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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 17 novembre 2007 N° 977
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Page 2
France
Les facteurs de la dépression
Le ministère de la santé a lancé une campagne d’information sur la dépression: «une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre». Les spots à la télévision et à la radio nous apprennent que c’est une maladie qui n’est pas rare puisque plus de 3 millions de personnes souffrent de cette affection en France.
C’est une maladie qui résulte d’un ensemble de mécanismes de diverses natures et dans laquelle plusieurs facteurs entrent en cause: biologiques, psychologiques et liés à l’environnement social ou familial. Il y a des facteurs de «vulnérabilité», intervenant très en amont de la dépression et qui «préparent le terrain». D’autres interviennent juste avant la dépression, ils la «déclenchent»: on parle alors de «facteurs précipitants».
Certains événements de la vie très perturbants ou un stress excessif et permanent peuvent favoriser l’apparition d’une dépression. Par exemple, une maladie, la mort d’un être cher, une rupture affective, la perte d’un travail, des conflits familiaux ou sociaux …
Quand on écoute ces spots on se dit qu’il faudrait consulter rapidement son médecin car ce qui y est décrit est ce que nous vivons tous les jours dans cette société où ce qui compte avant tout, c’est produire le plus possible, le plus vite possible. Ce serait dans l’intérêt de tous et pour une période limitée, on pourrait à la limite comprendre et l’accepter. Mais quand on sait que c’est seulement pour permettre à une petite minorité de gros capitalistes d’accroître leur fortune, cela devient intolérable. D’autant plus que ceux à qui on demande de produire dans de telles conditions, c'est-à-dire les travailleurs, ne profitent en rien, ou très peu, des richesses créées grâce à leur travail et qu’ils n’ont guère droit aux honneurs et ne sont pas valorisés.
Heureusement il existe aussi un autre médicament, s’organiser entre travailleurs pour briser cette société stressante, c’est ce que les médecins appellent les «facteurs de protection».
Martinique
Transfert des déchets dangereux à la région. Ce sont les patrons pollueurs qui doivent payer
Dans le cadre de l’application de la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, dite loi de décentralisation Acte II, l’Etat a transféré aux régions la compétence en matière d’élimination des déchets industriels spéciaux. Selon les dires d’Alfred Marie-Jeanne et ses collègues conseillers du MIM, lors de la réunion plénière du Conseil Régional, ce transfert de compétences s’est fait sans nouveaux moyens provenant de l’Etat. Et de plus, ce n’est pas la Région mais le préfet qui pourra exercer la police contre les contrevenants notamment les industriels qui sont les gros pourvoyeurs de déchets spéciaux et dangereux.
Les conseillers du MIM, eux, ont pris les exemples des piles ou batteries laissées bien souvent aux bords du chemin par les particuliers.
Mais les plus gros pollueurs ce sont bien les patrons qui importent sans contrôle, sans discernement, et uniquement dans le but de faire du profit, des produits à base de métaux, de métaux lourds, utilisés dans l’informatique par exemple, d’huiles lourdes et autres produits toxiques.
Ces patrons seront-ils obligés de dépolluer? D’investir en prenant sur leurs profits dans des systèmes de dépollution efficace? La Région ne dit rien à ce sujet! Il y va pourtant de la santé publique.
Pour l’instant, les pouvoirs publics sont plus pressés de montrer du doigt les particuliers pollueurs tout en parlant de les responsabiliser et de pressurer les consommateurs en leur faisant supporter les «écotaxes», ou les éco-sachets qui se multiplient sur les articles les plus courants.
En tout cas, si Alfred Marie-Jeanne et les conseillers régionaux du MIM ont bien relevé le manque de moyens octroyés par l’Etat français pour le transfert de compétence des déchets dangereux, ils discutent de tout cela entre notables, dans les salons de la Région et éventuellement avec l’Etat français. Mais ils ne décident pas d’impliquer la population et ni de l’appeler à se mobiliser pour exiger des moyens permettant d’assurer réellement sa protection.
Affaire du chlordécone
Offensive contre le rapport Belpomme
Le rapport du professeur Belpomme, cancérologue, sur les méfaits de l’utilisation du chlordécone dans l’agriculture et en particulier dans la banane n’a pas fini de provoquer des réactions de tout bord.
Au début de ce mois, le cancérologue était entendu dans le cadre du comité de suite de la mission d’information parlementaire, mise en place en 2005. C’est Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale qui a commencé à mettre en cause le sérieux du rapport et ses paroles catastrophistes comme: «catastrophe sanitaire», «manque de rigueur de l’agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA)», «liens entre le chlordécone et les cancers de la prostate et des seins».
