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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 19 avril 2008      N° 986


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Guadeloupe
Élie Domota, nouveau secrétaire général de l'UGTG

L'Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG) a tenu son 12ème congrès du 2 au 5 avril dernier. C'est Elie Domota qui a été choisi par les ugtgistes pour succéder à Raymond Gauthierrot, le secrétaire général sortant. Elie Domota, cadre de l'ANPE, est un militant connu de l'UGTG qui a participé et dirigé diverses grèves en Guadeloupe et pas seulement à l'ANPE.
Lors de ce 12ème congrès, la direction de l'UGTG a tenu à bien expliquer qu'elle situait son action dans le cadre de la lutte de classe mais aussi avec l'indépendance Nationale de la Guadeloupe comme principal objectif. Donc, rien de nouveau par rapport aux années précédentes. On sait que ce qui fait la force de syndicat c'est sa réputation justifiée de combativité, et notamment le fait qu'il est capable, face à des patrons retors, d'aider les travailleurs à tenir le temps qu'il faut pour arracher tout ou partie de leurs revendications. C'est d'ailleurs plus là-dessus que sur l'affichage de ses convictions indépendantistes qu'est fondée sa popularité. Au moment où le principal mouvement indépendantiste de Guadeloupe, l'UPLG, avait subi des revers et un réel recul, les militants les plus convaincus, les plus combatifs s'étaient regroupés autour des syndicats nationalistes et avaient renforcé l'UGTG, faisant de celle-ci une véritable force combattante au sein des travailleurs.
Pour l'instant, son appartenance au camp indépendantiste n'a pas d'incidence politique sur la situation politique, pour la raison simple que les sentiments autonomistes ou indépendantistes dans la population ont en partie reculé. Car l'état colonial français, en tant qu'état d'une puissance riche, a joué sur les investissements divers et les améliorations matérielles de tous ordres pour faire reculer les anti-colonialistes, tout en leur donnant satisfaction sur certains points (reconnaissance politique de leurs organisations et leaders, reconnaissance officielle du créole, etc...).
Aujourd'hui, contrairement aux années 60 et 70, on peut être officiellement indépendantiste et faire partie des gestionnaires des institutions officielles (mairie, Région, département, assemblée nationale). Rappelons nous qu'en 1960 des anti-colonialistes divers de la fonction publique avaient été mutés d'office hors d'ici, pour avoir affiché leurs convictions autonomistes!
On n'en est plus là mais la population, dans ses diverses couches, a trouvé au travers des luttes et manifestations une façon de composer avec le dit colonialisme qui lui-même a fait donc des concessions et s'y prend de façon plus modérée, plus indirecte pour maintenir sa mainmise sur ses dits DOM et TOM. Il y a mis beaucoup plus d'argent, mis fin à certaines discriminations criantes et fait beaucoup de promotion des uns et des autres.
Mais il n'est pas dit qu'il pourra toujours continuer à mener cette politique. Notamment, en ce moment où le président français lui-même affirme qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses et que les économies sont nécessaires. L'Etat, aujourd'hui, a tendance à rogner sur toutes les dépenses publiques. Il y a fort à parier que les dépenses pour les DOM-TOM sont celles qui seront parmi les premières à sérieusement diminuer. Quoiqu'il en soit on voit déjà - par la décentralisation - un véritable désengagement de l'Etat qui aura des conséquences sur l'emploi et le niveau de vie des populations de nos territoires.
En maintenant son drapeau indépendantiste, au travers de son activité syndicale, l'UGTG espère bien qu'à un tournant de la situation, à un moment donné, en tant qu'organisation indépendantiste, elle pourra reprendre l'initiative politique, et avec beaucoup plus de poids car s'appuyant sur le mécontentement des travailleurs, comme le faisaient les nationalistes dans les années 60/70 à 80.
Pour notre part, en tant que militants communistes, nous espérons et nous agissons pour que les poids des travailleurs, leur expérience de lutte, leurs organisations leur permettent de jouer un rôle primordial pour faire triompher leur point de vue sur l'organisation de la société. Ce qui est indispensable pour ne pas voir, à un tournant de la situation, des hauts fonctionnaires et politiciens de l'Etat colonial simplement remplacés un jour par des notables en mal de pouvoir et chargés de préserver les intérêts des capitalistes et possédants locaux et internationaux sévissant dans nos territoires. Et cela au détriment des intérêts des masses travailleuses et pauvres.
Il se pourrait que les deux positions que mettent en avant les militants de l'UGTG, à savoir la lutte de classe et l'indépendance nationale, deviennent, pour eux, contradictoires dans le développement de la lutte des travailleurs. L'UGTG sera-t-elle alors plus nationaliste que partisan de la lutte de classe? La question sera posée à travers la lutte des travailleurs. La classe ouvrière doit chercher à renverser la société bourgeoise et à mettre à sa place une organisation sociale contrôlée par les travailleurs en vue de leur émancipation. Ce n'est donc pas pour eux uniquement un problème «d'indépendance» qui se posera. Il s'agit bien finalement de leur propre émancipation à travers une société contrôlée par eux dans leurs entreprises, leurs quartiers.
Il est clair que si l'indépendance consiste à ce qu'une bande de notables, fussent-ils blancs, noirs, indiens et autres bourgeois compradors ou internationaux, se servent de la lutte des travailleurs pour mettre en place un pouvoir politique pour leur propre compte, les travailleurs devront s'y opposer et tenter par tous les moyens de construire leur propre pouvoir, en prenant la tête de toutes les formes de protestations anticolonialistes et de toutes les luttes sociales! Les travailleurs n'opposeront pas à leur propres buts les aspirations anti-colonialistes ou nationales, si elles se font jour. Mais agiront à l'intérieur de celles-ci pour parvenir à leurs propres buts conformes aux intérêts des larges masses, opposés à ceux d'une minorité de possédants, de notables et d'affairistes internationaux divers.
Aujourd'hui, on est évidemment loin d'une situation où ces problèmes se posent réellement, autrement qu'à l'état d'évaluation et de prise de position théorique, compte tenu de l'état des forces, du niveau des luttes aux Antilles et en France. Mais autant que l'UGTG insiste pour préserver son orientation indépendantiste, ce qui est son droit, autant il est nécessaire dans le camp des travailleurs de maintenir tout aussi clairement ce que sont les objectifs propres des travailleurs de ce pays, indépendamment de ceux des notables nationalistes de toute obédience, face aux problèmes politiques qui se posent aujourd'hui ou pour demain.



