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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 12 janvier 2007      N° 979


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Quand le pétrole sert de prétexte pour davantage présurer les travailleurs

La ministre de l'économie, Christine Lagarde vient de l'annoncer: l'inflation va augmenter en 2008. Autrement dit: l'augmentation des prix va continuer. Elle précise que l'augmentation sera générale, avec une priorité aux produits de l'agriculture; c'est dire que les produits de première nécessité tels que le pain, le lait, les légumes subiront encore des hausses. En 2008 donc le pouvoir d'achat des travailleurs va encore diminuer!
La cause? Pour tout le monde c'est la faute au pétrole. Le pétrole dont le prix n'arrête pas de grimper, franchissant cette semaine une barrière dite fatidique de 100 euros le baril (159 litres). Et puisque le pétrole est plus cher et que c'est la source d'énergie principale on veut nous faire croire qu'il est naturel d'accepter que ces augmentations de prix se répercutent sur les produits manufacturés.
Quand à la hausse du pétrole on nous dit que c'est la faute aux Chinois et aux Indiens qui en demandent toujours plus (la demande est passée de 50 millions de baril par jour à 80 millions); aux conflits guerriers dans certaines zones de production qui prétendent certains, créent une raréfaction de l'or noir. Tous ces mensonges sont distillés sans arrêt avec l'aval de soi-disant spécialistes de toutes sortes. En fait depuis 1810, les «experts» prédisent l'épuisement des puits de pétrole. Il ne faut pas oublier qu'en 1971, lors du premier choc pétrolier, on avait également fait croire que les puits étaient presque épuisés. Mais peu de temps après, quand les prix des produits pétroliers ont considérablement augmenté, ils n'en était plus question. Au contraire il faut savoir que cette demande fait le bonheur des capitalistes. Jamais on n'a pompé autant de pétrole, ni prospecter autant de nouvelles nappes pétrolifères. La raréfaction avancée actuellement n'est qu'un moyen pour contraindre les consommateurs à payer plus. Un moyen de les gruger. Car en réalité, c'est la spéculation dont le pétrole est aujourd'hui l'objet qui est responsable de la montée vertigineuse des prix. D'ailleurs certains spécialistes, un peu moins malhonnête y font allusion. Mais on ne leur permet pas de parler trop souvent. Ceux qui ont la parole sur le sujet ne veulent pas dénoncer la cupidité des capitalistes. Ce sont eux pourtant la cause principale de l'appauvrissement permanente des travailleurs. Les bourgeois spéculent sur le pétrole pour augmenter leurs fortunes au détriment de la bonne marche de toute la société.
Pour cette bourgeoisie qui n'investit quasiment plus dans la production, il faut placer son argent et le faire fructifier. Les valeurs refuges se font rares, les «bulles spéculatives» éclatent les unes après les autres, (exemple de la crise de l'immobilier aux USA). Il ne reste aujourd'hui que de rares valeurs refuges: l'or et le pétrole notamment dont les actions se vendent comme des petits pains.
Comme tous les possesseurs de capitaux veulent des actions dans le pétrole, des actions qui ont doublé de valeur en 2 ans, alors les prix des actions s'envolent.
Aujourd'hui les actions montent, demain cela se répercutera sur les prix du pétrole, puis sur les prix à la pompe, puis sur tous les autres produits de la vie courante. Tandis que le porte-monnaie de la bourgeoise gonflera, celui des travailleurs se videra.
Tout cela est cautionner part les politiques qui nous font croire à l'inéluctabilité du phénomène quand ils ne nous rende pas coupable de gaspillage!



