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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 mars 2008      N° 983


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À la Une

Éditorial

Elections municipales
Municipales: Les resultats seront-ils un camouflet pour sarkozy et son gouvernement?

Au moment où nous écrivons le premier tour des élections municipales n'a pas encore eu lieu. Comme nous l'avons dit dans nos parutions précédentes, quelques uns de nos camarades sont présents dans des listes municipales, dans certaines communes de Guadeloupe. Pour la Martinique nous n'avons pas réussi ni à présenter nos propres listes, ni à être sur des listes de gauche comme nous le souhaitions.
Nos camarades ont défendu l'idée que leur présence au sein des municipalités, s'ils étaient élus, permettraient de défendre les intérêts des classes laborieuses, et particulièrement les couches les plus pauvres, dans tout ce qui concerne les décisions prises dans les communes. Ils ont pris l'engagement devant les électeurs de défendre en toutes circonstances et exclusivement ces intérêts. Cette campagne a été par ailleurs l'occasion pour nos camarades de rencontrer un public de travailleurs très large. Ils ont été particulièrement bien accueillis par les travailleurs qui sont électeurs de gauche, socialistes ou communistes. Ceux-ci leur ont dit, chaque fois, combien ils étaient satisfaits de la présence des militants de C.O. à leur côté.
Les prises de position de nos camarades ont été partout appréciées par ces travailleurs de toutes étiquettes. Selon les résultats du 9 mars, certains camarades seront peut être présents au deuxième tour avec la possibilité d'entrer dans une ou deux municipalités. Mais quoi qu'il en soit des résultats nous tirons un enseignement positif de cette campagne et des possibilités d'activités politiques dans les communes où nous étions. Tout au long de cette campagne municipale, nous avons défendu devant les travailleurs la nécessité d'infliger un désaveu à la politique de Sarkozy-Fillon. Non pas pour les gesticulations, pitreries et la comédie permanente jouée par Sarkozy, ses démonstrations d'amitié envers les riches, etc... pour écoeurantes qu'elles soient. Mais parce que ce gouvernement qui manifeste à chaque occasion ses sentiments favorables aux riches, aux gros possédants, se déclare impuissant à améliorer le pouvoir d'achat de la population laborieuse et sa situation d'ensemble (logement, banlieues, chômage, etc.).
Il refuse par exemple d'augmenter de façon substantielle les salariés dont il est le patron : ceux de la fonction publique. Tandis que ses cadeaux aux plus riches se chiffrent en milliards d'euros, l'état se désengage dans tous les services publics dont les crédits et les personnels continuent à diminuer.
Pour faire passer ou camoufler cette politique néfaste Sarkozy ne rate pas une occasion de lancer une annonce ou une autre, tantôt sur la commémoration de la Shoah ou sur la nécessité de la religion ou sur le classement de la cuisine française au patrimoine de l'humanité, sur l'union de la Méditerranée, etc...
Ce gouvernement, sans aucune gène, se montre surpris de la hausse des prix, qu'il découvre dans un magazine de consommateurs et les ministres de la consommation ou de l'économie, impuissants devant les hausses imposées par les grands industriels de l'alimentation et de la distribution, se permettent sérieusement de conseiller aux consommateurs de faire le tour des magasins pour comparer les prix!
Les élections municipales seront peut être mises à profit par les électeurs pour exprimer leur sentiment de dégoût face à de tels gouvernants. Souhaitons-le!
Mais quelle que soit la tendance dégagée par les résultats, nous voyons que le mécontentement grandit sur le problème du pouvoir d'achat, sur la hausse des prix, sur des licenciements continus, sur un chômage massif qui se poursuit. Et ce mécontentement même s'il ne s'est pas manifesté dans les urnes il ne tardera pas à atteindre un tel niveau et toucher des couches si larges de la population qu'il ne pourra qu'exploser un de ces jours, dans les entreprises et dans la rue. Et cela pourra changer quelque chose à la situation.



Martinique
Contrats aidés: Premier recul des pouvoirs publics!

