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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 mars 2007      N° 983


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Guadeloupe
Grève aux établissements ANDRE HAAN pour le paiement des salaires!

Les salariés d'André Haan sont en grève depuis le 11 février à l'appel de l'UEC-UGTG. Ils protestent contre le non paiement de leurs salaires. A ce jour ils n'ont pas été payés du solde de leur 13ème mois, des salaires de janvier et février. Ils protestent également contre la non attribution de leurs chèques déjeuner pour le mois de février 2008 et le non versement des cotisations sociales aux caisses régionales de sécurité sociale alors que les prélèvements ont été effectués sur les salaires depuis plusieurs mois. Les salariés dénoncent les mauvaises conditions d'hygiène et de sécurité dans les magasins et dépôt.
L'entreprise connaît des difficultés financières suite à une mauvaise gestion. En réalité il y a un problème entre les actionnaires et le gérant, mais ce sont les salariés qui paient les pots cassés. En 2003, la société André Haan a été reprise par un groupe d'actionnaires (Ary Ancelade, André Jabol et Sully Doloir). Ces derniers ont créé la SCI CEDOL et l'on se rend compte que ce qui les intéresse avant tout c'est de faire de la spéculation immobilière et non la situation des salariés. Les nouveaux actionnaires ont dépouillé l'entreprise et ont laissé faire le gérant, Sully Doloir. Maintenant on parle de faillite de l'entreprise. Les salariés ne sont pas payés ainsi que les fournisseurs et il n'y a pas de stocks.
Le jeudi 6 mars la demande de redressement judiciaire sera étudiée au tribunal de commerce qui statuera sur le sort de l'entreprise.
Les salariés qui ont fixé leur piquet de grève à Jarry restent mobilisés pour ne pas être les oubliés de cette situation et recevoir le paiement de leurs salaires et des indemnités de licenciement si l'entreprise est liquidée.



Martinique Groupe REYNOIRD. Fin du mouvement des artisans chauffeurs

Des artisans chauffeurs chargés d'approvisionner les différents magasins du groupe Reynoird (Cora, Match, Ecomax), et qui bloquaient les accès de ces établissements ont signé un accord avec la direction du groupe et mis fin à leur mouvement le jeudi 28 février, après 11 jours de grève.
En effet, ils percevaient un prix au kilomètre qui n'avait pas bougé depuis des années. Et la direction de Reynoird ne voulait rien entendre de la maigre revalorisation que demandaient ces chauffeurs soutenus par le syndicat CSTM. En fin de compte ils ont obtenu la fixation du prix kilométrique a été fixé à 2,90 Euro.
En fait, l'expression «Artisans chauffeurs» qui signifie que ces personnes sont indépendantes de la direction de Reynoird est un artifice. En effet, ces chauffeurs ont un seul client : le groupe Reynoird et c'est ce dernier qui fixe le prix. Il s'agit là d'une technique mise au point par certaines entreprises pour faire baisser leurs effectifs, et par conséquent le montant des salaires versés et des charges sociales. Elles transforment ainsi de vrais salariés en faux sous-traitants.
De nombreux salariés ont pu croire qu'ils pourraient s'en sortir mieux en choisissant ce statut et se sont engagés dans cette voie. Mais ils se sont rendus compte que cette dernière était pleine d'embûches et profitait d'abord à la direction de Reynoird.




Martinique
Extraits de "Chantiers en lutte"

IDEX: la direction nous pompe l'air
A Idex environnement de la déchetterie au Robert la direction a fait installer notre atelier parmi des montagnes de déchets. Résultat, nous respirons des odeurs insupportables, mais en plus nous sommes envahis régulièrement par de grosses mouches.
Pourtant il y a de la place à l'entrée du terrain hors des mauvaises odeurs pour installer notre atelier. Mais la direction se moque de notre santé. Voilà sa méthode écologique, parce que pour elle le profit n'a pas d'odeur.

PROFILAGE: encore un accident pour le profit...
Décidemment nous ouvriers sommes exposés quotidiennement au danger.
C'est ainsi que nous avons appris que le 4 février dernier un ouvrier de Profilage à St Martin a perdu un oeil en voulant serrer un fardeau de tôles.
C'est le feuillard métallique qui a cédé sous la pression. Pourtant il existe des machines adaptées pour effectuer ce genre de serrage.
Mais pour l'un des patrons les plus riches du monde c'est le cadet de ses soucis. C'est le profit qui compte pour lui avant tout.



Guadeloupe
Extrait de l'Écho de l'Aéroport

AIR FRANCE: DES AUGMENTATIONS RIDICULES DES SALAIRES...
Le 7 février, après plusieurs jours de NAO, la direction d'Air France a obtenu la signature de la CFDT pour 1% d'augmentation pour tous. Quand l'INSEE annonce une hausse des prix de 2,8% pour l'année 2007, cette hausse ne fait pas le compte. La CGT a refusé de signer cet accord, considérant que ce sont des «mesurettes».
Elle signale seulement approuver une mesure plus avantageuse pour les bas salaires, dite mesure plancher: au 1er octobre 2008, 46Euro brut pour les bas salaires et 1,9% pour les autres.

