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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 22 mars 2008 N°
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À la Une
Éditorial
Une crise financière qui menace l'économie mondiale
On est loin d'être arrivé au bout de la crise financière qui sévit sur l'économie mondiale.
De nouvelles plongées des bourses asiatiques et américaines prolongées en Europe viennent de se manifester. Mais plus grave, un important fond d'investissement, deux banques importantes des Etats-Unis, connaissent des difficultés qui ont conduit à des opérations de sauvetage en catastrophe.
Les banques centrales américaines, anglaises et européennes injectent des centaines de milliards de dollars dans les circuits financiers; la Federal Bank des U.S.A. envisage de baisser encore une fois son taux de crédit pour faciliter les appels de fonds.
On a assisté à des interventions répétées de George Bush qui affirme contrôler la situation! Mais plus il le dit, moins cela rassure ceux que l'on appelle «les investisseurs». C'est-à-dire tout ce grouillement de gens assoiffés de profits qui achètent et vendent des valeurs boursières aux quatre coins de monde.
Cette crise est partie d'un problème dans l'immobilier américain. Des Fonds immobiliers ont prêté de l'argent à des particuliers à revenus moyens ou modestes pour construire des maisons. Il se trouve un grand nombre de ces gens n'ont pu rembourser de tels prêts et les fonds ont saisi toutes ces maisons, jetant à la rue au passage leurs propriétaires, et ont tenté de les revendre. Du coup, les prix de l'immobilier ont baissé, ce qui a mis tout ces Fonds en difficulté en creusant des trous dans leur trésorerie.
Mais du coup les banques qui avaient avancé l'argent à ces Fonds immobiliers ont, elles aussi, du mal à récupérer l'argent prêté. Les banques se prêtant les unes aux autres, la chaîne des difficultés s'est étendue à tout le système bancaire américain. Et comme tout le système financier mondial est lié, les difficultés américaines ont traversé les océans pour toucher l'Asie et l'Europe.
Le stade suivant, si la situation est vraiment grave, c'est que tout ce système bancaire et financier étant en difficulté il y aura un ralentissement du crédit à l'échelle américaine qui risque de s'étendre à l'échelle mondiale, avec pour conséquence une diminution des investissements et de la consommation. Les Etats-Unis étant les plus gros clients et consommateurs de la planète, cela entraînera un ralentissement général qui finira par toucher l'économie réelle c'est-à-dire la production avec toutes les conséquences pour les salariés des entreprises par où passe obligatoirement cette production.
Pour l'instant la seule réponse des gouvernants c'est de perfuser le système bancaire et financier en milliards de dollars. Mais il n'est pas certain que les banques d'état suffiront à boucher les trous et à injecter suffisamment d'argent pour empêcher des faillites en cascade, si celles-ci se déclenchaient.
Les menaces s'accumulent donc contre le niveau de vie des travailleurs. Pas étonnat que le gouvernement annonce qu'il va «poursuivre les réformes». Il faut s'attendre à de nouvelles attaques contre les intérêts des salariés et des couches pauvres. Et cela d'autant plus que ce contexte international de crise financière va servir de prétexte aux patrons pour refuser toute augmentation de salaires aux travailleurs. L'Etat, lui aussi, prendra cela comme raison pour ne point augmenter les salaires des fonctionnaires, mais aussi pour diminuer ses engagements financiers dans les services publics.
On peut espérer, devant tous les coups qui tombent, devant la conduite injuste de ceux qui dirigent et l'Etat et l'économie que les travailleurs trouveront la confiance en soi suffisante pour se lancer dans des luttes sérieuse, larges, tenaces, dans les entreprises et dans les rues. A trop faire la sourde oreille, à étaler leur arrogante richesse, les riches finiront bien par exaspérer suffisamment les travailleurs pour les pousser vers l'explosion de colère.
On va donc vers une période où ce que les masses travailleuses obtiendront ou protègeront, c'est ce qu'ils auront emporté et gagné de haute lutte. C'est la seule voie qui sera efficace et rapportera quelque chose de substantiel.
Ainsi, ce système capitaliste qui fonctionne de façon irrationnel, avec comme seul moteur l'appât du gain, l'appât du profit, et non le développement rationnel d'activités économiques nécessaires au bien être humain, risque de nouveau d'entraîner le monde à la catastrophe.
