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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 15 décembre 2007 N° 978
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Tremblement de terre: de faibles moyens pour des régions à hauts risques
Le 29 novembre 2007 une partie des Antilles a subi un tremblement de terre d’une magnitude de 7,4. La Martinique et la Guadeloupe on déjà vécu auparavant de fortes secousses. Celle du 21 novembre 2004 avait causé la mort d’une fillette de trois ans et plusieurs blessés, et occasionné des dégâts considérables dans les communes de Trois-Rivières, Capesterre Belle Eau et surtout aux Saintes, à Terre de Bas. En Martinique le séisme a provoqué vendredi dernier la mort d’une personne âgée, décédée d’une crise cardiaque et 6 blessés, tandis qu’en Guadeloupe le bilan a été plus léger. Il est vrai que l’épicentre était situé au large de la ville de Saint-Pierre en Martinique.
Il est surprenant de constater que dans une région classée à hauts risques sismiques, où l’on enregistre entre 200 et 500 séismes par an, (pas tous perceptibles par l’homme) bon nombre de travailleurs d’établis-sements publics ou privés, des résidents d’immeubles n’aient pas été préparés par des exercices réguliers de prévention et d’évacuation en cas de tremblement de terre. De même, la plupart des bâtiments publics et une grande majorité de constructions ne sont pas aux normes parasismiques. Il n’y a aucun plan de reconstruction ou de réhabilitation de bâtiments aux nouvelles normes sismiques. Il est inadmissible que sur 23 lycées, quatre seulement soient conformes aux règles parasismiques. Les pouvoirs publics mettent en oeuvre des moyens bien insuffisants par rapport aux risques encourus. Une fois de plus tout ce qui concerne la sécurité de la population n’est pas le souci premier de l’Etat.
Martinique
La CGTM-Santé dénonce l’impréparation face au séisme
Lors d’une conférence de presse qu’elle a tenue le vendredi 7 décembre, la CGTM-Santé a dénoncé le manque de sécurité dans lequel se trouve l’ensemble des établissements sanitaires de la Martinique.
Selon le syndicat, en plus de la tour du CHG de Trinité «au CH du Saint Esprit, deux services ont dû être évacués car fortement endommagés» et «tous les autres établissements ont quelques fissures plus ou moins importantes, mais rien de très grave de visu…»
Après avoir fait avec ses adhérents le tour de la situation des établissements, et entendu les experts, La CGTM conclue qu’actuellement seule la dernière construction du Centre Hospitalier Intercommunal du Lorrain est aux normes parasismiques et présente donc des conditions de réelle protection des malades et soignants. De plus, le syndicat dénonce l’impréparation totale existant face au risque. «- Dans aucun établissement, le personnel n’a été préparé, ni les directions…»
Lors de cette conférence de presse, la CGTM-Santé a interpellé les directions des établissements et les pouvoirs publics, ARH, préfecture et aussi municipalités pour exiger une meilleure prise en compte de ces risques, pour des interventions rapides permettant la consolidation des bâtiments et des mesures urgentes comme la dotation immédiate de valise satellitaire, de téléphone et l’information et formation de l’ensemble des personnels et des populations.
La mobilisation des étudiants de l’Université Antilles-Guyane (UAG) contre la loi Pécresse
Valérie Pécresse, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a fait voter son projet de loi relatif aux «Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU) durant les grandes vacances en plein mois d’août, au moment où il était impossible de mobiliser les étudiants.
Cette réforme a pour principal objectif de procéder à une privatisation progressive des Universités en augmentant leur autonomie financière et administrative. Cette autonomie se caractérise par un accroissement des pouvoirs du Président de l’université qui a les mêmes pouvoirs qu’un chef d’entreprise. Il s’agit de donner l’occasion au patronat de s’immiscer dans les affaires universitaires, l’université aura un fonctionnement comparable au conseil d’administration des grandes sociétés. La LRU offre au PDG ou président de l’université une grande liberté d’action, il peut recruter du personnel sans tenir compte du statut de la fonction publique ou disposer comme bon lui semble des biens meubles et immeubles appartenant à l’université, il peut également supprimer une filière qu’il estimera «non rentable». Il est clair que l’intention du gouvernement de Nicolas Sarkozy est de réduire au plus bas les financements de l’Etat au profit de financements privés.
