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CO de 2019-2018/CO n° 1211 du 5 janvier 2019/Première page

Première page

Éditorial: Pour 2019 : une lutte d’ensemble des travailleurs !

ZoomL’année 2018 s’est achevée, en laissant derrière elle une situation mondiale chaotique tant au niveau économique qu’au niveau social. Les différentes politiques menées par les dirigeants du système capitaliste mènent l’humanité vers une longue agonie sociale.

Les soubresauts de l’économie capitaliste mondiale plongent des millions de gens dans la pauvreté tandis que 1 % des personnes les plus riches ont profité de 82 % des richesses produites en 2017. Cette récupération des richesses a été possible grâce à des exonérations d’impôts pour les riches, à la réduction les salaires et à l’augmentation des revenus des actionnaires. L’année qui vient de commencer ne s’annonce guère meilleure. Les migrations de plus en plus nombreuses à cause des dictatures, des guerres ou de la crise plongent des milliers de gens dans la misère et le désespoir.

Des Syriens, des Africains, des Mexicains et des Vénézuéliens, contraints de fuir leur pays, vont se réfugier dans les pays riches au péril de leur vie, espérant y trouver un avenir meilleur. La pollution, la hausse du coût de la vie, le chômage, la précarité, une nouvelle crise économique sont les autres menaces qui pèsent sur l’humanité.

La crise économique et financière générale du système provoque des soubresauts sociaux. La dégradation des conditions de vie a entraîné, en France, le mouvement des gilets jaunes où des manifestants ont exprimé leur colère dans les rues, sur des ronds-points, ou des péages d’autoroute. Ce mouvement n’a pas connu une telle ampleur aux Antilles. L’explosion de colère a eu lieu sur l’île de la Réunion. Des travailleurs, des jeunes y ont manifesté leur colère avec violence ! Des mouvements de ce type il y en aura d’autres, car ils sont liés à la crise.

Macron, dans ses vœux de 2019 a annoncé la couleur. Il compte bien poursuivre sa politique au profit des riches. Il a mis en garde les classes populaires en disant qu’on ne peut pas « travailler moins et gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses ». À sa prise de fonction, il avait supprimé les impôts pour les plus riches comme l’impôt sur la fortune (ISF), mais pas ceux des travailleurs ou des retraités. Il entend poursuivre ses attaques contre l’indemnisation des chômeurs. Macron a arrosé et continuera d’arroser la grande bourgeoisie de milliards de subventions, de dégrèvements d’impôts qui serviront à assurer ses profits, comme elle l’exige. En aucun cas, ces milliards ne serviront à créer des emplois ou à augmenter les salaires.

Suite au mouvement des gilets jaunes, les directions des grandes entreprises comme Total, Orange, ont décidé de donner une prime de Noël à leurs salariés. Le groupe Total a accordé 1 500 € de prime à chaque salarié, cela correspond à 0,47 % de leurs bénéfices qui se sont élevés à dix milliards, c’est une goutte d’eau dans un océan de profit. Ces mesures masquent la véritable question qui demeure l’augmentation générale et substantielle des salaires.

Aux Antilles, les grands groupes capitalistes sont représentés par les békés Despointes, Hayot, De Jaham, De Reynal qui ont bâti leur capital d’origine sur l’esclavage. Le seul moyen pour les travailleurs des deux îles de riposter c’est d’engager des luttes, des grèves pour l’augmentation générale des salaires, des retraites, des allocations au rythme des hausses de prix. Les travailleurs peuvent imposer des mesures en faveur des intérêts de l’ensemble de la classe laborieuse et remettre en cause les attaques anti-ouvrières et les politiques d’austérité. Que cette potentialité se transforme en réalité, c’est notre vœu pour 2019.


Martinique : Éducation : les lycéens mobilisés

Au cours des deux semaines précédant les congés de Noël, les lycéens de l’ensemble des établissements de l’île se sont mobilisés. Jusqu’à 20 lycées tant publics que privés sur les 23 de l’île ont été perturbés : blocages des entrées, manifestations avec prises de parole. En cause, la mobilisation des élèves qui protestent contre les nouveaux programmes et la plateforme Parcoursup.

Sous prétexte de rénovation, le gouvernement a procédé à la refonte des programmes conduisant à l’obtention du bac. Ces réformes concernent autant le bac général que le bac professionnel. Elles devraient être engagées à partir des classes de seconde dès 2019.

S’agissant du bac pro, une part plus importante est faite à l’apprentissage dans la nouvelle organisation. Concernant le bac général, l’introduction des spécialités dispensées uniquement dans certains lycées met en péril l’avenir de nombreux établissements. Dans les deux cas, ce sont également des dizaines de postes d’enseignants qui pourraient être supprimés. Les élèves quant à eux jugent que la réforme rend leur parcours plus compliqué. En effet, de nombreuses questions ne sont pas résolues. Ils pensent qu’ils devront faire les choix de ces spécialités dans des conditions arbitraires. De plus, rien n’est prévu pour la prise en charge réelle des élèves qui auront à suivre des cours dans des établissements différents.