La seule vraie réponse à cela c'est d'enlever la direction de l'économie des mains de ces profiteurs rapaces et nuisibles. Seul ceux qui sont au coeur de la production ceux qui sont utiles à l'économie, seuls les travailleurs peuvent le faire.
Notre camarade danielle diakok élue conseillère municipale aux abymes
La victoire de la liste Abymes Avenir, conduite par Eric Jalton, permet à notre camarade Danielle Diakok d'être élue conseillère municipale puisqu'elle figure en 20 ème position sur cette liste. Il y a 39 élus de la liste majoritaire.
En effet, E. Jalton, pour constituer sa liste a fait appel à différents partis de gauche, à des partis progressistes et démocrates. Est aussi présent, outre notre camarade, un militant du Parti communiste. Cette alliance est certainement un des éléments qui lui a permis de battre D. Marsin qui de maire élu par les partis de gauche, est passé à droite en s'accoquinant d'abord avec L. Michaux-Chevry pour être élu sénateur, puis a appelé à voter Sarkosy aux présidentielles. Et en dépit de ces reniements, l'UMP ne l'a pas soutenu comme il l'espérait en retour.
Tout au cours de la campagne, dans plusieurs conférences et meetings, notre camarade s'est adressée à la population laborieuse, aux chômeurs, aux travailleurs, aux retraités, aux petits artisans, pour qu'ils s'impliquent dans l'action municipale. Ses déclarations ont été bien accueilles par des milliers de personnes dans les quartiers et nombreux sont les travailleurs qui la connaissaient en tant que syndicaliste et militante de Combat Ouvrier et qui ont apprécié ce qu'elle déclarait. Des milliers de tracts de Combat Ouvrier ont été distribués tout au cours de la campagne (au 1er tour comme au 2eme tour) appelant à voter pour la liste et expliquant la position que prendrait Diakok dans la nouvelle municipalité, en faveur des travailleurs et des couches les plus démunies.
Martinique
LGM BUREAUCRATIQUE (Canon). Les salariés toujours vigilants
Le mardi 11 mars 2008, le Tribunal de commerce de Fort de France devait statuer sur le sort de la société LGM Bureautique placée en redressement judiciaire le 22 janvier dernier. Rappelons que cette société fait partie du groupe Ho Hio Hen (HHH).
Lors de l'audience du 11 mars, l'administrateur judiciaire et l'avocate de Ho Hio Hen ont demandé la liquidation de l'entreprise sous prétexte que la poursuite de l'activité ne serait pas garantie et que surtout il y a toujours des conflits dans l'entreprise.
L'intervention de l'avocat des salariés a pris à contre-pied tout ce petit monde qui, de toute évidence, avait le souci de sortir HHH d'un mauvais pas. Si bien que même le liquidateur désigné par le tribunal a dit se ranger aux arguments développés par l'avocat des salariés et ne pas souhaiter que la solution de la liquidation soit retenue. Le tribunal a donc décidé de se donner une semaine pour faire savoir sa position.
Quant à la position de HHH de ne pas respecter les décisions de justice l'enjoignant de réintégrer un salarié protégé et de lui payer ses salaires, aucune juridiction n'a encore trouvé le moyen de faire en sorte qu'il s'exécute. Il est vrai qu'il s'agit d'un patron et qu'on est dans une société où l'état est à la dévotion de ces gens là.
Les salariés pour leur part restent vigilants et ont fait savoir qu'ils ne se laisseraient pas faire.
Grève de France Télécom
La détermination est grande
Au moment où nous écrivons, c'est-à-dire le lundi 17 mars, les agents de France Télécom de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane en sont à leur 8 ème jour de grève, et celle-ci se renforce.
Les agences de la région de Pointe à Pitre sont totalement paralysées.
Cette grève est effective tant en Guadeloupe qu'en Martinique et Guyane. Elle a été appelée conjointement par les syndicats CGTG, UGTG, FO, CGTM-PTT (Martinique), SUD. Les agents et leurs syndicats réclament:
- Une prime «ultra marine» de 300 euros par mois pour tous les salariés de droit privé;
- un treizième mois pour tous;
- la revalorisation des salaires du personnel;
- une prime exceptionnelle de 1500 euros;
- et le respect de la convention collective nationale des télécommunications et des accords d'entreprise.
La seule proposition de la direction c'est 2% d'augmentation de salaire, ce qui a fait monter la colère à l'issue du week end. Le lundi 17 la colère était bien perceptible chez les grévistes et ils entendent renforcer la grève.
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