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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 19 juillet 2008 N°
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Page 2
Le point de vue d'Arlette Laguiller Extrait du site de Lutte
Ouvrière
C'est par la lutte qu'il faudra répondre aux provocations du
gouvernement
Le 30 juin, à FR3, Sarkozy avait déjà montré le mépris dans
lequel il tenait les salariés de la chaîne qui avaient osé
manifester à son arrivée, en proférant un "ça va changer" lourd de
menaces. Une semaine plus tard, lors du Conseil national de l'UMP,
il a fanfaronné en prétendant que "désormais, quand il y a une
grève en France, personne ne s'en aperçoit". La phrase était
évidemment destinée à caresser tous ces politiciens réactionnaires
dans le sens du poil. Mais elle a par la même occasion suscité des
remarques indignées des dirigeants des grandes confédérations
syndicales: ils ont beau ne critiquer les mesures prises par le
gouvernement contre les droits des travailleurs concernant les
retraites et la sécurité sociale que sur la manière ; ils ont beau
signer avec le patronat des accords qui sont autant de reculs ; ils
ont beau ne rien faire pour préparer la riposte du monde du travail
qu'impose la situation, Sarkozy les traite avec la plus parfaite
désinvolture.
La direction de la CGT a trouvé que le président de la République
"joue avec le feu", le secrétaire général de FO qu'il avait eu "un
mot de trop", celui de la CFDT qu'il avait "une vision archaïque du
syndicalisme". Quant au président de la CFTC, il estime les propos
de Sarkozy " très regrétables et de nature à attiser les conflits,
au moment où les syndicats font preuve d'une attitude responsable
pour les éviter et développer le dialogue social". Bref, tous sont
unanimes pour donner des conseils au gouvernement sur la meilleure
manière de maintenir ce qu'ils appellent la "paix sociale", ce qui
- dans une société où le patronat n'accorde aux travailleurs rien
qui ne lui soit imposé - est synonyme de résignation.
Si les dirigeants confédéraux se sentent bafoués, après avoir fait
preuve de tant de complaisance vis-à-vis du patronat et du
gouvernement, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux mêmes. Mais pour le
monde du travail, ce ne sont pas les rodomontades du président de
la République, si méprisantes qu'elles soient, qui sont le plus
important. C'est le fond même de la politique qu'il mène au service
du grand patronat, et qui poursuit, en l'aggravant, celle de ses
prédécesseurs.
Ce n'est pas une campagne de publicité à la télévision qui les
convaincra que le gouvernement défend leur pouvoir d'achat, alors
qu'ils peuvent constater tous les jours en faisant leurs courses
que tout augmente. La spéculation des possesseurs de capitaux sur
le pétrole, sur toutes les matières premières, est la cause
principale de cette flambée des prix. Non seulement le gouvernement
ne fait rien pour l'empêcher, mais il prêche la modération
salariale, n'augmentant le smic, les pensions et retraites, que de
manière ridiculement faible au regard de l'inflation réelle.
Au fur et à mesure que le gouvernement s'attaque à tout ce qui
pouvait être favorable aux travailleurs dans la loi sur les 35
heures, le "travailler plus pour gagner plus" de la campagne
présidentielle devient ouvertement travailler plus pour gagner
moins.
La seule préoccupation du gouvernement, c'est de rogner sur le
budget nécessaire au fonctionnement des services publics pour
pouvoir faire des cadeaux aux capitalistes. Il ferme des hôpitaux,
des classes ou des écoles, des bureaux de poste, des lignes de
chemin de fer, mais il multiplie à chaque occasion les diminutions
de cotisations sociales dont bénéficie le patronat.
