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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 5 avril 2008      N° 985


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Quand le patronat veut toujours plus pour gagner plus

Yves Jégo le nouveau secrétaire d'Etat à l'Outre-mer,fraîchement nommé, a rassuré les patrons sur les effets bénéfiques du projet de loi programme pour l'outre mer (LOPOM), tout comme son prédécesseur Christian Estrosi. Alors que le gouvernement, Mme Michèle Alliot-Marie (ministre de l'intérieur) et M.Jégo promettent 100 millions d'euros pour l'outre-mer, les grandes figures du patronat, comme Colette Koury ou Jean-Paul Fischer, ne sont pas satisfaits de ce projet. Ce dernier, qui, selon les propos de Yves Jégo: «n'est pas un texte figé» sera discuté. Il sera soumis au Conseil des Ministres fin avril-début mai, puis au Parlement.
La LOPOM prévoit tout un dispositif fiscal pour pérenniser la bonne santé des entreprises locales, à commencer par la mise en place de zones franches globales d'activités. 23 000 entreprises sont concernées dans les quatre DOM dans tous les secteurs: ceux qui sont éligibles à la défiscalisation dans la loi Girardin (industrie, commerce, artisanat), mais également les entreprises qui relèvent de secteurs déclarés comme prioritaires (tourisme, énergies renouvelables, environnement et recherche-développement). Ces zones franches bénéficieront d'une réduction de 50% d'impôt sur les sociétés, la taxe professionnelle et la taxe foncière pendant six ans. Ce taux sera majoré à 80% en Guadeloupe et en Martinique pour les entreprises dont les secteurs sont prioritaires. Ce dispositif offrira également une exonération de la taxe foncière pour les sociétés exploitantes et propriétaires de leurs locaux. Le montant des exonérations d'impôts et de taxes s'élèverait selon l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer à 220 millions d'euros par an. De plus on remarque qu'ont été entendues les protestations en 2002 du groupe Accor (grand groupe capitaliste de l'hôtellerie) contre la loi Girardin qui ne prévoyait pas la rénovation des hôtels dans la loi de défiscalisation. Le nouveau projet de loi permettra à l'Etat de donner une subvention de 250 000 euros à un hôtelier souhaitant restaurer 50 chambres. Ensuite, la LOPOM envisage de résoudre les besoins en logements sociaux (30 000 en Guadeloupe), en augmentant la construction annuelle de plus de 1000 logements sociaux et très sociaux supplémentaires. Jusqu'ici la défiscalisation ne concernait que les logements intermédiaires et libres; la nouvelle disposition prévoit sa suppression au profit de la défiscalisation du logement social. Pour faciliter cet objectif, la loi donne aux promoteurs, organismes de logements sociaux, entreprises de travaux publics... des moyens comme «la défiscalisation à l'impôt sur le revenu dédié à la construction de logements sociaux, et une sanctuarisation des crédits budgétaires dédiés au logement très social (Ligne Budgétaire unique)». Les petits locataires n'auront pas droit à la défiscalisation mais à une petite réévaluation des allocations logements.
Malgré tous ces cadeaux le patronat veut d'avantage. En matière de logement il ne veut pas la suppression de la défiscalisation pour les logements libres. En effet, ces derniers sont des logements qui se vendent comme des petits pains. Grâce à la défiscalisation, ils sont vendus dans les 200 000 euros en moyenne (3 000 euros le mètre carré) et loués entre 600 et 750 euros. Les capitalistes se porteraient mieux si la défiscalisation comprenaient tous les secteurs d'activités, sans oublier les exonérations des cotisations sociales. Or, pour l'année 2007, par exemple, France-Télécom a bénéficié grâce à la défiscalisation de 100 millions d'euros pour l'ensemble des DOM, alors qu'aux Antilles-Guyane uniquement ses bénéfices ont atteint les 90 millions d'euros. Bouygues, première entreprise mondiale de travaux publics (dont l'entreprise Colas aux Antilles est la filiale), défiscalise. Auparavant, avant de revendre l'entreprise, Bouygues aux Antilles avait défiscalisé 50 millions d'euros pour installer son réseau GMS.
Malgré les plaintes des Capitalistes, ce seront surtout eux les heureux bénéficiaires de cette nouvelle loi.



