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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 19 juillet 2008      N° 991


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À la Une

Éditorial

Les «réformes» de Sarkozy-Fillon-Bertrand c'est la régression sociale, mais... tant va la cruche à l'eau...

Depuis leur arrivée au pouvoir, Sarkozy et son équipe ne laissent pas passer un mois sans porter un mauvais coup contre les travailleurs en particulier et toutes les petites gens en général. Le dernier en date étant la loi sur la durée du travail, loi qui sera bientôt votée par le parlement et qui aura pour conséquence un retour à la durée de travail en vigueur fin XIXème, début XXème siècle, puisque le contingent des heures supplémentaires passera de 220 heures par an à 405 y compris pour les cadres. Un patron pourra ainsi faire travailler ses salariés jusqu'à 48 heures par semaine et 47 semaines par an.
Quelques semaines avant, c'était la tentative de faire passer de 100% à 35% le remboursement par la Sécurité sociale des médicaments à vignette bleue, dits de confort pour les malades atteints par les ALD (affections longue durée) comme le cancer, le diabète, etc. Mais le tollé provoqué par cette mesure a incité l'équipe Sarkozy à faire marche arrière toute.
Mais pour cette mesure qui a été peut-être juste reculée, d'autres, plus scélérates les unes que les autres ont été appliquées venant porter atteinte au niveau de vie et aux conditions de travail de la population laborieuse:
- Le passage de 37,5 années à 40, puis 41 années de travail pour tous, travailleurs du public comme travailleurs du privé, pour bénéficier d'une retraite à taux plein;
- La franchise de 1 sur la consultation médicale;
- La franchise de 0,50 sur la boîte de médicament, de 2 sur les transports des malades et de 18 sur les actes médicaux supérieurs à 90 , et l'allongement de la liste des médicaments non remboursés par la Sécurité sociale;
- le passage à 16 du forfait hospitalier, mis en vigueur rappelonsle par l'ancien ministre socialiste M. Rocard. Au début il était de 10F;
- Le paiement de la redevance télé par des personnes âgées qui jusqu'alors en étaient dispensées;
- Sans parler des suppressions massives de postes dans la fonction publique sous le prétexte de réduire le déficit public. On se souvient de la mémorable déclaration du premier ministre F. Fillon prétendant que les caisses de l'Etat étaient vides. Ou des autres déclarations du même genre à propos du déficit de la caisse de Sécurité sociale.
Si Sarkozy et son équipe n'ont pas arrêté de faire les poches à la population laborieuse, c'est pour remplir les coffres-forts de leurs amis. Ce n'est certainement pas par hasard que la décision du président de la République de supprimer la publicité sur les télévisions publiques a été prise au lendemain de la publication par TF1 d'un livre blanc dans lequel il était question de la baisse des recettes de publicité de cette télévision privée.
Rappelons que l'une des premières mesures arrêtées par Sarkozy a été de faire cadeau de 15 milliards d'euros de réduction d'impôts pour les plus riches et que ce sont 22 milliards d'euros destinés à la Sécurité sociale et qui restent dans les caisses du patronat.
Alors les travailleurs, les pauvres savent dorénavant de quel côté penche le coeur de Sarkozy et de ses acolytes du gouvernement. Ils doivent surtout comprendre qu'en dépit des rodomontades du locataire de l'Elysée, comme la dernière concernant le fait que «quand il y a une grève en France, cela ne se voit même pas», il craint, par-dessus tout, leurs réactions.
Mais il veut surtout par ses pitreries répétées et provocations tenter de masquer l'importance des problèmes, des difficultés qui assaillent la population laborieuse. Montée du chômage malgré les tricheries et manipulations du gouvernement, mécontentement d'une partie des classes moyennes à cause du prix du pétrole, hausse des prix alimentaires, difficultés pour l'ensemble des classes pauvres. Il est impossible de désigner du doigt chaque coupable, il y a bien sûr tout ces riches connus les Bouygues, Bolloré, Dassault et Cie ; il y a toutes ces sociétés financières spéculant en bourse sur les matières alimentaires, sur le pétrole, etc. C'est tout leur système capitaliste qui est responsable.
Pour mettre fin aux nuisances créées par ces gens là, la seule solution c'est de se battre contre leur système tout entier, pour leur imposer des mesures favorables à une amélioration de la vie des classes laborieuses et des reculs sur leurs dites «réformes» crapuleuses. La seule solution aux graves difficultés qui s'annoncent, c'est la lutte des travailleurs, tous ensemble, de façon consciente et planifiée.



