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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 20 octobre 2007 N° 975
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Mobilisation de la CGTG le 13 octobre
Samedi 13 octobre, la CGTG a appelé ses adhérents à se mobiliser en protestation contre les attaques du gouvernement Sarkozy: nouvelles attaques contre les 35 heures, nouvelles franchises sur l’assurance maladie qui s’ajoutent à celles qui se sont accumulées jusqu’ici, attaques contre les retraites … les raisons ne manquent pas!
Le défilé qui comptait quelque 250 travailleurs, a parcouru les rues de Pointe à Pitre, en partant du siège de la CGTG à Bergevin. Il était dynamique et les slogans tels que «RMI awa RMA awa, cé travail sérié nou vlé», «A bas la misère, augmentez les salaires» ont été repris par l’ensemble des manifestants. Sur leur route, ils ont été encouragés, voire applaudis par des passants.
Une telle mobilisation ne doit être qu’un début, et un exemple donné par les travailleurs les plus conscients. Il faudra qu’elle soit suivie par d’autres mouvements, manifestations ou grèves de tous ceux, travailleurs, retraités, chômeurs qui sont victimes des attaques du gouvernement et des patrons qu’il représente. C’est la seule condition pour les faire reculer.
Guadeloupe
Banane. Après le passage de l’ouragan Dean...
En ce qui concerne les planteurs, on peut dire que tout s’annonce pour le mieux: ils ont été reçus par le secrétaire d’Etat des DOM, puis par le premier ministre en personne. Ces deux représentants de l’Etat se sont «promenés» sur des plantations en compagnie des représentants des planteurs et ont entendu leurs doléances. Et c’est sur qu’ils vont recevoir des aides. Par contre pour les travailleurs de ce secteur, rien n’est encore définitivement fixé. Il y a eu une rencontre avec les seuls représentants de la préfecture.
Il est en principe prévu la mise en place d’un plan de chômage partiel. Ce plan prévoit de garantir un salaire minimum, le SMIC journalier. Si par exemple le patron ne donne que deux jours de travail par semaine, il paiera cinq jours au salarié et l’Etat lui en remboursera trois.
Il est également question de plan de formation qui est déjà en application. De nombreux travailleurs le suivent en ce moment.
Mais les travailleurs savent depuis longtemps comment ça se passe. Il y a toujours beaucoup de promesses de la part des hommes politiques, élus locaux ou ministres. Car pour obtenir que les promesses se concrétisent, ils sont très souvent obligés de menacer ou de se mettre en colère.
Martinique
Bâtiment. Des travailleurs qui ne se sont pas laissé marcher sur les pieds
Le lundi 8 octobre les salariés de l’entreprise d’électricité NORELEC qui se trouve à St Joseph se sont mis en grève avec leur organisation syndicale la CGT-FSM pour s’opposer à la politique de leur direction.
Cette entreprise compte 89 salariés. Elle travaille en sous traitance pour EDF sur les réseaux moyenne et haute tensions. C’est une filiale de la multinationale Eiffage qui a réalisé en 2006 plus de 180 millions d’euros de profits.
Dans cette entreprise, la direction prend ses décisions sans même consulter les membres du comité d’entreprise. C’est ainsi que les salariés reprochent à leur direction l’absence:
- de formations dites qualifiantes;
- d’organisation (gestion et marche générale de l’entreprise). Ce qui a surtout mis les ouvriers en colère, c’est que la direction a décidé de ne pas leur payer des heures de nuit effectuées pour EDF après le passage de Dean, contrairement à ce que prévoit pourtant leur convention collective. Au lieu de leur payer ces heures à 100 %, la direction voulait les payer à 50 %.
Malgré les pressions exercées par le directeur sur les salariés, ces derniers n’ont rien voulu savoir et ils ont exigé d’être respectés.
Le mouvement a duré jusqu’à la fin de la semaine. La direction a été obligée de faire machine arrière. Les ouvriers ont obtenu gain de cause sur leurs revendications et ont contraint la direction à ravaler sa politique à la Sarkozy.
Martinique
Fin de la grève au CHGLD de Trinité
Pendant 2 semaines les personnels du centre hospitalier Louis Doumergue de Trinité ont fait grève à l’appel d’une intersyndicale UGTM – CDMT. La grève était bien suivie. Quant à ceux qui n’étaient pas en grève, ils s’arrêtaient et rebroussaient chemin devant le piquet de grève qui stationnait à l’entrée de l’hôpital parce que la plupart des salariés se trouvent dégoûtés des mauvaises conditions dans lesquelles ils travaillent.
