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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 23 février 2008 N°
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À la Une
Éditorial
Elections municipales
Voter contre Sarkozy-Fillon et Cie et leur politique anti-populaire
Suite à l'effondrement de la cote de popularité du président Nicolas Sarkozy dans les sondages d'opinion, les candidats UMP aux élections municipales ne veulent plus s'afficher avec le président et préfèrent s'en éloigner. Ces notables vont jusqu'à ne pas mettre la référence du Parti sur leurs affiches et bien évidement plus de photo de Sarkozy sur ces mêmes affiches. C'est le cas de Juppé à Bordeaux, Perben à Lyon, Gaudin à Marseille, Panafieu à Paris. On les comprend, ils n'entendent pas diminuer leur chance de gagner une mairie ou de perdre celle qu'ils détiennent. La solidarité a ses limites.
Et comme cela ne suffisait pas, voilà que «l'élu» choisi par le président pour le remplacer à la mairie de Neuilly est obligé de se retirer, les «UMP» de la ville estimant que Martinon risque de leur faire perdre la direction des affaires de cette ville. Décidément on est vraiment loin du lendemain de la «triomphale» élection de Sarkozy à la présidence de la république.
Ici même, aux Antilles, nous avons vu et entendu les dissensions qui sont apparues entre les gens de la droite; l'UMP de Guadeloupe a finalement décidé de ne donner d'investiture à personne, mais nul ne s'est précipité pour la réclamer.
Ici, il est de bon ton de faire croire aux électeurs que les affaires municipales n'ont rien à voir avec les autres scrutins dit politiques par opposition à la gestion locale, municipale. Mais c'est faux, c'est par les mairies que commence la montée en puissance des politiciens - homme et femmes - qui vont ensuite en France, à l'Assemblée nationale ou au Sénat, appuyer des gouvernements hostiles aux intérêts des travailleurs. Autant donc leur barrer la route dès le départ.
Quant aux travailleurs, retraités et chômeurs, il leur reste la possibilité d'utiliser leurs bulletins de vote pour faire savoir tout le mal qu'ils pensent de la politique de la droite et des promesses vagues qui ont été annoncées par le gouvernement sur la revalorisation du minimum vieillesse de 25% en cinq ans, et un meilleur traitement pour les fonctionnaires des catégories les moins bien payées. Des mesures dérisoires qui restent floues, et qui n'apportent aucune solution valable aux travailleurs, aux chômeurs, aux retraités et à tous ceux qui vivotent avec les minimums sociaux qui leur sont versés.
De même, quand on voit la politique d'économie et de rigueur qu'appliquent les ministères chargés des affaires publiques (Santé, Education, Recherche, etc.), quand on voit le conflit actuel avec les dits «contrats aidés» en Martinique et les hausses dérisoires qui sont proposés aux Fonctionnaires, il y a de quoi se mettre en colère. Ce qui arrivera certainement. En attendant il faut profiter de l'occasion des municipales et se servir du bulletin de vote utilement en pour désavouer la politique du gouvernement Fillon-Sarkozy et autres Estrosi, Darcos, Dati, Kouchner, Bachelot...
En France, il y aura des candidats de Lutte ouvrière (mouvement d'Arlette Laguiller) dans les élections municipales, tout comme aux Antilles, il y aura aussi des candidats de Combat ouvrier. Le vote pour ces candidats et pour les listes de Gauche qui les accueillent permettra de faire entrer dans les mairies des élus dévoués exclusivement à la cause des exploités et prêts à s'appuyer sur leurs positions municipales pour défendre en toutes circonstances les intérêts bien compris des classes laborieuses.
Cela dit, la seule solution face aux attaques du gouvernement c'est la mobilisation et la lutte des exploités et des pauvres en général contre ce système injuste qu'est le capitalisme. Mais il est possible, au moins sur ce plan de la mobilisation de nos forces, de la remontée du moral des couches laborieuses, d'utiliser efficacement les élections pour qu'elles apportent quelques satisfactions qui nous mettront en bonne position pour les luttes à venir. Et cela pourrait être moins loin que ne l'imaginent les crapules arrogantes qui sont au pouvoir.
Martinique
Contrats aidés la mobilisation se poursuit et s'amplifie
Depuis le lundi 28 janvier 2008, la mobilisation pour le réemploi des personnels employés sous Contrat d'accompagnement à l'emploi (CAE), et contrat d'avenir (CAV) a pris une nouvelle dimension. En effet, de nombreux établissements scolaires, collèges, lycées professionnels, lycées, sont bloqués depuis fin janvier. Les cours ne sont plus assurés. Des enseignants, agents des écoles (ATOSS), parents d'élèves, élèves et bien sûr les «Contrats aidés» participent activement à cette mobilisation.
Rappelons que le conflit est venu du fait que de nombreuses personnes embauchées sur ces types de contrat les ont vus arriver à échéance le 31 janvier 2008, en pleine année scolaire. Or depuis des mois, syndicats, parlementaires (Lise, sénateur et président du Conseil général, et Marie-Jeanne, député et président du Conseil Régional) avaient alerté le gouvernement. Mais ce dernier avait décidé de faire la sourde oreille.