Belpomme était aussi confronté aux scientifiques de l’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), de l’AFSSA, et de l’institut national de veille sanitaire (INVS) qui étaient venus lui apporter la contradiction. Ces scientifiques ont toujours affirmé que le chlordécone n’avait pas beaucoup d’incidences sur la santé. Belpomme dit le contraire et en plus il provoque une tempête médiatique sur un sujet jusque là plutôt confidentiel. Donc on cherche à le remettre dans le droit chemin. Même un journal comme Libération qui avait fait de l’empoisonnement son gros titre, dit aujourd’hui «le rapport Belpomme est décrédibilisé, qu’après l’audition il y a un sentiment de malaise, un manque de rigueur sur un sujet aussi délicat et anxiogène pour les populations concernées».
Et justement, le professeur Belpomme a donné un grand coup de pied dans le cocon sanitaire autour du chlordécone, constitué par toutes les autorités qui veulent voir évoluer les choses comme dans les affaires de l’amiante et des essais nucléaires dans le Pacifique où les victimes ont obtenu satisfaction après de dures batailles devant les tribunaux sans que la responsabilité de l’Etat ou des patrons soit spécifiquement retenue. L’offensive contre le rapport Belpomme veut se présenter comme un débat scientifique. Mais personne ne peut trancher le débat, car aucun des participants ne peut nier la gravité de la situation due à l’épandage du chlordécone. En réalité on reproche à Belpomme d’avoir mis ce problème au grand jour, à la portée de tous, en prenant des positions contraires à la majorité des autres scientifiques alors que ce problème était soigneusement gardé dans un petit cercle qui ne veut pas informer la population afin qu’elle sache qui sont les véritables responsables.
Martinique
Le cynisme de la rectrice de l’académie
Recevant une délégation de précaires dont le contrat arrive à échéance dans les prochaines semaines, la rectrice, interrogée par une journaliste le 7 novembre 2007 a fait la réponse suivante: «Pour l’instant je n’ai pas de solution concrète, pour ces personnels qui pour la plupart nous rendent des services dans les établissements. Il est clair que l’académie de Martinique devra participer à l’effort national de réduction des emplois publics. En revanche, il est tout à fait réaliste de penser que la situation spécifique des Antilles sera prise en compte par notre ministère».
Ainsi donc, ces mères et pères de famille qui sont à la recherche d’un emploi depuis des années ou des mois et qui acceptent ce travail faute de mieux en s’investissant avec une grande conscience professionnelle viendraient «rendre service». Ces personnes sans qui les CDI (centre de documentation et d’information) la vie scolaire et les restaurants scolaires ne fonctionneraient pas ; les salles et bureaux ne seraient pas nettoyés ; les chefs d’établissement ne parviendraient pas à administrer leurs établissements ; les espaces verts ne seraient pas entretenus, etc. etc.
Ces personnels qui s’investissent sans compter et prennent leur travail à coeur, sont par contre sous payés, et, disons-le, exploités. Certains représentants de l’Etat n’hésitant pas à tirer profit de leurs compétences durant la période de leur contrat en leur promettant leur appui pour être intégrés. Ce sont des salariés qui sont ou ont été privés d’emploi à cause du fonctionnement d’un système qui choisit de précipiter la majorité de la population dans la misère pour préserver les privilèges d’une minorité.
Les propos de la rectrice sont scandaleux. Ils montrent le peu de considération que cette représentante de l’Etat porte à celles et ceux qui participent au bon fonctionnement de l’administration qu’elle dirige.
Martinique
Rassemblement des travailleurs pour défendre leurs droits
Une intersyndicale composée de la CGTM, CGTM/FSM, CDMT, CSTM, UGTM, SMBEF, SNES, SNETAA, UNSA, CFTC et CFE-CGC appelle ses adhérents et les salariés à se mobiliser le jeudi 15 novembre à 18 heures à la Maison des Syndicats pour «faire triompher les légitimes revendications».
Une plate forme revendicative a été établie. Les principales revendications portent sur: l’augmentation des salaires, un service public au service de tous, l’amélioration des conditions de travail, la transformation des emplois précaires en emplois stables, la réouverture des négociations de branches.
Cette mobilisation provient des attaques incessantes portées par le gouvernement Sarkozy contre le droit des travailleurs et notamment sur le fait qu’il veut remettre en cause le régime spécial des retraites pour ramener tout le monde à 42 ans de cotisation. Donc aggraver les conditions de vie des travailleurs au profit du patronat. Les travailleurs ont intérêt à venir manifester leur ras le bol contre une politique ouvertement en faveur du patronat qu’il soit de France de Martinique ou d’ailleurs. Parce que pour le patronat l’argent n’a pas de couleur ni de patrie.