...ET DES MILLIONS D'EUROS POUR LES ACTIONNAIRES...
85% de hausse pour le PDG d'Air France, 800% pour les actionnaires. Alors que ce sont les salariés qui font fructifier les affaires d'Air France, il leur est réservé des miettes et même la répression quand ils revendiquent.



Martinique
LGM Bureautique (Canon). Certaines traditions sont toujours aussi efficaces

Les salariés de la société LGM Bureautique, qui appartient au groupe Ho Hio Hen (HHH), se sont rappelés au bon souvenir de tous, en utilisant des moyens de lutte aujourd'hui décriés par certains, bloquant à une quinzaine les accès des deux plus importantes entreprises du groupe: les entrepôts Multigros à Californie les 27 et 28 février et le centre commercial Océanis/Géant du Robert le 29.
En avril 2001 suite à la liquidation de CCB SA, filiale de Canon France, LGM Bureautique a repris la commercialisation et la maintenance des photocopieurs de marque CANON. Elle y a ajouté également ceux de SHARP. Le 22 janvier 2008, LGM Bureautique a été placée en redressement judiciaire, étape obligée avant la liquidation prévue début mars. Ceci est le résultat d'une gestion calamiteuse de HHH qui s'est révélé incapable de gérer cette entreprise, malgré un personnel qualifié et un marché acquis. Des repreneurs se sont manifestés, mais aucun n'a donné suite, en raison de la persistance d'un conflit qui oppose depuis la reprise, la direction à un salarié.
Lorsqu'il a pris le relais de l'ancienne entreprise CCB SA, HHH a décidé de perpétuer l'ensemble des contrats de travail sauf un: celui d'un salarié, responsable de la CGTM Commerce, qui avait animé avec succès une grève de quatre mois entre octobre 1987 et février 1988 dans l'ancienne société, la grève du commerce en 1995 et plusieurs autres conflits dans ce secteur. Pour HHH, il n'était pas question de garder la moindre organisation autonome des salariés au sein de sa société et encore moins ce militant. Et depuis 2001, malgré plusieurs décisions de justice le condamnant à réintégrer ce salarié sous astreinte, et à lui verser ses salaires antérieurs, HHH refusait de s'exécuter.
Après avoir organisé la faillite de l'entreprise, tout en tentant en vain d'en attribuer la responsabilité à ce salarié afin de dresser ses anciens collègues contre lui, ce n'est qu'au mois de septembre dernier, qu'il a fait mine d'accepter de le réintégrer, tout en refusant de le rémunérer. Ce qui a d'ailleurs conduit les repreneurs potentiels à mettre en veille leur offre de reprise, afin d'attendre la liquidation totale de l'entreprise et le licenciement du personnel.
Face à cette situation, les salariés ont exigé que les «conditions optimales soient réunies, en vue d'une reprise négociée de l'entreprise, et la transmission de leurs contrats de travail dans les meilleures conditions». Constatant le mutisme de leur employeur et son mépris, ils ont donc décidé de s'exprimer à leur façon. Résultat: par leur lutte, en 72 heures, ils ont obtenu que démarrent de véritables négociations concernant la reprise de l'entreprise.



Logement social
l'Etat se désengage, les patrons rechignent

Une masse de 40 000 à 50 000 personnes sont en attente d'un logement social aux Antilles-Guyane. Voilà un marché d'avenir qui fait réagir les entrepreneurs de ce secteur qui voudraient bien satisfaire cette demande. Réunis, le mercredi 20 février dernier, les représentants des professionnels du logement social des trois DOM ont analysé les mesures prévues dans la loi programme pour l'outre-mer qui prétend avoir l'objectif de faciliter l'accès de tous à un logement décent. La critique retenue n'est pas nouvelle: l'Etat, en décidant de défiscaliser le logement social chercherait surtout à dissimuler son retrait par la baisse progressive de la ligne budgétaire Unique (LBU) qui regroupe toutes les dotations budgétaires qui financent actuellement l'ensemble du logement social outre-mer.
Cette disparition à terme de la LBU suscite une grande crainte chez ces professionnels qui se demandent si le logement social doit être financé par des fonds privés. D'autant que l'Etat prévoit la suppression de la défiscalisation sur le logement libre et intermédiaire et la suppression des avantages fiscaux sur la résidence principale.
Voilà qui risque de porter atteinte aux profits habituels ou escomptés. En conclusion, pour les patrons ce projet de loi est inapplicable et inefficace et ne répond pas à la gravité de la crise du logement dans les DOM. Bien entendu ces patrons préviennent à propos d'éventuels licenciements dans le BTP. Ils auraient créé un comité de travail «pour alerter la population et mener des actions d'envergure pour peser face au gouvernement».
Une fois de plus, ces patrons qui savent se montrer très critiques, qui font le constat d'une situation catastrophique dans leur secteur se permettent même de reprocher aux salariés de ne pas prendre d'initiative, ni de risques pour développer l'économie. Ils veulent pousser en avant (voire dans la rue!) les salariés pour bénéficier, eux, des retombées en ayant plus de logements à construire. En réalité on comprend parfaitement qu'ils font passer leurs propres intérêts et donc leur profit futur avant tout autre considération. Et ce n'est pas le manque de logements dont souffre la population laborieuse qui les préoccupent. Les salariés du bâtiment ont donc intérêt à mener leurs luttes sans aucun lien avec leurs patrons, même si ceux-ci proclament des intentions louables envers le logement social.