Quel avenir pour la Banane des Antilles? (Guadeloupe/Martinique)

C'est très régulièrement qu'on entend parler des problèmes de la banane, et tout particulièrement de celle des Antilles. Ainsi il n'y a pas si longtemps, l'O.M.C (organisation mondiale du commerce) avait donné raison à la société NOBOA, l'un des premiers producteurs mondiaux de banane dont le siège est en Equateur, appuyée par les grands trusts US de la banane, contre la taxe de 176 € par tonne qui frappe les bananes de ces sociétés à leur entrée sur le territoire de l'Union Européenne. La Commission Européenne, soucieuse dit-elle de garantir le libre-échangisme, a alors proposé un compromis en diminuant la taxe pour la fixer à 140 . Ce qui a provoqué la colère de l'Association des producteurs européens de bananes dont le président a dénoncé «des conclusions arrêtées au mépris des décisions de ces producteurs». Les choses en sont là à l'heure où nous écrivons.
En fait il faut savoir que les bananes produites dans la communauté ne représentent que 16% de l'approvisionnement total de l'Union Européenne. Exception des 2% de Chypre, Grèce et Portugal le reste vient de 4 régions ultrapériphériques dont la Guadeloupe et la Martinique: environ 50 000 tonnes pour la Guadeloupe qui veut atteindre 80 000 très rapidement et 200 à 280 000 pour la Martinique.
Avant 2006 il existait un système très complexe d'aides à la banane des producteurs européens, ce qui a soulevé bien des contestations de la part des autres producteurs intéressés par le marché européen. Et en 2006, la Commission Européenne a proposé une réforme de ces aides. En résumé, le régime d'aide a été modifié et est désormais remplacé par une augmentation du budget alloué aux mesures POSEI (programme d'option spécifique à l'éloignement et l'insularité). Le programme POSEI deviendrait ainsi le seul instrument de soutien au marché de la banane dans les régions ultrapériphériques. Celles-ci font partie intégrante de l'U.E. Mais leurs spécificités font l'objet de traitement différencié dans différents domaines.
Un montant de 278,8 millions d' a été ajouté, destiné aux producteurs de bananes, à compter du 1er janvier 2007. A cela il faut encore ajouter toutes sortes d'aides des pouvoirs publics, Etat, Régions et Département. Ainsi par exemple, trois mois seulement après le passage de l'ouragan DEAN, la Région Guadeloupe a versé 2,5 millions d'euros aux bananiers, et l'Etat, 900 000 euros. En plus de cela, des centaines de salariés du secteur ont été pris en charge, sous la forme de stages rémunérés pendant six mois.
C'est que la banane des Antilles, à l'image de bien des secteurs de l'économie, dans l'agriculture comme les viticulteurs, la pêche, l'industrie, l'armement notamment, sans parler de bien d'autres secteurs, aurait du mal à vivre sans les subventions et aides de toutes sortes des pouvoirs publics: Etat, Régions, Départements et même villes parfois. En fait, c'est tout le système capitaliste qui est sous perfusion. La banane en fait partie.



Martinique
Préparer nos propres revendications et notre lutte d'ensemble face à la baisse de notre pouvoir d'achat

Une intersyndicale avec la CGTM, la CDMT, la CGTM/FSM, la CSTM, l'UGTM, la CFDT, la CFTC et l'UNSA s'est constituée autour d'une plate-forme revendicative commune pour lutter, notamment contre la baisse du pouvoir d'achat, la précarité, l'augmentation de l'âge de la retraite, etc.: Dans un tract daté du 21 juin 2008, l'Intersyndicale avait expliqué:
«qu'il est indispensable de mener le combat dans l'entreprise, l'établissement, l'administration ou la branche, mais que seul un ensemble d'actions concertées, mûrement réfléchies et préparées par les travailleurs de Martinique sous la direction de leurs organisations syndicales, peut permettre une réelle amélioration de la situation». Et que «la question de l'emploi et des salaires apparaît déjà pour tous, comme l'un des axes essentiels de lutte».
Des réunions intersyndicales de zones ont eu lieu pour s'adresser aux travailleurs et à la population.
Contre la baisse de notre pouvoir d'achat, dit l'intersyndicale, «il est indispensable de mener le combat dans l'entreprise »...
En s'y mettant tous ensemble, nous pourrons créer un rapport de force favorable pour exiger de véritables solutions pour combattre toutes ces injustices. Mais pour être certains que ce combat avancera et ne se dévoiera pas dans des discussions sans fin ou ne sera pas remis en cause par tel ou tel dirigeant syndical, dont certains ne sont pas - on le sait - des foudres de guerre - les travailleurs, syndiqués ou non, ont intérêt à s'occuper directement de leurs affaires, seuls ou avec l'aide des syndicalistes les plus combatifs et les plus dévoués à leur cause. Il s'agit de se donner des moyens d'action propres, de se préparer matériellement et moralement pour aller le plus loin possible, pour qu'un mouvement d'ensemble voit le jour.



La belle brochette du 14 juillet

Sarkozy a invité à la tribune officielle du 14 juillet des dirigeants de pays méditerranéens. La présence du dictateur syrien a soulevé des critiques.
Mais l'ancien premier ministre socialiste Rocard a approuvé cette invitation en disant: "Vous n'imaginez pas le nombre d'assassins à qui j'ai serré la main". Surtout quand elle tenait un stylo pour signer un gros contrat...
Et puis, recevoir Assad le 14 juillet, ce n'est pas pire que de recevoir Bush, le boucher de l'Irak. Et surtout pas pire que d'avoir Sarkozy à la tribune.