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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 15 décembre 2007      N° 978


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À la Une

Éditorial

Augmentation du pouvoir d’achat? Pas pour les travailleurs!

Lors de son long discours prononcé le 29 novembre, Sarkozy a tenté de faire croire aux travailleurs qu’il oeuvrait pour l’augmentation de leur pouvoir d’achat. Mais ses déclarations et promesses sont loin d’avoir un contenu aussi alléchant que ce slogan, qui a d’ailleurs été l’un de ceux de sa campagne «être le président du pouvoir d’achat».
Il s’agit en premier lieu de «monnayer les RTT», à savoir renoncer à ces quelques heures de liberté liées au passage des 39 heures aux 35 heures hebdomadaires. Les travailleurs les ont déjà chèrement payées en se voyant imposer dans de nombreux cas l’annualisation et la flexibilité du travail. De plus, dans des secteurs d’activité tels que les hôpitaux, les RTT restent un mirage: la tâche est telle et le personnel si réduit qu’il est impossible de les prendre. Maintenant, il est question d’échanger ces RTT contre un peu d’argent, c’est à dire renoncer aux 35 heures quand elles existent, tout en conservant la contrepartie: annualisation et flexibilité. Voilà qui ressemble plutôt à un cadeau au patronat! De plus, qui paiera aux agents hospitaliers les milliers d’heures de RTT accumulées? Il n’y a pas de budget pour cela!
Dans la même veine du «travailler plus pour gagner plus», Sarkozy revient sur un vieux désir des patrons: faire travailler les salariés le dimanche. Cela a déjà été imposé dans plusieurs secteurs: services, santé, hôtellerie, commerce… Il s’agit de généraliser cet état de fait. Cela se ferait officiellement sur la base du volontariat. Mais les travailleurs du commerce savent bien de quel type de volontariat il s’agit, quand la pression du chômage et les menaces de licenciement pèsent sur eux, surtout ceux qui sont en CDD ou autre contrat précaire. Il est aussi question de payer double ces heures du dimanche. Jolie promesse! Mais comme Sarkozy le dit lui-même à propos des salaires: ce sont les patrons qui décident, et il y a bien peu de chances que ces derniers obtempèrent: les heures du dimanche, oui, très bien, mais pour le salaire, on verra!
Quant aux fonctionnaires, qui ont fait grève le 20 novembre en particulier pour l’augmentation de leur pouvoir d’achat et contre les suppressions de postes, ils ont vu les négociations remises au 17 décembre. Il sera alors question, dit le ministre Eric Woerth, du maintien du pouvoir d’achat et pas du rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis une vingtaine d’années, et encore moins d’augmentation!
Pour mettre un peu plus d’argent à la disposition des travailleurs, et ainsi les inciter à consommer davantage, il a aussi été question d’anticiper le déblocage partiel, jusqu’à hauteur de 10 000 euros, de la participation, qui est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés: il s’agit de petits pourcentages que les entreprises qui font des bénéfices doivent reverser à ceux qui sont à la source du profit: les salariés. Cet argent n’est pas versé immédiatement mais accumulé et reversé au bout de cinq ans. Sarkozy envisage donc de faire cadeau aux travailleurs de ce qui leur appartient déjà! En cela il n’a rien inventé puisque cette mesure avait déjà été prise par Raffarin en 2004. De même, la prime de 1000 euros dans les entreprises de moins de cinquante salariés est une reprise du «bonus Villepin» de 2005.
Il s’agit donc de tours de passe-passe déguisés d’un nom ronflant: hausse du pouvoir d’achat. A y regarder attentivement, il s’agit encore et surtout de favoriser les patrons: heures supplémentaires, fin des 35 heures, généralisation du travail du dimanche, tout cela ne leur coûtera pas très cher, voire rien du tout, et leur rapportera bien plus. Les plus riches ont déjà bénéficié de 15 milliards d’euros de cadeaux sous forme de réductions fiscales. Quant au revenu salarial, il a baissé selon les chiffres publiés par l’INSEE, de 6% depuis 2000, principalement du fait du travail à temps partiel. Ce ne sont pas les déclarations de Sarkozy, l’ami des patrons, qui permettront aux travailleurs d’améliorer leur niveau de vie. Pour cela, il faudra des luttes d’ensemble suffisamment fortes pour que l’Etat et les patrons craignent d’être perdants s’ils n’augmentent pas de façon substantielle les salaires du public et du privé.



