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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 20 octobre 2007      N° 975


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Lurel a-t-il éliminé l’AFPA?

Un proverbe bien connu dit que lorsqu’on veut se débarrasser de son chien on prétend qu’il a la gale. C’est à ce petit jeu peu reluisant que s’est adonné le président de la région Guadeloupe vis à vis de l’AFPA (Association de Formation Professionnelle des Adultes). Peu avant il avait feint de découvrir que ce centre de formation pour adultes avait une dette qui avoisine les 10 millions d’euros. Or depuis 1984, date à laquelle la région a reçu la gestion de l’organisme, les différents présidents de l’assemblée régionale ont placé leurs protégés et nommé des présidents comme Bernier, Aldo Blaise, Bajazet et autres qui se sont octroyés des salaires et des privilèges qui ont plombé les finances du centre. De plus, au moins deux représentants de la région ont toujours siégé au conseil d’administration, actuellement ce sont les dames Théodore-Opheltes et Borel-Lincertin. A quoi ont-ils servi durant ces années? Certainement pas à gérer le centre, car ils auraient empêché la dérive financière.
Le président de région a refusé de valider le programme de stages de l’AFPA au début de l'année scolaire: donc pas de stages, pas d’entrée d’argent, pas de redressement possible. La liquidation de l’organisme a été prononcée comme prévu par les tribunaux, mercredi 10 octobre.
Lurel prétend qu’aucun stagiaire ne sera oublié. Ils trouveront une place dans des centres de formation privés dont un que des gens qu’on dit être de ses amis ont mis sur pieds ces derniers temps et comme par hasard à la veille de la décision de liquidation de l’AFPA, l’école de la deuxième chance. Car le but de la manœuvre c’est d’accaparer directement les millions d’euros que l’Europe et l’Etat consacrent par an, à la formation des adultes en Guadeloupe.
Les victimes de ce tour de passe-passe ce sont les 144 agents et formateurs du centre qui n’ont pas touché leur paye du mois de septembre et qui se retrouvent sur le carreau sans emploi et sans salaire. Eux ils n’ont rien détourné et c’est eux qui font les frais de l’incurie et des visées financières de nos notables.



Pollution
Deux cents litres de pyralène déversés dans la nature à l’Aéroport du Raizet

Mardi 10 octobre dernier une très grave pollution s’est produite dans la zone aéroportuaire (ancien aéroport) du Raizet aux Abymes. 200 litres d’un produit dangereux et très toxique, voire cancérigène, le pyralène, se sont échappés d’un transformateur usagé stocké là négligemment. Il paraît que les deux transformateurs auraient été visités par des individus qui cherchaient à les dépouiller des pièces en cuivre. Pour le Sous Préfet de Pointe-à-Pitre, la CCI en porte la responsabilité et doit prendre les dispositions nécessaires pour que la pollution n’ait pas d’incidence sur l’environnement. Car il faut savoir qu’officiellement environ 2 m3 de terre ont été souillés et le reste de pyralène s’est écoulé dans un égout d’eaux fluviales.
Mais quel que soit ce que l’on peut nous raconter officiellement, le pyralène est classé produit cancérigène et interdit à la vente en France depuis 1987. Fort de cela, on est en droit de se poser la question de savoir pourquoi ces deux transformateurs ont été entreposés avec tant de négligence et si longtemps dans la zone avant d’être expédiés en France pour traitement. La CCI savait pertinemment le danger d’un tel stockage. Alors la négligence est incontestable puisqu’il y a plus d’un an que ces deux transformateurs sont entreposés sur le site pour être évacués. Elle est d’autant plus incontestable, qu’en quelques heures, les responsables de la CCI ont remis en sécurité le transformateur, pris contact avec l’entreprise française de traitement et entamé la dépollution. Une telle négligence et les risques qui en découlent sont vraiment intolérables.



Gros Mone - Martinique
Augmentation de la taxe foncière: Que les administrés se débrouillent pour comprendre!