Les travailleurs ont toutes les raisons d'être mécontents. Et ils
le sont. Ce mécontentement, ils l'expriment dans de multiples
conflits du travail, qui restent malheureusement éparpillés. Si
Sarkozy ne les voit pas, c'est qu'il est myope. Mais qu'il continue
donc à proférer des "mots de trop". Car le mépris des travailleurs
qu'il affiche pourrait bien finir par provoquer une explosion
sociale qu'il ne pourra pas ignorer, une explosion sociale qui
contraindrait aussi les directions syndicales à aller plus loin
qu'elles ne veulent.
Profitons donc des congés d'été pour nous préparer à cette
perspective.
La Chine des Jeux Olympiques
L'envers de la médaille
Les prochains jeux olympiques vont donc se dérouler en Chine,
très vaste pays de 9 600 000 km2, de loin le plus peuplé de tous
les pays, avec ses 1,32 milliard d'habitants. Sa capitale, Pékin,
en compte près de 10 000 000. Mais la ville la plus peuplée reste
quant même Shanghai avec 12,9 millions d'habitants.
UN PEU D'HISTOIRE...
A l'abdication du dernier empereur de Chine en 1911, Puyi, la
république fut proclamée. Le Parti Populaire Nationaliste (le
Kuomindang) avec à sa tête son fondateur en 1912, Sun-Yat-Sen, prit
le pouvoir et créa la république Populaire de Chine. A sa mort en
1925, son beau-frère Tchang Kai-Chek lui succéda. Celui-ci rompit
avec les communistes soutenus par l'URSS, les massacra et
pourchassa ceux qui fuyaient sous la conduite de Mao Zedong qui,
avec ses camarades, arborait le nom de «Parti Communiste
Chinois».
Après la capitulation des Japonais, à la fin de la deuxième guerre
mondiale, de 1945 à 1949, la guerre civile opposa Nationalistes et
«Communistes». Après la victoire en 1949 Mao créa puis dirigea, de
1949 à 1976, la république populaire de Chine, en s'appuyant sur
son Parti Communiste Chinois et surtout sur son armée
victorieuse.
Devant l'hostilité de l'impérialisme américain, la Chine fut
contrainte de vivre pratiquement en autarcie et sans échanges
commerciaux avec le reste du marché mondial, mis à part l'URSS.
Mais en même temps, cela lui permit d'échapper au pillage direct et
éhonté tel qu'il se passait dans d'autres continents.A un moment
donné, cette situation n'était plus tenable et les dirigeants
chinois commencèrent à se réintégrer pas à pas puis plus rapidement
au marché mondial et se réconcilièrent avec les «tigres en papier»
américains avec qui ils ont aujourd'hui d'importantes relations
politiques et commerciales.
Ce système que beaucoup, hier encore, qualifiaient de «communiste»
a très vite montré son vrai visage, celui d'une dictature d'un
parti unique de la petite bourgeoise, soucieuse avant tout de
préserver les chances de développement national futur de la Chine.
Ce qu'elle tente de réaliser aujourd'hui. En dépit de son
appellation «communiste», les classes ouvrières urbaines et les
masses rurales pauvres, qui avaient soutenu la «longue marche» et
donné la victoire finale aux troupes de Mao, furent muselées par
ceux-là même qu'elles avaient amenés au pouvoir.
PROSPÉRITÉ ÉCONOMIQUE POUR LES CAPITALISTES ET MISÈRE POUR LA
POPULATION
Avec la venue des jeux olympiques, la Chine est sur le devant de la
scène. On entend beaucoup parler de l'essor économique de cet
immense pays, sorti du sous développement et en passe de devenir
une des plus grandes puissances économiques mondiales. 29 des 500
plus grandes sociétés mondiales sont chinoises. Le pays compte 415
000 millionnaires en dollars. Cette richesse d'une minorité repose
sur l'exploitation féroce de centaines de millions de travailleurs.
Dans des usines fabriquant des ordinateurs par exemple, les
ouvriers travaillent de 10 à 12 heures par jour, six à sept jours
par semaine. Les conditions de travail, d'hygiène et de sécurité
sont déplorables: les produits toxiques sont manipulés sans gants
ni masques, il n'y a pas de contrôle médical. Les cadences et la
longueur de la journée de travail entraînent des erreurs, qui sont
sanctionnées par des amendes d'une demi-journée de salaire.