Martinique
La guéguerre pour la présidence du Conseil général

Le jeudi 20 mars Claude Lise secrétaire général du RDM (Rassemblement Démocratique pour la Martinique) a été réélu président du Conseil Général.
Cette nouvelle élection renforce la position politique du RDM et celle de C. Lise face au PPM (Parti Progressiste Martiniquais) qui voulait selon les propres dires du PPM le «déchouké» de son poste de Président du conseil général en présentant Frantz Thodiard dans le 10ème canton de Fort de France.
En définitive, les résultats du second tour de ces élections cantonales ont permis à C. Lise de retrouver son poste de conseiller général en devançant largement F. Thodiard avec 61,35% contre 38,65% .
Mais la guéguerre entre Serge Letchimy du PPM et C. Lise du RDM a continué de plus belle au sein du conseil général, c'est-à-dire le 20 mars, jour de l'élection du nouveau Président de cette institution.
Ainsi, deux camps se battaient pour ce poste. L'ancien président C. Lise soutenu par les élus du RDM du MIM-CNCP, MODEMAS, Divers Gauche et de droite; et Maurice Antiste, maire du François du Mouvement Populaire Franciscain (MPF) de gauche soutenu par le PPM. Il semble que M. Antiste avait été choisi depuis des mois par le PPM pour contrer le secrétaire du RDM.
Grâce aux voix de ces amis de tout bord, C. Lise a recueilli 27 voix contre 16 voix à Maurice Antiste et a retrouvé son poste.
Cette nouvelle réélection n'arrange pas l'affaire du PPM qui tout en prônant «une nouvelle gouvernance au sein du Conseil Général» se préoccupait en fait d'apparaître comme le meilleur interlocuteur pour discuter avec la bourgeoisie française de l'avenir institutionnel de la Martinique, place que le MIM-CNCP et le RDM ont déjà occupé avant lui.
En définitive, si on regarde de plus près, derrière ces petites manoeuvres politiciennes, se cache la réelle politique de ces notables locaux. Car ni le RDM, ni le MIM ni le PPM ne se soucient réellement de l'avenir des classes exploitées de la Martinique. Il s'agit tout simplement pour eux d'être le mieux placés aux yeux de l'impérialisme français dans le cadre d'une éventuelle assemblée unique, en se montrant de bons gestionnaires, au service de la bourgeoisie locale. Et ce même s'ils disent parler au nom du «peuple Martiniquais».



Martinique
Echos de campagne

Cirque electoral pour des ambitions personnelles
L'ancien maire de droite du Gros-Morne Anicet Turinay des «Forces Martiniquaises du Progrès (FMP)» a été évincé de son fauteuil dès le premier tour des élections municipales, et ne s'est pas présenté au second tour. C'est Albert Jean-Zéphirin qui a été élu maire. Il n'est rien d'autre que son ancien adjoint de droite qui est passé in extremis... à gauche (Divers gauche).
Quand ces hommes politiques veulent se faire élire, ils savent à quel moment il faut retourner leur veste.

Un patron qui a pris une bonne claque
Yann Montplaisir n'est plus conseiller général. Ce président de l'UMP et patron de la Seen n'arrêtait pas de glorifier Sarkozy durant sa campagne électorale. Mais il n'a pas eu le «plaisir» de retrouver son poste. Car non seulement le maire du RDM de la commune du St Joseph, Athanase Jeanne Rose, a été réélu à son poste de maire mais en plus a pris à Y. Montplaisir son poste de conseiller général.
Le patronat en Martinique a perdu un de ses représentants au conseil général. Tandis que la population de St Joseph a chassé du conseil général un homme de droite et un patron arrogant.

Je suis meilleur que toi
Le mouvement indépendantiste quant à lui a surtout fait campagne sur ses qualités de bon gestionnaire. Par exemple au Prêcheur c'est le MODEMAS qui a gagné la mairie. Ceux du MIM-CNCP eux ont sévèrement malmené plusieurs mairies en place mais sur le même objectif: à qui s'affirmera mieux gestionnaire que le maire en place.