PAKISTAN
ASSASSINAT DE BENAZIR BHUTTO

Le 26 décembre 2007, Benazir Bhutto, dirigeante du Parti Populaire du Pakistan (PPP) a été assassinée. On parle d'un homme qui a tiré plusieurs balles qui ont atteint B. Bhutto au cou, et d'un autre qui a fait exploser une bombe placée dans sa ceinture. On ne sait toujours pas qui, des coups de feu ou de la bombe, ont provoqué la mort de B. Bhutto. L'attentat a fait plus de trente victimes. Le 18 octobre 2007, elle avait échappé à un premier attentat qui a causé la mort à 136 personnes. Elle venait d'entrer d'exil au Pakistan pour participer aux élections législatives prévues pour janvier 2008, élections qui ont été reportées, suite à son assassinat.
Benazir Bhutto a été premier ministre de 1988 à 1990 et de 1993 à 1996. Elle fut la première femme élue à la tête d'un pays musulman. Mais en 1998, accusée de corruption, elle a du s'exiler en Angleterre pour échapper à des poursuites judiciaires. L'actuel président, Musharraf l'avait récemment amnistiée ce qui avait permis son retour au Pakistan et sa participation à la campagne électorale.
Plusieurs hypothèses sont possibles quant au commanditaire de cet assassinat. La branche d'Al-Qaida et les groupes d'opposants islamistes du Pakistan ont été tout de suite désignés par les autorités pakistanaises. Mais Al-Quaïda a nié sa participation à cet acte, en déclarant qu'il ne s'attaque pas aux femmes. Certains y voient aussi la main du pouvoir en place, c'est-à-dire le gouvernement pakistanais dirigé par Musharraf. En tous cas, les partisans de Benazir Bhutto reprochent au gouvernement de n'avoir pas protéger leur dirigeante contre les menaces qui pesaient sur elle.
La presse occidentale présente B. Bhutto comme une démocrate qui pouvait diriger le Pakistan avec plus de liberté. En réalité cette femme ne visait que le pouvoir auquel elle avait déjà participé. Son action politique n'a rien porté aux couches les plus pauvres. Elle était membre d'une riche famille de gros propriétaires terriens dont certains membres ont également été au pouvoir. Son père Ali Bhutto a été président de la république et premier ministre dans les années cinquante et soixante. C'est lui qui a crée le PPP. Au pouvoir, il a pratiqué la torture et les assassinats contre les opposants. Renversé par un coup d'état militaire en 1977 il a été exécuté. Un des frères Bhutto a cherché également à prendre le pouvoir contre sa soeur. Il a été assassiné. C'est finalement la fille de l'ex-président qui est arrivée au gouvernement. Le clan Bhutto et son héritière Benazir n'ont rien d'un courant démocratique comme on veut le faire croire, et a un passé tout autre, marqué par la soif de pouvoir, la violence répressive et la corruption.
Le Pakistan a toujours été confronté à une misère profonde, qui a favorisé le recrutement des groupes islamistes. La majorité de la population est musulmane et différents groupes islamiques opposants au pouvoir ont été infiltrés par des mouvements terroristes liés aux Talibans qui campent à la frontière pakistano afghane. L'intervention américaine en Afghanistan a exacerbé le mécontentement y compris au Pakistan où règne depuis plusieurs années une instabilité politique sous fond de crise économique.



HAITI
Quand Marsin joue au chef d'Etat

Le sénateur maire est allé en visite en Haïti le 31 décembre, il accompagnait le Secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie dans une visite aux hauts dignitaires de l'Etat Haïtien. Il a promis un partenariat avec la Guadeloupe en vue de développer le pays d'Haïti notamment dans le domaine de l'infrastructure routière.
Certes Haïti a besoin d'un sérieux coup de pouce en ce qui concerne son développement, mais quand on voit avec quel succès Marsin nettoie devant sa porte, il y a de quoi rire. Chez nous, les routes ne sont saupoudrées de goudron que tous les 4 ans à l'approche des élections municipales, il a fallut qu'un préfet traite nos élus de malpropres pour qu'ils se penchent sur le dossier des ordures ménagères. Régulièrement les fonds européens repartent à cause de dossiers incomplets présentés par ces incapables et ils se permettent d'aller jouer les Don Quichotte chez les autres?
Il suffit à Marsin d'un petit tour en Haïti avec son ministre pour jouer au chef d'Etat en appliquant leur tactique faire des promesses sans lendemain.



