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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 26 janvier 2008      N° 980


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Menaces sur les crèches et garderies

Les gestionnaires des crèches et garderies privées ont fermé leur établissement le lundi 21, pour réclamer davantage d'aides financières. Ils se sont mobilisés devant la sous- préfecture de Pointe-à-Pitre avec le soutien des parents. Ce mécontentement a pour cause le changement de mode de paiement des crèches et garderies. C'est la prestation de service unique (PSU) appliquée en France qui doit dorénavant être appliquée en Guadeloupe par la Caisse d'Allocation Familiale. Cette prestation, si elle favorise les parents qui bénéficieront de la baisse des tarifs, va entraîner par contre un manque à gagner pour les gestionnaires qui selon eux auront une diminution de 30% de leurs recettes. Cela pourrait entraîner la fermeture de nombreux établissements. Les parents risquent d'avoir des difficultés à trouver une crèche ou une garderie. La situation est déjà difficile dans ce secteur de la petite enfance où les établissements sont nettement insuffisants. Les crèches et garderies privées représentent 85% de l'offre d'accueil.
Les gestionnaires réclament la participation des communes qui sont mal représentées dans ce secteur. Seules dix crèches municipales fonctionnent. Non seulement les crèches et garderies sont nettement insuffisantes mais elles ne sont pas prises en compte par les collectivités. Les parents sont obligés de payer très cher pour faire garder leurs enfants en bas âge. Pourtant il serait tout à fait naturel que ce service comme pour les écoles soit gratuit et entièrement financé par l'Etat. Les gestionnaires et les parents ont interpellé les élus suite à leur mouvement pour que des solutions urgentes soient trouvées.



Education nationale: Mobilisation des «précaires»

Mardi 22, à l'appel du syndicat des enseignants, la FSU, les personnels de l'éducation nationale embauchés sous contrat se sont mis en grève pour protester contre leurs licenciements. Les contrats arrivent à terme au mois de février et ce personnel ne sera plus réembauché. Pourtant, ce personnel qui parfois est plus important dans certains établissements que le personnel ATOS titulaire, est utile à l'encadrement des élèves, à la surveillance, à l'entretien des locaux et du fonctionnement administratif.
Le syndicat réclame la prolongation des contrats et la titularisation pour ceux qui ont au moins dix ans de service. Une rencontre à Paris, entre les syndicats dont un responsable de la FSU de Guadeloupe, avec un conseiller outre-mer du gouvernement, n'a rien donné. Ce dernier n'a pas pris d'engagements pour préserver les emplois. Le gouvernement veut continuer la même politique concernant l'embauche dans l'éducation, à savoir: réduire les effectifs et favoriser l'emploi précaire ce qui lui coûte moins cher.
A l'heure où nous écrivons, le personnel est mobilisé devant le Rectorat et bloque les entrées de l'établissement.




AFPA-Guadeloupe: les anciens employés ne désarment pas

Le lundi 7 janvier, une vingtaine d'anciens employés de l'AFPA - Guadeloupe se sont rassemblés devant les locaux du centre de formation de Petit Bourg. Ils entendaient ainsi protester contre leur situation et surtout contre le déroulement d'un stage de formation dans ce centre. Cette formation était organisée par un organisme privé, l'IFBTP, pour une quinzaine de stagiaires.
On se souvient qu'au lendemain de la décision du Tribunal de liquider l'AFPA-Guadeloupe, le président de la Région avait affirmé que personne, c'est-à-dire aucun stagiaire ni aucun formateur «ne resterait sur le carreau». Or les ex-employés de l'AFPA  constatent qu'on leur doit trois mois de salaires. Personne ne leur dit mot sur leur avenir et ne voilà-t-il pas qu'un organisme privé, payé bien sûr par la Région, organise un stage BTP dans les locaux de Petit-Bourg, pour des gens qui avaient commencé un stage organisé par l'AFPA avant la liquidation judiciaire.
Le président de la Région a bien évidement déploré ce blocage et s'est répandu en lamentations sur le fait que ce n'est pas à lui, mais au liquidateur de régler les salaires des ex-employés. Il ajoute que le problème de l'AFPA ne peut pas être réglé en un tour de main. Il n'empêche que le stage prévu par l'IFBTP a été arrêté. Cela d'autant plus qu'il y avait un problème supplémentaire non négligeable. Les locaux de l'AFPA à Petit-Bourg ainsi que ceux de Saint-Claude ont été déclarés non-conformes par la Commission de Sécurité lors de sa dernière visite.
Les ex-employés ont réussi leur opération. En fait ils ont trouvé là le moyen de se rappeler aux bons souvenirs de tous ces gens qui pensent pouvoir se débarrasser d'eux, pour permettre à leurs amis de gagner tranquillement l'argent destiné à la formation des adultes.



