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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 3 novembre 2007      N° 976


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Page 3

Martinique
La grève des employés de la Poste

Ce n’est pas la première fois que les employés de la Poste se mobilisent pour combattre la politique de précarisation au sein de leur établissement. Du jeudi 5 au lundi 8 octobre dernier, soutenus par l’intersyndicale composée de la CGTM, la CGTM/FSM, FO et la CFTC, ils s’étaient rassemblés devant la Messagerie de Fort de France pour protester contre le manque d’effectifs, la dégradation des conditions des agents et la précarisation.
Profitant de la présence de Mr Jean Paul Bailly, président national de la Poste, en Martinique, les employés se sont mobilisés une nouvelle fois avec le syndicat CGTM, le jeudi 25 et vendredi 26 octobre. Ainsi, la Messagerie de Fort de France était fermée au public. Les employés de la Poste tenaient à manifester leur ras le bol contre l’attitude de leur direction qui fait la sourde oreille quand il s’agit de répondre aux revendications des salariés.
En Martinique, la Poste compte près de 470 contractuels qui n’ont pas les mêmes conditions que les fonctionnaires, ce que les postiers qualifient de discriminatoire. L’une de leurs revendications a porté sur l’augmentation des salaires des contractuels. En effet, ces contractuels ne perçoivent pas les 40 % de vie chère. Comme le dénonce eux-mêmes les grévistes «un jeune contractuel sans enfant touche un salaire mensuel brut de 1290 euros, soit tout juste 1000 euros net. Concernant l’égalité des salaires, en 2004, la direction a inventé une «prime ultramarine»- traduisons «ultramesquine»- pour les contractuels, une sorte de carotte suspendue en l’air qui n’a rien à voir avec les 40 %. Mais en plus, elle peut être supprimée à n’importe quel moment. Et là dessus, les employés ne sont pas dupes.
Et comme pour narguer les grévistes, le président national de la Poste venu de France pour inaugurer une nouvelle agence au Lamentin a flatté devant les caméras la privatisation qui s’installe petit à petit au sein de ce service public.
Néanmoins, face à cette mobilisation, une rencontre a été prévue entre le président national et les syndicats de l’établissement. Dimanche soir on apprenait qu’un accord aurait été trouvé.



La CGTM-Santé toujours majoritaire!

Des élections professionnelles ont eu lieu, mardi 23 octobre dans tous les établissements publics de Santé (hôpitaux, maison de retraite, foyer de l’enfance…)
En Martinique ces élections concernaient un peu plus de 8000 agents titulaires, stagiaires et contractuels de droit public et privé.
Cinq organisations syndicales présentaient des candidats aux commissions administratives paritaires départementales (CAPD) où ne votent que les agents titulaires. Les résultats aux CAPD montrent que la CGTM-SANTE demeure majoritaire.

Années Inscrits Votants Exprimés CGTM CDMT FO CSTM UGTM
2007 5095 3697 3571 1481 1174 424 170 322
2003 4851 3704 3626 1713 1098 306 263 246


CGTM CDMT FO CSTM UGTM
Suffrages en pourcentage 2007 41,27 32,88 11,87 4,76 9,00
Sièges en 2007 15 11 4 0 0
Suffrages en pourcentage 2003 47,32 30,28 8,43 7,25 6,78
16 12 1 0 0

