâce au système des listes principales et des listes complémentaires le gouvernement limite au maximum la création des postes et donc l’embauche de nouveaux enseignants qui est pourtant nécessaire.
Ces 18 jeunes sont donc victimes de la politique de restriction du gouvernement, d’autant que si une solution n’est pas trouvée, ils risquent de perdre le bénéfice de leur concours les 28 et 29 avril prochain avec l’organisation du prochain concours. Le lundi 8 octobre, ils avaient organisé avec le concours des syndicats, d’association de parents d’élèves, d’organisations politiques une mobilisation devant le rectorat. Ils entendent toujours obtenir de la rectrice le respect de ses engagements.



Martinique
Licenciement à Banamart

Le groupement des planteurs de bananes de la Martinique Banamart a l’intention de licencier 18 salariés qui travaillent dans ses bureaux. Les salariés se sont présentés devant les médias (TV) mais n’ont pas voulu être filmés. Le président du groupement Frédéric De Reynald justifie les licenciements en invoquant le cyclone Dean qui aurait diminué la trésorerie du groupement. Il semble que ses salariés ne bénéficient pas du chômage partiel puisque faisant partie d’une entité différente d’une exploitation bananière. N’ayant pas réussi à soutirer de l’argent de l’Etat pour ces salariés les responsables du groupement préfèrent la solution du licenciement. C’est une décision injuste, d’autant plus que, comme le font remarquer certains planteurs eux-mêmes, il y a eu des embauches de directeurs à hauts salaires et avantages sociaux, sans compter tous ces voyages en Europe. Le groupement a largement les moyens de maintenir ces salariés dans leurs emplois jusqu’à la reprise de la production.