La grève des étudiants contre le projet de loi Pécresse
Depuis la fin du mois dernier, le mouvement des étudiants contre le projet de loi relatif «aux libertés et responsabilités des universités» de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, prend de l’ampleur.
Cette réforme a pour objectif d’accroître l’autonomie des universités, en réduisant le financement de l’Etat au profit du financement privé. Elle accorde aussi une liberté en matière de recrutement sans tenir compte du statut de la fonction publique, et une autonomie en matière de propriété immobilière. Cette loi est l’amorce d’une privatisation considérable des universités, ce qui n’a pas manqué de provoquer la réaction des étudiants. Un collectif contre l’autonomie des universités (CCAU) s’est créé.
Plusieurs milliers d’étudiants, à l’appel de différentes organisations étudiantes, dans une trentaine de facultés se sont prononcés lors des votes des assemblées générales, pour l’occupation ou le blocage des universités.
Les forces de police sont intervenues pour matraquer les étudiants les obligeant à quitter les lieux. D’autres actions se sont déroulées à Rennes par exemple où des manifestants étudiants ont occupé la gare. La SNCF a été contrainte d’interrompre le trafic.
Le mouvement risque de s’amplifier durant les prochains jours, car des appels à s’unir à la grève des syndicats des transports publics (SNCF, RATP), d’EDF-GDF, de la Poste et de France Télécom sont lancés. Il est à espérer que la mobilisation de l’ensemble des travailleurs et des étudiants fera reculer le Gouvernement, comme cela s’est produit il y a dix-huit mois avec le CPE.
Martinique
Quand les patrons de la Banane changent de ton et d’attitude face au chlordécone
Les patrons de la banane en Martinique avaient toujours prétendu que les produits toxiques et les épandages aériens n’étaient pas dangereux pour la santé. Pour encourager les ouvriers à travailler sans respecter les délais prescrits dans les parcelles où il y avait eu des épandages de produits dangereux, certains y allaient eux-mêmes sans aucune protection.
Depuis le rapport Belpomme, il semble que le ton et l’attitude des planteurs sur le sujet des produits dangereux aient changé.
D’abord très critique, le président de la chambre d’agriculture D.Bertome avait qualifié Belpomme de charlatan.
Mais voilà qu’il y a quelques jours, Eric De Lucy et Juvenal Remir se rendaient en Israël pour s’informer sur les méthodes utilisées pour réduire l’utilisation de produits dangereux dans l’agriculture. Et après cette visite, De Lucy déclarait que la profession s’engageait à réduire de 20% la quantité de produits dangereux utilisés.
Il ne faut pas oublier que les gros planteurs commercialisaient eux-mêmes ces produits. Alors aujourd’hui leur changement d’attitude s’explique par une volonté de se donner une nouvelle image sur le marché de la banane. Mais c’est aussi pour échapper à d’éventuelles mises en cause dans les conséquences de l’épandage du chlordécone.
Les planteurs cherchent à assurer leurs profits à venir. Leur projet de moderniser les plantations tout en réduisant le personnel habituellement affecté aux différents postes de travail est à l’ordre du jour. Des discussions ont eu lieu entre les employeurs et les représentants du personnel sur plusieurs exploitations et le chômage partiel suite au cyclone Dean semble leur faciliter la tâche.
Extraits de “l’écho des télécom”
POUR NOUS LES EFFORTS, POUR EUX LES PROFITS
Didier Lombard dans une lettre nous félicite car les résultats du troisième trimestre se distinguent dit-il par «une belle croissance de notre chiffre d’affaire». Il ajoute «ce succès est dû aux efforts que vous maintenez pour transformer notre groupe». Il manque pas d’air Lombard, car oui, nous on se crève au boulot et toutes les richesses que nous créons vont aux actionnaires. Pour nous, pas d’augmentations de salaire, rien.
NOTRE VIE POUR LEURS PROFITS
Et il en rajoute l’hypocrite, en disant: «je sais que pour une grande partie d’entre vous, les changements de métier, de méthodes de travail ou d’organisations ne sont pas toujours simples à vivre». Oui, parfois, jusqu’aux déprimes, voire au suicide. Et tout cela pour une poignée de riches actionnaires.
L’ARGENT RENTRE, LES EMPLOIS SORTENT
Résultats du troisième trimestre donc: croissance du chiffre d’affaire de 3,5%, rentabilité de l’entreprise en hausse de 5,1% Et pourtant… prévision de 22000 suppressions d’emplois pour la fin 2008.
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