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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 mars 2008      N° 983


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Guadeloupe
Elections municipales des 9 et 16 mars 2008. Prises de position des candidats de Combat Ouvrier

CAPESTERRE BELLE EAU (Extraits de la déclaration des candidats de C.O.)
Nous Militants et sympathisants de Combat Ouvrier de Capesterre-Belle-Eau, nous soutenons LA LISTE «NOUVELLE FORCE POUR L'UNITE DE CAPESTERRE BELLE EAU» dirigée par Alain LACAVÉ.
On y trouve des travailleurs, des petits agriculteurs, des militants et sympathisants du Parti Communiste Guadeloupéen, d'associations locales, des syndicalistes, des retraités. La liste est très représentative des aspirations populaires de la commune de Capesterre-Belle-Eau. Elle a réalisé l'union de différents courants politiques et associatifs de la commune. Elle veut améliorer de façon significative la gestion des affaires municipales, pour la mettre au service de la majorité de la population de la commune et non à celui de quelques uns ou d'un petit clan de partisans et de notables. Nous, militants et sympathisants de C.O, appelons donc tous les salariés, tous les chômeurs, djobeurs, Rmistes, les retraités à se mobiliser massivement pour apporter leurs votes à la liste Nouvelle Force pour l'Unité de Capesterre-Belle-Eau.
Il faut, dès le premier tour, un succès éclatant pour que la commune soit dirigée par les élus de la liste conduite par A. Lacavé.

ABYMES(Extraits du tract diffusé ndans la population par CO.)
Nous Militants et sympathisants de Combat Ouvrier des Abymes, nous soutenons la liste ABYMES AVENIR.

DECLARATION DE DANIELLE DIAKOK
Militante de Combat Ouvrier, syndicaliste, représentante du personnel dans mon entreprise, je fais partie de la liste conduite par Eric Jalton, ABYMES AVENIR, que je soutiens activement. J'appelle donc tous les salariés tous les chômeurs, djobeurs, Rmistes, les retraités à se mobiliser massivement pour apporter leurs votes à la liste ABYMES AVENIR conduite par Eric Jalton.
Il faut, dès le premier tour, un succès éclatant et plus ce succès sera important, plus il y aura de conseilleurs municipaux de la Liste. Et plus ils y seront nombreux, plus ils seront capables par la suite d'orienter dans le bon sens les choix de la municipalité, de faire en sorte que le maire et les élus prennent les bonnes décisions en faveur de la population et particulièrement de la majorité laborieuse et pauvre.

IL FAUT UN VOTE POUR CONDAMNER LA POLITIQUE NEFASTE D'UN GOUVERNEMENT AUX SERVICE DES RICHES ET LEURS SOUTIENS LOCAUX!
Cette élection municipale est aussi l'occasion pour tous les travailleurs de condamner la politique anti salariés et anti populaire du gouvernement actuel Sarkozy-Fillon et Cie. Gouvernement qui ne cesse de revenir sur toutes les lois et dispositions favorables aux travailleurs.
C'est aussi l'occasion de condamner le soutien local que le maire sortant M. Marsin apporte à la politique néfaste de Sarkozy et Cie! M.Marsin est passé au service de Sarkozy, lors des dernières élections présidentielles et en tant que nouveau rallié, il contribue à la politique nuisible de Sarkozy-Fillon dirigée contre les travailleurs.
Travailleurs, retraités et chômeurs vous avez donc la possibilité d'utiliser votre bulletin de vote pour condamner la politique de la droite sarkozyste et de ses soutiens locaux! Des promesses vagues ont été annoncées par le gouvernement, concernant la revalorisation du minimum vieillesse et un meilleur traitement pour les fonctionnaires.
Mesures qui restent floues et n'apportent aucune solution valable aux travailleurs, aux chômeurs, aux retraités et à tous ceux qui vivotent avec les minimums sociaux qui leur sont versés. Par contre, on voit la politique d'économie, de rigueur et de désengagement de l'Etat qu'appliquent les ministères chargés des affaires publiques (Santé, Education, Recherche, Logement, etc.).
En ce moment, il y a une lutte des dits «contrats aidés» en Martinique et des menaces pèsent sur ceux de Guadeloupe. On voit, en ce moment, des multiplications de fermetures d'entreprises en France, une hausse des prix spectaculaire tandis que des augmentations de salaires dérisoires sont proposées aux fonctionnaires. Et dans le privé c'est pire! Les travailleurs ont de quoi avoir des craintes et penser à se mettre en colère. Ce qui arrivera certainement!
En attendant, il faut profiter de l'occasion des municipales et se servir du bulletin de vote utilement pour désavouer la politique du gouvernement Fillon-Sarkozy et autres Estrosi, Darcos, Dati, Kouchner, Bachelot...tous amis des riches, en votant pour des candidats qui sont réellement pour la défense des intérêts des travailleurs, des chômeurs, des rmistes et des retraités et de tous les pauvres de la commune!
Il est de bon ton de faire croire aux électeurs que les affaires municipales n'ont rien à voir avec les autres scrutins dit politiques par opposition à la gestion locale, municipale.
Mais c'est faux, c'est par les mairies que commence la montée en puissance des politiciens - hommes et femmes - qui vont ensuite en France, à l'Assemblée nationale ou au Sénat, appuyer des gouvernements hostiles aux intérêts des travailleurs. C'est exactement ce que fait M.Marsin! Autant donc leur barrer la route dès le départ.