Martinique
Extraits du Bulletin «Echo des hôpitaux»

OUVERTURE DE LA MAISON DE LA FEMME, DE LA MERE ET DE L'ENFANT: DU PERSONNEL EXTENUE QUI EN A RAS LE BOL!
L'ouverture le mois dernier de la Maison de la femme, de la mère et de l'enfant -MFME - nouveaux bâtiments du CHU de la Meynard révèle un peu plus l'aggravation des conditions de travail des agents du CHU. Bien sûr, les agents comme les usagers ont bien noté les améliorations prévues dans le cadre de cette nouvelle structure pour la prise en charge médicale et chirurgicale des malades et notamment des nouveau-nés et prématurés, et ils en sont satisfaits.
Il n'empêche que pour les agents les conditions de travail sont de plus en plus insupportables et bon nombre d'entre eux sont exténués.
De plus, les heures supplémentaires effectuées par les agents lors du déménagement de l'ancien hôpital Victor Fouche vers la MFME (Maison de la femme, de la mère et de l'enfant) mise en cartons, puis réarrangement de tous les cartons dans les nouveaux services, ne leur sont toujours pas payées, alors que la direction avait fait des promesses.
Pour l'instant , les agents discutent entre eux et avec leurs représentants du personnel ou le font savoir dans des tracts. Mais ils sont de plus en plus nombreux à se dire qu'un de ces jours, cela va exploser!

Des déclencheurs... de fumée
A plusieurs reprises, nous pourrions évacuer le bâtiment de la MFME. En effet des détecteurs de fumée se déclenchent, indiquant la nécessité d'une évacuation. En fait, ce sont les fumées de la distillerie «La Favorite» qui occasionnent cela.
Passé les premières inquiétudes, nous n'avons plus aucune panique. Mais si cela doit être réel, et qu'il y a le feu, il y a fort à parier que certains ne le prendront pas au sérieux...

Ou... de la colère
Des portes qui frappent le visage d'une étudiante IADE, un faux plafond qui s'affaisse sur la tête d'une collègue, des doigts blessés par des portes, des allergies au «gel de désinfection des mains sans lavage», des congés annuels et récupérations refusés, des collègues sur les rotules après un mois de fonctionnement, des pressions exercées pour préparer des produits antimitotiques sans respect des précautions réglementaires, une nurserie sans aspiration, une salle de déchets exigüe et située entre le secteur propre adulte et enfant...!!! Voilà les problèmes que nous vivons régulièrement à la MFME!
Pourtant sur de nombreux problèmes, des observations avaient été faites bien avant le déménagement.
Mais ils n'ont pas été pris en compte! Et de plus la commission de conformité a donné son feu vert!!!