Un groupe d’étudiants de l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG) du pôle de Guadeloupe, n’a pas hésité à s’organiser contre cette loi tout comme des milliers d’étudiants des universités de France. Le mouvement a débuté par une Assemblée Générale (AG) à la mi-novembre. Plusieurs AG se sont déroulées presque tous les jours, des actions de protestations ont été organisées comme la manifestation dans les rues de Pointe-à-Pitre du 20 novembre 2007 avec les travailleurs contre les mesures Sarkozy. Des banderoles de sensibilisation et d’informations ont été érigées à l’intérieur de l’université. Suite à la manifestation une coordination étudiante s’est constituée et a fait voter en AG une plate-forme nationale de revendications qui comprenait trois points de revendications:
- Abrogation inconditionnelle de la loi - Augmentation de 50% du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche;
- Augmentation des aides sociales et au logement étudiant;
Cette plate-forme a été envoyée par courrier au recteur de l’académie de Guadeloupe.
La coordination a en outre fait circuler une pétition qui reprenait ces revendications. Une autre AG a décidé d’organiser le mardi 27 novembre un journée «université en deuil» avec un avis d’obsèques.
Tout comme le mouvement national, la mobilisation étudiante de l’UAG s’essouffle, mais des étudiants n’ont pas hésité à sacrifier leur temps pour informer et mobiliser leurs camarades sur les dangers de cette réforme. Des lycéens ont par ailleurs fait grève en bloquant l’entrée de leur lycée comme le lycée de Petit-Bourg ou le lycée de Sainte-Rose. Un petit groupe d’étudiants continue à informer les lycéens, et prépare une mobilisation générale pour la nouvelle année.
Guadeloupe - Saint-François
Un nostalgique de la belle époque coloniale?
Vendredi 30 novembre quatre jeunes âgés de 13 et 14 ans déambulaient à vélo dans la marina de la commune, quand ils arrivèrent sans le savoir devant un restaurant où se tournait un épisode de feuilleton. Le bruit provenant du bavardage des jeunes déplut au propriétaire du restaurant qui les interpella et se sentit en droit d’administrer deux gifles à l’un d’eux.
Ce dernier revint quelques minutes après avec son père qui reçut lui aussi la même correction. Ce restaurateur blanc, un ancien rugbyman très costaud s’est sans doute cru pour cela parfaitement sûr de lui. Mais, alertée, la population s’assembla, il a fallu l’arrivée des gendarmes pour éviter que l’affaire ne dégénère. Ce genre d’incident en Guadeloupe, où un Blanc se permet de «corriger» des Noirs, alors même qu’il n’a été nullement agressé est interprété presque toujours avec raison par la population comme un acte raciste. Il est vrai que certains milieux blancs affichent une attitude méprisante et raciste envers la population de couleur.
Plaintes furent déposées par les deux parties concernées. Mais les gendarmes s’érigèrent en juges pour déclarer aux parents des enfants: « qu’ils avaient tort parce qu’à 20h les enfants ne devaient pas être dehors ». Cela dit, le rassemblement de la population et le petit scandale qui s’en suivit au sein de la population de St-François auront sans doute rabaissé le caquet du rugbyman. Il ne transformera sûrement pas l’essai.
Martinique
Tremblement de terre: irresponsabilité et imprévoyance des pouvoirs publics
Après la secousse sismique du 29 novembre 2007, l’heure reste au bilan. L’épicentre de ce séisme était situé à 25 km au nord de la Martinique, à une profondeur de plus de 140 Km et son intensité était de 7,3, particulièrement forte donc! Le peu de dégâts humains et matériels en regard de la forte intensité tiendrait à la profondeur du séisme.