Les accidents du travail sont aussi très fréquents: le chiffre
officiel est de plus de 300 morts par jour sur l'ensemble du pays!
Le travail des enfants et des ouvriers esclaves a aussi été dénoncé
dans certaines régions.
Par ailleurs, le chômage touche 24 millions de personnes, dont de
nombreux jeunes. Il pourrait y en avoir 10 millions de plus d'ici
2010 selon les estimations : la prospérité économique n'est pas
pour la population ! D'autant plus que la protection sociale s'est
effondrée avec la privatisation de l'économie. Les soins médicaux
coûtent de plus en plus cher.
La hausse du coût de la vie touche durement la population. Les
produits de base tels que le riz, le porc ou l'huile ont fortement
grimpé: plus 21% pour le prix des aliments au premier trimestre
2008.
Dans les campagnes, la situation est très difficile. De nombreux
paysans, 40 millions en dix ans, ont perdu leurs terres qui ont été
illégalement saisies par le gouvernement et vendues ou louées à des
sociétés.
Face à cela, la population ne reste pas sans réagir: des révoltes
éclatent périodiquement quand la misère et les injustices
deviennent insupportables.
L'ouverture de la Chine au monde capitaliste et le développement de
l'économie de marché ont encore aggravé les difficultés de la
population.
Une économie fondée sur la spéculation et le profit ne peut
qu'engendrer famine et misère
En mars et en avril, des émeutes de la faim ont éclaté d'un bout
à l'autre de la planète. Ce sont les pays pauvres d'Afrique, de
l'Amérique Latine, d'Asie, de la Caraïbe qui ont été touchés: la
Côte d'Ivoire, le Cameroun, la Mauritanie, le Maroc, l'Egypte, la
Colombie, la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, Haïti (on parle
de plus d'une trentaine de pays) qui ont été secoués par ces
émeutes de la faim. Des affrontements avec les forces de police ont
fait plusieurs victimes. Il y a eu 2 morts en Egypte, 5 en Haïti.
La presse africaine parle de 40 personnes qui seraient mortes au
Cameroun. Les populations se sont révoltées contre la hausse
importante des prix des aliments. Des milliers de personnes ont
manifesté dans les villes et ont pillé les magasins pour se
nourrir.
Dans certains pays, les manifestants ont contraint les dirigeants
politiques à prendre des mesures immédiates pour satisfaire les
besoins alimentaires. Les pauvres d'Haïti en colère ont tenté de
prendre d'assaut le palais national et créé une situation de
troubles qui a entraîné la démission du premier ministre et la
prise de quelques mesures immédiates destinées à calmer la colère
des manifestants.
Ces émeutes ont été une réaction contre la hausse brutale des
produits alimentaires en particulier ceux à base de céréales. Le
prix du blé a augmenté de plus de 120% en quelques mois. En Haïti
le lait a atteint les 15 gourdes, le pain 20 gourdes, la livre de
riz 40 gourdes alors que le salaire journalier est de 70 gourdes
(1,50 euros). Tous ces pays pauvres connaissent déjà une situation
de famine et de misère. Ceux qui n'ont pas d'argent ne survivent
pas. Pour ceux qui peuvent encore acheter le minimum pour se
nourrir ils se trouvent brutalement confrontés à une montée des
prix qui les condamne à la famine.
Ces hausses sont dues à la spéculation sur le riz, le blé, le maïs.
Le riz est passé en six mois de 420 dollars à 570 dollars la tonne
à la Bourse de Chicago, de 330 dollars à 470 dollars la tonne à
celle de Bangkok. Pour la seule journée du jeudi 2 mars, le prix du
riz a augmenté de 31%. Les deux plus grosses sociétés de négoce de
grains, Cargill et AMD ont vu leurs bénéfices augmenter
respectivement de 70% et 40%.