Sur 9 établissements, la CGTM-SANTE a la majorité dans les élections locales et est en progrès sur 2 d’entre eux le CH des Trois îlets et celui du Marin.
Dans chaque établissement, il y avait en plus des scrutins pour les commissions administratives paritaires locales, (CAPL) et pour le comité technique d’établissement (CTE).
Dans deux établissements, CHColson et CHTrinité, le syndicat nationaliste UGTM progresse. L’autre syndicat, la CSTM, est en recul sur le CH Colson et n’a pas présenté de listes dans les autres établissements en Martinique.
Sur le plus important établissement de la Martinique, le CHU, même si la CGTM conserve la majorité, on observe une baisse de voix et de sièges au CTE pour la CGTM comme pour la CDMT au profit de FO. Différents éléments peuvent l’expliquer. Une présence sur le terrain quotidienne dans les 15 jours qui précédaient l’élection, le refus de la direction d’inscrire plusieurs dizaines de contractuels permanents et intermittents, la volonté de la direction de briser la majorité absolue de la CGTM dans les instances afin de porter ses mauvais coups avec l’aval des autres syndicats et enfin une certaine complicité de l’administration de tutelle qui a laissé les bulletins de FO dans une CAPD, alors qu’ils étaient irréguliers et ne devraient pas être soumis à l’appréciation des électeurs.
En dépit de tout cela et aussi parce que les instances ne sont que consultatives, la CGTM-SANTE garde la majorité et continuera à s’appuyer et à compter sur l’action et la lutte des travailleurs pour faire avancer les conditions de travail et de vie des salariés.
D’autant que le contexte actuel fait de restrictions encore plus conséquentes, d’accroissement de la privatisation de services, du passage en 2008 à un budget calculé à 100% de l’activité, n’augurent rien de bon pour les travailleurs et pour les usagers. C’est dire qu’il faudra coûte que coûte se battre pour ne pas régresser.
Correspondant CGTM-Santé.




Martinique
Le patron de la SESA: arroseur arrosé

Le gérant de la Société d’Exploitation de la Station de l’Aéroport (SESA) et membre du Syndicat des Gérants de Stations-service de la Martinique, avait saisi le Tribunal d’instance du Lamentin le 2 mars 2007 pour lui demander d’annuler la candidature aux élections de délégués du Personnel d’une adhérente de la CGTM Stations-Service. Ce même 2 mars se déroulait le premier tour des élections de délégués du personnel. Selon ce patron, la candidature de cette employée était frauduleuse. Il l’accusait d’avoir cherché la protection du mandat syndical pour ne pas être licenciée.
En fait, il fallait chercher ailleurs les raisons de la procédure lancée par le gérant de la SESA: ce n’était ni plus, ni moins qu’une vengeance à l’encontre de quelqu’un qui, quelques mois auparavant, avait saisi les Prud’hommes de Fort de France pour dénoncer le harcèlement dont elle s’estime victime. Elle demandait entre autres choses la requalification de son contrat de travail et des rappels de salaires. Alors tentative d’intimidation ou volonté d’acharnement? Car ce patron, on le sait, ne veut pas de contestataires dans l’entreprise.
Le tribunal d’instance, en tout cas, n’a pas suivi le gérant de la SESA, puisqu’il a relevé que cette salariée avait largement recueilli la confiance de ses collègues (deux tiers des voix lors de l’élection), et a condamné la SESA, en dernier ressort, à verser 450 euros à la salariée qu’il accusait de fraude ainsi qu’à la CGTM Stations-service.
Ce n’est pas la première fois que la SESA se fait condamner. Lors d’une grève en décembre 1997, la CGTM Stations-service avait assisté quatre salariés qui demandaient la requalification de leur CDD devant le Conseil des Prud’hommes de Fort de France. Ce dernier leur avait donné raison en condamnant la SESA à payer plusieurs milliers de francs à l’époque.



La grève des hôtesses et des stewards d’Air France

Les syndicats majoritaires du personnel navigant commercial d’Air France ont appelé à une grève du 24 au 29 octobre pour protester contre les rythmes de travail et le bas niveau des salaires. C’est vrai qu’Air France recommence à faire des profits. Pourtant la compagnie ne veut rien lâcher. Au départ une Intersyndicale s’est constituée avec les syndicats majoritaires dans ce secteur: CFTC, FO, SNPNC, Sud et UNSA. Puis, ils ont été rejoints par la CGT et la CFDT. C’est dire que le mécontentement à la base doit être grand! Les négociations menées le 2ème jour de la grève n’ont pas abouti. Les grévistes étant majoritaires, certains vols partent avec des avions pas remplis, d’autres ne partent pas du tout. Cela fait qu’en cette période de congés scolaires il y a une véritable désorganisation des voyages. Air France devra probablement revoir sa copie sur les conditions de travail et la revendication de 15% de hausse des salaires. Il est anormal que les salariés fassent tous les sacrifices et que seuls les actionnaires, qui ne font rien, se remplissent les poches. Il faudra peut être que le mouvement s’étende à tous les salariés de la compagnie pour obliger la direction à céder.



