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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 19 juillet 2008 N°
991
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Page 3
Les projets capitalistes de La Poste
Le changement de statut de La Poste, et donc de la banque
Postale qui représente près du quart de son activité, est annoncé
pour 2009. Son responsable Jean Paul Bailly a annoncé qu'il
ouvrirait le capital à des actionnaires privés. Un pourcentage
d'ouverture de 10 à 20% du capital est annoncé. Cette société au
statut «d'exploitant autonome de droit public» qu'est la Poste
depuis 1991 fait des profits et le gouvernement envisage froidement
(mais ce n'est pas surprenant!) d'en faire bénéficier les
capitalistes.
La Poste a essentiellement des clients peu fortunés qui ont, au
cours des années, fait sa fortune. La Poste restait en effet un
organisme financier plus accueillant pour ceux aux revenus modestes
qui peuvent y ouvrir un compte plus facilement, y avoir sans
inquiétudes un livret d'épargne A. Depuis quelques années la Banque
Postale agit avec eux comme n'importe quelle banque, n'hésitant pas
à mettre en Bourse les petits revenus de certains clients mal
informés qui arrivent à perdre de l'argent pour avoir voulu le
placer en Bourse. Les employés de cette banque doivent en effet
faire du chiffre et proposer toutes sortes d'opérations à risques à
leurs clients.
Cette ouverture du capital aux actionnaires représente une sorte de
hold-up des clients modestes de la Banque Postale. Pour les 300 000
employés de La Poste qui ont vu déjà leur statut se dégrader depuis
1991 et la précarité s'installer, cette nouvelle opération
représente un danger. Déjà la CGT annonce qu'elle combattra ce
projet, mais y mettra-t-elle plus d'énergie et de pugnacité qu'elle
n'en a fait preuve dans d'autres cas similaires (Telecom, EDF, SNCF
, etc...)? Pas sûr!
A la faillite en cours de l'économie capitaliste, seule la
politique ouvrière pourra répondre
En dépit des discours rassurant du président des Etats-
Unis,G-W. Bush, les Bourses américaines et asiatiques n'arrêtent
pas d'être secouées de même que celles d'Europe, qui semaine après
semaine, annoncent des baisses importantes.
Tout ce milieu de la finance internationale est inquiet devant les
mauvaises nouvelles à répétition. De grands organismes financiers
américains sont en faillite: Freddie Mac et Fannie Mae ; on a
aussi une banque importante, Lheman Brothers, en difficulté, ce
sont les plus importantes actuellement mises en cause. On a même vu
ces jours-ci des queues de clients se former devant les guichets de
la banque Indymac, à Santa Monica (Californie) ; ces déposants sont
inquiets pour leurs économies. Ils n'ont plus confiance malgré le
fait que la Federal Réserve des USA (Banque centrale) a décidé de
prendre le contrôle de deux grands organismes financiers en
complète faillite et d'annoncer le soutien à toute grande banque
qui serait dans le cas.
Mais sur l'ensemble du territoire américain des dizaines voire des
centaines de petites et moyennes banques, et même des plus
importantes, sont menacées par les conséquences de la crise des
subprimes ; elles subissent déjà des pertes très importantes et
beaucoup d'entre elles risquent de fermer tout simplement. C'est
ainsi que la Washington Mutual, une des plus grosses banques de
dépôt des USA, a déjà licencié 7000 employés, depuis décembre
2007.
On voit donc que la crise actuelle menace à tout moment de sortir
de la sphère financière et de provoquer de graves troubles dans
l'économie. Car celle-ci, par définition capitaliste, est aveugle
et anarchique. Donc personne ne sait aujourd'hui l'importance des
dégâts causés dans l'ensemble du système bancaire mondial par des
créances douteuses liées à la crise de l'immobilier aux USA. Mais
on voit bien que non seulement des banques en faillite ou en
difficulté vont s'entraîner les unes les autres dans la faillite et
licencier leur personnel, mais surtout si cette crise prend encore
de l'ampleur, elle finira par attaquer le coeur même de la
production. Cela veut dire diminution de consommation et diminution
du commerce international, ensuite c'est la production elle-même
qui est ralentie de façon grave. Alors ce serait la montée de
sombres jours pour des populations entières dans le monde, la
montée encore plus massive du chômage, une poussée catastrophique
de la misère.
On n'en est pas encore au délabrement spectaculaire, à
l'écroulement fracassant de pans entiers de l'économie, mais les
craquements actuels qui passent par les aléas des places boursières
doivent constituer pour nous de sérieux avertissements sur le
manque de solidité d'une économie capitaliste, mitée et
irrationnelle jusqu'au coeur.
Pour la population, pour les travailleurs la meilleure riposte à
prévoir, c'est de refuser d'être victime de ces gens et de se
donner les moyens de contrecarrer les décisions des profiteurs,
spéculateurs, financiers en tous genres et de leurs hommes de main,
les gouvernants en place.