JAMAIQUE
UN BILAN INQUIETANT DES VIOLENCES

A l'heure des bilans, le gouvernement jamaïcain s'inquiète de l'augmentation catastrophique des violences: entre 2004 et 2007 les dépenses hospitalières relatives aux soins apportés aux blessés ayant subi des violences ont été multipliées par trois. La dépense totale atteint 4% du produit national brut.
Indépendamment de l'importance des sommes allouées à ces soins -plusieurs milliards de dollars- les crimes et autres coups de feu, du fait de l'urgence des blessures, ont entraîné l'interruption d'une opération chirurgicale sur 3. Egalement le bilan fait état de l'influence néfaste qu'ont ces violences sur les enfants et les jeunes qui en sont témoins.
La situation d'inégalités et la misère d'une grande partie de la population la jettent dans toutes sortes d'activités illégales génératrices de violences. En particulier les politiciens de la Jamaïque n'ont pas hésité, avec les élections en 2007, à utiliser des gangs qu'ils arment contre leurs adversaires. Le gouvernement lui-même signale dans ce rapport- bilan que la délinquance en col blanc, celle des nantis souvent appelés «des gens bien» est à l'origine de nombreux crimes de sang. En Jamaïque comme ailleurs c'est la société d'exploitation qu'il faut renverser.



KENYA
Derrière la lutte pour le pouvoir, la lutte pour l'accès à la mangeoire

Après plusieurs semaines de manifestations et d'émeutes contre les résultats des élections présidentielles du 27 décembre, un calme précaire régnait dans les villes de l'ouest du Kenya. Plus de 360 personnes ont déjà trouvé la mort depuis ce vote qui a vu la réélection du président sortant Mwaï Kibaki. Plus de 100 000 personnes se sont déplacés pour fuir la zone des affrontements. Pour le chef de l'opposition, Raila Odinga, l'ancien président doit sa réélection à une fraude portant sur 300 000 voix, et il exige qu'une nouvelle élection soit organisée d'ici trois mois, «selon des règles du jeu transparentes et démocratiques». Mais «l'élu» ne l'entend pas de cette oreille. Le porte parole du gouvernement a répondu que: «Le gouvernement ne cédera jamais au chantage. Les gens devraient cesser d'utiliser la violence comme forme de chantage» pour obtenir de nouvelles élections.
Dans cette lutte entre clans opposés, tous les moyens sont bons pour accéder au pouvoir ou le conserver quand on y est. Et les tentatives de certains responsables africains comme Desmond Tutu, ou d'autres comme le secrétaire général de l'ONU pour essayer de mettre fin au conflit sont presque à coup sur, vouées à l'échec. D'ailleurs Mwaï Kibaki a déjà déclaré qu'il «n'était pas opposé à la formation de coalitions» en ajoutant cependant: «Mais soyons clairs, cela suppose l'acceptation qu'il existe une autorité qui gouverne dans le pays». C'est-à-dire lui. Et qui dit autorité qui gouverne dit qui va partager le gâteau. Et c'est justement parce que R. Odinga veut être l'autorité qui dirige qu'il refuse jusqu'à présent les propositions d'union derrière M. Kibaki. Car en Afrique, et cela est valable pour tous les pays sous-développés, être au pouvoir signifie avoir accès aux richesses, ou plus modestement avoir accès à la mangeoire. Ceux qui sont en place peuvent placer leurs parents, leurs acolytes. Et très souvent les membres influents de leur clan. Et ainsi être sûrs de pouvoir disposer comme bon leur semble des quelques sous qui passent dans les caisses de l'Etat, ou profiter des miettes que laissent les grandes entreprises multinationales qui pillent les richesse de ces pays. On connaît par exemple la fortune de Bongo, le dictateur qui est à la tête du Gabon depuis 40 ans. Ou celle de feu Mobutu qui a régné très longtemps sur le Zaïre, l'ex-Congo Belge. D'ailleurs au début des affrontements, certains journalistes ont parlé de luttes ethniques, à l'image de ce qui s'était produit au Rwanda. Cela n'en a pas l'ampleur, mais en fait, les deux protagonistes, Kibaki et Odinga sont soutenus chacun par les membres de leurs ethnies respectives qui représentent ensemble à peine 30% de la population du Kénya.
A l'heure où nous écrivons la situation semble s'apaiser. Les rassemblements et manifestations prévues par le candidat malheureux ont été annulés. Il est vrai que pour le moment l'armée et la police qui soutiennent l'homme en place quadrille les zones en effervescence. Les marchandages sous l'égide de la secrétaire d'Etat adjointe américaine chargée des Affaires africaines qui a prévu de rencontrer les deux protagonistes vont peut être commencer. Arrivera-t-on à réconcilier Kibaki et Odinga, rien n'est moins sur. Sauf si les Etats-Unis y mettent tout leur poids et peut-être quelques moyens.