Ou est notre argent?
Nous sommes nombreuses à avoir donné sans compter notre temps lors du déménagement et de l'aménagement de la MFME. Nous avons donné pour certains notre accord, moyennant nos sous!
Alors, c'est du vol de ne pas payer tout le travail effectué! C'est de l'abus de s'engager à payer des heures supplémentaires et aujourd'hui de ne pas respecter cet engagement.
Et dire que ce sont les mêmes personnes qui viendront demain, nous faire la morale et nous évaluer!

Des AP et AS sont insuffisants dans différents services
La direction ne recrute pas et contribue à accroître notre mécontentement qui s'exprimera sans aucun doute.



Succès de la fête de Combat Ouvrier

Cette année encore, la fête a attiré quelques centaines de personnes au Domaine de Pako à Baie Mahault. Elle s'est déroulée le dimanche 6 avril dans une ambiance agréable avec la participation de deux groupes musicaux: Le «Groupe 2-5-1» de musique caribéenne de l'université Antilles-Guyane et le groupe de quadrille «Négoce et Signature». Cette animation musicale a eu lieu tout au long du repas et s'est poursuivie dans l'après midi par un bal Titane.
Si tout un chacun a pu se détendre et apprécier les différentes animations-jeux dans les stands pour adultes et enfants, les participants ont été à l'écoute des interventions politiques et des débats animés par des invités. Notre camarade Danielle Diakok a fait une allocution sur la politique de notre organisation et a dénoncé les mesures du gouvernement de Sarkozy contre les travailleurs et la population. Le nouveau secrétaire général du Parti communiste Félix Flemin a fait une intervention et exprimé son soutien à Combat Ouvrier. Des représentants de la CGTG et de la CTU étaient présents dans des stands où ils ont mis à la disposition des participants des publications sur leurs actions syndicales.
Des débats ont permis des discussions animées autour de la politique de Combat Ouvrier, de l'activité de la CTU exprimé par le représentant de ce syndicat, Alain Plaisir. La conférence scientifique sur les réparations du cerveau de Sylvie Gustave dit Duflo, docteur en science du cerveau, maître de conférences à l'Université des Antilles et de la Guyane, a eu un très grand succès et a laissé les participants avides d'en savoir plus sur la question.
Les nombreux sympathisants et militants présents, n'ont pas caché leur satisfaction. Ils ont pu circuler dans la fête autour des différents centres d'intérêts, en lisant les panneaux politiques, en achetant des livres à la librairie, en se divertissant autour des stands. Certains ont eu la chance de poser pour le peintre Edouard Géraud qui a réalisé leur portrait. Les enfants et les jeunes y ont trouvé également leur compte, au grand bonheur de leurs parents qui ont pu les laisser une après-midi s'amuser librement dans les stands de tir et de jeux vidéo et, pour les plus petits, avec des jeux de plein air.



La SAFER licencie faute de financements

La Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural de la Guadeloupe a décidé lors d'un Conseil d'Administration, de licencier 17 salariés. Les 33 membres du personnel s'y attendaient mais comme dans de nombreuses entreprises qui licencient une telle décision tombe comme une douche froide. Les salariés de cet organisme mis en place depuis plusieurs années pour organiser la Réforme Foncière, ont-ils pensé qu'un jour ils seraient victimes d'un licenciement comme cela se passe pour de nombreux salariés dans d'autres secteurs? Les difficultés financières de la SAFER ne datent pas d'aujourd'hui. Les fonds européens (par le biais du DOCUP) ne seront plus alloués.
Si le personnel diminue de moitié qu'en sera-t-il de la réforme foncière? Comment seront accompagnés les jeunes agriculteurs? La SAFER aura-t-elle pour seule fonction la gestion et la préservation du foncier? La préoccupation de l'Etat n'est certainement pas de renforcer financièrement une structure dans l'intérêt des agriculteurs et de l'agriculture en Guadeloupe. Quant à la protection de l'emploi, ce n'est pas non plus le souci majeur du gouvernement. Les 17 licenciés de la SAFER iront grossir le lot des nombreux chômeurs. Un plan social leur a été proposé mais, comme dans beaucoup d'autres entreprises qui licencient que ce soit dans le public ou le privé, il ne s'agit pas d'une réelle garantie pour l'avenir. C'est même une façon de neutraliser durant une période le mécontentement.