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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 17 novembre 2007      N° 977


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Guadeloupe
Grève à la Générale des Eaux contre un licenciement arbitraire

Les travailleurs de la Générale des Eaux, à l’appel des trois syndicats CGTG, CTU et UGTG, ont décidé d’un mouvement de grève à partir du lundi 12 novembre, pour protester contre le licenciement d’un de leurs camarades, David Justine. C’est presqu’à l’unanimité qu’ils dénoncent ce licenciement et sont en grève pour exiger sa réintégration. La direction déclare que David Justine a commis une faute grave et l’a licencié le 14 août 2007. Elle lui reproche de ne pas avoir effectué son travail le 26 mai, alors qu’il était d’astreinte pour une opération à la centrale thermique du Moule. Pourtant la direction sait que ce jour là ce travailleur a eu un accident en se rendant à Moule et qu’il a été convoqué dans un poste de gendarmerie. Il a pu avertir un de ses camarades, pour lui expliquer la situation par l’intermédiaire d’un parent quelques heures après sa garde à vue. Convoqué le 27 mai au tribunal, David Justine a eu une suspension de permis de 6 mois et une amende à payer.
C’est dans ces conditions qu’il a été licencié. La direction fait état pourtant de son accident dans son rapport, mais sans en tenir compte. Cet incident n’a pas entraîné une interruption du fonctionnement de la centrale. Les syndicats ne comprennent pas où il y a faute grave. Après 25 ans à la Générale des Eaux, David Justine est licencié sans indemnités de licenciement.
Les syndicats ont rencontré la direction qui refuse de le réintégrer. Une pétition a déjà recueilli 200 signatures sur les 300 salariés. Quatre élus politiques ont pris position et ont adressé une motion à la direction pour qu’elle reconsidère la situation de David Justine. Mais cette direction n’entend rien et maintient sa position. C’est son attitude méprisante et arrogante qui a entraîné la mobilisation du personnel.
En réalité la direction de la Générale des Eaux a mal digéré la dernière grève qui a eu lieu du 22 février au 29 mars 2007. Au cours de cette grève, David Justine avait été mis en garde à vue. Sa détermination l’a fait repérer par la direction qui a tenté de le faire punir par les forces de l’ordre. C’est donc pour s’en débarrasser que la direction l’a licencié. Les travailleurs de la Générale des Eaux l’ont bien compris et savent que s’ils ne réagissent pas la Direction s’en prendra à d’autres salariés.



Martinique
Mobilisation des gérants de crêches privées

Des responsables de haltes-garderies et de crèches privées regroupés (23 sur 36) au sein d’un collectif sont mobilisés depuis plusieurs mois. Ils dénoncent la passivité des collectivités ou l’insuffisance de leur engagement, et la non application en Martinique de mesures d’aides applicables en France. Cette situation est responsable selon eux des difficultés financières qu’ils connaissent. Ils parlent également de sommations d’huissiers mandatés par les organismes sociaux. Ils ont fermé leurs établissements et manifesté le vendredi 9 dans les rues de Fort de France, entre autres.
Ces personnes ont fait le calcul de profiter d’un créneau, celui de la garde des enfants en bas âge, pour se lancer dans cette activité dont elles attendent qu’elle leur rapporte de l’argent. Car ne nous trompons pas: ce n’est pas par philanthropie qu’elles s’y sont engagées.
L’Etat, les collectivités (communes et Conseils Généraux) quant à eux y ont vu une opportunité pour dépenser le moins possible: l’attribution de quelques miettes sous forme de subventions de fonctionnement. Ce qui entraîne une autre conséquence dont les responsables de crèches ne font pas état: c’est la situation de leurs employés qui exercent avec un statut de salarié dégradé. A cause notamment de la non application de la convention collective.
Or selon les responsables de ces structures, ce sont des milliers de demandes de garde d’enfants qui ne sont pas satisfaites. Cela signifie qu’il faut un véritable service public pour prendre en charge la petite enfance.
Mais de toute évidence, les politiques actuellement aux responsabilités ne veulent pas prendre ce chemin, eux qui ont en permanence à la bouche le mot «économies». Bien entendu au détriment des plus nécessiteux!




Echos des hôpitaux

La santé ne devrait pas avoir de prix!
Finalement, certaines interventions chirurgicales de la traumatologie se réaliseront au Centre Hospitalier de Marie-Galante. En effet, le bloc opératoire est dans un état de délabrement présentant des risques en matière de normes de sécurité.
Pour la sécurité des patients c’est une bonne chose.
Mais peut-on en dire de même s’agissant des répercussions sur le plan financier? Avec la TAA, à chaque dépense, c’est la question qui revient!