Plusieurs contribuables ont eu un vrai choc quand ils ont reçu leur avis d’imposition pour payer les taxes foncières au Gros-Morne. Les sommes qu’on leur demandait de payer cette année passaient au double voire au triple pour certains par rapport à l’année dernière. Ainsi de 943 euro en 2006 on passe à 3124 euros en 2007.
Une personne âgée de 84 ans ayant une pension de 800 euros payait 1565 euros en 2006 et 2366 euros en 2007. Lorsque ces contribuables sont allés se renseigner à la mairie, on leur a dit d’aller aux impôts ; aux impôts on leur a dit d’aller à la mairie. Pour obtenir des informations dans un service comme les impôts il faut beaucoup de détermination. Mais la mairie qui se dit en général proche des administrés ne s’est pas montrée plus compréhensive pour les éclairer ou les aider à faire les démarches nécessaires.
Les services municipaux ont préféré avancer une série d’explications pour justifier les augmentations des taxes foncières. Elles pourraient être dûes à l’augmentation de la valeur locative du logement et de l’inflation au Gros-Morne de 1,8%. Ou encore ce serait la faute des contribuables, qui auraient agrandi leur maison, ou auraient effectué des travaux ou modifications sans l’avoir signalé. Bien entendu, il est expliqué que les agents recenseurs relèvent ces fautes et font les corrections nécessaires dans un «souci de justice sociale». Voilà des maires et leurs services plus zélés à soutenir l’application stricte de règlements qui apparaissent au premier abord injustifiés à leurs administrés et qui les encouragent s’ils se sentent lésés à se rapprocher des services des impôts. Dans ces situations l’élu de proximité fuit ses responsabilités, mais aux prochaines élections il saura réclamer les voix de chacun pour sauvegarder sa place.



Martinique
Les étudiants du CHU de Fort de France se mobilisent contre le paiement du parking

La semaine dernière les jeunes qui poursuivent leurs études au sein du Centre hospitalo-universitaire de Fort de France étaient en colère à cause du projet de parking payant, et ils l’ont fait savoir. Dans le cadre de la réorganisation du stationnement des véhicules au CHU La Meynard, la direction a prévu un parking pour les personnels et un autre pour les consultants et les visiteurs dont la gestion reviendrait au groupe privé Vinci. Lors d’un conseil d’administration datant d’octobre 2004, il avait été prévu que le parking devrait être payé par les consultants et les visiteurs.
Suite au tollé soulevé par l’application du paiement pour les personnes venant en consultation au CHU, le président du conseil d’administration et représentant du maire de Fort de France a dû faire marche arrière et il a déclaré que les personnes venant en consultation ne paieraient pas de frais de parking.
Aujourd’hui, c’est aux jeunes étudiants qu’il est demandé de débourser près de 200€ par mois de frais de parking en plus de leurs autres charges scolaires. Mais, ceux de l’IFSI, de l’école de Kiné et aussi de l’UAG avec les étudiants de la faculté de médecine, ne l’entendent pas de cette oreille. Organisés en collectif de défense, ils ont dénoncé sur les radios et dans des tracts adressés à la population mais aussi à l’ensemble des étudiants, ce qui pour eux est un véritable racket, tout à fait inadmissible. Ils ont organisé une mobilisation sur le parking du CHU.
Suite à leur mobilisation, les jeunes étudiants ont eu une première rencontre avec le directeur du CHU. Pour l’instant celui-ci, surpris devant leur détermination et quelque peu embarrassé, leur a promis de …trouver une solution avant la mise en route du parking payant. Mais les jeunes veulent une réponse plus claire garantissant qu’ils ne paieront pas de frais de parking et ils restent mobilisés.



Martinique
Le Modemas et la zone franche globale

Le Mouvement des Démocrates et Ecologistes pour une Martinique Souveraine et son président Garcin Malsa s’élèvent contre la mise en place d’une zone franche globale en Martinique. Pour eux ce projet est contraire à celui du développement durable et solidaire qu’ils défendent. Ils relèvent les nombreux dangers de ce projet: les petites entreprises vont disparaître à cause de la concurrence des grosses entreprises étrangères, la réduction de l’autonomie de fonctionnement des communes par manque de ressources, la pression des entreprises étrangères sur les décideurs économiques pour s’installer sur des sites naturels.
A vrai dire, tous ces «dangers» sont déjà présents et les «pressions» viennent autant d’entreprises locales que d’entreprises étrangères. C’est le fonctionnement normal du capitalisme que le Modemas semble ignorer, en voulant rattacher tous ces maux à la zone franche globale. Et pour faire échec à cette «initiative unilatérale et autoritaire du gouvernement français», le Modemas appelle les forces syndicales, politiques, associatives et religieuses à faire front. L’organisation écologiste et souverainiste demande aussi aux Martiniquais de relancer le débat institutionnel, moyen selon eux, d’impulser un projet de développement durable et solidaire.
Par contre dans sa critique des zones franches globales, le Modémas ne trouve rien à redire concernant la probable dégradation des conditions pour les travailleurs…
Le Modemas semble bien en panne de propositions, et de politique. Car le gouvernement avec sa loi programme pour l’Outre-Mer a montré qu’il entendait mener le jeu et que les propositions locales pourraient bien venir s’intégrer dans son plan.