Le 1er février 2008, une manifestation a eu lieu au Rectorat à l'appel d'associations de parents, et de syndicats enseignants, à l'exception notable de la FSU (Fédération Syndicale Unitaire) qui s'est démarquée de cette mobilisation.
Le vendredi 8 février, une rencontre a eu lieu au Conseil général en présence de son président, du président de la Commission Education du Conseil Régional, trois associations de parents d'élèves, deux représentants de l'ANPE, des «contrats aidés» et des syndicats enseignants, là encore à l'exception de la FSU. Le Rectorat, la préfecture et la DDTE (direction du travail) avaient été conviés, mais ils ne sont pas déplacés. Mieux, le préfet a demandé à la DDTE de ne pas répondre à cette invitation. Au cours de cette rencontre, des précisions ont été apportées par les élus, d'où il est ressorti, une nouvelle fois, que c'est bien l'Etat qui ne respecte pas ses engagements et se décharge sur les collectivités. Ce jour là un Front Commun de l'Education a été constitué dans le but de renforcer la lutte entre tous les participants.
Le mardi 12 février 2008, une réunion appelée par le Front Commun a rassemblé une centaine de parents, d'enseignants, de responsables syndicaux de tous les établissements scolaires de la Martinique. Il a été constaté que la quasi-totalité des établissements ne fonctionnaient pas.
C'est alors que, le mercredi 13, le préfet a accepté de recevoir une délégation du «Front». Un cortège de manifestants est parti de la Maison des Syndicats pour se rendre à la préfecture. Une délégation de cinq personnes a expliqué au préfet l'origine du problème et celui-ci a fait mine de découvrir à cette occasion la part de responsabilité de l'Etat. Et des propositions ont été faites qui permettraient de trouver une solution pour 87% des 923 contrats aidés concernés (ce qui lèserait tout de même plus de 120 concernés!). Le préfet a demandé un délai et a fait savoir qu'il donnerait une réponse le lundi 18.
Ce même 13 février, une intersyndicale CGTM-UNSA des ATOS s'est réunie au lycée Acajou 2 et a décidé d'interdire l'accès des établissements, décision entrée en application dès le lendemain.
Le Front a appelé à poursuivre la mobilisation et exige la reprise de 100% des personnes dont le contrat est arrivé à échéance le 31 janvier. Au cours d'une conférence de presse tenue le 16 février à la Maison des Syndicats, il a prévenu qu'il n'avait pas l'intention de lâcher sur leur revendication.
Guadeloupe
CONTRACTUELS DE LA POSTE. PREMIER SUCCES D'UNE LUTTE MENEE SUR LES QUATRE DOM
A l'appel du syndicat CGTG-PTT les contractuels de la Poste en Guadeloupe se sont mis en grève illimitée le 12 février dernier. Ce mouvement a concerné également la Martinique et la Réunion.
Les revendications étaient les suivantes: revalorisation de la prime ultramarine à 300 Euro, refonte de la grille salariale (niveau minimum du salaire de départ 1500 Euro), reprise intégrale de l'ancienneté, titularisation des auxiliaires de droit public, 13ème mois.
En Guadeloupe, la grève a été bien suivie et le 1er jour près de 50 % du personnel a suivi le mouvement. Le piquet se trouvait devant la direction départementale à Basse-Terre. La situation des contractuels est en discussion depuis plusieurs mois. Une première mobilisation avait déjà eu lieu en Martinique. Et la direction de la Poste, lors de négociations qui se sont déroulées à Paris le 17 décembre dernier, avait proposé dans un premier temps d'augmenter de 20 Euro, à compter du 1er juillet 2008, la prime ultramarine qui est actuellement de 154,97 Euro. Les syndicats ont refusé cette proposition.
Puis la direction a proposé une réunion téléphonique le 15 janvier 2008 et est revenue avec la même proposition. Les contractuels ont bien compris que la direction de la Poste ne voulait rien lâcher. Ils ont donc organisé des assemblées générales qui ont décidé de faire grève à compter du 12 février pour la Guadeloupe et la Martinique et à compter du 6 février pour La Réunion.
Face à la mobilisation, la direction de la Poste a fait plusieurs propositions rejetées par le personnel. A la Réunion la direction de la Poste n'a pas hésité à porter plainte en référé contre 14 grévistes et les syndicats. Un chantage a eu lieu pour faire cesser la grève et la Réunion a repris le travail pour faire retirer la plainte.
La dernière proposition de la Poste était de faire passer la prime à 200 Euro à compter du 1/01/08, puis à 220 Euro le 1/01/09 et à 240 Euro au 01/01/10. Suite à ces dernières propositions, la Martinique a voté la reprise du travail et en Guadeloupe l'Assemblée Générale a également voté la reprise le 14 février. Le travail a donc repris le 15 février.
La mobilisation des salariés a permis d'obtenir uniquement la revalorisation de la prime ultramarine. La direction n'a pas cédé sur les autres points. Il faudra certainement pour cela une mobilisation encore plus importante de l'ensemble des agents: fonctionnaires et contractuels. Mais les salariés sont satisfaits d'avoir obtenu au moins l'augmentation de leur prime.
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