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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 12 janvier 2008 N°
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Page 3
Mobilisation des précaires de l'éducation nationale
Suite aux manifestations en Martinique des agents sous contrat
précaire dans les écoles, ceux de Guadeloupe se sont mobilisés. Ils
occupent des postes indispensables: tâches d'entretien,
d'encadrement des élèves, activités administratives, reprographie...
Le nombre d'agents titulaires est nettement insuffisant et décroît
régulièrement. Avec le délabrement des bâtiments la charge de
travail augmente.
L'Education nationale, comme bien d'autres administrations, a
trouvé cette solution de travailleurs à temps partiel à 700 ou 850
par mois avec des contrats de 24 mois maximum. Une fois formés à la
tâche qu'ils effectuent ces salariés sont jetés à la rue.
Cette année les concernés ont décidé de dire ASSEZ! Ce sont les
premiers contrats d'avenir (ou contrats de Villepin, qui ont débuté
en 2005). Leur contrat est terminé pour certains ou finit le 31
janvier 2008 pour d'autres. Mobilisés vendredi 5, menaçant d'aller
rejoindre le premier ministre à la rue Frebault, ils ont été reçus
par un membre de la délégation de Fillon.
La revendication est la création de postes de titulaires, le refus
de diminutions des emplois dans les établissements scolaires (le
nombre de contrats précaires doit baisser de 36 % dans l'hexagone).
Rendez vous a été pris le 9 janvier à 15h au CREPS aux Abymes.
Martinique
Aggravation des conditions de travail et licenciements pour les
ouvriers de la banane
Depuis le cyclone Dean, les ouvriers de la banane sont en
chômage partiel ou en formation, très peu travaillent sur les
habitations. Ces mesures permettent le maintien des contrats de
travail, donc le maintien d'une main d'oeuvre disponible
immédiatement pour les récoltes.
La majorité des ouvriers en chômage partiel ne touche que 60 à 70%
de leur ancien salaire. Quand on sait qu'ils sont presque tous dans
cette situation, cela signifie qu'ils touchent des indemnités de
misère, qui leur permettent tout au plus de survivre et beaucoup
sont obligés de solliciter la solidarité familiale.
Mais le retour sur les habitations n'est pas plus favorable. Déjà,
plusieurs employeurs après avoir empoché les aides ont procédé à
des licenciements. Ainsi à l'habitation EURL Prud au François, 6
salariés ont été licenciés. Des menaces de licenciement planent sur
45 salariés à l'habitation Sigy sous prétexte que l'électricité
n'arrive pas au hangar. Sur les habitations Union au Lamentin,
Trianon au François, les employeurs veulent aggraver les conditions
de travail en exigeant plus de travail pour le même salaire. Ces
patrons considèrent que les délégués les gênent dans leur projet,
et ils voudraient bien s'en débarrasser car ils disent que partout
ailleurs les aggravations qu'ils préconisent sont déjà appliquées.
En réalité cela n'est pas vrai, car les entreprises ont des
manières de travailler diverses même s'il y une convention
collective, que les employeurs s'empressent de ne pas
respecter.
La reprise se présente comme difficile pour les salariés, d'autant
que les patrons pour toucher les aides à la production POSEI,
doivent maintenir leur tonnage de référence. Ainsi il s'agit pour
eux de revenir le plus rapidement possible au niveau de production
antérieur.
Si l'Etat a bien géré les difficultés des patrons, il n'en est pas
de même pour celles des ouvriers qui auront intérêt à se rassembler
pour faire face aux attaques à venir avec la reprise du travail sur
les habitations.
Martinique
Transport d'hydrocarbures. Non aux licenciements abusifs
Le lundi 24 décembre 2007, les médias ont annoncé que les
chauffeurs chargés de livrer le carburant de la SARA (Lamentin) aux
stations service avaient arrêté de travailler. Cette décision des
chauffeurs, portée à la connaissance des médias le matin même peu
avant 6h par leur syndicat, a semé une pagaille que certains,
hostiles par nature aux travailleurs ou déjà conditionnés, ont
qualifié de prise d'otages. La veille, le dimanche 23 décembre, le
syndicat avait déjà alerté l'Inspecteur du Travail chargé des
Transports (ITT) par courrier électronique lui demandant
d'intervenir. Une copie de cette lettre a été également adressée au
préfet très tôt lundi matin par le syndicat.
La cause de cette affaire?
7 salariés d'une société de livraison de carburant dans les
stations service, Transport Alexandre (Translex) SA, ont décidé en
juillet 2007 de demander des rappels de salaires à deux sociétés
qui en fait ne font qu'une, en remontant sur 5 ans: Transalex SA et
Transalex Sarl. Ils ont donc saisi le Conseil des Prud'hommes.