Mais l’irresponsabilité et le manque de prévoyance des pouvoirs publics vis à vis de ce qui aurait pu être une réelle catastrophe ont été mis en évidence. Alors que la science et la technologie ont mis en lumière depuis des dizaines d’années les risques et les moyens d’y faire face collectivement et personnellement, force est de constater que bien peu de choses concrètes ont été faites jusqu’à ce jour au-delà des récentes grand’messes sur la «culture du risque».
Alors comment s’étonner, comme l’ont fait divers commentateurs de l’actualité et même des spécialistes, du fait que la population ait eu tendance à paniquer et à avoir un comportement désordonné. L’Etat et les collectivités doivent jouer leur rôle de protection de la personne humaine en mettant au service de tout un chacun une formation et des moyens adaptés aux risques naturels et à leurs conséquences.
Martinique
Tremblement de terre: les établissements scolaires touchés
Le tremblement de terre qui a secoué la Martinique le jeudi 29 novembre 2007 peu après 15 heures a causé une grande frayeur dans la population, mais également des dommages au niveau de nombreux bâtiments. Rectrice, préfet, maires, présidents des Conseils général et régional ont ainsi été contraints de fermer tous les établissements scolaires pour procéder à des contrôles et analyses avant d’autoriser leur réouverture.
Si certains ont pu accueillir normalement élèves et enseignants dès le lundi, d’autres n’ont pu le faire que partiellement, et d’autres pas du tout. C’est ainsi que deux lycées posent problème jusqu'à ce jour: le LP Raymond NEIRIS au Marin et le LP de Trinité. Les autorités disent chercher des solutions.
Lorsque les lois de décentralisation sont entrées en application en 1983 avec le transfert de l’Etat vers les collectivités de ces équipements, de nombreuses personnes avaient dénoncé ce qui apparaissait comme un marché de dupes: l’Etat transférait des bâtiments en mauvais état sans donner l’argent pour l’entretien ou la reconstruction. Or tout le monde sait que cette partie de la planète se trouve dans une région où on dit attendre un séisme majeur. Aujourd’hui, ce sont les nouveaux propriétaires (Région, Département et Communes) qui devront assumer les réparations et reconstructions avec des moyens limités alors que dans le même temps l’Etat accorde des cadeaux par milliards aux plus riches.
Halte aux voleurs de terres à Baie Mahault
(extrait du tract du comité de soutien à Bernadotte et Tiroumale)
M. Lionel TIROUMALE et son frère, M. Aurélien BERNADOTTE, travaillent sur une terre à Moudong qu’ils possèdent depuis… 1934! Ils ont leur acte, leur titre de propriété dûment enregistré. Entre 1990 et 1993, du temps de M. CHAMMOUGON, la SEM-SEROM, société d’économie mixte présidée par le maire et dirigée par M. ALCINDOR avait déjà cherché à s’accaparer la terre des TIROUMALE. Mais les TIROUMALE, les légitimes propriétaires, se sont défendus. Voyant qu’il ne serait pas facile de leur voler leur terre, la SEROM baissa les bras et demanda un arrangement. Elle proposa même d’échanger une autre terre contre celle des TIROUMALE. Ils savaient donc bien qu’elle n’est pas à eux! Mais ce n’est pas fini. En 2007, cette fois sous le règne de M. CHALUS, l’affaire devient plus grave! La SEROM présidée désormais par CHALUS et dirigée par M. DESSOUT vend carrément la terre des TIROUMALE à M. SAADA, propriétaire des magasins But et repreneur potentiel de l’hôtel Kalinda à St François. Messieurs: vendre une terre qui n’est pas à vous, c’est du vol! Le comité de soutien appelait à un meeting devant la maison Tiroumale le vendredi 14 décembre dernier.
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