Guadeloupe
Extraits de "l'Echo de l'ANPE"

AUGMENTATION DU POINT D'INDICE, LE COMPTE N'Y EST PAS!
Malgré les mobilisations pour l'augmentation du pouvoir d'achat des fonctionnaires, le gouvernement vient d'annoncer 0,5% d'augmentation du point d'indice au 1er mars et 0,3% au 1er octobre 2008. Une misère donc, alors que cela fait des années que tout augmente et que les salaires ne suivent pas.

LA BALLE EST DANS NOTRE CAMP!
La perte du pouvoir d'achat pour les agents de l'état est estimée à 6% en 5 ans par les syndicats en France. 3 journées de grève éparpillées sur plusieurs mois n'ont pas suffi à faire reculer un gouvernement arrogant qui se paie même le luxe de poser des ultimatums aux syndicats.

CONTRE LE CHOMAGE, LA FUSION UN CAUTERE SUR UNE JAMBE DE BOIS!
Un des responsables de l'UNEDIC de passage en Guadeloupe pour vanter les mérites de la fusion ANPE ASSEDIC a admis, du bout des lèvres que l'objectif de 5% de chômage sera plus difficile à atteindre ici qu'en France. Malgré tous les trucages des chiffres ou la multiplication de l'emploi précaire, les faits sont têtus: le chômage de masse persiste.
Fusion ou pas, pour diminuer le chômage il faudrait la pression des salariés et des chômeurs pour obliger les patrons à embaucher.

CAUSE TOUJOURS TU M'INTERESSES
Dumirier fraîchement débarqué veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Comme sa hiérarchie le lui a demandé, il fait de la pub pour la fusion en vantant les mérites de la future convention collective qui est prévue pour la nouvelle institution. Et d'affirmer que cette convention collective serait une bonne chose d'autant qu'elle sera une convention de branche. Nous, on préfère, et de loin, la branche statut fonction publique!

TOUJOURS PLUS DE PRESSION SUR LES CHOMEURS
Et de trois ! Après la fusion annoncée de l'ANPE et des ASSEDIC le gouvernement et le parlement prévoient aussi de fusionner les services d'orientation des AFPA, quand ils existent.
Cette fusion est lourde de menace pour les psychologues d'orientation de l'AFPA qui risque de devoir imposer aux chômeurs des formations qui ne correspondent pas à leurs souhaits. Et ce sera aussi un moyen pour l'état de réaliser des économies en supprimant des postes!



Guadeloupe
Extraits de "l'Echo des Télécom"

FRANCE TELECOM CONDAMNEE, EXIGEONS NOTRE DU!
France Télécom nous a fait bosser en 2004 plus que l'accord OARTT ne le prévoyait. Elle doit nous payer! C'est ce que vient de dire le tribunal administratif de Bordeaux, dans un jugement du 13 décembre 2007 sur la requête d'un collègue.
Le texte de l'accord pour tous prévoit expressément que la durée du travail annuelle ne doit pas dépasser les 1596 heures. L'accord pour tous précise que sont des heures supplémentaires les heures excédant 35 heures en moyenne sur l'année et en tout état de cause, la durée annuelle de 1600 heures.

LES REPONSES DILATOIRES DE FRANCE TELECOM
A chaque réclamation formulée par les délégués du personnel, France Télécom disait que le nombre d'heures annuelles de 1596 heures, serait la conséquence d'une moyenne sur 7 années. Elle répondait aussi qu'il faudrait faire attention car il y aurait des années meilleures et des années plus mauvaises. En réalité, toutes les heures travaillées au-delà du plafond de 1596 heures sont dues; elles doivent être payées ou rendues.

LES DIRECTIONS QUI POUSSENT AUX SUICIDES
Cette fois c'est un cadre dirigeant de la Poste qui s'est donné la mort. Dans une lettre il a écrit que son «suicide est en totalité dû à la Poste» et que «depuis 2006, je n'ai pas pris de congé». Le nombre de salariés poussés à bout augmente sans cesse dans bien des entreprises où la surcharge de travail, le stress et le harcèlement sont des procédés couramment utilisés par le patronat. Faut-il parler de suicides ou d'assassinats?