Lorsque l'affaire est venue devant le Bureau de conciliation le 6
novembre 2007, les patrons ont déclaré qu'ils ne paieraient pas
pour deux raisons: d'abord parce les montants demandés étaient trop
importants et ensuite parce que 2 des salariés avaient créé une
société qui pourrait leur faire une concurrence. Ils accusaient ces
deux salariés de manquer de loyauté. Un comble de la part de ces
patrons. Par la suite, l'avocat des patrons, qui avait tenté un
chantage sur les salariés, informa qu'il exercerait des
représailles par cette formule: «man kaï pigé grainn zot».
Quelques jours plus tard, le 23 novembre 2007, les salariés ont été
convoqués en entretien préalable pour un éventuel
licenciement.
Le lundi 26 novembre 2007, les patrons tentèrent une manoeuvre pour
créer une faute imputable aux salariés en les déclarant absents,
alors qu'ils n'avaient jamais sollicité d'autorisation d'absence.
Après intervention de l'inspecteur du travail, les choses étaient
rentrées dans l'ordre et les salariés avaient repris leur travail
jusqu'au 22 décembre, jour de la réception de leurs lettres de
licenciement.
Les patrons pour justifier leur décision de licencier évoquent la
création de la société pouvant faire concurrence à leur propre
entreprise. Tout cela n'est que prétexte, car ils ont été informés
dès le mois de mars 2007 de cette création.
En fait la vraie raison de ces tentatives de licenciements c'est le
fait que des salariés aient saisi les Prud'hommes pour demander des
rappels de salaires et leur refus de retirer leurs demandes. Et les
patrons ont décidé de passer aux représailles comme l'avait annoncé
leur avocat.
Certains que l'ensemble des chauffeurs auraient réagi, ils ont
posté les lettres de licenciement le 20 décembre et elles sont
arrivées les 22 et 24 décembre 2007. Les patrons, sur les conseils
de leur avocat, ont choisi cette période de l'année, selon toute
vraisemblance avec l'arrière pensée de pousser la population à s'en
prendre aux chauffeurs. Et il aurait été facile de dire que les
chauffeurs avaient décidé de prendre la population en otage le jour
du réveillon de Noël. D'ailleurs, l'avocat des patrons tenta
vainement de faire le préfet envoyer la police pour dégager la SARA
qui n'était pas bloquée comme pouvait le constater les policiers
des RG envoyés sur place par le préfet.
Les salariés chauffeurs n'avaient pas programmé de ne pas
approvisionner les stations service le lundi 24 décembre. Mais ils
l'avaient dit dès le dimanche 25 novembre au cours de leur réunion
commune avec les employés de stations service: comme des joueurs
d'une équipe de foot, ils sont sur le terrain et prêts. Que les
arbitres, en l'occurrence Mrs Alexandre, donnent le coup d'envoi et
la partie s'engage.
Les négociations qui se sont déroulées n'ont pas permis de parvenir
à l'annulation des licenciements. Les salariés et leur syndicat ont
donc décidé de porter l'affaire devant les Prud'hommes qui en
débattront à la fin du mois de janvier. Ils feront la démonstration
que les patrons, aidés par leur avocat, méprisent la loi et
s'assoient dessus dès qu'ils n'y trouvent pas leur compte. Ce
dossier est donc loin d'être refermé.
Echos des entreprises
Guadeloupe
Extraits de l'écho de l'aéroport
SORI: LES RESPONSABLES N'ONT ILS PAS VU ARRIVER LA HAUTE SAISON?
Depuis quelques jours c'est la panique. On nous demande de changer nos horaires, nos jours de repos. Le but: être là lors des arrivées massives de voyageurs.
Cette méthode «approximative» de gérer nos horaires montre que nous sommes traités comme des pions. Elle montre aussi le manque de sérieux de la direction qui découvre brusquement que c'est la haute saison
.
...POUR LA HAUTE SAISON, IL MANQUE DU PERSONNEL
Enfin cela montre la volonté de nous faire travailler en sous-effectif. Les jours où nous étions prévus et où nous ne venons plus, nos collègues doivent faire notre travail. Et nous mêmes, les jours d'affluence, ne sommes pas en nombre suffisant. Qu'attend la direction pour embaucher?
AVIATION CIVILE: LA MALÉDICTION DU LOCAL SYNDICAL
Parmi les «expulsés» de l'aérogare sud figure le local syndical de l'Aviation Civile. Pendant des années les syndicats étaient confinés dans un cagibi inutilisable. Alors qu'enfin ils pensaient voir le bout du tunnel, avec un double local près des boutiques au sud, voilà que la CCI en interdit l'utilisation...
Faudra-t-il un séisme social pour que les syndicats de Guadeloupe soient enfin placés dans des conditions acceptables, comme c'est le cas pour leurs collègues de Martinique et Guyane?
