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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1183 du 9 septembre 2017/Quatrième page

Quatrième page

International : Corée du Nord - États-Unis : Du bluff… à une nouvelle guerre ?

Depuis des semaines, un bras de fer verbal oppose Donald Trump, le Président des États-Unis, à Kim Jong-un, le dirigeant de la Corée du Nord, sur fond d’essais de bombes nucléaires.  

La Corée du Nord, ce pays de 25 millions d’habitants situé entre la Chine et la Corée du Sud, est née après la fin de la Deuxième Guerre mondiale après la séparation de la Corée en Nord et Sud. Le nord était sous influence soviétique et le sud contrôlé par les Américains. La Corée du Nord est qualifiée à tort de communiste. C’est une dictature qui maintient la population dans la misère et lui impose l’obéissance aveugle à des "chefs suprêmes" au langage belliqueux. Depuis plusieurs années, la Corée du Nord cherchait à obtenir l’arme nucléaire. Avec ses essais de missiles et la militarisation du pays le gouvernement nord-coréen a trouvé là un moyen politicien de faire accepter les sacrifices les privations à son peuple au nom de la défense nationale et des ennemis extérieurs. Car la Corée du Nord est un pays très pauvre. Au mois d’août dernier, après le lancement d’un énième tir à l’essai, Trump a menacé de déchaîner le « feu et la fureur » sur ce pays, évoquant la possibilité de faire usage de l’arme nucléaire. En réponse, Kim Jong-un a annoncé son intention de frapper l’île de Guam, base militaire américaine dans le Pacifique, avant de se raviser. Puis il a fait lancer un missile au dessus du Japon. Mardi dernier la presse annonçait qu'il s'apprêtait à faire un nouvel essai de bombe nucléaire. Ce serait le deuxième en quelques jours.

Un membre du gouvernement US a déclaré que les USA avaient la possibilité de rayer la Corée du Nord de la carte du monde. Au-delà des coups de bluff, les USA ont décidé d’intensifier la pression sur les dirigeants nord-coréens et de renforcer leur présence militaire en Asie. Mais cette présence existe depuis plus d'un demi-siècle. De 1950 à 1953, l’armée américaine a mené en Corée du Nord une guerre qui a fait plus de 3 millions de morts. Dans les années qui ont suivi, les États-Unis lui ont imposé un embargo qui dure encore aujourd’hui. Ils ont toujours tenté d'effrayer la Corée du Nord avec leur propre présence militaire et en armant la Corée du Sud. Ce sont les USA qui en fait ont commencé depuis des décennies à menacer la Corée du Nord.

Chaque année, l’armée américaine et ses alliés dans la région – notamment la Corée du Sud - se livrent à des manœuvres militaires ouvertement dirigées contre l’État nord-coréen. Pour le moment les échanges de propos menaçants entre Kim Jong-un et Trump ressemblent à un mauvais film. Mais à force, cela pourrait quand même déclencher une guerre entre les USA et la Corée du Nord, surtout si la Chine et la Russie l'acceptent. Les USA auraient alors trouvé l'occasion qu'ils n'ont pas eue depuis 1953, c'est-à-dire celle de se débarrasser d'un pays gênant qui échappe à leur contrôle. Ils feraient ainsi une nouvelle démonstration de leur puissance aux yeux du monde. Ils feraient courir une fois de plus au monde des risques d’un conflit généralisé. Quand il s’agit de d’imposer leur domination, les pays impérialistes n’hésitent pas à faire courir de tels risques au monde entier. Les États-Unis en ont déjà fait la preuve en envoyant deux bombes nucléaires contre le Japon en 1945.

L'impérialisme américain et les puissances occidentales, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, font planer des risques de guerre généralisée sur la planète en plus de celles qu’ils mènent déjà aux quatre coins du monde. Ce n'est pas aujourd'hui la petite Corée du Nord, malgré les apparences, qui représente le plus grand danger.


Les migrants haïtiens menacés d’expulsion aux États-Unis

Durant les mois de juillet-août des centaines d'émigrés haïtiens ont franchi la frontière canadienne en provenance des États-Unis pour demander l'asile au Québec.  