POUR UNE GESTION MUNICICPALE AU SERVICE DE LA POPULATION LABORIEUSE
Si je suis élue dans la municipalité, grâce à un vote massif en faveur de la Liste ABYMES AVENIR, je m'engage à avoir une action qui sera en permanence et exclusivement dévouée à la cause des exploités et à m'appuyer sur ma position d'élue municipale pour défendre en toutes circonstances les intérêts bien compris des classes laborieuses.
Nous savons bien que la seule solution efficace face aux attaques du gouvernement c'est la mobilisation et la lutte des exploités et des pauvres en général contre ce système injuste qu'est le capitalisme.
Mais, dans ces élections municipales, il est possible, au moins sur ce plan de la mobilisation de nos forces, de la remontée du moral des couches laborieuses, d'utiliser efficacement les élections pour qu'elles apportent quelques satisfactions qui nous mettront en bonne position pour les luttes à venir. Et cela pourrait être moins loin que ne l'imaginent les crapules arrogantes qui sont au pouvoir!
Les membres de la liste ABYMES AVENIR ont pour ambition de défendre les intérêts de la population des Abymes! Je ferai tout pour qu'il en soit ainsi! Et particulièrement en ce qui concerne les couches laborieuses et les catégories les plus démunies.



Les frais des services bancaires aux Antilles sont les plus élevés de France

L'association des consommateurs CLCV et «mieux vivre votre argent» ont publié au mois de février dernier, leur enquête annuelle sur les tarifs bancaires pratiqués dans 114 établissements nationaux et régionaux, en métropole et aux Antilles.
Cette enquête a révélé une énorme disparité entre les frais bancaires de l'Hexagone et ceux de leurs filiales antillaises.
Le coût des frais des établissements bancaires aux Antilles est le plus cher de toute la France, jusqu'à cinq fois plus élevé. La banque classée parmi les dix établissements les plus onéreux de France est BNP Paribas. Elle fait payer la tenue d'un compte, hors frais d'incidents de paiements, 140 euros par an en Guadeloupe, et 246 euros en Martinique, contre 45 euros à Paris ou à Bordeaux. On peut citer dans le même classement le Crédit agricole de Guadeloupe qui se situe en cinquième position avec un coût annuel qui avoisine les 137 euros et 278 euros, avec ou sans incident de paiement. La caisse d'épargne et la société générale sont les deux derniers du classement, ils affichent tout de même des tarifs dépassant les 110 euros par an. Ce ne sont que deux banques la BRED et la Banque postale qui ont des tarifs conformes à la moyenne nationale. Cependant, ce sont des chiffres qui ne se rapportent qu'au petit consommateur utilisant un nombre de services limités. L'enquête a indiqué la difficulté d'établir avec clarté les prix pratiqués.
Les incidents de paiement sont encore plus coûteux, un rejet de chèque tourne autour de 72 euros à la SGBA (Société Générale des Banques aux Antilles), alors que le rejet d'un chèque de cinquante euros ne doit pas dépasser le montant de 30 euros par la banque.
Alors que les banques pressurent les clients les plus modestes de frais élevés, en 2006 les profits des banques françaises ont explosé avec un total de plus de 28 milliards d'euros. La première banque mondiale Citigroup en enregistré un bénéfice net de 21,5 milliards de dollars. En 2007, malgré la crise du «subprime», le bénéfice de BNP Paribas a progressé de 7%, soit un bénéfice net de 7,8 milliards d'euros.