Guadeloupe
Extrait de l'écho de l'ANPE
QUAND CERTAINS VEULENT REFAIRE L'HISTOIRE
D'aucuns se sont étonnés, deux ans après, que la direction ait décidé, à l'époque, de fermer les locaux du Plazza. On aurait pu se contenter, disent-ils de faire des travaux dans ces locaux. Après coup, certains ont vite fait d'afficher des certitudes sur la nature des émanations dont ont été victimes nos collègues de Pointe-à-Pitre.
Pas la peine de chercher plus loin: si Charpy, de passage à l'époque en Guadeloupe, a pris la décision de fermer ces locaux infestés par on ne sait quel gaz, c'est grâce à la mobilisation collective des agents de Pointe-à-Pitre soutenus par leurs collègues des organisations syndicales.
Ce «collectif de lutte» dont la direction ne souhaite jamais entendre de nouveau parler!
SEULE LA LUTTE PAIE
Nous étions 27 agents en grève en Guadeloupe le 27 novembre. Et nous avions raison de l'être car nul ne sait ce que nous prépare la direction de l'ANPE et le gouvernement réactionnaire de Sarkozy.
La seule chose qu'on sait avec certitude c'est que s'il n'y a pas de lutte collective d'ampleur, la pilule sera encore plus difficile à avaler!
Echo des Telecoms
Le rachat des congés... minoritaire
A FT, selon une récente enquête nous serions 22 555 sur 100 000 a avoir accepté la proposition d'obtenir le paiement de nos congés annuels et RTT dans la limite de 20 jours. En moyenne nous aurions demandé le paiement de 9 jours de congés. Notons tout d'abord que ces cama rades sont loin de constituer la majorité des salariés de l'entreprise. La grande majorité préfère «travailler moins».. pour gagner, sinon plus, au moins autant et surtout gagner en santé.
PLANTATIONS EN LUTTE
PRIME DE FIN D'ANNÉE: LES PATRONS DOIVENT RESPECTER L'ACCORD
Cette année encore, sur les plantations où nous avons été ou sommes encore organisés, les patrons vont pour la plupart respecter l'accord sur la prime de fin d'année et nous paieront en une ou plusieurs fois les 609,80 (4000F). D'autres, et c'est notamment le cas d'un patron bien connu de la place un certain T. D... vont trouver toutes sortes de manoeuvre pour ne pas nous payer. On rappelle que ce monsieur avait payé seulement la moitié de la prime en 2006 et avait gardé le reste de notre argent. Il avait organisé un repas qui en fait nous a coûté 2000F, même pour ceux qui n'avaient pas mangé.
Et ce sont les patrons de cette espèce qui prétendent que les syndicats «tuent» la banane. En fait ces patrons aimeraient ne respecter qu'une «loi» : s'enrichir le plus possible sur le dos des travailleurs, sans leur payer le minimum que prévoient les lois et certains accords.
L'AFFAIRE DORMOY-KITTÉRIMOUTOU...
On se souvient que ce camarade licencié abusivement par L. Dormoy avait porté l'affaire devant les Prud'Hommes. Et en dépit des «histoires» racontées par ce patron de choc et l'appui qu'il a reçu de deux salariés, il était évident qu'il s'agissait d'un licenciement abusif.
Notre patron de choc en est pleinement conscient. Et maintenant il fait des propositions au camarade: 3000 Euro pour commencer. Refus... nouvelle proposition... 15000 Euro et toujours refus... Et oui, on ne peut pas tout acheter avec l'argent. En tout cas pas la dignité de notre camarade.
Martinique
Echo des hôpitaux
Secousse sismique: Irresponsabilité et imprévoyance des pouvoirs publics
L'une des choses mise au grand jour par la secousse sismique du 29 novembre, c'est l'irresponsabilité et le manque de prévoyance des pouvoirs publics vis à vis de ce qui peut être une réelle catastrophe. On l'a vu, bien peu de choses concrètes ont été faites jusqu'à ce jour au-delà des récentes grandes messes sur la «culture du risque».
Le manque de moyens de l'Etat a été invoqué pour expliquer ce retard. Pourtant dans cette société du 21ème siècle et dans la situation économique de la France et aussi de la Martinique, ce ne sont pas les richesses qui manquent pour obtenir les moyens nécessaires. Mais voilà, l'argent va plus facilement dans les poches des riches sous formes de subventions et autres cadeaux fiscaux.
Dégats à la tour du CHG de trinité
Après la secousse sismique, la fragilisation de la Tour de huit étages du CH Trinité est immédiatement apparue. Certains patients ont été envoyés sur le CHU de la Meynard, le CH du Lamentin ou l'hôpital du Lorrain. Certains personnels soignants ont été également redéployés sur ces établissements.
Après la venue d'experts, il a été décidé que l'activité pourrait reprendre assez rapidement dans les 3 premiers étages de la Tour.
Il n'empêche que dans cette situation, les personnels ayant des emplois précaires ceux qui font partie de pool de remplaçants, se sentent menacés. Et tous devront rester vigilants.
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