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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 15 décembre 2007      N° 978


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La répression se poursuit contre les travailleurs de la Générale des Eaux

Plusieurs dizaines de salariés, selon un communiqué des syndicats de la Générale des Eaux, ont été convoqués pour être entendus par les gendarmes du Moule, de Sainte-Anne, Petit Bourg et Morne à l’Eau. La convocation concerne la grève que les travailleurs ont faite en mars 2007. Pourtant, la direction de l’entreprise avait signé un accord stipulant qu’il n’y aurait eu aucune poursuite pour fait de grève. Cette direction autorise les gendarmes à interpeller les salariés sur leurs lieux de travail. Il s’agit là d’un véritable mépris d’une direction qui n’a pas hésité à licencier un travailleur, David Justine soi-disant pour faute grave. Ce licenciement injuste avait mobilisé l’ensemble des syndicats de l’entreprise qui avaient appelé à la grève au début du mois de novembre. Finalement les travailleurs avaient repris le travail dans l’attente d’une décision des Prud’hommes. Ces interpellations sont-elles une forme d’intimidation pour décourager les travailleurs de reprendre l’action pour la réintégration de leur camarade? Cette direction méprisante et arrogante n’a qu’un seul but: empêcher tout mouvement de grève dans l’entreprise et pour cela elle cherche à le faire payer aux travailleurs et à leurs responsables syndicaux.



Martinique
Les salariés des entreprises de transport s’organisent

Le samedi 1er décembre 2007, un peu moins d’une centaine de salariés employés dans des entreprises relevant de l’activité du transport de biens (Conteneurs, béton, marchandises) et de personnes (transports urbains, ramassage scolaire, etc.) se sont retrouvés en assemblée générale à la Maison des Syndicats à Fort de France pour constituer le syndicat CGTM-Transports Terrestres. Dix neuf entreprises étaient représentées.
Les salariés présents ont adopté les statuts de leur syndicat et mis en place une direction composée d’un Conseil d’Administration de dix membres.
Les principaux organes de la presse parlée, écrite et audiovisuelle ont parlé de cette première rencontre dès le samedi soir.
Les interventions des participants ont montré qu’ils attendaient ce moment. Ils ont fait état des gros problèmes qui existent dans ce secteur: conditions de travail, bas salaires, principalement. Mais il s’est très vite dégagé le sentiment qu’il fallait prendre des mesures fermes pour mettre un terme à cette situation. C’est ainsi que tous étaient d’accord pour dire qu’il y avait un avant 1er décembre et qu’il y aura un après 1er décembre.
D’ailleurs dès le lundi 3 décembre, le secrétaire du syndicat était contacté par le président de l’UTAP (Union des Transports Auto chargeurs du Port), le béké Dormoy qui lui a dit que sa porte était ouverte pour discuter de convention collective, de classification… A la bonne heure!
Cette première assemblée générale s’est terminée par un pot fraternel partagé avec les ouvriers agricoles eux-mêmes en assemblée générale.




Algérie
Une visite bien profitable aux capitalistes français

Le 3 décembre 2007, Nicolas Sarkozy s’est rendu en Algérie, pour une visite de trois jours.
Cette visite n’était pas une simple visite de courtoisie, mais l’occasion pour la France et les entreprises françaises de préserver leur influence dans la région, donc d’y faire des profits, à travers un soi-disant «partenariat économique». Après 132 ans d’oppression coloniale, de 1830 à 1962,et une guerre féroce menée par la France contre ceux qui avaient pris les armes pour s’émanciper, après la politique et les propos de Sarkozy envers l’immigration, la mémoire collective du peuple algérien reste évidemment marquée. Sarkozy, à travers un discours, s’est appliqué à flatter d’un côté ceux qui attendaient une repentance du colon en qualifiant le système colonial de «profondément injuste» et contraire aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité. D’un autre côté, il a flatté l’extrême droite, la droite française, les milieux de rapatriés d’Algérie, les Harkis en rappelant que la guerre d’indépendance de l’Algérie a fait «d’innombrables victimes des deux côtés», alors que tout le monde sait que l’agresseur était bien le colonisateur, la France. Après la formulation d’un discours profondément hypocrite, des contrats commerciaux juteux de 5 milliards de dollars ont été conclus. Les grandes sociétés françaises, telles que Gaz de France (GDF) ou Total ont investi 2,5 milliards dans des gisements gaziers au nord-ouest de l’Algérie (Arzew) et à Touat. D’autres accords ont été signés sur la construction d’une centrale thermique par Sonelgaz et Alsthom, et l’exploitation ainsi que l’entretien du métro d’Algérie par RATP-développement. Oui, la présence française s’est quand même poursuivie après l’indépendance. 250 filiales d’entreprises françaises se sont implantées en Algérie, et près de vingt entreprises françaises participent à l’appel d’offre pour racheter des entreprises nationales algériennes. C’est le cas de la cinquième banque du pays, le Crédit populaire d’Algérie, qui fait des envieux: quatre banques françaises concurrentes ( BNP, Société Générale, Crédit Agricole et Banque populaire) envisagent d’accaparer cette banque.