Combat Ouvrier et les prochaines élections municipales

Notre organisation tente de constituer des listes aux élections municipales des 9 et 16 mars prochains dans les deux îles. En Guadeloupe: à Moule, Saint François, Abymes, Pointe à Pitre, Baie Mahault, Capesterre, Sainte Rose. En Martinique, à Fort de France et au Lamentin. Il est en effet important que le monde du travail fasse entendre sa voix. Face aux notables, aux ambitieux personnels, il faut que les travailleurs, les opprimés, ceux qui souffrent puissent aussi se faire entendre pour dénoncer tout ce qui se fait contre eux et proposer que tout soit fait pour satisfaire en priorité les intérêts de la population laborieuse. Nous tenterons de constituer des listes Combat Ouvrier. Cependant nous sommes en discussion avec d’autres partis, groupes ou individus pour tenter de constituer des listes communes, là où c’est possible et acceptable du point de vue de la défense des intérêts des travailleurs.
Nous sommes prêts à discuter de nos participations éventuelles avec des listes de gauche, PCG ou PS selon les cas. Des discussions, pour l’instant informelles ont été entamées avec le parti communiste guadeloupéen (PCG) et le parti communiste martiniquais (PCM) Car s’il est possible d’une part d’élargir le camp de ceux qui mettent particulièrement en avant les intérêts des travailleurs face à une droite qui multiplie les attaques anti ouvrières, ce ne sera pas négligeable. D’autre part, nous sommes favorables à la constitution de listes unitaires de gauche si elles peuvent multiplier les chances de battre la droite ou de soi-disant politiciens de gauche qui avaient appelé à voter Sarkozy, dans certaines communes.
Cette attitude est certes nouvelle. Mais la possibilité de l’envisager n’est pour nous pas nouvelle. Il se trouve que lors d’élections municipales précédentes, le Parti socialiste était au gouvernement. Quant aux PC-G et PC-M, s’ils n’ont pas été au pouvoir directement sous des gouvernements de gauche ils étaient alors plus complaisants à l’égard de la politique du parti frère, le Parti communiste français qui lui, était au gouvernement. Et PS et PCF se comportaient alors comme la droite aujourd’hui, ce que nous ne voulions pas cautionner.



Les franchises médicales: mesures scélérates

Le projet de loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2008 est en passe d’être ratifié par le gouvernement. Les députés l’ont déjà adopté. Dès le 1er janvier 2008, en plus de 1 euro à chaque consultation qui n’est pas remboursé, les malades seront moins remboursés par la caisse d’Assurance maladie. Ils devront payer 0,50 euro sur chaque boîte de médicament, plus 0,50 euro par acte paramédical effectué par un auxiliaire médical, soit en ville, soit dans un établissement ou un centre de santé et 2 euros par transport sanitaire ou en taxi, à l'exception des transports d'urgence.
Ce n’est que lors d’une hospitalisation que le patient n’aura pas à payer ces franchises. Seuls y échapperont les enfants mineurs ainsi que les femmes enceintes et ceux qui sont couverts par la CMU.
Pour les successions d’actes durant la même journée, des plafonnements ont été prévus. De même, il a été prévu que sur une année le montant cumulé des franchises ne devrait pas dépasser 50 euros.
Voilà comment le gouvernement instaure une médecine pour les riches qui peuvent payer et une pour les pauvres qui ne viendront pas se faire soigner. Les mutuelles profiteront aussi de la loi qui leur permettra d’inclure dans leur nouveau contrat l’assurance de la franchise.
Une fois admis le principe d’une franchise, son montant pourra être régulièrement augmenté chaque fois que le déficit de l’assurance maladie menace d’augmenter. Pour faire passer cette pilule et rassurer les patients le gouvernement annonce que ces prélèvements sur le remboursement serviront à financer les plans de lutte contre la maladie d’Alzheimer et contre le cancer ainsi qu’une aide aux soins palliatifs. Ce n’est qu’un prétexte de plus comme le forfait hospitalier qui est passé à 16 euros par jour, la participation forfaitaire de 18 euros sur les actes médicaux supérieurs à 91 euros, le ticket modérateur déjà existant et le déremboursement de médicaments dont un grand nombre était efficace.
Ces non remboursements devaient servir à boucher le trou de la Sécurité sociale. Cependant à aucun moment il n’est question de ne plus exonérer les patrons de leurs cotisations à la Sécurité Sociale.
On a vu à travers le Téléthon que c’est la générosité de la population qui finance la recherche, pas les subventions du gouvernement. Au mois de novembre plusieurs milliers de personnes ont défilé contre ces lois scélérates. La mobilisation contre les franchises médicales doit se poursuivre.



Racket sur les personnes âgées

Les personnes âgées qui étaient jusqu’ici exonérées de la redevance télé auront à la payer en 2008. Cette exonération concernait les plus de 65 ans non imposables, et ceux de 60 ans qui ne dépassent pas un revenu fiscal de 9437 euros. Pour que cette réforme passe mieux le gouvernement a finalement décidé que ces personnes âgées paieront la moitié de la redevance qui s’élève à 116 euros par an. Ce sont plus de 700 000 personnes âgées qui sont concernées. Faire payer les personnes âgées qui ont des revenus très faibles est un véritable scandale et cela prouve bien le cynisme du gouvernement qui va de plus en plus fort dans ses réformes contre les plus pauvres.