Panique aux urgences
Un ouvrier est intervenu dans une partie du mur séparant la Réanimation des Urgences. Et une nuée de poussières a envahi le service des Urgences avec des odeurs bizarres provoquant des quintes de toux chez patients, visiteurs et personnel. Les médecins ont dû prendre la décision d’évacuer le service.
Les services de sécurité, la médecine du travail ont dû intervenir. C’est l’inconvénient de travailler dans un chantier.

Réfection totale du CHU ou construction du nouveau CHU ?
Le CHU PPA est dans un état de délabrement avancé. La liste des travaux à réaliser est longue: bloc opératoire à refaire totalement, travaux à réaliser après le départ de la buanderie pour l’installation de la bactériologie, travaux en médecine nucléaire, ravalement des façades à réaliser, ré-affectation des locaux de la cuisine… En ce moment, les services de consultations, de la réanimation sont en réfection.
Ne serait-il pas plus judicieux de construire un nouveau CHU et vite!

Pédiatrie: Cela ne peut durer
Avec l‘épidémie de dengue, les places dans les services de pédiatrie sont nettement insuffisantes pour accueillir les patients atteints de la maladie. La direction prévoit, si la crise continue, de transférer le service de Neurochirurgie en Traumatologie pour installer les petits enfants malades. Mais avec tout cela il faut augmenter le personnel!



La CGTM se prononce sur le projet de zone franche globale (Extraits)

Réunis en séminaire le mardi 30 octobre 2007 à Rivière l’Or, les responsables de la CGTM ont rendu publique la déclaration suivante:
« La CGTM constate:
- Que la Zone Franche Globale d’Activités est un dispositif de mesures favorables aux entreprises qui offrira de nouvelles ressources au patronat;
-Que s’il est vrai que ces fonds à coup sûr serviront au financement des entreprises, il est moins vrai qu’ils seront utilisés pour un développement harmonieux et pour l’emploi durable;
- Que ce nouveau projet présenté comme un outil au service de développement économique de la Martinique, n’échappera ni à la corruption, ni aux détournements de fonds;
-Que les mesures économiques de la ZFGA, puisqu’elles sont basées essentiellement sur la réduction du coût du travail, confortent certains employeurs, dans l’idée de ne pas engager des négociations salariales et de limiter leurs augmentations au niveau requis pour bénéficier des exonérations;
-Qu’à l’instar de ce qui s’est passé dans le secteur de la banane qui avait bénéficié de mesures financières favorables dans le cadre d’un « Contrat de Progrès », non seulement les patrons n’ont eu aucune intention sociale, mais sans aucun scrupule, ils ont procédé à des milliers de licenciements;
-Les allègements fiscaux consentis au patronat (taxe professionnelle), sans contrepartie financière de l’état, seront un manque à gagner pour les collectivités. Et ce manque à gagner ne sera pas sans conséquences sur les budgets de ces collectivités et bien évidemment sur leurs politiques sociales (emploi, vie culturelle, et sportive);
-Que les exonérations de charges sociales concédées, viendront s’ajouter aux mille-feuilles de mesures d’exonérations de charges déjà accordées aux entreprises, et que la poursuite de cette politique aggravera les difficultés de gestion des organismes sociaux. Ce qui, à terme, provoquera la baisse des prestations des assurés et à plus long terme la faillite du système de protection sociale dans son ensemble.
La CGTM dans ses conclusions:
-S’insurge contre le fait que la politique du gouvernement Fillon comme celle des précédents maintienne contre vent et marée un modèle d’organisation économique et social inique, précipitant les plus exposés vers la misère et la pauvreté;
-Condamne ces politiques dites «pour le développement économique» mais qui en réalité vont à contresens des intérêts du plus grand nombre;
-N’est nullement étonnée du peu d’intérêt de l’Etat pour la mise en place d’un encadrement juridique, protégeant la représentation des salariés des TPE et PME, alors que ceux là mêmes seront les grands bénéficiaires des retombées financières de la ZFGA;
-Rappelle enfin que la seule alternative du monde du travail, c’est de se prendre en charge pour défendre, protéger et faire progresser ses intérêts. Pour cela, se préparer partout dans tous les secteurs d’activité à mettre en avant des revendications qui nous protègent des attaques répétées contre nos revenus et nos emplois».
Une prise de position qui montre que les travailleurs ne sont nullement dupes des soi-disant mesures pour le développement des DOM dont la Martinique.



