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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 26 janvier 2008 N°
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À la Une
Éditorial
UN SYSTÈME ÉCONOMIQUE QU'IL EST URGENT DE REMPLACER
Le système économique américain est malade. Celui des autres grandes puissances industrielles ne va guère mieux. Les cours des Bourses dégringolent. New York a reculé de 8,8% depuis le début de l'année, Paris de 9,3%, avant de perdre encore 5% le 21 janvier à la mi-journée. Et malheureusement cela ne concerne pas que les actionnaires qui ont accumulé suffisamment de profits au cours des années passées pour voir venir. Cela concerne aussi l'ensemble de la population laborieuse, car la récession économique qui s'annonce risque de signifier un nouveau recul du pouvoir d'achat, de nouvelles suppressions d'emplois et donc une aggravation du chômage. Si l'optimisme est de commande parmi les gens qui nous gouvernent, bien des hommes politiques et des économistes n'écartent pas la perspective d'une crise économique grave, comparable à celle qui avait frappé le monde capitaliste en 1929, et qui l'avait précipité vers la Deuxième Guerre mondiale.
La fatalité? Certainement pas. C'est le produit du système économique dans lequel nous vivons. Depuis des années, les grands groupes capitalistes n'investissent que très peu dans la production. Ils augmentent leurs profits en faisant faire le même travail par moins de bras et de cerveaux, en réduisant les effectifs, en bloquant les salaires. Et pour placer les énormes bénéfices ainsi dégagés, banques et entreprises se prêtent mutuellement des fonds contre intérêts, pour acheter participations ou concurrents, un système tellement opaque qu'elles-mêmes ne s'y retrouvent pas.
La crise des crédits hypothécaires, qui est apparue au grand jour l'été dernier aux États-Unis, a été le révélateur de cette situation. Contrairement à ce qui se passait auparavant, les banques ne prêtent plus d'argent à celles qui ont des difficultés, faute de savoir si les banques qui leur demandent du crédit seront solvables. A la Bourse, les spéculateurs vendent les actions des entreprises dont ils pensent que la solidité est compromise par la crise financière en cours. Il n'y a que les banques centrales, celles des États et la Banque européenne, pour injecter des masses d'euros ou de dollars provenant de l'argent des impôts dans les circuits. Mais chacune de leurs interventions, comme le dernier plan Bush aux USA, en soulignant la gravité de la crise risque de l'aggraver. Et de toute manière, c'est à la population laborieuse qu'on présentera ensuite la note.
C'est cela le système capitaliste à notre époque. Un système dont la droite nous dit qu'il est le meilleur du monde. Un système que les partis de gauche, Parti socialiste et Parti communiste, acceptent, en nous disant que le seul système économique possible est "l'économie de marché", c'est-à-dire précisément le système capitaliste.
Or ce système ne peut pas se réformer, se "moraliser". C'est sa logique même qui est en cause, la recherche du profit individuel comme moteur de toute la société.
Le mouvement ouvrier est né en contestant ce système, en se donnant pour objectif une société dont l'économie travaillerait à satisfaire les besoins de tous, et non à permettre à une petite minorité de privilégiés de s'enrichir sans cesse davantage sur le dos des travailleurs. Le socialisme, le communisme, cela signifiait l'appropriation par l'ensemble des travailleurs des grands moyens de production et de transport. Le Parti socialiste, le Parti communiste français ont renoncé à cela, parce que leurs dirigeants se sont intégrés au système. Mais le problème reste entier.
Certains pensent que les idées qui étaient celles du mouvement ouvrier à sa naissance sont dépassées. C'est une manière de voir les choses... qui ne laisse aux travailleurs que leur yeux pour pleurer devant les drames que le système capitaliste continuera d'entraîner.
Mais c'est le système capitaliste qui est dépassé. Et lutter pour le remplacer par une économie fonctionnant dans l'intérêt de tous nous coûterait moins de sacrifices que de continuer à le supporter.
Arlette Laguiller
Combat Ouvrier participera aux élections municipales de Mars 2008
Nous serons présents dans les communes suivantes : Abymes, Baie Mahault, Sainte Rose, Moule, Capesterre-Belleau et Pointe-à-Pitre. Des listes municipales sont donc en préparation ou sur le point d'être finalisées dans toutes ces communes.
Cependant, dans ces six communes, nous sommes disposés à contracter une alliance avec les listes de gauche. Nous entendons par là, le Parti Communiste et le Parti Socialiste. Nous avons engagé des contacts et des discussions avec différents porte paroles et/ou têtes de liste de ces partis.