Guadeloupe
Banques AFB: les salariés de la BFC ont gagné une première marche

La direction de la BFC a finalement décidé de payer les jours de grève à l’ensemble des grévistes de l’entreprise. Il s’agit de la grève de décembre 2003 à mars 2004. Ses employés de Guadeloupe, Saint-Martin, Saint Barthélémy, Martinique et Guyane ont été remboursés. Le conseil des Prud’hommes a donné gain de cause à trois salariés qui avaient déposé un dossier pour le remboursement des retenues de salaire. Acculée, La BFC a donc préféré du coup rembourser tout le monde.
Suite à cette grève, le tribunal avait donné raison aux grévistes, avait estimé que la Convention n’avait pas été régulièrement dénoncée par l’AFB et que les salariés avaient été obligés de se mettre en grève pour défendre leurs acquis.
Jusqu’à ce jour les banques AFB (Association française des banques) font de la résistance et refusent de rembourser les retenues de salaire effectuées. Pourtant 11 salariés de la BNP avaient obtenu également un jugement favorable à Basse-Terre et la banque a dû les payer pour pouvoir aller en Cassation. Mais elle refuse de payer les autres salariés et leur demande d’aller au tribunal individuellement.
A la BFC, grâce à la ténacité des salariés et des représentants du personnel de la CGTG, la direction a finalement accepté de payer tous les grévistes sans leur demander d’aller au tribunal. Il reste que le combat est loin d’être terminé car ceux de la BDAF, de la SGBA et de la BNP n’ont toujours pas été remboursés.
Les négociations concernant la Convention Collective se poursuivent et il est clair que la volonté de l’AFB est d’imposer un recul à l’ensemble des salariés. Voilà 7 ans qu’ils se battent pour défendre leurs acquis et à chaque action judiciaire ils obtiennent gain de cause. C’est un combat difficile mais les salariés n’ont pas le choix car les pertes financières seraient trop importantes s’ils acceptaient en l’état ce que veut l’AFB. Cette dernière enverra une délégation en Guadeloupe le 19 décembre prochain et espère arracher une signature pour son projet. Les travailleurs des banques ont une assemblée générale le 10 décembre et diront s’ils acceptent ou pas le projet amendé. Mais ils feront pression pour qu’avant une éventuelle signature, le contentieux du remboursement des jours de grève soit définitivement réglé pour tout le monde. Ils en font une affaire de principe car c’est l’AFB qui a lancé les hostilités.
C’est donc une affaire qui est loin d’être terminée.



Guadeloupe
Mobilisation pour la création d’une nouvelle AFPA

Un collectif pour exiger de la Région la création d’une nouvelle AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) est né quelques jours après la liquidation de l’AFPA. Constitué d’anciens salariés de l’AFPA, d’agents de l’ANPE et de membres d’associations, ce collectif a réuni plus de cent personnes à la Mutualité pour protester contre la disparition de l’AFPA.
Dans l’assistance, plusieurs stagiaires ont pris la parole pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils ont été amenés à poursuivre leur formation. La Région s’était engagée à recaser les 190 stagiaires et à leur proposer la poursuite de leur formation jusqu’à l’obtention du titre qu’ils préparaient à l’AFPA.
Pourtant, les centres de formation qui ont remplacé l’AFPA sont incapables de mener les stagiaires au bout de leur formation. Aucun ne possède les matériels, ni les formateurs expérimentés, ni les contenus de stages que possédait l’AFPA.
Les jeunes en stage ont d’ores et déjà subi une formation tronquée, au rabais. C’est pour exiger la création d’une nouvelle structure permettant aux stagiaires de bénéficier de formations conduisant à des diplômes reconnus que le collectif continue à faire pression sur la Région. Une délégation de ce collectif a ainsi été reçue mercredi 05 décembre par des administratifs de la Région chargés de créer la nouvelle structure.
Ces administratifs ont réitéré les promesses du président du conseil régional, Lurel, lors de la liquidation: une nouvelle structure sera montée rapidement et chargée essentiellement de formations diplômantes. Ils ont affirmé que la Région a lancé un appel d’offre pour reconstituer un centre psychotechnique qui serait chargé de tester les futurs stagiaires de la nouvelle structure.
En réalité, l’équipe de Lurel, après avoir liquidé l’AFPA veut tout simplement livrer tout le marché de la formation aux structures privées qui veulent y faire de l’argent. En Guadeloupe, où ce marché est très étroit, il n’y aura que quelques loups aux dents longues qui s’arracheront les meilleures possibilités pour faire ces profits. Et Lurel en liquidant l’AFPA n’a fait qu’attiser ces convoitises. Il appartient aux anciens salariés de l’AFPA de se battre en élargissant leur combat au reste de la population, pour qu’ils soient réembauchés en priorité dans la nouvelle structure et que celle-ci reste au service des salariés et des chômeurs.