Guadeloupe
La Poste fait de bien drôles de surprises

Le mois d’octobre a été difficile pour les postiers du nouveau centre de tri de l’Aéroport Pôle Caraïbes à statut de fonctionnaire. Tout simplement les 40% ne leur ont pas été versés. Bien entendu cela a causé bien des soucis à chacun. Très rapidement la direction a reconnu que c’était une erreur et qu’à la fin du mois tout rentrerait dans l’ordre. Les dirigeants, emportés par leurs rêves de supprimer toutes ces primes ont dû carrément à leur réveil, biffer la «mention inutile» qu’on appelle 40%. Rêve prémonitoire?
Récemment, France Télécom avait aussi fait une erreur en versant à chacun 2 fois sa paie. Mais dès le lendemain, elle avait récupéré ses sous. Quand l'erreur est en défaveur des salariés, là, il faut attendre un mois.



Martinique
Mobilisation des personnels municipaux et des enseignants

Jeudi 18 octobre 2007, environ deux cents manifestants ont répondu à l’appel du Syndicat des Ouvriers et Employés Municipaux (SOEM-CGTM) et du Syndicat Martiniquais des Personnels de l’Education (SMPE-CGTM).
Après une prise de parole des responsables des deux syndicats expliquant les raisons de l’appel à la grève, les personnels présents ont défilé dans les rues de Fort de France, scandant des slogans qui dénonçaient la politique de Sarkozy et du gouvernement Fillon, politique favorable aux riches et aux patrons. A la Croix Mission, le défilé a marqué un arrêt et à nouveau les responsables syndicaux ont expliqué aux personnes présentes les raisons pour lesquelles les personnels manifestaient.
Un fois revenus à la Maison des Syndicats, plusieurs participants à cette mobilisation ont redit la nécessité de se mobiliser contre la politique de Sarkozy, mais également la nécessité de convaincre d’autres travailleurs de se mobiliser.
Prochain rendez-vous: le 20 novembre 2007, jour où les syndicats de la Fonction publique appellent en France à se mobiliser pour le pouvoir d’achat et contre la politique de suppressions de postes pratiquée par le gouvernement.



Guadeloupe
Les résultats des élections au CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes

En catégorie A, la CGTG se maintient, en catégorie B elle reste majoritaire, en catégorie C, c’est l’UTS qui obtient la majorité.
Le principal enseignement de ces résultats est que l’UTS a capitalisé une partie de la confiance des votants sur le départ de Jolivière… C’est à croire qu’un changement de directeur pouvait modifier à lui seul la situation de l’hôpital. Pourtant, aujourd’hui, non seulement l’hôpital ne se porte pas mieux parce qu’un directeur en remplace un autre mais il se porte peut être encore moins bien en raison surtout de la politique gouvernementale.
Plusieurs centaines de travailleurs ont voté pour les listes CGT …. C’est une force pour l’avenir. C’est même, au sein du CHU, la seule force capable de s’opposer à la démagogie syndicale, aux pressions malsaines sur les syndiqués et le personnel, au clientélisme électoral, aux coups tordus, au «macoutisme», voire à la «xénophobie» de certains Pour l’heure le combat continue.



Guadeloupe
La grève à M. Bricolage

Les travailleurs du magasin «Monsieur bricolage» de Destreland sont entrés en grève le 13 octobre à l’appel de FO. Ils réclament une augmentation de salaire qui devrait se situer autour de 150 euros pour tous. Ils réclament aussi les mêmes avantages que ceux dont bénéficient leurs camarades de M. Bricolage des Abymes. Jusqu’à présent, le groupe du richissime béké Hayot fait la sourde oreille. Pire il a assigné les grévistes en référé et ces derniers ont été condamnés pour soi disant entrave à la liberté du travail à 5000 euros d’astreinte, par jour et par salarié. Mais cette répression n’a fait que renforcer la détermination des grévistes. Ils tiennent bon.