La hausse des prix, une politique voulue par ce gouvernement

Depuis quelques mois, aussi bien au sein des foyers que dans les différents secteurs d'activité, qu'il s'agisse du privé ou du public, les salariés parlent souvent de l'augmentation du coût de la vie, notamment des produits de première nécessité.
En effet, dans les grands centres commerciaux par exemple on assiste à une «exagération des prix», (c'est le mot qui ressort régulièrement de la bouche des consommateurs). Ainsi 250 grammes de beurre coûtent 2 Euro. La laitue provenant de France: 5,98 Euro, un paquet de 6 oeufs: 2 Euro. La tomate de Martinique: 3,50 Euro le kilo. 250 grammes de café moulu de Martinique «la Tivolienne»: 3,16 euros. Sans compter le litre de carburant: le super est passé de 1,34 Euro à 1,36 Euro, le gazole: 1,03 Euro à 1,05 Euro et la petite bouteille de gaz coûte désormais 21,59Euro contre 21,08 Euro.
Et l'inflation continue, car l'ARCEP (l'Autorité de Régulation des Consommations Electroniques et des Postes) a donné l'autorisation à la poste d'augmenter le prix du timbre. Ainsi, à partir du 1er mars pour les lettres de moins de 20 grammes le timbre passera de 0,54 Euro à 0,55 Euro. Et l'INSEE vient de publier les indices de prix à la consommation faisant ainsi ressortir un taux d'inflation de 2,6 % sur l'année 2007. Et le syndicat de la CGT de France quant à lui parle d'un taux d'inflation qui a augmenté de 20 % de 1995 à 2006.
Ce qui signifie en clair que le pouvoir d'achat des travailleurs a considérablement diminué, et qu'en parallèle les profits des capitalistes ont considérablement augmenté, qu'il s'agisse de l'alimentation ou du secteur industriel.
Alors le fait que le gouvernement a depuis quelques jours (promesses électorales obligent) réquisitionné quelques contrôleurs des prix pour sillonner les centres commerciaux afin de repérer «les fraudeurs de prix», n'est que de la poudre aux yeux.
Pour faire face ou coût de la vie, la seule réponse que peuvent donner les travailleurs face à ces rapaces capitalistes et à ce gouvernement complice, c'est d'exiger de véritables augmentations de salaires. Par exemple que le plus petit salaire mensuel, le SMIC ou la plus petite retraite doivent être payés à 1500 Euro net par mois.



La grève de 1900 (2ème Partie)

La situation qui a abouti à la tuerie du François

A la veille de 1900, les salaires ouvriers baissés à cause de la crise n'augmentent toujours pas, alors que les profits des patrons sont visibles. La pratique du «caïdon» système de monnaie qui oblige les ouvriers à acheter leurs denrées à la boutique de la plantation, persiste. Des différences de salaires existent d'une habitation à l'autre, selon la région. Lorsque les ouvriers refusent les baisses de salaire, ils sont immédiatement licenciés. Et de plus perdent le lopin de terre qui leur permet de subsister lorsque ce sont des «ouvriers casés».