Extraits de “Plantation en lutte”

DORMOY AFFICHE SA HAINE DU SYNDICAT
Depuis la fermeture de presque toutes les plantations, beaucoup de camarades à la recherche d’un emploi vont demander du travail à la SCA Bois-Debout. A tous ceux qui sont d’anciens de la SARL-Les Palmiers, Dormoy répond: «…vous venez des Palmiers…il n’y a pas de travail pour vous…», pour leur faire croire qu’il embauche mais que c’est parce qu’ils viennent d’une plantation où les travailleurs se défendaient grâce au syndicat CGTG-Banane qu’il n’y a pas de place pour eux. Alors qu’il n’a pas renouvelé les contrats des camarades en CDD et qu’il y a plus de 500 ouvriers de la banane en chômage.
Cet exploiteur continue à afficher sa haine du syndicat CGTG-Banane et des syndicats en général. Car il préfère avoir en face de lui des camarades non organisés pour qu’il puisse imposer ce qui lui plait, sans avoir à respecter les quelques droits que le Code du Travail continue à nous attribuer pour nous défendre contre l’arbitraire patronal.

CHIQUITA CONDAMNÉ
Cette multinationale qui possède des plantations de bananes en Amérique Latine vient d’être condamnée par les tribunaux en Colombie pour ses exactions. En effet, Chiquita entretient des groupes de nervis armés (de vrais mercenaires) qui interviennent contre les grévistes et les syndicalistes en lutte pour défendre leurs droits. Les bas salaires et les conditions de travail déplorables sont la règle. Et quand les travailleurs essaient de revendiquer, Chiquita fait intervenir ses mercenaires contre eux. Pas étonnant que le prix de revient des bananes dollar soit si bas!



Echos de l’Aéroport

ANTILLES HANDLING: UNE PETITE VICTOIRE
Finalement les travailleurs sont tombés d’accord pour que la prime de 150 euros de ceux qui travaillaient avec Corsair soit réclamée pour tous les bagagistes. Apparemment cela ne posait pas vraiment de problème au patron. Bien sûr, un patron essaie toujours de ne pas dépenser. Mais il sait aussi que l’ambiance se dégrade lorsqu’il y a trop d’écarts entre les salaires. Et que ses profits risquent d’en souffrir.
Il se serait donc engagé à les verser. Même si c’est de façon étalée, c’est une petite victoire, sur l’exploitation et aussi sur la baisse de solidarité.

NOUVELLES LIGNES: LA GUERRE AIR FRANCE / AIR CARAÏBES CONTINUE
Après les nouvelles lignes Air France sur Saint-Martin et Saint-Domingue, Air Caraïbes n’a pas protesté aussi violemment qu’on aurait pu attendre. La compagnie a demandé la ligne de Cayenne où Air France détient le monopole.
Certains salariés de chaque compagnie se laissent prendre au jeu de leurs patrons. Mais en attendant ceux-ci se débrouillent très bien: si Air France trouve un soutien de poids au gouvernement, les subventions de la Guyane ne feront pas de mal à Air Caraïbes.

AVIATION CIVILE: À VOTRE BON CŒUR MESSIEURS DAMES
Comme souvent en fin d’année, les crédits de fonctionnement sont épuisés. Mais cette fois, c’est un peu plus tôt que d’habitude.
On nous conseille donc d’économiser le papier, car nous n’avons plus les moyens d’en acheter.
Il y a certainement bien des dépenses inutiles à différents niveaux, et ce n‘est pas le personnel de base qui brûle le plus de crédits.
En attendant, nous risquons de finir l’année en faisant la quête à l’entrée de l’aérogare.



Extraits de “Sucrerie en lutte” (Gardel)

PANNE CHEZ IDD
Mercredi dernier comme IDD avait une panne d’électricité chez lui, il a, tout naturellement, appelé l’électricien de l’usine pour venir lui rétablir le courant. Ce camarade a dû quitter l’usine pour aller travailler chez ce particulier. Il n’y a pas de petit profit pour IDD, il profite de tout ce qui est à prendre dans l’usine.

FORMATION SUÉDOISE
Le directeur industriel et le chef d’entretien ont voyagé en Suède récemment. Il paraît que c’est pour se former au graissage des moulins. Le responsable de ce travail dans l’usine ne faisait pas partie du voyage. C’est que la direction a sûrement prévu que les chefs mettront la main dans la graisse et tiendront les tuyaux pour transmettre ce qu’ils ont appris au cours de leur formation en Suède.

LE DROIT DU PRINCE
IDD, si regardant d’habitude sur les absences, est allé cette fois jusqu’à débaucher un technicien de l’usine. Bien sûr c’était pour ses besoins personnels. C’est le fait du prince qui utilise son personnel comme bon lui semble.

L’EXEMPLE EST DONNÉ
L’exemple nous est donné! Si l’un d’entre nous a une panne chez lui il pourra dorénavant faire appel à un technicien de l’usine. Ce qui est logique puisque nous passons plus de la moitié de notre temps à travailler dans cette usine, on peut donc profiter de ses services au même titre qu’IDD.