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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 23 février 2007 N°
982
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Page 4
Guadeloupe
la fête de Combat Ouvrier 2008. le dimanche 6 avril de 12h à
20h
La fête se déroulera dans le cadre champêtre du domaine du
«Pako» à Baie Mahault. La carte que vous proposent dès maintenant
nos militants sera exigée à l'entrée.
Programme:
De 12h à 20h avec Apéritif - Repas (en musique).
- Animation artistique et musicale ( publiée ultérieurement)
Puis: Allocution de C.O.- Conférence- vers 15h30 On danse au Bal
titane et...début des forums de discussion-débat -: Forum de
«Combat Ouvrier»
- Forum(s) éventuels de nos invités.
Tout au long de la fête, vous pourrez:
- Consulter nos panneaux sur l'activité de nos camarades dans les
entreprises, sur nos positions politiques
- Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie,
l'activité de Combat-Ouvrier
- Acheter, consulter livres, brochures et documents à la librairie
de la fête
- Prendre une collation, un café au stand réservé à cet effet
- Commander des boissons au bar
- Gagner à la tombola Si vous êtes chanceux
- Visiter les stands des autres organisations politiques ou
associations qui seraient présentes à la fête
- Vous amuser avec les jeux vidéo, surtout pour les jeunes
- Vous exercer au stand de tir.
Participation aux frais: 20 euros. 10 euros pour les enfants de
moins de 12 ans.
Cette participation comprend l'apéritif, le repas et toute
l'animation de la fête à l'exception des collations, du bar et du
champagne.
Alors, le 6 avril, soyez nombreux à vous rendre à la fête annuelle
de Combat-Ouvrier. Emmenez vos parents, amis, camarades de travail.
Réclamez dès maintenant votre carte d'entrée aux militants. Elle
doit être réglée d'avance et elle sera exigée à l'entrée. Alors, à
tous nos amis, nous disons que nous vous attendons tous pour passer
un moment agréable et instructif ensemble!
Téléphone de contact: 0590.82.92.94. / 0690.72.61.33. /
059026.23.58 / 0690.35.78.31
Courriel : menendez@wanadoo.fr
TCHAD
La France au service de la dictature
Dans le conflit qui oppose les rebelles au gouvernement
tchadien, la France par sa présence militaire et ses interventions
a choisi son camp: celui du dictateur Idriss Déby. Ce dernier,
menacé par les rebelles qui avaient opéré une forte avancée
militaire sur la capitale N'Djaména a pu vaincre la rébellion grâce
aux bombardements des militaires français au niveau de l'aéroport.
Depuis, le président tchadien a fait arrêter et même exécuter
plusieurs personnes issues du camp des rebelles et de l'opposition
au régime. La population tchadienne a payé lourdement dans ce
conflit. Plusieurs personnes dans les deux camps ont été tuées. La
plupart des habitants des zones menacées a dû se réfugier à la
frontière près du Soudan.
Idriss Déby est lui-même arrivé au pouvoir par un coup d'état
militaire avec l'aide de la France en 1990. Il a renversé un autre
dictateur Hissène Habré. Il s'est fait élire président de la
république et a modifié la constitution pour s'assurer un mandat à
vie. Il a censuré la presse et a fait emprisonner des journalistes,
des opposants. La fraude massive a été dénoncée à l'échelle
internationale lors des élections présidentielles de 2006. Il
s'accroche au pouvoir pour profiter notamment des richesses
pétrolières découvertes au sud du pays et protéger les intérêts des
grands groupes français, Bolloré, Bouygues, Total, Areval et autres
représentants de l'impérialisme français en Afrique.
La présence militaire française permanente au Tchad protége ces
intérêts. Grâce au soutien des Sarkozy, Kouchner, Morin qui
déclarent hypocritement qu'ils veulent sauver la démocratie au
Tchad, le dictateur Déby a encore de beaux jours devant lui jusqu'à
ce qu'une nouvelle rébellion le renverse, ce qui dans l'avenir
reste probable en raison du fort mécontentement qui s'élève contre
lui y compris au sein même de son armée.
Loi programme pour l'Outre-Mer. Un panier de cadeaux fiscaux
aux entreprises
Lundi 12 février, Nicolas Sarkozy a annoncé lors de sa visite en
Guyane, le contenu du projet de la loi programme pour le
développement économique et la promotion de l'excellence pour
l'outre-mer, autrement dit la fameuse loi programme pour l'outre
mer.
Elle s'inscrit dans la continuité de la loi programme de 2003 (loi
Girardin), et des autres précédentes lois de défiscalisation,
d'exonération de charges sociales (loi Perben, loi Pons, lois
d'orientation outre-mer etc.) dans l'objectif officiel de faire
décoller l'économie, la croissance et l'emploi en outre-mer. Avec
pour résultat réel de remplir les comptes en banque de quelques
margoulins capitalistes d'ici et de France!
