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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 3 mai 2008      N° 987


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À la Une

Éditorial

Participer massivement à la grève du 15 mai est une façon de se préparer a une vraie contre-offensive des travailleurs

Comme on l'entend et le voit sur les médias, le gouvernement Sarkozy-Fillon agit exactement comme l'a promis le président. En dépit de la claque reçue aux municipales, en dépit de sa plongée dans les sondages, il persiste: il poursuit de plus belle ce qu'il appelle les «réformes». C'est le mot consacré pour parler d'une cascade de mesures qui s'attaquent aux intérêts populaires. Tout y passe: on s'attaque aux chômeurs, avec les nouvelles dispositions prises par le gouvernement. On menace la politique d'aides aux familles. On tente de faire passer en douce le non remboursement des lunettes, on promet de dé-rembourser de nouveaux médicaments. On revient sur la question des retraites pour actualiser le passage aux 41 ans de cotisations. Au niveau de l'éducation nationale, Darcos, le ministre est sourd aux protestations et aux manifestations d'élèves et d'enseignants. C'est dit: on supprimera 11 000 postes dans l'enseignement, quelles qu'en soient les conséquences.
Madame Lagarde et Monsieur Woerth l'ont dit: le déficit français exige qu'on fasse des économies! Alors on s'en prend à tout ce qui va aux travailleurs, aux usagers populaires et aux plus démunis. Pour financer le RSA, eh! bien! on prendra l'argent qui va à la prime pour l'emploi, accordée aux bas salaires. Des pauvres vont donc subventionner des pauvres. Il y avait une autre solution, plus payante, plus évidente, c'était de reprendre ces 15 milliards dits de «paquet fiscal», cadeau de Sarkozy à ceux qu'il aime, estime, fréquente et admire. N'a-t-il pas dit qu'il faut être décomplexé avec l'argent et la richesse! Mais ce paquet fiscal est intouchable, et ce n'est d'ailleurs qu'une partie des cadeaux qui sont faits aux plus riches et notamment aux patrons des plus grands groupes capitalistes, à qui on a donné l'année dernière près de 100 milliards d'euros sous une forme ou sous une autre.
Que l'on supprime ces cadeaux divers et on fera disparaître les déficits divers, et notamment le fameux trou de la Sécurité sociale! Et on trouvera l'argent pour améliorer la santé, l'éducation, et développer le logement social, au lieu de nous abreuver d'âneries telles que la maison à 15 euros de la ministre Boutin.
Malheureusement, les grandes organisations ouvrières, les grandes centrales syndicales, n'infligent pas à tous ces gens-là la cinglante réponse qu'ils méritent: grâce à la mobilisation et à la lutte de millions de salariés et de pauvres! Beaucoup d'entre nous, de plus en plus excédés par la situation actuelle, par les réponses négligentes ou arrogantes des ministre sur nos problèmes, «pouvoir d'achat», de hausses des prix , etc. seraient sans doute pourtant prêts à répondre à ces pitres, ces valets des riches, qui nous gouvernent.
Quoi qu'il en soit, divers appels sont lancés aux salariés de la fonction publique pour une journée de grève le 15 mai. Certaines fédérations CGT demandent de commencer l'action dès le 13 et d'aller en accentuant l'action jusqu'au 15. On apprend aussi que des syndicats enseignants rejoindront les autres fonctionnaires dans cette journée. Et pourquoi pas toutes les autres catégories de travailleurs et cette grande masse de pauvres, de démunis, de «nouveaux pauvres», de sans papiers, qui souffrent tous de la politique actuelle du gouvernement, de la hausse des prix, toutes choses qui menacent de faire plonger encore plus de monde dans la pauvreté, voire dans la misère
. Nous n'avons pas d'illusions sur la volonté réelle des organisations traditionnelles du mouvement ouvrier d'organiser et d'engager une véritable lutte pour stopper l'offensive du gouvernement et des patrons; pour reprendre ce que ceux-ci ont déjà enlevé aux classes laborieuses. Cependant, nous croyons que le meilleur moyen de préparer une riposte future des travailleurs et de tous les pauvres est de saisir chaque occasion de se mobiliser et donc de répondre présent aux appels pour le 15 mai.
Il arrivera bien un jour où les nantis, bourgeois, patrons et autres actionnaires qui s'engraissent du travail des autres, connaîtront une surprise, celle de voir un mouvement aller plus loin que les limites établies d'avance par les organisations syndicales qui dialoguent avec respectueusement ce gouvernement. Alors, tous ces gens-là auront du souci à se faire.



Guadeloupe
Grève a l'aéroport pôle caraïbes (personnel CCI). Mme Koury fait durer le conflit!