Les capitaux spéculatifs, les mêmes qui a d'autres moments se sont
portés sur l'immobilier ou sur le commerce par Internet sont
aujourd'hui reportés sur les denrées alimentaires, après la crise
de l'immobilier. Comme on nous l'annonce pour le prix du pétrole,
qui ne cesse d'augmenter, rien ne garantit que la hausse des
denrées alimentaires s'arrêtera. Cela signifie que l'on doit
s'attendre à une catastrophe humanitaire dans les années à venir.
Ce ne sont pas les aides alimentaires des pays les plus riches qui
vont permettre d'enrayer la famine. Le Programme Alimentaire
Mondial distribue chaque année 4 millions de tonnes de vivres à 73
millions de personnes dans 78 pays. Avec la hausse des prix
alimentaires il ne sera plus en mesure de le faire s'il n'obtient
pas une rallonge estimée à environ 900 millions d'euros. Malgré
quelques augmentations consenties par des pays riches, on est loin
du compte.
Ce qui est le plus scandaleux et le plus révoltant, c'est que dans
tous ces pays il est possible de produire des cultures pour nourrir
la population. Mais ce sont les cultures destinées à l'exportation
qui ont été développées. Les aliments de base comme le riz sont
importés et plus chers. Cette politique agricole se poursuit depuis
l'ère coloniale, conduite par les pays riches qui mènent des
actions humanitaires avec hypocrisie car ils sont d'abord au
service des spéculateurs.
Martinique
Projet Jego! des patrons qui pleurent la bouche pleine
Par la voix de son viceprésident, un certain Cyril Lecomte,
patron de CCIE - Toyota et vice-prĂ©sident du MEDEF Martinique a fait savoir son désaccord
avec le projet de loi pour l'Outre-Mer du ministre Yves Jego. Pour
faire des économies comme le demande son président Sarkozy, Jego
prévoit une réforme des exonérations des cotisations patronales qui
feraient aux dires du patronat « perdre quelques centaines de
millions d'euros aux économies des DOM ». Mais, il leur reste
encore pas mal d'avantages qui se chiffrent en centaines de
millions payés par les caisses publiques!
Pour favoriser, prétend-il, la défiscalisation en faveur du
logement social, le projet Jego prévoit également des restrictions
sur les dispositifs de défiscalisation pour le logement principal
et sur le logement locatif libre tels que initialement prévus sur
15 ans par la loi Girardin. Mais ce sont les grosses entreprise qui
fabriquent les logements sociaux!
Bruno Fabre, représentant du patronat du Bâtiment venu s'expliquer
sur les médias, ne se gênait pas pour faire son chantage pour
obtenir le maintien voire même une augmentation des avantages
patronaux, rappelant au ministre que ce secteur représente environ
1000 entreprises et... 15000 emplois, qui pourraient être mis à mal
en cas d'application d'un tel plan.
Voilà des patrons qui se montrent de plus en plus gourmands et qui
montent aux créneaux pour la défense des «avantages acquis» alors
qu'ils ont déjà les poches pleines, malgré les restrictions prévues
(mais minimes !) de Jego.
Un gros cadeau aux chaînes privées
Yves Jégo a déclaré que la publicité serait supprimée sur RFO.
Sarkozy avait déjà annoncé cette suppression sur les chaînes
publiques. Mais ce n'est pas pour nous épargner la pub que le
gouvernement veut cette réforme. Il s'agit surtout de dévier tout
le marché publicitaire vers les chaînes privées.
Discriminations au logement en France
Une charte contre les discriminations concernant le logement
vient d'être signée par Patrick Karam et plusieurs professionnels
de l'immobilier. Cette charte suffira t-elle à stopper les
discriminations en matière de logement? rien n'est moins sûr. Trop
d'Antillais, Africains, Arabes restent victimes du racisme en
France et il faudra bien d'autres manifestations
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