Cela signifie que les salariés dans tous les secteurs n'auront
comme recours, dans un avenir qui n'est peut-être pas si lointain,
que de prendre en main eux-mêmes, dès qu'ils en auront les moyens,
la marche de l'économie. Certes cela ne se fera pas du jour au
lendemain, mais il faut dès maintenant orienter son esprit vers la
contestation du droit de ces gens des banques de la finance, des
grandes entreprises, à prendre des décisions «de droit divin» qui
jettent des millions de gens dans la misère.
Leur faillite croissante actuelle, leur aveuglement et leur égoïsme
de possédants voraces, les disqualifient de rester les maîtres de
l'économie.
Ni les politiques de droite, ni celles de gauche ne sont des
solutions aux problèmes actuels. L'impuissance des partis
traditionnels, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, est
déjà palpable pour bien des gens et particulièrement pour les
travailleurs qui se battent dans les entreprises; et elle sera
vérifiée de plus en plus clairement par la population
laborieuse.
C'est bien aux travailleurs qu'il appartiendra de résoudre les
problèmes en cours et à venir pour offrir une perspective autre que
la faillite totale de l'économie.
Extraits de "l'écho des Assurances"
MOBILISATION DES SALARIÉS DU GAN
A deux reprises les salariés du Gan ont débrayé pour obtenir la
prime de 1000 prévue par la loi Sarkozy du 8/02/08 pour le pouvoir
d'achat. La mobilisation a été bien suivie le jeudi 26 et vendredi
27 juin par toutes les agences. Les collègues sont venus à
Pointe-à- Pitre. La direction n'a rien voulu entendre et n'a pas
cédé, arguant que les camarades du Gan avaient déjà obtenu la prime
d'intéressement.
Il n'empêche que les collègues étaient satisfaits d'avoir manifesté
leur mécontentement.
GRÈVE A LA GMF
Le jeudi 24 juin dernier les salariés de la GMF ont observé une
journée de grève sur le plan national à l'appel de la CGT et FO. Ce
mouvement a été relayé en Martinique. Il s'agissait de s'opposer au
projet de la direction qui veut augmenter l'amplitude d'ouverture
des bureaux jusqu'à 18h30 et rendre le samedi matin obligatoire. On
se rend compte que le patronat, aidé par le gouvernement, est
décidé à revenir sur tous nos acquis. Il faudra bien plus qu'une
journée de grève pour le faire reculer.
PAS DE QUOI PAVOISER
La ministre de la famille Nadine Morano a annoncé une augmentation
de 15 de l'allocation de rentrée des collégiens, et de 25 pour les
lycéens, mais rien pour les 6-10 ans. Cette hausse représente 50
millions d'euros mais, en révisant les modes de versement des
allocations familiales, le gouvernement avait économisé... 250
millions d'euros!
D'autre part, si l'on tient compte de l'inflation, les 15 versés
aux collégiens ne représentent plus que 7 , les 25 versés aux
lycéens ne valent plus que 17 , et la prime versée aux 6-10 ans est
amputée de 8 . Le compte n'est donc pas bon!
FLAMBÉE DES PRIX DU MATÉRIEL SCOLAIRE
L'association Famille de France a étudié la hausse des prix des
fournitures scolaires telle qu'elle apparaît déjà sur les sites
internet. Si les prix varient beaucoup sur les mêmes articles, plus
de la moitié sont plus chers que l'an dernier. Les hausses peuvent
grimper jusqu'à 60% et même 83%.
Les cahiers ou les gommes peuvent être trois fois plus chers, les
intercalaires huit fois plus chers, les classeurs et les crayons de
couleurs deux fois plus chers. Si cette flambée des prix se
confirme y compris dans les boutiques, cela réduira à néant la
mini-hausse de la prime de rentrée.
ENCORE UN ACCIDENT DE TRAVAIL MORTEL
Un jeune chauffeur de 28 ans a été écrasé par un conteneur sur le
port de Jarry le 26 juin dernier. C'est un autre camion qui a
accroché ce conteneur qui a tué le jeune chauffeur. Il n'y a pas de
fatalité dans ces accidents du travail. Il y a trop de négligence
dans la surveillance et la prévention. On fait des économies sur la
vie des travailleurs
Grève à la centrale Diesel Export
A l'appel de la Fédération de l'Energie CGTG, les salariés de
l'entreprise Centrale Diesel Export située à Jarry ont entamé un
mouvement de grève illimitée à compter du 25 juin 2008.
Leur principale revendication porte sur l'obtention de la prime
Sarkozy consécutive à la loi du 8 février 2008 qui prévoyait
l'obtention d'une prime exceptionnelle de 1000 pour les entreprises
de moins de 50 salariés et la mise en place d'un accord
d'intéressement. Ils réclament également une embauche
supplémentaire, une prime de transport, un gardiennage du site
24h/24 ainsi que la mise en place d'un CHSCT (Comité d'Hygiène de
Sécurité et des conditions de Travail) de plein droit. L'entreprise
n'a pas l'effectif de 50 salariés obligatoire pour la mise en place
du CHSCT mais compte tenu de l'activité et des dangers la direction
doit mettre en place le CHSCT.