Violences policières

L’affaire Mathiasin

Le 10 octobre, Fritz Mathiasin et son neveu Mathias Mathiasin comparaissaient devant le tribunal de Pointe à Pitre, suite à une plainte des gendarmes du Lamentin pour injures. Bien que les Mathiasin aient déposé leur plainte près d’une année avant celle des gendarmes, c’est pourtant la plainte de la maréchaussée qui était prise en compte par les juges, et cela est tout simplement scandaleux.
Rappelons que ces deux cyclistes à l’entraînement il y a deux ans, avaient fait une simple remarque aux gendarmes qui selon eux n’arrêtaient pas correctement les véhicules et gênaient considérablement la circulation. Les gendarmes, vexés, leur lancèrent des propos auxquels les Mathiasin répondirent. Peu après ils furent rattrapés par un car de gendarmes. Ces derniers les bousculèrent avec propos injurieux à l’appui. Le vélo de Fritz fut cassé.
Le comité Lefort contre le racisme et l’humiliation rejoint par les Mathiasin les soutient depuis le début. Une cinquantaine de personnes ont répondu à son appel devant le tribunal de Pointe à pitre à 7H30 et un meeting se tint avant et après l’audience. Le délibéré sera rendu le 28 novembre. La lutte contre les violences policières continue au travers de cette affaire et d’autres qui sont en cours.



Affaire Lefort
La décision de la Cour d’appel de Fort de France

M. Lefort, homme âgé, malade cardiaque, avait été violemment interpellé par les gendarmes il y a plus de deux ans pour un simple différend de voisinage. Il avait été gardé à vue à demi nu dans un réduit nauséabond. Il fut hospitalisé ensuite durant plusieurs jours.
Il porta plainte contre les gendarmes. Cette plainte ne fut reçue ni en première instance ni en appel. Mais la cour de cassation cassa les jugements de Basse Terre et renvoya l’affaire devant la cour d’appel de Fort de France en septembre dernier. Le comité de soutien s’étant rendu à Fort de France avait alors organisé la protestation dans les rues et devant la cour d’appel de Tartenson après une conférence de presse. Le délibéré rendu le 9 octobre dernier a conclu à une demande de complément d’enquête. L’affaire continue donc. La mobilisation a permis de gagner une première manche. Elle devra se poursuive jusqu’à ce que la plainte de M. Lefort soit prise en compte et que les gendarmes soient condamnés pour leur agression.



Guadeloupe
Mathiasin élu au 2ème canton Deshaies/sainte-Rose

Max Mathiasin a été élu avec plus de 62% des suffrages exprimés dans le deuxième canton Deshaies/Sainte Rose, lors de l’élection partielle du 14 octobre. Il obtient 1713 voix, devançant son adversaire Théogat Balzinc qui en obtient 1062.
Cette élection était un premier test dans le milieu des politiciens de gauche où Mathiasin cadre socialiste, défendait les couleurs de la fédération socialiste de Guadeloupe avec le soutien de Lurel, alors que Bazinc, troisième adjoint à la mairie de Deshaies était le poulain désigné par Jeany Marc, élue député et frappée par le cumul des mandats, pour la remplacer au conseil général.
La bataille pour l’influence sur l’électorat se poursuivra pendant les 5 mois à venir jusqu’au prochain renouvellement du conseil général prévu en mars 2008. Cela donnera l’occasion à la population de commenter les promesses faites et les actions réalisées non seulement dans les cantons, mais aussi dans les mairies puisque les municipales sont fixées aux mêmes dates.