Les nouveautés c'est la suppression de la défiscalisation du
logement libre au profit de la défiscalisation pour le logement
social, la lutte contre les discriminations bancaires (acceptation
par les banques d'une caution présentée par un résident outre-mer
pour un ultramarin vivant en métropole désirant souscrire un prêt à
la consommation ou immobilier), et les aides sur les prix des
billets. Mais comme les précédentes, le projet de loi programme
repose essentiellement sur des réductions d'impôts, des
exonérations de charges sociales, et l'instauration de «zones
franches globales» pour les entreprises.
Les secteurs concernés sont les mêmes que ceux de la loi Girardin
de 2003: industrie, commerce, artisanat. D'autres secteurs s'y sont
ajoutés, notamment les services aux entreprises rendus dans le
domaine de la gestion: comptabilité, conseil, ingénierie et études
techniques. Il prévoit aussi un taux d'exonération sur les
bénéfices c'est-à-dire sur l'impôt sur les sociétés ou sur le
revenu, la taxe professionnelle et foncière. Les réductions
fiscales sont de l'ordre de 50% à 80% pour certaines entreprises.
Un taux bonifié de 80% s'appliquera aux entreprises exerçant dans
trois domaines: tourisme, énergies renouvelables et environnement.
Ce dispositif est cumulable avec d'autres réductions d'impôts
existantes. La seule contrepartie exigée à l'entreprise c'est
qu'elle consacre une partie de l'avantage fiscal à des dépenses de
formation professionnelle.
Une nouvelle fois l'Etat offre d'un côté l'opportunité à certains
profiteurs de garder l'argent des impôts et taxes et de l'autre
préfère diminuer les moyens des assemblées locales chargées de
satisfaire des besoins de service public, car il reste silencieux
sur la compensation des pertes des recettes fiscales pour les
collectivités. Ce genre de dispositif a déjà fait ses preuves, et
il ne permettra pas une résorption durable du chômage, il ne fera
que creuser l'écart entre les plus riches et les plus pauvres
Martinique
Le lamentin. Une liste MIM/CNCP et PCM
Dans le cadre des prochaines élections municipales du mois de
mars 2008 en Martinique, le journal Justice n° 7 du PCM du jeudi 14
février 08 annonce: «Depuis plusieurs mois... s'est constitué le
Rassemblement Populaire Lamentinois (RPL) qui regroupe des
militants du MIM/CNCP, du Parti communiste Martiniquais, des
membres de l'Association de défense des petits commerçants du
Lamentin, des démocrates et des membres de la société
civile».
Cette liste sera conduite par le dirigeant du MIM, Daniel Marie
Sainte. L'objectif de ces organisations politiques, est de
solliciter un électorat afin de constituer une force électorale
pour prendre au maire actuel Pierre Samot, Président du mouvement
Bâtir le pays Martinique, la gestion de la mairie du
Lamentin.
C'est le journal Justice qui le souligne lui-même en écrivant: «le
RPL multiplie les contacts avec la population, recueille ses griefs
contre la municipalité et ses doléances qui serviront de base aux
électeurs Lamentinois»! Lors de la conférence de présentation de sa
liste le dimanche 17 février, Marie-Sainte n'a pas caché non plus
qu'il entendait utiliser les suffrages des électeurs pour relancer
le débat institutionnel et donc en tirer un certain crédit vis à
vis du gouvernement français.
On constate ici, comme ailleurs dans cette petite île, que des
hommes politiques se décarcassent pour essayer d'arracher une
nouvelle mairie ou gérer une mairie pour la première fois sans trop
se soucier de défendre les intérêts des travailleurs. C'est le
cadet de leur souci.
Pour notre part, à Combat Ouvrier, nous avions proposé à la
direction du PCM de faire une liste d'union, pour la défense des
intérêts des travailleurs dans la commune du Lamentin, face aux
attaques dont ils sont l'objet. Malgré un début de contact, le PCM
ne nous a pas fait connaître sa réponse. Par contre, il a choisi
d'appeler son électorat et les travailleurs qui le soutiennent au
Lamentin à soutenir la liste du RPL.
Nous laissons les militants communistes juger eux-mêmes si il
n'était pas plus juste de constituer une liste de défense des
intérêts des travailleurs afin d'offrir aux exploités une autre
perspective politique. C'est à dire chercher à avoir au sein de la
municipalité du Lamentin des élus des travailleurs, issus de leur
classe pour défendre leurs propres intérêts et infléchir les choix
de la municipalité dans le sens de leurs intérêts.