Ce qui semble avoir mis le feu aux poudres, c’est la question de la reconstruction de l’hôpital de Trinité et de l’humanisation de la Tour de l’actuel hôpital. Les syndicats UGTM (syndicat majoritaire dans l’établissement) et CDMT ainsi que bon nombre d’agents, avaient la ferme conviction que la direction voulait remettre en cause la reconstruction de l’hôpital sur un autre terrain municipal et qu’en proposant la construction de nouveaux bâtiments sur le site du CHLD actuel au lieu de l’humanisation de la Tour de l’actuel hôpital, elle cherchait à présenter un plan B qui remettait en cause la reconstruction d’un nouvel hôpital.
Les militants CGTM–Santé pour leur part s’étaient déjà prononcés publiquement pour la reconstruction de l’hôpital sur un autre terrain municipal, mais ils n’étaient pas favorables à ce qu’il y ait des travaux de réhabilitation de la Tour, jugée beaucoup trop vétuste et peu sûre, d’autant que de tels travaux occasionneraient des nuisances pour les malades et aussi pour le personnel.
Avec les syndicats UGTM et CDMT les grévistes se sont montrés déterminés. Ils ont fait des manifestations de rue et se sont mobilisés lors des deux conseils d’administration extraordinaires tenus en présence du député maire de Trinité, du sous- préfet et du représentant de l’Agence Régionale pour l’hospitalisation pour obtenir confirmation de la reconstruction de l’hôpital sur un terrain municipal à l’horizon 2024-2025, avec comme mesure intermédiaire, la réhabilitation de la tour de l’actuel hôpital à l’horizon 2013. En contrepartie le nouveau projet du directeur ne fut même pas présenté. Après ce long bras de fer, un accord a été signé entre les parties le vendredi 12 octobre.
Martinique
Grève des salariés de Madia-Auto Center contre un licenciement abusif
Depuis le lundi 7 octobre, la dizaine de salariés de l’entreprise de mécanique et de réparation automobile Madia Auto Center observe un mouvement de grève. Il a été déclenché parce que le chef d’entreprise, J.M Gouyer, a décidé de licencier un salarié.
La manœuvre cousue de fil blanc, a consisté d’abord à mettre en place une série de procédures à l’encontre du salarié. C’est donc une succession de lettres d’avertissement qui ont ponctué tous ces temps derniers la vie au travail du salarié. Des avertissements «bidons», pour créer les conditions d’un licenciement au préjudice de l’ouvrier magasinier. Le dernier motif d’avertissement en date, a consisté à reprocher au salarié de n’avoir pas «obtempéré» à un ordre! Il s’est agit en fait d’un refus du salarié de passer «la serpillière» après les inondations causées par «Dean» dans l’atelier, celui-ci rétorquant à l’employeur «qu’il n’avait pas été embauché pour cela»!
Pas content qu’on lui ait tenu tête le patron inflige donc une double sanction au salarié: d’abord un avertissement et ensuite lui inflige une retenue sur salaire. Bien entendu la décision de l’employeur est abusive, mais cela ne l’a pas gêné de vouloir aller plus loin et donc d’enchaîner avec une procédure de licenciement pour faute grave. Mais les ouvriers une fois informés de la procédure ont fait collectivement savoir à l’employeur qu’ils étaient solidaires de leur camarade, et que de ce fait, ils n’acceptaient pas ce licenciement qu’ils considéraient comme abusif.
Ce coup de semonce a eu pour effet de précipiter les interventions de la direction du travail, l’avocat de l’employeur, et le cabinet qui gère les affaires de l’employeur. Un protocole d’accord a été soumis aux grévistes et une période de négociations va s’ouvrir entre les parties.
En tout cas voilà un bel exemple à suivre. A Fort de France un patron est rappelé à l’ordre par des ouvriers qu’il pensait endormis et sans réflexes. Car parait-il, il faut remonter à une vingtaine d’années pour retrouver trace d’un conflit dans cette entreprise. Le patron pourra interpréter le fameux proverbe qui dit que: «cé lè l’acomat tombé, ke ou kaille kryié, boi pourri»!
Guadeloupe
Echo de l’Aéroport
BRINK’S ESSAIE D’ÉCARTER UN DÉLÉGUÉ SYNDICAL
BRINK’S, qui a pris la relève de la société TOP ONE pour le contrôle des bagages de soute, a tenté de se débarrasser du délégué syndical de l’UGTG. La société a prétendu qu’il n’avait pas signé son contrat à temps. Or, en tant que salarié protégé, il est obligé de demander l’autorisation de l’Inspection du Travail avant de signer son contrat.