Sainte-Rose
La lutte des occupants de Béron a payé

En novembre 2006, les occupants de Béron à Sainte-Rose se sont mobilisés pour défendre les terres qu’ils occupaient depuis plus de 20 ans. Sur 150 occupants, huit avaient construit leur maison. La majorité possédaient un jardin. La SEMSAMAR (Société d’économie mixte de Saint Martin) a acheté ces terres pour y construire un lotissement. Il y a un an elle a tenté d’expulser les occupants après avoir détruit tous les jardins. Elle a tenté d’expulser également ceux qui ont construit leur maison, mais ces occupants ont réagi en bloquant les travaux de lotissement. Ils ont été cités devant les tribunaux par la SEMSAMAR. Mais grâce à la mobilisation des occupants et au soutien de la population, cette dernière a reculé. Elle a été obligée de négocier avec le comité de défense des occupants. La SEMSAMAR a proposé aux occupants de leur vendre leur terrain à plus de 60 euros le m2. Mais les occupants se sont battus durant un an pour un prix moins élevé. Ils ont finalement accepté de signer un accord pour un montant de 30 euros le m2.
Cette société a finalement réalisé une affaire très juteuse car la plupart des terrains ont été vendus à des particuliers, dans le lotissement, à plus de 60 euros le m2. Elle a pu réaliser de gros profits grâce à la municipalité de Sainte-Rose qui en 1997, dirigée à l’époque par le maire Clodomir Bajazet, lui a vendu ce terrain à moins de 2 euros le m2. Les occupants auraient pu obtenir beaucoup moins que 30 euros le m2 s’ils avaient été tous solidaires. La plupart d’entre eux ont accepté des dédommagements dérisoires pour la perte de leurs cultures. La municipalité dirigée actuellement par le maire Richard Yacou n’a rien fait pour défendre les occupants. Tous ces élus mènent la même politique dans les communes. Ils vendent des terres pour un euro symbolique à des sociétés immobilières au détriment de ceux qui les occupent et les cultivent depuis de nombreuses années. Ils permettent à des margoulins de se remplir les poches.



Popo Mamie, combatif jusqu’à la fin!

Popo Thimoléon, dit Popo Mamie, est décédé le jeudi 16 décembre à l’âge de 94 ans. Il était occupant depuis plus de 20 ans sur les terres de Béron à Sainte-Rose. Il avait occupé ces terres comme de nombreux autres occupants après la fermeture des usines de Sainte-Rose. Il vivait des produits de son jardin et possédait une petite case en bois qu’il avait été le premier à construire sur ce terrain.
En 1997, la Municipalité de Sainte-Rose dirigée à l’époque par le maire Clodomir Bajazet a vendu ces terres occupées à la SEMSAMAR. En novembre 2006, cette société d’économie Mixte de Saint Martin a tenté d’expulser les occupants pour des travaux de lotissement. De nombreux jardins ont été détruits dont celui de Popo Mamie. La SEMSAMAR a tenté de l’expulser en détruisant sa maison mais les occupants se sont mobilisés. Leur comité de défense a pu imposer que Popo Mamie reste à Béron. Un accord a été signé pour qu’une maison lui soit attribuée. Cette maison venait d’être achevée. Malheureusement, Popo Mamie n’a pas eu le temps d’en profiter. Il est mort de vieillesse après avoir lutté durant un an avec les autres occupants pour ne pas être expulsé. Mais il a beaucoup souffert moralement de cette situation et n’a pas accepté d’avoir perdu son jardin créole. Le comité s’est mobilisé pour ses obsèques et lui a rendu un hommage émouvant.