Nous sommes prêts à collaborer loyalement au succès de ces listes et à retirer les nôtres à condition toutefois que nous soyons partie prenante effective de ces listes de gauche.
Nous avons, en effet, la volonté de participer activement à la vie politique municipale dans toutes ces communes afin de contribuer à la réalisation d'une politique favorable aux intérêts des classes laborieuses, luttant contre le chômage, favorisant le logement social et améliorant les conditions générales de vie de toute les couches populaires.
Une telle politique ne peut que s'opposer à tous les représentants locaux, communaux, de la droite sarkosyste. Car ceux-ci, inévitablement, cautionnent et appliquent la politique anti-travailleurs, antipopulaires du gouvernement Sarkozy- Fillon.
Nous rendrons publics nos démarches qui vont dans le sens de l'action unie face à la droite sarkosyste et aux transfuges de gauche qui l'ont rejointe. De cette façon, les travailleurs et la population laborieuse seront témoins et juges de ces discussions et de leur aboutissement.
Anaïs Philippe François, Jean-Marie Nomertin (Capesterre-Belleau );
Danielle Diakok (Abymes);
Claude Fletcher (Le Moule);
Max Céleste (Baie-Mahault);
Marie-Agnès Castrot (Pointe-à-Pitre);
Lita Dahomay (Sainte-Rose).
Pointe-à-Pitre le mercredi 16 janvier 2008
Martinique
BANAMART: LES TRAVAILLEURS REMPORTENT UNE MANCHE
Après le passage du cyclone DEAN, les plantations de bananes avaient beaucoup souffert. Pas une plante adulte n'avait résisté à ce phénomène naturel. Certains disaient que ce cyclone était une catastrophe économique pour la Martinique.
A Combat Ouvrier, nous avions écrit que ce cyclone pourrait constituer une aubaine économique pour de nombreux planteurs qui, sous prétexte que la banane va mal, que les pays d'Amérique centrale ont des coûts plus bas, chercheraient à se séparer de leurs ouvriers. Et cela n'a pas raté.
Banamart, ce groupement dirigé par Frédéric de Reynal, avait été un des premiers à dire qu'il fallait qu'il se débarrasse d'une partie de son personnel.
Il a donc informé ses employés que 18 d'entre eux seraient licenciés car DEAN avait grevé les comptes du groupement. Ce qui a amené les employés à se mettre en grève depuis le 12 janvier 2008. Devant leur détermination, la direction de Banamart a fait semblant de proposer des solutions de reclassement. Proposant par exemple à une employée comptable depuis des années un emploi... d'ouvrière agricole!
Les employés ont refusé en bloc les propositions de la direction de Banamart et ont occupé le siège du groupement nuit et jour. Ils ont en outre bénéficié du soutien des dockers et des petits planteurs. Finalement, la direction a dû se rendre à l'évidence: ses mesures ne passeraient pas. Elle les a donc annulées. Car se poserait un problème pour faire partir les premiers conteneurs des premières récoltes d'après DEAN.
Voilà donc une victoire des travailleurs qui devrait servir d'exemple!
Guadeloupe
LES PATRONS DE LA BANANE ONT DEJA TOUCHÉ
Les patrons de la banane sont «aux anges». En effet trois mois seulement après le passage de l'ouragan Dean, ils ont reçu en espèces sonnantes et trébuchantes:
- 2,5 millions d'euros de l'assemblée régionale,
- et 900 000 euros de l'Etat.
Le directeur du groupement «Les planteurs de Guadeloupe» qui a donné cette information n'a pas caché la joie des membres lors d'une intervention sur les médias. On ne peut pas dire que les pouvoirs publics ont été aussi généreux avec les ouvriers de la banane.
Mais il y a quelque chose de peu clair dans cette affaire: selon les planteurs, les pertes occasionnées par l'ouragan Dean étaient de l'ordre de 7 millions d'euros. Ils viennent de toucher 3,4 millions d'aide et pourtant ils sont déjà heureux. Alors, de deux choses l'une: où ils ne sont pas gourmands et se contentent de récupérer un montant égal à la moitié de leurs pertes déclarées, ce qui serait surprenant de leur part. Ou ils ont fait comme cette catégorie bien connue de commerçants qui vous déclarent un prix très élevé pour vous faire un soi-disant gros rabais, alors qu'en réalité ils vous arnaquent même en vous vendant à la moitié du prix annoncé. Mais voilà c'est que l'Etat et les assemblées ne sont pas trop «regardants» quand il s'agit de verser l'argent public dans les coffres-forts des planteurs, surtout quand cet argent va essentiellement grossir la fortune des gros planteurs.
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