La grève de 1900 en Martinique (1ère partie)
Le jeudi 31 janvier la CGTM organisait une conférence intitulée
«la grève de 1900 en Martinique». Expliquant cette période de
lutte du début du mouvement ouvrier en Martinique le conférencier,
M. Parsemain a su capter l'attention de ses auditeurs. Il indiqua
d'emblée que les faits les plus tragiques ont été ceux du jeudi 8
février à l'usine du François, connus sous le nom de la tuerie du
François. Mais le mouvement avait démarré plusieurs jours plus tôt
et n'étaient pas limité à l'usine du François.
A l'issue de la conférence, un riche débat eut lieu entre le
conférencier, la secrétaire générale de la CGTM et plusieurs
participants.
En utilisant les éclairages apportés par le conférencier et ceux
trouvés dans le livre «Les origines du mouvement ouvrier en
Martinique» de M. J.Adélaïde-Merlande, nous retraçons certains
faits de cette page importante du début du mouvement ouvrier en
Martinique.
Quelques éléments sur le contexte des grèves de 1900 en
Martinique
La deuxième moitié du 19ème siècle a été marquée par un grand
développement de l'économie sucrière et un essor considérable des
exportations. En quelques années, par l'intermédiaire des banques,
(Crédit Foncier), les capitalistes appâtés par la perspective des
bénéfices juteux ont investi des grosses sommes d'argent dans la
création d'usines centrales pouvant broyer des grandes quantités de
cannes de façon beaucoup plus efficace que les anciennes sucreries.
A côté des sucreries liées aux habitations, il y a désormais une
quinzaine d'usines.
Ce développement de l'économie sucrière a entraîné une augmentation
du prolétariat dans l'agriculture, les ouvriers agricoles mais
aussi les charretiers, les muletiers et tout un tas d'autres
métiers. Ce sont d'anciens «engagés» venant de l'immigration
récente. Il y a des ouvriers «casés» qui vivent sur l'habitation
dans les rues «case-nègre» et qui peuvent cultiver un petit lopin
attenant à leur case d'habitation pour nourrir leur famille. Il y a
aussi, les «gens étrangers» qui eux sont souvent petits
propriétaires, mais aussi ouvriers agricoles. Il y a aussi les
ouvriers d'usines qui sont un peu mieux payés.
A cette période on assista donc à une forte concentration de la
main-d'oeuvre salariée.
Vers la grève de 1900
En 1884, débute une crise sucrière. Le sucre autrefois produit
essentiellement à partir de la canne à sucre, est désormais extrait
aussi de la betterave. On trouve désormais de gros producteurs de
sucre en Belgique, en Autriche, jusqu'en Russie. On assiste à une
augmentation de la concurrence dans l'industrie sucrière, ce qui
entraîne de grandes fluctuations dans le cours du sucre. Les
baisses brutales des exportations sont suivies de reprises avec la
remontée des cours due à une spéculation sur le marché mondial.
Cette crise, bien que se manifestant en «dents de scie», persistera
jusque dans les années 1900. Elle aura pour conséquence une
nouvelle accélération de la concentration de la propriété terrienne
soit au profit de sociétés anonymes qui ont acheté les usines aux
mains d'anciens planteurs endettés auprès du Crédit Foncier, soit
au profit des grands planteurs possédant leur usine.
Mais surtout, sous prétexte de faire face à la concurrence, les
propriétaires veulent pouvoir baisser le prix du sucre en baissant
les salaires de la main d'oeuvre ouvrière, notamment ceux des
ouvriers agricoles. Les salaires passent de 1,50 ou 1,25, à 0,75F
la tâche. Et en plus les planteurs augmentent la tâche de 300 pieds
de canne à 500, voire 800 ou 1000 pieds à planter.
La vie politique et les élections
Vers 1898, on assiste à une amélioration nette de la situation des
usiniers. Des résultats des usines montrent une augmentation des
dividendes versés aux actionnaires. Parallèlement on assiste à un
retour des possédants békés dans la vie politique de Martinique.
Les propriétaires des usines à sucre et une fraction des
politiciens de la bourgeoisie noire et mulâtre forment le «Parti
Progressiste». Pour rallier le maximum de voix, F. Clerc, directeur
d'usine et maire de Trinité, représentant ce parti, promet même des
augmentations de 25% des salaires, ce qui lui procure une certaine
popularité. Son parti obtient deux députés aux élections
législatives de 1898 et se trouve face à une autre fraction de la
bourgeoisie noire et mulâtre démocrate, les «Républicains ou
Deprogistes» qui, pour faire leur campagne électorale, proposent
eux un programme de réformes d'assistance sociale, telles des
société de secours mutuel ou des caisses de retraite.
Mais malgré la grande misère des ouvriers, pas plus les
«Républicains» que les «Progressistes» ne parlent du salaire
ouvrier, bien qu'ils multiplient les surenchères politiciennes en
période d'élections municipales. En fait tous ces politiciens sont
à la dévotion des patrons et sont délibérément cyniques. Pendant la
grève, ils multiplieront les déclarations tendancieuses voire
fausses des faits pour mieux les manipuler.
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