Les locataires des cités de Pointe- à- Pitre refusent de payer la hausse de leurs loyers

Le vendredi 11 janvier, les locataires de la cité Henry IV se sont mobilisés pour protester contre une hausse de 7 euros de leur loyer. Ils se sont rendus à la mairie de Pointe-à-Pitre pour rencontrer le Maire. Ce dernier leur a déclaré que c'était la SIG (Société Immobilière de la Guadeloupe) qui était responsable de la hausse bien que la Municipalité soit propriétaire des bâtiments. Les habitants de la cité Henry IV n'ont pas accepté cette attitude du maire qui renvoie la balle à la SIG pour ne pas régler le problème, et ont appelé les locataires des cités Bergevin et de Chanzy à se mobiliser contre les hausses qui les concernent également. La suppression de l'augmentation a été obtenue pour les cités Henry IV et Chanzy. Pour Bergevin la hausse a été maintenue à cause de travaux de réhabilitation. Les locataires ont eu raison de protester vu l'état de délabrement et de vétusté avancé des logements où ils vivent. Les bâtiments de cités qui ont été construits depuis les années 1960 doivent être détruits et les habitants relogés en attendant de nouvelles constructions. Le Conseil Municipal avait pourtant voté la suspension des augmentations de loyers jusqu'à ce que qu'il y ait une réhabilitation des logements. En plus des loyers, les locataires doivent supporter des charges locatives qu'ils paient depuis plusieurs années alors que les logements se sont dégradés. A quoi a servi cet argent prélevé sur leur dos? Que ce soit la SIG ou la municipalité elles sont responsables de cette situation révoltante que vivent les locataires. Ces derniers ont su s'organiser pour protester ensemble et obtenir gain de cause. C'est la voie à suivre.



Prix en hausses, salaires gelés: la baisse du pouvoir d'achat

En 2007, les prix au détail en France ont augmenté de 2,6%, chiffre largement supérieur à celui des années précédentes. Cette inflation est générale en Europe où elle atteint 2,7% en 2007. Les économistes annoncent qu'en 2008 et en 2009 les prix vont continuer à augmenter avec essentiellement des hausses du prix des matières premières et du pétrole. Le directeur général de Total annonce «des prix élevés du pétrole pendant longtemps.» En un an, le gaz et l'électricité ont augmenté de plus de 10%, les produits pétroliers de 17%. Ces hausses se répercutent sur le transport et donc sur un peu tous les produits. Certains produits d'alimentation connaissent depuis quelques mois des augmentations pouvant atteindre 20%. Une partie de la population devra-t-elle se priver de viandes de volaille, de produits laitiers, d'oeufs à cause de leur prix? Des prix plus élevés entraînent l'augmentation des taux d'intérêt des banques. Celles ci proposent des prêts de durées de plus en plus longues, jusqu'à 30 voire 50 ans pour l'immobilier. En 4 ans, les prix de l'immobilier ont progressé de 62,9%. Aux Etats Unis on a vu les conséquences dramatiques des prêts immobiliers que des familles n'arrivaient pas à rembourser: trois millions de personnes ont perdu leur logement, la plupart se retrouvent à la rue.
L'inflation peut être à l'origine d'une crise grave. L'euro ne valant plus autant, les salaires ne progressant pas, les marchandises ne se vendent pas et les entreprises licencient. Avec le chômage qui ne baisse pas vraiment malgré les annonces, la dégradation des conditions de vie s'accélère. C'est une véritable spirale vers la misère pour des millions de gens.
Les responsables de cette inflation, les capitalistes peuvent-ils arrêter cette machine infernale sans réduire leurs sacro-saints profits? Ainsi toujours le directeur général de Total essaie de justifier la hausse des produits pétroliers qui, selon lui, aurait «bénéficié en priorité aux pays producteurs» et «un petit peu aux compagnies, qui ont besoin de cet argent pour continuer à investir». Il ne dit pas que ces compagnies engrangent des profits colossaux qu'elles jouent à la bourse. Les capitalistes préfèrent ces opérations financières juteuses aux investissements pour la recherche ou la production. Maintenant que ces rapaces veulent des crédits à investir, pour leurs profits futurs, qu'ils les prennent dans leurs caisses et non dans les poches des travailleurs. Il faudra les y obliger.