«Tini Koury, tini las osi!» «Man Koury, nou ké ratrapé'w»: la présidente de la CCI de Pointe-à-Pitre, gestionnaire de l'aéroport, en a fait l'expérience lors de la grève des 24 et 25 avril. Un préavis avait été déposé par l'ULTEA-UGTG (Union Locale des Travailleurs des Entreprises de l'Aéroport), mais la présidente l'avait traité par le mépris en affirmant que c'était illégal, au motif que l'UGTG n'est pas un syndicat reconnu au plan national. Pourtant, elle ne pouvait ignorer que la liste ayant remporté les dernières élections à la CPL (Commission Paritaire Locale) est dirigée par des représentants de ce syndicat. Cet argument bidon perdait de sa substance puisque le 22 avril, l'Union Locale CGTG appelait ses adhérents à se joindre au mouvement.
Dix points de revendication étaient présentés par l'ULTEA, portant principalement sur les salaires (grille des emplois, maintien du 14ème mois, majoration des dimanches et heures de nuit) la promotion des agents, la prise en compte des problèmes du SSLIA (pompiers) ainsi que l'arrêt du harcèlement à la CCI.
Mme Koury refusa tout d'abord de rencontrer les grévistes, le jeudi, et organisa une pseudo CPL avec les délégués de la liste minoritaire composée de cadres. Ceux-ci, sans vergogne, votèrent «à l'unanimité» tous les points contestés par les grévistes. Ils s'en justifiaient dans un tract au ton faussement revendicatif. Il faut dire que l'un des signataires, ex-délégué UGTG, était aussi mis en cause par la demande de «changement de direction au fret» exigée par les grévistes.
Dès l'annonce de cette trahison, les grévistes renforcèrent leurs piquets de grève au fret et à l'entrée de l'aérogare. Ils manifestèrent leur colère en défilant dans l'aérogare et ses alentours. La police, présente dès le matin, demanda un renfort de ses effectifs. La grève était suivie à 80% par le personnel CCI de l'aéroport, avec la présence remarquée de certains cadres qui manifestaient leur ras-le-bol de la gestion autoritaire et des faveurs attribuées «à la tête du client» par la présidente.
Le jeudi après-midi, la majorité des pompiers étant grévistes, les gros porteurs se mirent à tourner faute d'un niveau de protection suffisant. Le préfet prit alors la décision de réquisitionner les pompiers en service. La police se mit à les rechercher activement, et malgré leur résistance, se saisit brutalement de deux d'entre eux, dont l'un fut pris d'un malaise. Cette «chasse aux pompiers» se poursuivit le lendemain vendredi, où gendarmes et policiers firent la ronde autour des domiciles des pompiers du SSLIA, le plus souvent sans succès! Suite à ce recours à la force, les pilotes des gros porteurs décidèrent finalement d'atterrir.
Le lendemain vendredi, la présidente qui parlait de «ma chambre» et de «mon aéroport» fut obligée de prendre rendez-vous avec les délégués des grévistes. Elle tenta une fois de plus de passer en force, en s'appuyant prétendument sur des textes. Face aux grévistes qui commençaient à perdre patience, elle dit qu'elle avait un avion à prendre. La séance fut donc interrompue.
La responsable de la police contacta le préfet pour montrer que l'entêtement de Mme Koury pouvait aboutir à une situation inextricable. Finalement celle-ci fut obligée de revenir s'asseoir gentiment à la table de négociation. Celle-ci reprit vers 15 heures et se termina vers une heure du matin! La plupart des points exigés par les grévistes furent acceptés par la présidente, mais elle se déclara trop fatiguée pour mettre en forme l'accord définitif.
Les grévistes firent une concession (peut-être imprudente!) en suspendant le mouvement durant le week-end. En principe la finalisation de ces accords devrait se faire lundi 28 avril 2008 dans l'après-midi. Les travailleurs restaient mobilisés car ce ne serait pas la première fois qu'un patron reviendrait sur une parole donnée. Il ne faut en général pas faire confiance à ces gens là.

DH: Au moment où nous écrivons, rien n'est encore réglé. Il semble que Mme Koury n'est toujours pas prête à donner satisfaction aux grévistes!



Martinique
Grève des agents de sécurité et de sûreté

Le 14 avril 2008, les salariés des entreprises de prévention et de sécurité sont entrés en grève. Leurs revendications portent, entre autres, sur le versement d'un 13ème mois, la prise en compte de la prime de transport, la prise en charge de leur mutuelle, le versement d'une prime de risque, etc...
Dès le mardi 15, les discussions ont débuté avec certains employeurs qui avaient été encouragés par le fait que des groupes de grévistes passaient sur tous les lieux où se trouvaient leurs collègues pour les amener à les rejoindre dans le mouvement.
Le mercredi 16, les représentants des employeurs et ceux des salariés parvinrent à un accord portant sur une dizaine de points. Et alors que le récapitulatif des points était fait avant signature par toutes les parties, le directeur général des Antilles Protection fit savoir que cet accord ne pourrait entrer en application qu'une fois étendu à tous les employeurs, en avançant la date de septembre 2008. le lendemain, les patrons décidèrent de revenir sur un des éléments de l'accord: la prime de fin d'année. Au lieu de septembre 2008, ils proposèrent de la faire démarrer en janvier 2009. cette décision eut pour effet d'augmenter la colère des agents qui analysaient comme du mépris l'attitude des patrons. Car ces derniers avaient pu petit à petit détacher certains agents du mouvement et arrivaient à les faire travailler sans leur uniforme. Les grévistes ont systématiquement entrepris, par la persuasion, de faire sortir ces non grévistes des entreprises.
Le mercredi 23 avril, une réunion eut lieu à la direction du travail en présence du directeur et d'un inspecteur. Au cours de cette rencontre, le directeur fit une proposition à laquelle les représentants des salariés donnèrent leur accord dès le lendemain. Pour toute réponse, le 24 avril, les employeurs, sous la signature de la CGPME, firent connaître leurs propositions qui consistaient à reprendre ce qu'ils avaient dit deux jours plus tôt. Réunis en assemblée générale le dimanche 27 avril, les grévistes ont réagi dès le lendemain en faisant part aux patrons de leurs contre-propositions.

D.H.: Les agents ont obtenu satisfaction sur la plupart de leurs revendications/ 50% du paiement des heures de grève, une indemnité pour frais de transport, une prime annuelle de sécurité d'un montant de 141€ brut mensuel et différentes autres améliorations. Ils ont repris le travail satisfaits d'avoir fait reculer le patron.