Après plusieurs séances de négociations, la direction accepte de
payer une prime de 750 et dans la mesure où pour bénéficier
d'exonérations de charges il fallait signer l'accord au plus tard
le 30 juin, elle accepte de prendre à sa charge les charges
sociales. Une prime de transport à hauteur de 150 sera
accordée.
Il reste deux points d'achoppement qui sont les modalités pour la
prime d'intéressement et le gardiennage du site 24h/24. La grève
continue pour le moment car les salariés restent déterminés à
obtenir satisfaction.
Echo de la Centrale EDF de Jarry
période des congés difficile
A la centrale de Jarry, il n'est pas facile de prendre ses
congés ou ses RTT, journées liées aux 35 heures. Même quand vous
êtes de repos, la direction fait appel à vous. Il faut quitter ses
activités personnelles pour aller travailler. Les journées de
congés non prises s'accumulent donc. Cette année, il a bien fallu
assainir la situation. Depuis que les vacances ont commencé, il
arrive que les équipes ne soient pas complètes. Certaines tâches
importantes ne peuvent pas être effectuées. Les journées sont
souvent longues. Il peut arriver qu'un agent commence à 19h pour
terminer, sans répit, le lendemain à 10h du matin.
Les projets de l'EDF de réduire la production d'électricité sur
place expliquent peut être la faible embauche. Le rappel des
retraités à qui l'EDF demande de «boucher les trous» ne résout
rien.
Extraits de "chantiers en lutte"
Martinique: LES VICTIMES DE L'AMIANTE ET LE SYSTEME CAPITALISTE
Le 28 juin, l'association martiniquaise de défense des victimes de
l'amiante, (AMDEVA) tenait sa deuxième assemblée générale à la FOL
à Fort-de-France. C'était l'occasion pour les responsables de cette
association de présenter le bilan de leur activité.
Les responsables ont rappelé que l'amiante était un véritable
poison qui était distillé dans les cellules et qui pouvait
déclencher des maladies inflammatoires et même des cancers,
plusieurs dizaines d'années plus tard.
En Martinique comme ailleurs il y a lieu de penser qu'un grand
nombre de salariés ont été exposés à ce poison. C'est le cas de
nombreux métiers du bâtiment ou de la métallurgie, du bassin de
Radoub, notamment, mais encore de salariés des entreprises de
télécommunications, ou d'EDF et même des hôpitaux. Et donc pour ces
catégories de salariés, les risques de développement de ces
maladies professionnelles existent.
C'est bien en engageant le fer contre ce véritable poison qu'est le
système capitaliste basé sur le profit d'une infime minorité que
l'on pourra stopper ses méfaits.
MORT D'UN PATRON BEKE
Marcel Fabre est mort le 23 juin dernier. Il était l'un des patrons
les plus importants de la Martinique. Ancien PDG du groupe Fabre
Domergue il fit en partie fortune dans la banane, dans les hôtels
et d'autres activités multiples.
Mais c'est surtout en exploitant les travailleurs qu'il réalisa ses
gros profits.
Suppression de postes dans la fonction publique
Le ministre Xavier Darcos vient d'annoncer que l'Etat envisage
de supprimer 30 000 nouveaux postes de fonctionnaires, dont 13 500
dans l'éducation nationale. Ainsi, presque un enseignant sur deux
partant en retraite ne serait pas remplacé. En 2008, 22 700 postes
ont été supprimés dans la fonction publique. 15 000 en 2007 et 9500
en 2006. On en voit les résultats: les services publics
fonctionnent de plus en plus mal, il y a des queues de plus en plus
longues, et le travail des employés est de plus en plus stressant
et pénible. Quant à l'éducation nationale, elle connaît une
véritable crise, avec des options qui disparaissent, des classes
surchargées, une prise en charge de plus en plus problématique des
élèves en difficulté.
Le gouvernement prend prétexte de la dette publique, qu'il veut,
dit-il, réduire. Mais comparons les chiffres! Les suppressions de
postes de 2008 auront permis d'économiser 700 à 800 millions
d'euros. Dans le même temps, les mesures d'allègement fiscal, qui
ont surtout profité aux plus riches, auront coûté à l'Etat 10 à 11
milliards. Les mesures d'allègement de cotisations sociales en
faveur du patronat s'élèvent à 30 milliards d'euros.
Sous prétexte de réduire la dette, le gouvernement cherche à faire
des économies et continue à arroser de plus belle les patrons. Il
poursuit également son entreprise de démantèlement du service
public, en visant à le réduire au strict minimum. Cela entretient
et aggrave le chômage, et les moyens pour la population de se
soigner, de s'instruire, l'accès à des services indispensables
deviennent de plus en plus problématiques et coûtent de plus en
plus cher.
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