Guadeloupe
L'inflation jette des familles dans la misère

L'augmentation du prix de l'essence dans la nuit du 19 au 20 janvier n'est qu'un des épisodes de la hausse générale des prix en Guadeloupe. Qui, il y a peu, aurait pensé que l'essence coûterait l'équivalent de près de 10 F le litre? Avec des transports en commun défaillants, chacun doit avoir sa voiture. Ce qui crée de vraies difficultés de vie. En même temps d'autres produits augmentent, la bouteille de gaz passe de 21,16 à 21,64 Euro.
Récemment c'est le pain qui a augmenté. Le prix de la baguette est libre. Au lieu de 0,50Euro elle coûte plus souvent 0,85Euro. Et s'il vous manque 1 centime vous ne pourrez pas l'acheter. Avec le pain, les produits à base de blé, souvent produits de base de l'alimentation comme les pâtes, ont aussi augmenté. Egalement les aliments pour animaux.
A l'heure où il est recommandé de manger régulièrement des fruits et légumes, les prix de ces produits explosent. Beaucoup remarquent que les prix en euro ont tendance à ressembler aux anciens prix en francs.
C'est dans de telles conditions que le logement devient inaccessible. Les locations ont augmenté, même pour des logements vétustes et non entretenus. Les impôts locaux ont augmenté, l'état prend des «frais de gestion». Les sociétés de HLM (habitations à loyer modéré) annoncent déjà qu'avec les nouvelles constructions à Pointe-à-Pitre, certains locataires ne pourront plus payer et ne seront pas acceptés. Ces sociétés peuvent loger ceux qui, mieux payés, ne devraient pas avoir droit aux logements sociaux. Elles préfèrent de tels locataires. Où iront les plus pauvres? Pas question pour eux d'acheter un terrain: les prix ont augmenté de près de 15% en 2007. Les sociétés immobilières annoncent des prix de vente de logements atteignant ceux de la région parisienne, les plus élevés de l'hexagone. Ceux à qui un responsable de société de HLM reproche de payer leur transport en voiture et leur téléphone portable (affaire juteuse ici pour les opérateurs) deviendront-ils des SDF?



Guadeloupe
MICHEL MADASSAMY ET GABRIEL BOURGUIGNON DE N0UVEAU FACE A LA JUSTICE

Le 10 janvier, les deux militants de l'UGTG ont été convoqués par le juge pour être auditionnés, et ont été mis en examen. C'est suite à une affaire qui date de 2002 que le dossier a été de nouveau instruit à la demande du parquet. Michel Madassamy et Gabriel Bourguignon sont poursuivis pour les mêmes faits à savoir de soi disant violences qu'ils auraient commises lors de leur participation à une grève des transports pétroliers et leur mobilisation active sur le site de la SARA. En 2005 ce sont plusieurs militants de l'UGTG qui ont été condamnés à payer de lourdes amendes, et à des peines d'emprisonnement, pour leur participation à des mouvements de grève dans le commerce, dans l'hôtellerie à Texaco. Michel Madassamy et Armand Toto ont été condamnés à de la prison ferme. Cette répression syndicale avait entraîné une forte mobilisation des travailleurs et de la population. On se souvient que l'émotion suscitée par la grève de la faim très dure de Michel Madassamy pour protester contre son incarcération et qui avait mobilisé des milliers de personnes. C'est grâce à une forte mobilisation avec de nombreux meetings devant le local de l'UGTG, des manifestations d'ampleur dans les rues et un début d'émeute parmi les jeunes des quartiers de Pointe-à-Pitre, que les deux militants ont été libérés.
La machine judiciaire fait aujourd'hui un retour sur une affaire qui jusqu'ici n'avait pas eu de suites administratives. Les rouages de cette machine judiciaire sont suffisamment affinés pour que de telles procédures administratives soient possibles. Mais on n'empêchera pas que de nombreuses personnes et en particulier les militants de l'UGTG, les militants syndicaux interprètent la remise en route de la machine judiciaire comme de l'acharnement tout simplement bête et méchant.
A l'époque la justice avait bien dû libérer Madassamy forcée et contrainte par la mobilisation populaire et les manifestations imposantes. On se souvient aussi de la mise en cause par les manifestants du procureur de l'époque, Vogt, représenté notamment par une grosse tête de cochon brandie en tête de la dernière grande manifestation. Alors, y aurait il en plus volonté de vengeance de la part des magistrats de Pointe à Pitre, volonté de faire payer une dette aux militants de l'UGTG? Voilà deux autres questions que beaucoup se posent aujourd'hui.