Celle-ci a tardé à répondre (volontairement?) et BRINK’S a sans doute trouvé l’occasion trop belle.
Heureusement, le délégué soutenu par une bonne partie du personnel ne s’est pas laissé faire.
Finalement la direction a reculé, proposant un contrat excluant certains points litigieux.
BRINK’S: À QUAND UNE CONSIDÉRATION POUR LES MANUTENTIONNAIRES?
Du polo gris en passant par les «hommes en vert», au contrôle des bagages nous voici actuellement «men in black», pour répondre à l’image de la société BRINK’S qui refuse de revenir sur sa décision en ce qui concerne la couleur de l’uniforme. Cela, en dépit de multiples va-et-vient dans la chaleur de locaux pleins de poussière.
Cet uniforme, fait d’un tissu chaud et noir qui absorbe la chaleur, s’il est supportable pour ceux qui sont dans des bureaux climatisés, ne convient pas au travail des manutentionnaires. Attend-on que l’un d’entre nous tombe de chaleur pour justifier un éventuel changement?
BRINK’S: DU DÉJÀ VU!
Depuis son arrivée sur l’aéroport Pôle Caraïbes, BRINK’S n’a de cesse de vanter ses mérites et cherche à nous faire «un bourrage de crâne» sans succès. A aucun moment elle n’a mis en avant les qualités de ses salariés qui contribuent activement à sa réussite. Par contre, sanctions pour les récalcitrants et «toujours plus de travail».
OUVERTURE DE NOUVELLES LIGNES: AIR FRANCE SUBIT UN ÉCHEC (PROVISOIRE?)
Le CSAM (Conseil Supérieur de l’Aviation Marchande) qui examine les demandes d’ouverture de nouvelles lignes aériennes vient de porter un coup d’arrêt aux projets d’Air France, à moins que le Ministre n’en décide autrement.
La compagnie envisageait entre autres des vols sur St Martin et St Domingue, lignes déjà exploitées par Air Caraïbes et Air Antilles Express, et dont le marché est limité.
La direction d’Air France a déjà fait savoir qu’elle maintenait son projet d’un deuxième Airbus dans la région et que «la concurrence n’en serait que plus sauvage». Espérons que cette «sauvagerie» ne fera pas encore des victimes parmi le personnel des deux compagnies.
SERVAIR (ROISSY): LEVÉE DU CONTRÔLE JUDICIAIRE CONTRE UN MILITANT SYNDICAL
Un délégué syndical de la CGT de Servair, filiale d’Air France dont dépend la SORI, a été mis en garde à vue, enfermé en cellule pendant dix heures, son domicile perquisitionné, son matériel informatique saisi ; il a été ensuite mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.
Tout cela, parce que la direction de Servair a porté plainte prétendant qu’une pétition en sa faveur signée par 330 de ses collègues était un faux!
Ce camarade dénonce les agissements de la direction, et pour le neutraliser, il s’est trouvé une juge pour lui imposer ce traitement. La Cour d’Appel a finalement désavoué cette magistrate.
Par contre, pas d’enquête sur la comptabilité douteuse de la direction. Qui a dit que la justice est la même pour tous?
Echo de l’ANPE
FUSION EGALE SUPPRES-SION DE POSTES
Les bruits les plus fous circulent à l’ANPE Guadeloupe sur la fusion avec l’UNEDIC. Pour nos dirigeants locaux, qui relaient la direction générale, la fusion n’aura pas pour conséquence la suppression de postes.
Il y a même des directeurs régionaux ou des directeurs nouvellement DDA qui prétendent, sans rire, que les seuls postes qui seront supprimés seront les leurs!
OH, LES LARMES DE CROCODILE…
Les chefs et super-chefs de la nouvelle direction régionale ne savent plus où donner de la tête: la fusion ANPE UNEDIC aura, à les entendre, pour résultat de créer des doublons au sommet des institutions ANPE ASSEDIC locale.
A la bonne heure! Nous avons déjà suffisamment de chefs sur le dos pour en réclamer d’autres!
TOUS CONCERNES
Malheureusement, les seuls concernés par les suppressions ne seront pas uniquement les plus hauts placés. N’oublions pas la politique de restriction des dépenses de l’état et de réduction des postes de la fonction publique mise en œuvre par les précédents gouvernements et par celui de Sarkozy encore plus ouvertement!
Un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite et qui ne sera pas remplacé, ça concerne aussi l’ANPE!
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