Ces changements ont donc provoqué l’inquiétude des lycéens qui ont décidé de se mobiliser. Plusieurs établissements ont été bloqués et les cours n’ont pas pu se dérouler. Des associations de parents d’élèves ainsi que des syndicats enseignants se sont également impliqués en soutenant les lycéens. Vendredi 14 décembre 2018, des lycéens ont défilé dans les rues de Fort-de-France, en même temps que la CGTM qui avait appelé à la grève ce jour là.

Pour tenter de désamorcer la situation, deux lycéens ont été invités à participer à une réunion en France destinée à lever toutes leurs inquiétudes. Sans résultat pour le moment, ce qui a conduit les élèves à décider de relancer leur mobilisation à la rentrée en janvier 2019. Sous couvert de rénovation des diplômes et des filières, le gouvernement poursuit sans faiblir sa politique d’économies. Mais sa communication n’est pas parvenue à masquer ses véritables intentions et objectifs.


Guadeloupe :Les lycéens ont fait entendre leur colère

Au mois de décembre, la quasi-totalité des lycées de Guadeloupe ont fait grève. Ce sont les élèves du lycée agricole de Baie-Mahault qui ont lancé le mouvement le lundi 10 décembre. Les jours suivants, les lycéens de toute la Guadeloupe ont suivi leur exemple. Ils protestent contre Parcoursup, le système de sélection qui a été mis en place pour entrer à l’université, et contre la réforme du bac programmée par le gouvernement.

Ces mesures inquiètent à juste titre les lycéens, qui craignent d’être laissés pour compte. C’est particulièrement le cas pour les jeunes des classes populaires. Dans les filières professionnelles, le gouvernement réduit les enseignements généraux (maths, français, langues…) afin de fournir aux patrons des jeunes peu instruits, plus faciles à exploiter. Les lycéens ont aussi dénoncé leurs problèmes quotidiens comme les coupures d’eau, le manque de matériel, ou les locaux délabrés. Ils ont également protesté contre les brimades qu’ils subissent dans de nombreux établissements.

Là encore, ce sont les lycées professionnels qui pratiquent le plus les abus de pouvoir, et ce n’est pas un hasard car il s’agit d’apprendre la docilité aux futurs travailleurs. Pendant plus d’une semaine, les lycéens ont manifesté et organisé des barrages filtrants. Les gendarmes et les policiers ont réagi de manière disproportionnée, brutalisant certains jeunes, arrêtant d’autres au hasard… Mais de nombreux élèves ne se sont pas laissé intimider. Au lycée agricole, la grève s’est prolongée jusqu’aux vacances de Noël.


Guadeloupe : Affaire Wendy : un acharnement qui frise le ridicule

Les dirigeants de l’université des Antilles, classée dernière du classement des universités françaises, ont-ils voulu se rattraper en étant les premiers dans la répression ? Le 20 décembre, Wendy est passée devant la commission de jugement de l’université. Une semaine plus tard, elle a écopé de la plus lourde sanction possible : cinq ans d’exclusion de toute université en France.

Au mois de juillet, Wendy a découvert que la fac de droit lui refusait son passage en deuxième année à cause d’erreurs dans ses notes. Pour un des examens, sa copie avait même été perdue. Elle a décidé de ne pas se taire, et de protester pour être rétablie dans ses droits. Plutôt que de reconnaître leurs erreurs, les responsables de l’université l’ont accusée d’avoir essayé de tricher.

La décision prise par la commission de discipline n’est pas une surprise, dans la mesure où les dirigeants de l’université avaient déjà publiquement condamné Wendy. La procédure disciplinaire n’était qu’une mascarade destinée à justifier a posteriori les calomnies proférées par Montauban, le doyen de la fac de droit, puis par Janky, le président de l’université. Ces messieurs, exaspérés par la résistance d’une « petite étudiante de rien du tout », ont commandité une procédure disciplinaire destinée à l’achever. La gravité même de la sanction, complètement disproportionnée, prouve bien que leur problème n’est pas de punir Wendy pour une soi-disant tentative de fraude, mais de la punir parce qu’elle refuse de baisser la tête. Dans son dossier disciplinaire, il y avait tous les tracts publiés par le journal Rebelle !, comme si Wendy en était responsable et comme si cela prouvait sa culpabilité !

Les dirigeants de Fouillole veulent éviter que les autres étudiants, qui subissent les dysfonctionnements de la fac sans protester, ne changent d’attitude. Ils s’acharnent donc contre Wendy pour faire un exemple. Mais Wendy a déjà déclaré qu’elle ira jusqu’au bout, et elle a raison. Cette sanction disciplinaire n’est qu’une péripétie dans son bras de fer contre les dirigeants de l’université qui abusent de leur pouvoir. Au niveau juridique, le combat va continuer grâce à l’avocat de Wendy, maître Calvaire. Et sur le terrain, la mobilisation aussi va continuer pour obtenir justice pour Wendy !



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