La générale des Eaux Guadeloupe... conserve "le fromage" des services de l'eau

Il y a une semaine on apprenait que, suite à un appel d'offre, la Générale des Eaux Guadeloupe venait d'obtenir un gros marché pour une durée de cinq ans. Il s'agit du marché de la distribution de l'eau potable et celui du traitement des eaux usées pour les communes membres du SIAEAG (Syndicat Intercommunal d'alimentation en Eau et d'Assainissement de la Guadeloupe). Cette information a de quoi laisser perplexe. Pendant 40 ans on n'a jamais su quels étaient les liens entre le SIAEG et la SOGEA. Aujourd'hui, pour donner l'impression de clarifier un peu les choses, le président en exercice du SIAEAG, Amélius Hernandez, est intervenu pour expliquer que désormais, les rapports entre le SIAEAG et la Générale des Eaux allaient changer. Cette société ne sera plus fermière comme c'était le cas auparavant, mais aura une délégation de service. Et toujours selon le président du syndicat, ce dernier est gagnant ainsi que ses abonnés. On a parlé de 40 millions d'euros de plus pour le syndicat. Le directeur de la Générale des Eaux Guadeloupe a abondé dans le sens de M. Hernandez et a ajouté que l'entreprise aura plus de responsabilité (?). Cette somme existe-t-elle vraiment? A qui profitera-t-elle? On est en droit d'émettre des doutes sur cette soudaine générosité de la Générale des Eaux Guadeloupe.
Il faut se souvenir qu'en 1994-95, un certain nombre d'usagers de l'eau de Capesterre-B-E, lassés de se faire «voler» par la SOGEA avaient mené pendant des mois un combat pour obtenir une diminution des factures et aussi avoir des explications sur le prix de l'eau et la nature des contrats liant le SIAEAG et la SOGEA. Ce combat avait atteint son paroxysme avec le saccage de l'agence SOGEA située au bourg de Capesterre-B-E et plusieurs barrages routiers sur le pont de Pérou et de Sainte Marie. On se souvient des audiences au tribunal de Basse-Terre auxquelles assistaient parfois près de cinq cents usagers de l'eau en colère.
Ce mouvement dirigé par le Comité de Défense des usagers de l'Eau a permis d'obtenir une nette diminution des factures dues par les usagers en lutte. Mais rien sur la baisse du prix de l'eau, ni sur la nature des contrats liant la SOGEA au SIAEAG. Par la suite la SOGEA a changé de nom pour devenir Générale des Eaux Guadeloupe. Puis la Générale des Eaux a été remplacée par la SOGEDO pour le traitement des eaux usées. Et aujourd'hui, la Générale des Eaux reprend tout le fromage. Tous ces changements n'ont nullement entraîné une baisse des factures. A noter par exemple que l'on paie 1,22Euro pour un mètre cube d'eau, mais 1,60 pour le traitement d'un mètre cube d'eaux usées. Pourquoi? C'est à n'y rien comprendre. Rien de surprenant à cela. Et ce n'est pas par hasard qu'une polémique a démarré lorsque la revue Que Choisir a dénoncé en France le scandale du prix de l'eau et de l'opacité qui entoure ce marché. Il y a une mainmise de trois sociétés sur les profits tirés de la distribution de l'eau : Véolia, dont dépend la Générale des Eaux Guadeloupe, Suez-Lyonnaise des Eaux et la Saur, ex-filiale de Bouygues. Et ce n'est certainement pas non plus par hasard que ces trois sociétés sont parmi les plus riches de France. Car selon certains, les opérateurs privés savent transformer l'eau en or.



Un nouveau mouvement lycéen?

Plusieurs milliers de lycéens de la région parisienne ont défilé mardi 1er avril dans la capitale: 13 000 selon les lycéens, 4 500 selon la police. Ils protestent contre les 8 830 suppressions de postes de profs prévues par le gouvernement pour la prochaine rentrée.
Le gouvernement ne s'attaque pas qu'aux enseignants: tous métiers confondus, ce sont 11 000 emplois qui seront supprimés dans l'éducation l'année prochaine, et 80 000 emplois disparaîtront d'ici 2012. Cette dégradation du service public pèsera davantage sur les plus démunis: les enfants d'ouvriers, leurs parents, les profs qui travaillent dans les quartiers pauvres... C'est pourquoi, depuis un mois, des mobilisations dispersées ont commencé en banlieue parisienne. À Bobigny, les profs rejoints par certains parents avaient appelé la semaine dernière à occuper deux lycées de la ville. À Créteil, le jeudi 27 mars, la grève des enseignants a été rejointe par les lycéens. C'est d'ailleurs à la suite de cette action que les jeunes ont décidé la manifestation de ce mardi, à laquelle ont participé quelques centaines de profs. Le même jour, la FCPE, principale fédération de parents d'élèves en métropole, organisait un petit rassemblement devant le Rectorat de Paris.
Selon la vieille recette du «diviser pour régner», les autorités du ministère, souvent appuyées par les chefs d'établissement, s'acharnent depuis des années à dresser les parents contre les profs (qui seraient «tous des fainéants»), les profs contre les parents (qui auraient «perdu leur autorité sur les enfants») et les enfants contre leurs profs... Il est donc intéressant de voir, pour la première fois depuis des années, un début d'unité entre eux. Le mouvement fera-t-il tache d'huile, comme le promettent les organisations lycéennes - l'UNL et la FIDL? En tout cas, la meilleure façon de faire très vite reculer le gouvernement est l'unité des jeunes avec les travailleurs de l'éducation, et avec les travailleurs que sont leurs parents.