Depuis le tremblement de terre de 2010, des dizaines de milliers d’Haïtiens ont émigré aux États-Unis. Barack Obama avait alors accordé un statut de protection temporaire aux demandeurs d’asile haïtiens. Près de 60 000 réfugiés en bénéficient. Ce statut leur permet de vivre et de travailler légalement aux États-Unis. L’administration de Donald Trump a prolongé ce statut jusqu’à la fin de l’année 2017. Sous la menace d’être renvoyés en Haïti sans plus de formalités, des familles cherchent une solution avant l’expulsion. Le Québec offre la possibilité de parler français et la présence d’une communauté importante qui pourrait les accueillir. Plus de 6 000 d'entre eux ont déjà traversé la frontière avec le Canada pour solliciter l'asile. D’autres se tournent vers le Mexique, mais le délai accordé aux Haïtiens par l'Institut National de la Migration afin d'obtenir un visa humanitaire expire le 30 septembre. Ce document est nécessaire pour demander un emploi ou pour rester dans le pays.

Un pays d’accueil pour avoir un travail, un avenir et pour être considéré comme humain, c’est ce que ces familles, ces travailleurs cherchent après avoir été exploités des années par les patrons américains en Haïti.  


Irma : Solidarité avec la population laborieuse des îles du Nord !

L’ouragan Irma est passé sur les îles du Nord, faisant au moins huit morts à Saint Martin démontrant une nouvelle fois que lorsque la nature se déchaîne, les catastrophes sont avant tout humaines et sociales. Les dégâts sont considérables.

Irma est un des pires ouragans à avoir frappé les Antilles. Mais même cela ne peut pas être considéré simplement comme un phénomène « naturel » : la fréquences et la puissance accrues des cyclones est due au réchauffement climatique, conséquence d’un système qui ne s’intéresse qu’au profit à court terme.

Avant la catastrophe annoncée, des renforts avaient été envoyés à Saint Martin de Martinique, de Guadeloupe et de l’hexagone, notamment des militaires « contre les éventuels pillages »… Cela en dit long sur un pays où les inégalités sociales sont telles que la principale crainte est celle de pillages, tout comme aux USA. Et ce n’est pas un hasard si c’est à Saint Martin, plus pauvre que Saint Barth que la tempête a tué. C’est le cas aussi à Antigua et Barbuda. Encore une fois une catastrophe dite « naturelle » se déchaine sur les plus démunis alors même que la société regorge de richesses.


Ouragan Harvey : une gestion désastreuse dans une société riche

Dans la nuit du vendredi 25 août au samedi 26 août, l’ouragan Harvey a frappé les côtes américaines du golfe du Mexique. Il a atteint principalement deux États, le Texas et la Louisiane. Cette catastrophe, qui frappe toujours plus durement les plus pauvres, rappelle le calvaire de la population pauvre de la Nouvelle-Orléans causé par le cyclone Katrina en 2005.

Le Texas surtout a été fortement touché. Des vents de plus de 200 km/h et des pluies torrentielles ont causé la mort d’au moins 40 personnes. 72 000 personnes ont été évacuées. Il est tombé environ 1 000 millimètres de pluie, soit une année de précipitations. Les dégâts sont estimés à une centaine de milliards de dollars. Des sinistrés, parfois perchés sur les toits, ont dû attendre pendant des jours les secours, sans électricité ni nourriture.

Le Président Donald Trump se réjouit d’avoir fait voter par le Congrès une aide de 7,85 milliards de dollars. Il a prévu (info ou intox ?) de débourser de sa poche un million de dollars. Une misère par rapport à l’ampleur des dégâts. Les autorités disent : « on n’aurait jamais pu imaginer de telles prévisions ». C’est aussi ce qu’avait déclaré le Président des États-Unis George W. Bush, il y a douze ans, après le passage du cyclone Katrina à la Nouvelle Orléans. L’ouragan Katrina avait causé la mort de plus d’un millier de personnes. Une centaine de milliers de gens se sont retrouvés sans abri. On a pu voir l’incapacité de la première puissance mondiale, du pays le plus riche du monde, à organiser l’évacuation et à mettre à l’abri l’ensemble de sa population. Cette situation était prévisible car des agences publiques et scientifiques avaient à plusieurs reprises averti les autorités de ce type de catastrophe. Le gouvernement a préféré supprimer les budgets permettant la prévention des inondations ainsi que l’entretien des digues et déversoirs. Cet argent a servi à financer les grandes entreprises et les riches à travers l’octroi de subventions et de réductions d’impôts.

Contrairement à ce qui s’est passé à la Nouvelle-Orléans, le gouvernement a décidé de réagir plus tôt après le passage du cyclone, mais les moyens qui ont été déployés furent dérisoires. Face à une telle catastrophe sociale, le gouvernement américain a du mal à mettre la main à la poche. Mais dès qu’il s’agit de défendre les intérêts des capitalistes, par exemple en faisant la guerre, il utilise les grands moyens. Depuis 2001, le coût des guerres en Irak et en Afghanistan s’élève à plus de 5 000 milliards de dollars.  


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