La grève marchante

Au mois de janvier il y a plusieurs mouvements de grève localisés dans le nord pour obtenir une augmentation de salaire de 25%. La grève démarre le 2 février 1900. Partie de quelques habitations de Marigot, de Sainte Marie, dès le 5 février, elle gagne toutes les habitations situées entre le Marigot, le Lorrain et Sainte Marie. Les ouvriers arrêtent la coupe mais aussi les convois. Les travailleurs, des «bandes» de quelques dizaines à 150 ou 300 travailleurs vont d'habitation en habitation pour entraîner les ouvriers dans la grève, qui elle est très active. Les grévistes se déplacent avec leurs coutelas. Les coupeurs refusent «de prendre la tâche pour moins de 2F».
Les usiniers eux parlent de menaces, voire d'attaques et de violences.
A partir du 6 février, la grève s'étend sur la côte Est (Trinité, Galion, Robert.)
Elle s'étend aussi vers la plaine du Lamentin aux habitations Soudon, à Bois Carré, et à Lareinty.
Les grévistes ont leurs «meneurs», les Siméon, Méduze, Tisson, Jean-Louis! Malgré l'intervention des forces de police qui interviennent à la demande des usiniers, la grève se renforce. Le 8 février, la grève s'étend aussi vers le Nord, à Basse-Pointe sur l'habitation Gradis.
Les ouvriers se regroupent. Désormais ils veulent s'adresser au maire, représentant de l'autorité publique, pour demander une conciliation à Sainte Marie. Les patrons de Sainte Marie et de Trinité refusent la conciliation.

La fusillade du François

Dans le même temps, les usines s'arrêtent, souvent parce qu'il n'y a plus de cannes à broyer. Un rassemblement de 300 à 400 grévistes a lieu aux abords de l'usine du Robert.
Les patrons refusent toujours l'augmentation de salaire. Devant l'extension de la grève ils demandent la venue des gendarmes. Pour cela, ils affirment qu'une bande de pillards et de bandits venus de Morne des Esses se dirigent vers les usines.
C'est dans ce contexte d'exacerbation de la lutte qu'un détachement de 25 hommes de troupe est envoyé au François par le gouverneur.
Le 8 février dans l'après midi, les ouvriers sont rassemblés à l'usine du François. Les troupes, dirigées par le lieutenant Khan, tirent alors même que le maire persuadait les grévistes de rebrousser chemin. La fusillade fait 10 morts et de nombreux blessés. La ville du François reste en état de siège durant plusieurs jours.

Mais la grève ne s'arrête pas

Quelques jours après la tuerie du François, la grève continue de s'étendre. Elle gagne les habitations de l'usine de Petit Bourg le 12 février, celles de Rivière Salée, habitations Génipa, Poirier, le 13 février. A Petit Bourg le propriétaire Jean Hayot propose 1,25F et une prime à certaines catégories de travailleurs pour éviter la grève. Les grévistes refusent.
L'usine de Rivière Salée est arrêtée. 1500 personnes sont regroupées. La tension monte à nouveau.
Le 13 février, la grève marchante gagne les habitations de l'usine Dillon dans la région de Fort de France (Acajou et Favorite). 300 à 400 hommes et femmes déterminés se déplacent avec bâtons et coutelas. A partir de là, certains hommes politiques, représentants de la bourgeoisie de couleur vont intervenir dans les négociations. Ils feront «les propositions de Fort de France». Les ouvriers les jugent inacceptables et les refusent.
Le 14 février, une deuxième négociation va se dérouler à Petit Bourg. Cette fois-ci, les ouvriers ont dix délégués représentant les ouvriers agricoles et les ouvriers d'usines. Hayot finit par accepter la hausse de salaire mais il menace aussitôt de fermer son usine. La colère monte à nouveau. Une force de 50 gendarmes arrive de St Esprit et du Vauclin.

Un accord est signé

Le 15 février, après de nouvelles négociations, suivies par 2000 ouvriers mobilisés, les patrons cèdent. Un accord est signé à Petit Bourg. Tous les salaires sont augmentés de 50%. Les «piquants» et le «caïdon» monnaies patronales qui attachent l'ouvrier à l'usine, sont supprimés. Aucun renvoi n'aura lieu pour fait de grève. Peu à peu la reprise du travail va commencer. Elle sera effective sur l'ensemble des habitations autour du 25 février 1900.
Pour la première fois, les ouvriers ont utilisé la grève générale et sont restés mobilisés et solidaires jusqu'à l'obtention de leurs revendications.
Malgré le prix du sang exorbitant qu'ils payèrent lors de cette grève, ils sauront désormais que seule leur lutte d'ensemble pouvait mettre un frein à la rapacité des patrons et permettre des améliorations de leur sort. Et tout au long de ce vingtième siècle, on verra se multiplier des luttes ouvrières aux Antilles, avec presque toujours une répression sanglante, des emprisonnés, des blessés et des morts! Chaque progrès accompli par les travailleurs de ces petites colonies françaises le sera au prix fort payé par les classes exploitées.