Sur les 923 contrats aidés arrivés à échéance le 31 janvier 2008, 534 contrats d'avenir (CAV) seront prolongés. C'est ce qui est ressorti d'une réunion tenue en préfecture le 18 février 2008, à laquelle participaient, outre le préfet, les Conseils général et régional, la Direction du travail, une délégation du Front Commun de l'Education (FCE) et des représentants de la FSU. Les choses ont donc un peu évolué, mais l'Etat ne veut toujours pas assumer de responsabilités dans la gestion des personnels TOS. Donc, il est froidement prévu que près de 400 salariés dits «contrats aidés» resteront sur le carreau!
Evidemment, le préfet a cherché à rassurer les personnes présentes en confirmant qu'une «cellule» serait mise en place pour accompagner les personnes non reprises et privées d'emploi depuis le 1er février: le bla-bla habituel dans ces cas là!
En réponse à un membre de la délégation du FCE qui lui faisait remarquer que cette «cellule de reclassement», il n'y croyait guère car il y avait des précédents, le préfet s'est voulu convaincant en certifiant que les choses allaient se passer autrement dans la gestion de ce dossier. Il s'est dit d'autant plus confiant qu'au cours de cette rencontre du 18 février, les participants ont pu comprendre que c'est sur ce terrain que FSU et Rectorat se sont engagés et fonctionnent déjà depuis un moment. Le Rectorat a d'ailleurs fait savoir qu'une convention avait été signée avec l'ANPE pour traiter la situation des contrats aidés non repris qui bénéficieraient d'une antenne dédiée au Rectorat.
C'est sans doute la raison pour laquelle certains dirigeants syndicalistes n'appréciaient pas du tout l'engagement actif des personnels «démissionnés» dans la lutte pour imposer leur reprise. Parce que ces mêmes dirigeants syndicalistes privilégiaient la diplomatie des bureaux et du téléphone... Mais on voit bien que si le mouvement de solidarité ne s'était pas montré actif et dynamique et s'il n'avait pas été élargi à de nombreux enseignants et parents d'élèves, le Rectorat n'aurait pas reculé d'un pouce dans sa politique de «nettoyage» des personnels de l'éducation nationale. C'est bien que c'est dans cette voie, celle des luttes, qu'il faut continuer.



Guadeloupe
SCA-SHANGY: un patron qui se croit «de choc»

Depuis quelques années, la plantation Shangy (Capesterre-B-E), appartenant à L. Lignières le président du «Groupement des Planteurs de Guadeloupe», est gérée par un certain T. Dambas. Pour avoir une idée de ce qu'est ce personnage, il déclare à tout va «qu'il a ses travailleurs dans ses poches». Il ne veut pas de syndicat, ni de représentants du personnel sur les plantations qu'il dirige. Car selon ce triste sire, ils «tuent» l'entreprise. Et quand, en dépit de l'absence de représentants syndicaux ou de représentants du personnel, il y a des travailleurs qui tentent de se défendre, ce «patron de choc» ne passe pas par quatre chemins, il fait tout pour se débarrasser d'eux.
C'est ainsi que le jeudi 7 février la majorité des ouvriers de la plantation Shangy entame une grève pour:
- défendre un de leur camarade menacé de sanction parce qu'il ne voulait plus conduire un engin, étant donné qu'il n'a pas été embauché comme tel et surtout qu'il n'a pas reçu la formation nécessaire à cette fonction;
- protester contre des retards de leur paye et l'attitude arrogante et méprisante de certains responsables.
Au lieu de venir discuter avec les grévistes qui lui ont demandé de venir négocier avec eux, T. Dambas a disparu, racontant au journaliste qui était présent sur la plantation le vendredi, qu'il ne comprenait pas les raisons de cette grève. Et quand il est revenu le lundi suivant, c'était pour se mettre à crier et à gueuler et décider de licencier un travailleur, au prétexte que celui-ci aurait menti, à la télévision, sur ce qui se passe sur la plantation. Ce travailleur a été reçu pour un entretien avant licenciement le mardi 26 février. T. Dambas a exigé qu'il intervienne à nouveau à la télévision pour dire qu'il avait menti! On a peine à le croire. Un autre travailleur sous contrat, celui qui s'était plaint du retard de sa paye, a été licencié le vendredi 29.
Et comme si Dambas n'était pas tranquille, c'est le jeudi 28 février, soit deux jours après l'entretien pour licenciement du travailleur qu'il accuse d'avoir menti sur les ondes, qu'il a signé les contrats de travail de plusieurs ouvriers qui travaillent depuis 6 mois et même un an pour certains.
Voilà qui donne une idée du climat que certains font régner sur certaines plantations et surtout de ce qu'ils entendent par dialogue social. Nous rappelons qu'actuellement des rencontres ont lieu entre le syndicat CGTG-Banane et les représentants des patrons du secteur pour la rédaction d'une convention collective.
Cela donne une idée des vraies intentions de certains patrons de la banane et surtout de la nécessité pour les travailleurs du secteur de se réorganiser pour se défendre contre les patrons de l'espèce de T. Dambas. Ce triste sire, fort en gueule, ancien enseignant, n'a pas retenu grand-chose de l'Histoire: rien, absolument rien, ni la répression sous toutes ses formes, ni même les fusils n'ont jamais réussi à empêcher les travailleurs de s'organiser et de se battre contre l'exploitation.